thumb|Champ entre les villes de Veliko Tarnovo et de Roussé. L'agriculture en Bulgarie a comme le reste des activités économiques du pays subi une crise importante à la suite de la chute de l'URSS, mais connait depuis le milieu des années 2000, une certaine modernisation liée à son entrée dans l'Union européenne.
L'agriculture bulgare est renommée pour ses parfums (de roses et de lavandes notamment), son vin, son tabac, ses fruits et légumes et ses produits laitiers (yaourts et fromages)Bulgarian Agriculture Realities and Opportunities, Dilyana Slavova, Bruxelles, Octobre 2012.
Production La Bulgarie a produit en 2018 :
5,8 millions de tonnes de blé ; 3,4 millions de tonnes de maïs ; 1,9 million de tonnes de graines de tournesol ( producteur mondial) ; 471 000 tonnes de colza ; 437 000 tonnes d'orge ; 261 000 tonnes de pomme de terre ; 195 000 tonnes de raisin ; 148 000 tonnes de tomates.
En plus des rendements inférieurs d'autres produits agricoles Production de la Bulgarie en 2018, par la FAO .
Histoire Période pré-soviétique thumb|Battage du blé en 1938. Avant la Seconde Guerre mondiale, la structure parcellaire de l'agriculture bulgare est marquée par des fermes de petites tailles liées à l'agriculture vivrièreRetour vers le passé ? La restructuration agricole bulgare, Mieke Meurs et Angel Bogushev, Méditerranée, 110, 2008. La modernisation via la motorisation et la mécanisation de l'agriculture est lente et se concentre dans les exploitations de grandes tailles dans la première moitié du vingtième siècle.
En 1897, la Bulgarie possède 550 000 exploitations agricoles, d'une superficie de 7,3 hectares en moyenne. L'ensemble comprend près de 8 millions de parcelles d'une superficie moyenne de 0,5 hectare, soit 10 parcelles par exploitation. En 1908, il existe 640 000 exploitations agricoles, pour une superficie moyenne de 6,3 hectares, avec près de 10 millions de parcelles d'une superficie moyenne de 0,47 hectare, soit 10,5 parcelles par exploitation.
En 1926, la superficie moyenne des exploitations est de 5,7 hectares. 57 % des exploitations agricoles possèdent moins de 5 hectares de terres, avec un faible nombre d'exploitations de grande taille. En 1934, la superficie moyenne est de 4,9 hectares, pour près de 900 000 exploitations, le pays compte 12 millions de parcelles soit plus de 13 parcelles par ferme. En 1939, l'agriculture représente toujours 65 % du produit matériel net et près de 80 % de la main-d'œuvreBulgaria: A Country Study, Glenn E. Curtis, Bibliothèque du Congrès, 1992. La superficie moyenne est de 4,3 hectares en 1944. Cette diminution de la taille des exploitations concerne notamment les exploitations de plus petites tailles avec un grand nombre d'exploitations de 0,3 à 0,4 hectare.
En 1946, près de 69 % des exploitations agricoles font moins de 5 hectares. La même année, le pays possède encore 1,1 million de propriétaires de terres agricoles, pour une superficie moyenne de 3,9 hectares. Le pays comporte 12 millions de parcelles qui ont une superficie moyenne de 0,3 hectareAgricultural biodiversity and land fragmentation : the case of Bulgaria, Salvatore Di Falco, Ivan Penov Aleksi Aleksiev, Tom M. van Rensburg]. Le secteur agricole représente 82 % de l'emploi. De plus, les parcelles étaient fragmentées, avec près de 12 millions de parcelles pour une superficie moyenne des parcelles entre 0,3 et 0,4 hectareLa restructuration de l'agriculture en Bulgarie, Trendafilov R., Cahiers Options Méditerranéennes; n. 36, 1999, pages 119-126
Période soviétique thumb|Moissonneuse de marque Rostselmash de modèle "Don", en Bulgarie. À la création de la République populaire de Bulgarie, le parti communiste bulgare souhaite changer le modèle agricole bulgare. Il dissout dans un premier temps la banque agricole. Des tentatives de collectivisations sont faites de manière volontaire sur le modèle des kolkhozes via la Law for labor cooperative agricultural farms, qui met en place des "fermes coopératives de travail agricole" (TKZC). Les exploitations de plus 20 hectares sont nationalisées, pour être données soit à la paysannerie sans terre, soit collectivisées dans des fermes d'État. Mais en 1947, seulement 3,8 % de la terre arable est collectivisée. En 1948, les machines agricoles sont collectivisées. Si la part des terres arables collectivisées passe à uniquement 12 % en 1949, une grande partie de la population agricole est déjà membre de coopératives. La collectivisation accélère fortement entre 1949 et 1952, sous la contrainte, date où 61 % des terres arables sont collectivisées. La collectivisation est déclarée terminée en 1958, lorsque 92 % des terres arables sont collectivisées. La quasi-totalité des terres agricoles sont collectivisés dans les années 70. Bien que collectivisées, les exploitations étatiques sont de plus petites tailles que celles de l'URSS.
