Les Ruines de León Viejo contiennent les principaux éléments matériels, architecturaux et urbains de l'ancienne ville de León au Nicaragua en Amérique centrale. La ville fondée en 1524 par Francisco Hernández de Córdoba, a subi au cours de sa courte histoire une série de désastres naturels. Elle était située à l'origine, dans la région de Puerto Momotombo (port lacustre sur le lac de Managua), municipalité de La Paz Centro, département de León.

Déjà partiellement détruite par le volcan Momotombo en 1578, un tremblement de terre le lui porta le coup de grâce en détruisant ce qui était resté debout. En raison de ces constants séismes et des difficultés socio-économiques, ses habitants, après un cabildo, ont décidé de l'abandonner pour s'installer dans un autre endroit proche du peuple indigène de langue Sutiaba. Cette nouvelle ville est aujourd'hui Santiago de los Caballeros de León ou plus communément León, capitale du département éponyme.

Le site est inscrit au Patrimoine mondial de l'UNESCO en tant que bien culturel depuis . Dans sa déclaration, l'UNESCO décrit ainsi le lieu .:

Les ruines de León Viejo ont été découvertes le par Don Luis Cuadra Cea. À ce jour, structures coloniales ont été dégagées, parmi lesquelles, la cathédrale Santa María de la Gracia, l’église et le couvent La Merced (miséricorde), la Casa de la Fundición (La Fonderie) ainsi que des logements et des installations civiles et militaires. Ces structures ont toutes une forme relativement simple et sont construites en tapial.

La nouvelle ville de León fut reconstruite à de là. Les désastres naturels enfouirent ensuite les ruines sans qu’elles subissent d'altération.

Fondation La ville originelle a été fondée le (dimanche de la Sainte Trinité) par le conquérant espagnol, Francisco Hernández de Córdoba, qui a été décapité sur la Plaza Mayor en 1526 sur ordre de Pedro Arias Dávila, dont il était le lieutenant.

Cette ville, habitée par les premiers colons après la découverte de l'Amérique, comptait initialement quelque 15 000 habitants - la plupart indiens - dans sa périphérie. Elle est située sur les rives du lac Managua ou du lac Xolotlán, à à vol d'oiseau en face du volcan Momotombo.

La zone où la Léon initiale s'est installée connaissait, et connait toujours, une forte activité tellurique causée par l'activité continue du volcan Momotombo (à l'époque, il avait 5 cratères), ce qui signifiait qu'il y avait des projections de poussières, de cendres et de laves dans l'air, souvent à l'état igné. Les secousses violentes et persistantes ont culminé avec les tremblements de terre de 1594 et 1610, ce dernier de plus grande intensité.

On dit qu'une malédiction a été jetée sur la ville à cause du meurtre de l'évêque Frère Antonio de Valdivieso, par les fils de Rodrigo de Contreras et les petits-enfants de Pedro Arias Dávila, le .

La ville n'a pas été détruite comme on le croit généralement. Après le violent tremblement de terre de 1610 qui l'a endommagée et compte tenu des caractéristiques sismiques du site, ses habitants, réunis en cabildo à l'hôtel de ville, ont décidé de l'abandonner et de s'installer plus loin () du volcan à l'emplacement qu'elle occupe aujourd'hui. vignette|Le site est au sud près du village de Puerto Momotombo. La ville a ensuite été progressivement ensevelie par l'expulsion continue de cendres et de pierres volcaniques et par les sédiments lacustres.

Découverte L'histoire de la découverte a été racontée par Don Luis Cuadra Cea dans la presse locale ("Los Hechos", "El Cronista" et "Diario de Occidente") les 24 et .

