Le Comte de Monte-Cristo est un roman d'Alexandre Dumas, écrit avec la collaboration d'Auguste Maquet et dont la publication commence pendant l'été 1844. Il est partiellement inspiré du récit d'un fait divers, « Le Diamant et la Vengeance » (voir Pierre Picaud), publié en 1838 dans les Mémoires tirés des archives de la police (, ), mémoires apocryphes rédigés en grande partie par l'écrivain Étienne-Léon de Lamothe-Langon à partir des notes de Jacques Peuchet, archiviste de la préfecture de police.
Le roman raconte comment, au début du règne de , le , alors que Napoléon se prépare à quitter l'île d'Elbe, Edmond Dantès, jeune marin de dix-neuf ans, second du navire Le Pharaon, débarque à Marseille pour s'y marier le lendemain avec la belle Catalane Mercédès. Trahi par des « amis » jaloux, il est dénoncé comme conspirateur bonapartiste et enfermé dans une geôle du château d'If, au large de Marseille. Après quatorze années durant lesquelles il est d’abord réduit à la solitude et au désespoir puis régénéré et instruit en secret par un compagnon de captivité, l'abbé Faria, qui lui révèle l'emplacement d'un trésor disparu, il réussit à s'évader et prend possession du trésor caché dans l'île de Montecristo. Rendu riche et puissant, Dantès se fait passer pour divers personnages, dont le comte de Monte-Cristo. Il entreprend de garantir le bonheur et la liberté aux rares qui lui sont restés fidèles et de se venger méthodiquement de ceux qui l'ont accusé à tort et fait emprisonner.
Cet ouvrage est, avec Les Trois Mousquetaires, l'une des œuvres les plus connues de l'écrivain tant en France qu'à l'étranger. Il a d'abord été publié en feuilleton dans le Journal des débats du au (), du au (), puis finalement du au ().
Résumé
La chute Au début du règne de , le , alors que Napoléon se prépare à quitter l'île d'Elbe pour les Cent Jours, Edmond Dantès, un jeune marin de dix-neuf ans, second du trois-mâts de marine marchande Le Pharaon, débarque à Marseille après la mort du capitaine Leclère en mer. Sur son lit de mort, Leclère a chargé Dantès de remettre sur l'île d'Elbe un colis au général Bertrand (exilé avec Napoléon). Ce dernier remet au marin une lettre destinée à un bonapartiste de Paris nommé Noirtier.
Le propriétaire du navire, l'armateur Pierre Morrel, décide de promouvoir Dantès au grade de capitaine du Pharaon. Le coéquipier de Dantès, le comptable Danglars, est jaloux de cette promotion rapide. Dantès rejoint ensuite sa maison et retrouve son père et Mercédès, sa belle fiancée catalane. Elle lui présente son cousin, Fernand Mondego, également amoureux d'elle, mais dont Mercédès a repoussé les avances par amour pour Edmond. À la veille du mariage entre Dantès et Mercédès, Danglars rencontre Fernand. Les « amis » jaloux échafaudent un complot pour évincer Dantès en le dénonçant anonymement comme conspirateur bonapartiste. Le voisin de Dantès, Caderousse, est présent : s'il est également jaloux de Dantès, il s'oppose néanmoins au complot, mais devient vite trop ivre pour l'empêcher.
Le jour de son mariage, Dantès est arrêté, et Caderousse, trop lâche pour apporter son crucial témoignage, reste muet. Si la rencontre entre Dantès et Villefort, le substitut du procureur du Roi à Marseille, semblait bien engagée pour le premier (le second croyant en son innocence), il s'avère que Villefort n'est autre que le fils de Noirtier. Sachant que sa carrière politique serait détruite si l'on apprenait que son père est bonapartiste, il détruit la lettre remise par Dantès et le fait taire en le condamnant sans procès à la réclusion à perpétuité dans une geôle du château d'If, au large de Marseille.