Cette collectivisation est mise en place par des outils de planification renouvelés tous les 2 ans et tous les 5 ans. Cette planification s'adresse directement à chaque exploitation agricole collectivisée. Elle détermine les surfaces de cultures, le nombre de têtes de bétail, les outils de production, les salaires, les normes sanitaires, les investissements, ainsi que la manière de gérer l'exploitation. Cependant, ces plans ont souvent des objectifs irréalistes. Ainsi le quinquennal de 1949 à 1953 avait pour objectif une augmentation de la production agricole de 59 %, alors que celle-ci n'augmenta que de 0,9 %. Le quinquennal de 1958 à 1960 a pour objectif une augmentation de 25 %, alors que la production agricole n'augmente que de 3 %. À partir des années 1960, les exploitations coopératives ne rémunèrent plus qu'uniquement en fonction du travail et non plus en rente liée aux terres apportées à la coopérative.
Ce troisième plan quinquennal de 1958 à 1960, lance également une restructuration des exploitations étatiques qui passent de 3 450 à 932 exploitations pour l'ensemble du pays, avec une superficie moyenne de ces exploitations qui passe de 1 000 à 4 500 hectares. Les exploitations continuent à être consolidées, en 1969, leur nombre passe à 932. En 1971, les 744 fermes coopératives et 56 fermes d'État (DZC) de la Bulgarie sont fusionnées dans 161 nouveaux complexes (APK), avec en moyenne une superficie de 24 000 hectares et 6 500 membres. Le nombre d'exploitations passe à 143 en 1977. La plus grande exploitation avait une superficie de plus de 100 000 hectares. Enfin, en 1987, le pays connaît une dernière réforme de son agriculture sous l'ère soviétique, les complexes agricoles sont scindés en entités plus petites, au nombre de 2 000, d'une taille similaire à celles des années 50.
L'ensemble de cette collectivisation se fait dans un contexte où l'État a un contrôle absolu sur les prix, qui doivent rester stables sur de longues périodes de temps (plusieurs années), indépendamment par exemple d'épisodes climatiques. De manière générale, le gouvernement soviétique mène une politique de prix bas pour les denrées agricoles, pour soutenir l'industrie et pour des raisons sociales. Ces dispositifs n'incitent pas les exploitations agricoles à produire davantage, à augmenter leur productivité ou la qualité de leur production, en raison des investissements que cela nécessite et de l'absence de retour sur investissements. À l'inverse, l'État investit des moyens importants pour moderniser l'agriculture, pour la mécaniser, la motoriser, notamment au travers de stations de machines agricoles (MTC) entre 1945 et 1962, en augmentant significativement le nombre de tracteurs et de moissonneuses notamment. Durant les années 60, l'ensemble du secteur a accès à ces outils. De plus, un effort important est fait pour améliorer l'irrigation des cultures ou renouveler les vergers et les vignobles. Il en va de même pour l'élevage, où une grande partie de la traite, de la distribution du fourrage et du nettoyage des fermes sont motorisés. Ces investissements sont également humains avec l'augmentation du niveau de qualification, de spécialisation et des chercheurs dans l'agriculture. L'ensemble, notamment la motorisation, l'arrivée de produits de protection des cultures et d'engrais, a grandement augmenté la production agricole et la productivité.
Cependant, le secteur agricole n'atteint pas les objectifs fixés à partir des années 1970, la croissance agricole chute, comme la croissance de la productivité du travail agricole. Cet échec réoriente la politique agricole vers des exploitations plus petites. Plusieurs hausses des prix agricoles sont également mises en place en 1974, 1980 et 1987. En 1982, le nombre d'exploitations publiques est de 296, avec une superficie moyenne de 16 000 hectares. Un management des membres de ces exploitations plus simple est mis en place, pour pallier le trop fort encadrement, l'absence d'incitation salariale et la mauvaise allocation de ressources. L'autonomie de chaque exploitation augmente également, malgré cela, les prix des denrées agricoles restent très bas ce qui les pénalise. En 1987, la Bulgarie est avec la Hongrie, le pays du bloc de l'Est qui possède le plus de surplus agricoles, mais la situation change radicalement entre 1987 et 1990, année où un rationnement est mis en place et les exportations sont suspendues.
Malgré ces collectivisations, une partie des terres collectivisées est concédée pour la consommation domestique, au travers de parcelles d'environ 0,3 hectare. En 1971, des mesures étatiques sont prises pour augmenter le nombre et l'importance de ces petites exploitations. En 1972, des organisations par types de productions agricoles sont créées nationalement et régionalement. En 1974, des facilités sont données pour l'utilisation d'intrants pour leurs cultures, en plus d'étendre leur superficie. Les prix agricoles sont également augmentés pour les aider. En 1977, la taille limite de ces parcelles est également supprimée. En 1982, ces parcelles représentaient près de 25 % de la production et de la valeur agricole du pays. En 1987, ces lopins de terre représentaient environ 14 % des terres agricoles. Ils représentent ainsi en 1988, 44 % de la production de maïs, 37 % de celle de tomates, 62 % des pommes de terre, 25 % des pommes, 43 % du raisins, 40 % de la viande, 25 % du lait, 49 % des œufs et 86 % du miel.
La stratégie agricole du pays vise essentiellement à alimenter les exportations, notamment en privilégiant les exportations de viande, en plus de maintenir un marché national. Ainsi, l'élevage est bien plus mis en avant que les cultures céréalières. Ce sont notamment les élevages porcins et de volailles, et dans une moindre mesure l'élevage ovin, qui affichent les plus fortes croissances entre 1970 et 1988. La Bulgarie à cette époque privilégie également les cultures maraichères, notamment les pommes et les tomates. Malgré cela, la Bulgarie reste un important exportateur de tabac et un important producteur de blé, de maïs, d'orge, de betteraves à sucre, de pommes de terre, de tournesols, de soja et de roses.
Réforme agraire : 1989 - 1997