Redécouverte Les Ruines de León Viejo n'ont été redécouvertes qu'en 1967 avec un intérêt public évident et l'année suivante, des fouilles ont été entreprises à la recherche de vestiges historiques. Grâce aux fouilles, on sait que la ville avait une disposition similaire à presque toutes les villes d'Amérique latine de l'époque, sous la forme d'un carré exact avec une place d'armes située en son centre. Le centre de León Viejo occupe une zone d'environ de long et de large. On trouve, autour de sa Plaza Mayor et le long de ses rues, 17 structures réhabilitées à ce jour. gauche|vignette|Timbre poste commémorant le 400e anniversaire de la fondation de León et de Granada par F. Hernandez de Cordoba. La ville avait trois monastères : "La Merced", "San Pablo" et "San Francisco" situés dans les rues principales de la ville et qui ont été en fonction jusqu'à environ 1560. Seul le couvent La Merced a, à ce jour, été dégagé à l'extrémité sud des ruines.

Malheureusement, les ruines n'ont pas échappé aux catastrophes naturelles après leur dégagement. En , la tempête "Alleta" a détruit les murs de la ville, en , l'ouragan "Joan" a causé de nouveaux dommages aux ruines et, plus grave encore, en , l'ouragan "Mitch" a causé des dégâts estimés à 40 % de la surface du site, affectant plusieurs maisons, le couvent de La Merced et la forteresse. Les ruines ont dû ensuite être restaurées et protégées.

León Viejo est la seule ville coloniale du en Amérique, qui n'a jamais subi de modifications urbaines au cours de sa brève histoire, ce qui a été le principal argument pour demander à l'UNESCO de la déclarer au patrimoine culturel mondial, ce qui a été fait en 2000.

Cette année-là, les restes de son fondateur Francisco Hernández de Córdoba et de Pedro Arias Dávila son meurtrier ont été découverts dans l'église de la Merced. Tous deux ont été inhumés dans un monument construit à cette fin; le Memorial de los Fundadores. La statue d'Hernández - réalisée par le sculpteur grenadin Jorge Navas Cordonero - qui se trouvait dans l'une des niches extérieures de l'ancienne cathédrale de Managua, la capitale du pays, a été transportée à León Viejo et placée au sommet du monument.

Les ruines ont encore subi des dommages considérables lors du tremblement de terre du à , d'une magnitude de 6,2 sur l'échelle de Richter dont l'épicentre se situait dans le lac Xolotlán.

Déclaration d'intérêt national Quelques mois après sa redécouverte le , le de la même année, alors que le président du Nicaragua était le dictateur Anastasio Somoza Debayle, a été publié au Journal Officiel, un décret décidant de , décret promulgué le de la même année. vignette|Université nationale autonome du Nicaragua à León. Ce texte, a créé une commission présidée par le recteur de l'époque de l'Université nationale autonome du Nicaragua (UNAN), le Dr Carlos Tünnermann Bernheim, futur ministre de l'éducation dans le gouvernement du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) de 1979 à 1985.

De toute évidence, le gouvernement Somoza voulait minimiser l'importance de la découverte des ruines de León Viejo parce que l'UNAN était une université qui était qualifiée d'opposante au somozismePatrimonio cultural para jóvenes. Clemente Guido Martínez, página 32.

Le , sous la présidence de la République de Mme Violeta Barrios de Chamorro, la loi n° 167 promulguée le a renforcé l'intérêt des Nicaraguayens pour le site en le déclarant "Patrimoine culturel de la nation"La Gaceta No. 100 del 31 de mayo de 1994.

Cette loi a ensuite été complétée par une nouvelle qui a déclaré les Ruines de León Viejo "Patrimoine Historique et Culturel Ancien de la Nation" le , le Dr Arnoldo Alemán Lacayo étant Président de la République. Ce nouveau texte a délimité avec précision les dimensions du site.

Actuellement, le site des ruines de León Viejo est administré par l'Institut nicaraguayen de la culture (INC) et offre aux touristes un service de guides spécialisés.

Le site peut être visité du lundi au vendredi de 9 h à 17 h et le dimanche de 9 h à 16 h.

