vignette|droite|270px|Logo Oric Oric est une marque de micro-ordinateurs, de la société britannique Tangerine Computer Systems puis de la société française Eureka, diffusant trois modèles dans les années 1980 : l'Oric-1, premier micro-ordinateur à avoir pénétré massivement les foyers des particuliers au Royaume-Uni et en France où il fut élu "Ordinateur de l'année" en 1983, puis l'Oric-Atmos également élu "Ordinateur de l'année" en 1984 en France. Après un troisième modèle Oric Telestrat à la diffusion plus confidentielle, des clones de l'Atmos continuent à être commercialisés en Europe de l'Est jusque dans les années 1990.
La gamme cumulera un peu moins de 350 000 ventes en janvier 1985, auxquelles il faut ajouter les ventes d'Atmos en 1985 et 1986 (quantités à déterminer) plus les ventes de Telestrat, plus les clones. commercialisés en Europe, un volume honorable mais néanmoins loin d'égaler ses concurrents ZX Spectrum et Commodore 64.
Unités centrales Oric-1
L'Oric-1 est le premier micro-ordinateur de la marque Oric, conçu et produit par la société Tangerine Computer Systems. Il est le premier micro-ordinateur à avoir pénétré massivement les foyers des particuliers en France et au Royaume-Uni, et sera élu ordinateur de l'année en 1983.. L'Oric-1 a été créé en deux versions 16 ko et , animées par un microprocesseur Rockwell 6502 A tournant à 1 MHz. L'affichage proposait un mode texte 8 couleurs de 28 lignes de 40 colonnes ou haute résolution 240x200 pixels. Un processeur sonore à 4 voies General Instrument PSG AY-3-8912, particulièrement évolué pour l'époque (deux ans plus tard le puissant Atari ST en sera également équipé). Le langage de programmation des Oric-1 est une version du langage BASIC de Microsoft et modifié par la société Tangerine Computer Systems, dont le noyau (non compris les extensions graphiques et sonores) est similaire à celui de l'Apple II.
Historique La société britannique Oric Products International, fondée en , projette de créer un ordinateur de bureau pouvant se connecter aux services télématiques Vidéotex à la norme Prestel.. Pour cela elle s'appuie sur le savoir faire de la société Tangerine Computer Systems, créée en 1979, qui avait produit l'ordinateur Microtan 65 et travaillait sur un projet Microtan 2 qui servira de base à l'Oric. En , l'Oric-1 est annoncé, avec des bons de réservation, puis commercialisé en . Son directeur commercial, Peter Harding, ambitionne de "battre Sinclair en offrant beaucoup plus pour beaucoup moins cher" avec des contrats avec des revendeurs de Londres pour leur fournir plus de unités, et à brève échéance la disponibilité d'un modem et d'un lecteur de disquettes. L'Oric-1 profitera de la sortie tardive fin 1983 de son concurrent, le ZX Spectrum, qui souffre d'une disponibilité limitée en France par manque de distributeur officiel. Le nom Oric est une anagramme de Micro, à la lettre M près (il ne vient pas de l'ordinateur AURA de la série Blake's 7 comme certains ont pu le penser). La société Tansoft tire son nom de Tangerine Software, et édite les premiers logiciels tels que Defense force.
Basé sur un processeur 8 bits 6502 cadencé à 1 MHz, avec 16 ko de mémoire vive, rapidement étendu à 48 ko, il dispose d'un Basic étendu préinstallé en ROM et d'un clavier de 57 touches « semi-mécanique à pivot » composées du même plastique rigide que les touches des calculatrices HPInterview Fabrice Francès, 2018, émission CPU., progrès indéniable face aux claviers à membrane (comme le ZX-81) et touches caoutchouteuses à rebond (comme le ZX Spectrum). Son interface cassette offre une vitesse record de 2400 bauds, plus rapide que la concurrence (1500 bauds pour le ZX Spectrum et 300 bauds chez Commodore). Il sera le premier micro-ordinateur à exploiter le nouveau processeur sonore Yamaha AY-3-8912 (qu'on retrouvera dans les Amstrad CPC, et jusque dans les Atari ST) dont les remarquables capacités sonores pour l'époque sont facilement mises en évidence par des instructions Basic spécifiques (Ping, Zap, Shoot, Explode).. L'interface compatible Centronics était également remarquable sur un ordinateur familial. Malgré quelques bugs de la ROMThéoric n°1, avril 1984, page 34, Les tares cachées d'Oric-1., son faible prix ( puis ) lui assure un succès en France et au Royaume-Uni, d'autant plus que son concurrent direct, le ZX Spectrum, est victime de difficultés de production. L'annonce prochaine de périphériques comme l'imprimante MCP-40La MCP-40 était une petite « table » traçante 4 couleurs à stylos. ou un lecteur de disquetteAu format Hitachi 3 pouces. le rendent encore plus populaire.