Le château d'If Le , Napoléon ayant repris le pouvoir, Morrel demande en vain de rendre Dantès libre à Villefort, mais ce dernier refuse, prévoyant un retour rapide de la monarchie. Après six ans d'isolement au château d'If, d'abord réduit à la solitude et au désespoir, Dantès est au bord du suicide lorsqu'un compagnon de captivité, l'abbé Faria, un prêtre érudit italien, creuse un tunnel d'évasion qui aboutit par erreur dans sa cellule. L'abbé aide Dantès à deviner quels sont les coupables de son emprisonnement. Au cours des huit années suivantes, Faria enseigne à Dantès les langues étrangères, l'histoire, la géographie, la culture, les mathématiques, la chimie, la médecine et les sciences. Se sachant proche de la mort par catalepsie et s'étant attaché à son élève, Faria révèle à Dantès l'emplacement d'un vaste trésor disparu caché sur l'île de Monte-Cristo.
Le , Faria meurt. Dantès emporte le corps de Faria dans sa cellule et se cache dans le sac funéraire. Lorsqu'il est jeté à la mer, Dantès coupe le sac et nage jusqu'à l'île voisine de Tiboulen, où, prétendant être un marin naufragé, il est secouru par des contrebandiers génois. Quelques mois plus tard, il localise et prend possession du trésor caché. Il achète plus tard l'île de Monte-Cristo et le titre de comte au gouvernement toscan. Rendu riche et puissant, Dantès entreprend de garantir le bonheur et la liberté aux rares qui lui sont restés fidèles et de se venger méthodiquement de ceux qui l'ont accusé à tort et fait emprisonner.
La préparation Après avoir juré vengeance sur Danglars, Fernand et Villefort, Dantès retourne à Marseille à la recherche d'informations pour atteindre son objectif. Voyageant sous le nom d'abbé Busoni, Dantès retrouve Caderousse, qui regrette de ne pas être intervenu dans l'arrestation de Dantès. Caderousse l'informe que Mercédès s'est résignée à épouser Fernand, que le père de Dantès est mort de faim, et que Morrel a tenté en vain d'obtenir la libération de Dantès et de sauver son père, mais qu'il est désormais au bord de la faillite. À l'inverse, Danglars et Fernand ont tous deux prospéré. Danglars, devenu spéculateur en bourse, amassa une fortune, épousa une riche veuve et est maintenant baron. Fernand a servi dans l'Armée française et a accédé au grade de lieutenant-colonel. Dantès récompense Caderousse avec un diamant sans révéler sa véritable identité. Plus tard, Caderousse négocie la vente du diamant à un bijoutier, mais sa femme tue le bijoutier pour garder le diamant et l'argent avant d’être elle-même tuée par le bijoutier. Caderousse s’enfuit puis est arrêté et condamné aux galères.
Pour sauver Morrel de la faillite, Dantès se fait passer pour un banquier, achète les dettes de Morrel et lui accorde un sursis de trois mois. Au bout de trois mois, Morrel est sur le point de se suicider, mais apprend que les dettes ont été mystérieusement payées et qu'un de ses navires perdus est revenu avec une cargaison pleine. Il a en réalité été secrètement reconstruit et chargé par Dantès.