Histoire du site archéologique En 1987, Elphidio Ortega, conseiller auprès de l'Organisation des États américains, a foré 14 puits stratigraphiques sur le site. Contrairement aux chercheurs précédents, il a alors suggéré que la première colonie espagnole n'était pas située sur le site découvert en 1931, mais plutôt à côté d'une ville préhispanique. La cubaine Lourdes Dominguez, a également effectué des investigations dans 12 puits, également situés en dehors de la limite des structures "officielles", d'où ont été obtenus plus de morceaux de céramique. Après ses recherches, Lourdes Dominguez a proposé la théorie selon laquelle la cité originelle de León Viejo avait été construite sur une ancienne implantation préhispanique. Toutefois, cette théorie entrait en contradiction avec celle d'Elphidio Ortega, qui avait conclu que la ville coloniale était établie le long d'une colonie indigène, mais pas au-dessus Congrès d'anthropologie centoaméricaine, Musée national du Nicaragua, Investigations archéologiques effectuées à León Viejo, 23 février 2004. (Espagnol).

Investigations Le département de recherche anthropologique du Musée national du Nicaragua (MNN) a alors mené des fouilles archéologiques à León Viejo, creusant des tranchées de 2 m de largeur et de 8 m de longueur respectivement, orientées nord-sud. Ces fouilles ont permis de récupérer céramiques, porcelaines, morceaux de métal, restes d'animaux sauvages et restes humains.

On a trouvé un fragment d'instrument de musique, peut-être une "flûte" faite de restes d'humérus humain, associé à un ensemble de matériaux préhispaniques. E. Espinoza, dans un article sur le "chamanisme" dans le Nicaragua ancien, signale que l'archéologue allemand G. Haberland a signalé dans une zone d'inhumation un artéfact musical associé à des restes humains qui appartenait probablement à un chaman ; on en a donc déduit que ce type d'objet était lié à un rituel ou à une cérémonie.

Dans la cathédrale, on a trouvé un crâne de femme appartenant à la population précolombienne présentant des signes de trépanation crânienne. C'est l'un des rares cas de ce type d'intervention chirurgicale enregistrés dans l'histoire de l'archéologie nicaraguayenne.

L'abondance des poteries, outils en pierre comme la calcédoine ou le basalte, et des fragments de couteaux prismatiques en obsidienne, qui ont probablement été apportés de différentes sources d'Amérique centrale, ont permis de conforter les hypothèses sur les formes de commerce pratiqués par les peuples préhispaniques. Ces matières premières étaient en effet recherchées par de nombreuses grandes cultures anciennes qui l'utilisaient pour la production d'outils domestiques et cérémoniels.

Les sépultures Tombe n°1 : Une première sépulture a été trouvée dans le secteur est (bloc 3D), dans un sol très mou qui est un mélange de sable volcanique, d'argile et de pierre ponce. En raison des caractéristiques du sol, il s'est avéré impossible de définir la morphologie du corps, aucun arrangement particulier n'ayant été observé, seulement que la tête reposait sur de petites pierres en tuf.

La sépulture est atypique, le crâne est tourne vers le sud comme s'il regardait le Momotombo ou le lac. La position dans laquelle l'individu a été déposé n'est pas bien définie, une main est sur la poitrine et l'autre placée comme si elle cachait le visage. Les os métacarpiens et les phalanges sont associés à la clavicule et aux omoplates gauches. Il est possible que l'enterrement soit un ré-ensevelissement ou que le cadavre ait été enterré lorsque le corps est devenu raide. Fait plus remarquable, le crâne présente un trou au sommet du pariétal gauche causé par une trépanation circulaire ou une chirurgie qui a été pratiquée sur l'os pour soigner une maladie. De plus, un ensemble de trous causés par l'ostéoporose a été observé au microscope. D'après le Dr Henry Guerzten, professeur de pathologie à l'Université de Virginie, USA, l'opération a été effectuée dans la même région du crâne.