Ordinateur de l'année 1983 C'est le premier ordinateur grand public à pénétrer massivement chez monsieur tout le monde, avec un prix modique et une connexion au téléviseur, créant de nombreuses vocations pour l'informatique et demeurant encore aujourd'hui la pierre fondatrice de l'ordinateur à la maison.. En , Oric annonce disposer de commandes d'ici fin 1983, prévoit un cumul de ventes d'ici (pour l'Europe seule) et annonce la disponibilité du modem en juillet et le lecteur de disquettes Microdisc 3" en septembre-octobre., annonces qui se révéleront prématurées (le modem et le lecteur Microdisc sortiront avec un an de retard, à l'été 1984). En France, les ventes d'Oric-1 atteignent unités dès 1983. (sur une production totale de unités au final). Il est élu ordinateur de l'année en France en 1983, comme le sera son successeur Atmos en 1984.
Sa production se termine à l'été 1984, remplacé par l'Oric Atmos qui est compatible avec sa logithèque, comme le sera l'Oric Telestrat qui sort en 1986.
Spécifications techniques Processeur principal : MOS Technology 6502 cadencé à 1 MHz Mémoire vive (RAM) : d'abord en 16 ko, puis 48 ko. Le modèle 48 ko possède 64 ko de RAM, mais 16 ko sont masqués par la ROM et inaccessibles à l'utilisateur qui doit donc se contenter de 48 ko. Cependant, l'utilisation d'un lecteur de disquettes permet, via un dispositif sur le bus d'extension, d'utiliser les 16 ko masqués en substitution de la ROM pour charger un autre Basic ou l'Oric-DosThéoric , septembre 1984, page 20.Théoric , février 1985, page 40, Accès à la RAM overlay.. Mémoire morte (BIOS) : 16 ko comportant le langage Basic Tangerine/Microsoft Extended Basic v1.0 Affichage mode texte : 28 lignes de 40 caractères de 6 × 8 pixels en 8 couleurs (2 couleurs maxi par caractère) + mode inversé (8-numéro courant), permettant d'en ajouter 2. Les 2 bits de poids forts de l'octet servant à définir les modes, inverse et attribut). Outre les couleurs, des attributs de type Videotex de clignotement et de double hauteur sont également utilisables. Deux autres modes, LORES 0 et LORES 1, permettent d'utiliser une police de caractères "alternés redéfinissables" permettant de simuler la haute résolution en mode texte. Affichage mode graphique : 240 × 200 pixels en 8 couleurs (maxi 2 couleurs sur 6 pixels). Les 3 dernières lignes du bas de l'écran sont en mode texte. Comme les autres ordinateurs familiaux, le mode graphique de l'Oric a des contraintes de proximité ne permettant pas d'attribuer librement une couleur distincte à chaque pixel contigu sur une même ligne, mais par paquets de 6 pixels. Son : 3 voies mono sur 8 octaves et un générateur de bruit blanc, via processeur sonore Yamaha AY-3-8912, sortant sur haut-parleur intégré ou sur sortie Péritel. Connecteur DIN 7 broches pour lecteur de cassette externe 300 ou 2400 bauds. Connecteur Centronics parallèle pour imprimante à aiguilles. Connecteur 34 broches de port d'extension pour lecteur de disquettes 3" (Microdisc puis Jasmin), ou modem V23, possibilité d'ajouter d'autres extensions comme un synthétiseur de phonèmes vocaux ou un joystick. Sortie vidéo couleur via connecteur RGB 5 broches pour câble Péritel (en PAL) fourni mais nécessitant parfois une alimentation spécifiqueSur les premiers téléviseurs équipés d'une prise Péritel, selon leur implémentation de la norme Péritel, une alimentation électrique devait parfois être ajoutée sur la prise Péritel afin de le forcer à basculer sur l'image de l'Oric.. Sortie vidéo couleur via modulateur TV UHF (sur canal 36 du téléviseur). Clavier intégré 57 touches semi-mécanique QWERTY à auto-répétition. Voltage : 9 V. Consommation Max : 600 milliampères.