Personnages du roman Principaux personnages vignette|Blason du Comte de Monte-Cristo : d'argent à une montagne d'or sur une mer d'azur, sommée d'une croix de gueules.Edmond Dantès, second pressenti pour devenir le capitaine du navire le Pharaon, alias le Comte de Monte-Cristo, lord Wilmore, abbé Giacomo Busoni, Zaccone, ou encore Simbad le Marin. Dantès est dénoncé par ses « amis » Fernand et Danglars comme espion bonapartiste. Il est envoyé au château d'If, prison située au large de Marseille (il y sera même maintenu par Villefort durant les Cent-JoursChapitre I, Volume XIII, .). Pour reconstituer la vérité sur le crime qui lui a fait perdre quatorze années de sa vie, il prendra de nombreux déguisements et mènera ses plans de très longue main d'abord en Italie puis à Paris. Mercédès Herrera, d'abord fiancée à Edmond Dantès puis, convaincue de sa mort, elle épouse Fernand Mondego qui devient comte de Morcerf. De ce mariage naîtra Albert de Morcerf. Elle sera la seconde, après Morrel père, à reconnaître Dantès sous le masque du "Comte de Monte-Cristo". Mercédès est une pauvre fille de pêcheur dont l'élévation morale la rendait supérieure à sa condition. Ainsi, elle profite de sa nouvelle fortune pour s'éduquer et s'élever moralement afin d'être digne de son titre de comtesse et d'élever son fils. Quand elle apprendra le rôle de son mari dans l'emprisonnement de son ancien fiancé (et qui se cachait derrière le comte de Monte-Cristo), après que Dantès a laissé Albert en vie à la suite de sa promesse avec elle, Mercédès et son fils renieront et abandonneront Fernand Mondego. Fernand Mondego, pêcheur catalan, l'un des dénonciateurs d'Edmond. Il est devenu comte de Morcerf et pair de France. Il épouse Mercédès en la convainquant de la mort d'Edmond. Il aura bâti sa carrière militaire sur la trahison, en trahissant d'abord l'armée napoléonienne au profit des Anglais, en combattant les Espagnols (sa nationalité d'origine) et en livrant Ali Pacha de Janina pour de l'argent. Lorsque son passé remontera à la surface en lui faisant perdre sa réputation à la suite de l'article ("On nous écrit de Janina") et du témoignage de Haydée, et que sa femme et son fils, apprenant ses actions traitresses envers Dantès, l'abandonneront alors qu'il venait de reconnaître son ancien « ami », il se suicidera, déshonoré. Danglars, comptable sur le navire le Pharaon, puis commis aux écritures. C'est un arriviste et opportuniste. Il dénonce Dantès, car il est jaloux de son succès et de sa future nomination au poste de capitaine, poste qu'il brigue aussi. En outre, il a eu une altercation avec Dantès qui a conduit ce dernier à le provoquer en duel et Dantès a découvert dans ses comptes des irrégularités. Il épouse la fille de son patron, un banquier espagnol. À sa mort, il épouse la veuve de monsieur de Nargonne, qui a déshonoré son mari (en le trompant avec Villefort), ce qui d'après Danglars a fortement contribué à la mort de l'époux (Chapitre VIII, Volume IV, ).. Il est devenu un banquier richissime grâce à la campagne d'Espagne et à ses conséquences qu'il a largement exploitées au profit de ses divers trafics et spéculations. Mari plus que complaisant, il est en outre admirablement renseigné sur la politique intérieure et extérieure du gouvernement par l'amant de sa femme, Lucien Debray, secrétaire particulier du ministre de l'Intérieur. Gérard de Villefort, substitut du procureur à Marseille, nommé très rapidement procureur du Roi à Paris grâce aux faveurs dont jouissent ses beaux-parents, le marquis et la marquise de Saint-Méran, et grâce au rôle qu'il a joué dans les Cent-jours en informant le Roi avant tout le monde du débarquement de Napoléon (il apprend ce fait grâce à la lettre du Maréchal Bertrand pour Noirtier qui a été saisie sur Edmond). Il jette Edmond en prison en sachant que celui-ci est innocent pour protéger son père et sa propre carrière. En effet, son père, Noirtier, est un ancien conventionnel et un bonapartiste enragé réduit à la demi-solde. C'est à lui qu'est destinée la lettre remise au défunt commandant du Pharaon par le Grand maréchal Bertrand à l'île d'Elbe, élément matériel de la dénonciation. Il se montre aussi injuste envers Bertuccio en refusant de pourchasser les assassins de son frère car son frère était un soldat bonapartiste. Enfin, il enterre vivant son fils nouveau-né, qui est sauvé par Bertuccio venu tuer Villefort pour se venger. Il deviendra complètement fou lorsqu'il retrouvera sa femme, accusée d'empoisonnement dans sa propre maison, et son fils Édouard mort.