Déclinaisons Certaines versions sont dotées d'un logotype arc-en-ciel. Des versions modifiées circulent avec deux ROMs : la V1.0 d'origine de l'Oric-1 et la V1.1 de l'Oric Atmos.
Oric Atmos
L'Oric Atmos est le deuxième ordinateur de la firme Oric. Commercialisé à partir de 1984, il reprend la base de l'Oric-1 en remplaçant son clavier par un modèle offrant un toucher plus professionnel, permettant une saisie plus rapide, et en corrigeant quelques bugs de sa ROM. Il sera élu ordinateur de l'année en 1984. Seul le modèle a été commercialisé en France.
Historique
Le problème majeur de l'Oric-1 était son clavier « semi-mécanique à pivot ». De fait, les claviers des micro-ordinateurs grand public étaient loin d'égaler les modèles professionnels car, pour des raisons de coûts, ils n'utilisaient généralement qu'une simple membrane plastique (comme sur le ZX-81) surmontée éventuellement de touches en gomme. Le clavier de l'Oric-1 était qualifié de semi-mécanique car ses touches étaient en plastique rigide, ce qui était un progrès indéniable, mais d'un usage restant moins pratique qu'un vrai clavier mécanique. L'Oric Atmos règle donc le problème de l'Oric-1 grâce à son clavier mécanique.
Hormis ce changement et l'aspect visuel du boitier, sa mémoire morte fait l'objet de correctifs mineurs touchant le chargement cassette ainsi que le Basic intégré (le Tangerine Basic produit par Microsoft passe de la version 1.0 à la 1.1Plusieurs sites cités en référence indiquent par erreur que l'Atmos possède un Basic v1.0, mais il suffit d'allumer l'Atmos pour voir qu'il affiche "Oric extended Basic v1.1". C'est l'Oric-1 qui possède un "Oric extended Basic v1.0".), mais qui se révéleront à double tranchant car certains programmes Oric-1 ne tournent alors plus sur Atmos. De plus, le correctif du chargement cassette s'avère « beugué » et provoque des erreurs lors de la synchronisation du signal, qui rendent paradoxalement l'Atmos moins fiable que l'Oric-1Théoric , septembre 1984, page 18.. Ce bug a été corrigé discrètement par la suite, sans modification du numéro de version de la ROM. Il existe donc plusieurs versions de la ROM 1.1. Le Basic intégré est enrichi néanmoins de 5 nouvelles instructions.
La commercialisation de l'Atmos est accompagnée d'extensions en option, indisponibles du temps de l'Oric-1, qui sortent un an après la date prévue. : le modem, le lecteur de disquettes 3 pouces Microdisc (particulièrement onéreux : à , il coûte à sa sortie... plus de trois fois le prix de l'ordinateur lui-même !). Le fabricant anglais table sur une vente de « pour 1984 »Théoric , avril 1984, page 23..
Ordinateur de l'année 1984 Les ventes de l'Atmos atteignent unités entre février et Théoric , septembre 1984, page 10 (source Oric France).. Sa fabrication est plus fiable, avec un taux de retour de 8%, contre 22% pour l'Oric-1Science et Vie Micro , février 1984, page 8. Taux de l'Oric-1 fourni par Oric International, taux de l'Atmos par l'importateur Oric France.. Les baisses de prix successives, de à , contribuent grandement à son succès en France où il est élu ordinateur de l'année en 1984. En 1985, l'Atmos est, par son aspect, son gabarit, son positionnement et son prix, l'un des concurrents les plus directs du Thomson MO5.
La fabrication de l'Atmos s'arrête définitivement en .. Le parc français aurait atteint unités au total, ce qui constitue un beau succès. Néanmoins les ventes cumulées de l'Oric-1 et de l'Atmos sont loin d'égaler celle de son concurrent ZX Spectrum et surtout du Commodore 64.
Spécifications techniques
Les spécifications sont identiques à celles de l'Oric-1 hormis :