vignette|Anatomie de l'araignée : (1) Quatre paires de pattes ambulatoires ; (2) Céphalothorax ; (3) Opisthosome. vignette|Morphologie dorsale : 1 : pédipalpe ; 2 : trichobothrie ; 3 : carapace du prosoma ; 4 : opisthosoma ; 5 : yeux. Articles des pattes. 6 : hanche ou coxa ; 7 : trochanter ; 8 : fémur ; 9 : patella ; 10 : tibia ; 11 : métatarse ou basitarse ; 12 : tarse ; 13 : griffes ; 14 : chélicère. vignette|Morphologie dorsale : 3 : tache cardiaque, zone longitudinale centrée à l’avant de l’opisthosome, souvent de forme lancéolée et de couleur différente par rapport au reste de ce tagme, surplombant le cœur. Le motif abdominal sur la face dorsale varie selon les taxons : présence de bandes transversales ou longitudinales, de chevrons ou d'un folium, dessin évoquant une feuille lobée. vignette|Morphologie ventrale : 15 : sternum du prosome ; 16 : pédicule ; 17 : sac pulmonaire ; 18 : stigmate pulmonaire ; 19 : pli épigastrique ; 20 : épigyne ; 21 : filière antérieure ; 22 : filière postérieure ; I, II, III et IV : paires de pattes. vignette|Anatomie externe, face ventrale. L’anatomie des araignées décrit la morphologie des structures externes et internes chez les Araneae et les principales propriétés de ces structures. Cette anatomie présente de nombreux points communs avec celle des Arthropodes Chélicérates : corps divisé en deux tagmes, le prosome ou céphalothorax (partie antérieure recouverte par une carapace en bouclier), et l’opisthosome (ou abdomen) dont les deux premiers métamères sont modifiés en organe génital. Le prosome a une première paire d’appendices transformée en chélicères et une deuxième paire d’appendices transformée en pédipalpes.
L’anatomie de l'araignée présente également de nombreux points communs avec celle des Arachnides : prosoma équipé de paires d'yeux simples et de six paires d’appendices chez l’adulte (chélicères, pédipalpes et quatre paires de pattes ambulatoires) ; réduction voire perte des appendices de l’opisthosome ; développement d’un système respiratoire aérien qui peut avoir la forme d’un système trachéen ou d’un système pulmonaire.
Les araignées ont des adaptations qui les distinguent des autres arachnides : le prosome et l’opisthosome sont articulés par le pédicule ; les sternites du prosome sont fusionnés au niveau ventral pour former une plaque sternale ; la paire de chélicères biarticulés en crochets est parfois reliée à une glande à venin ; un bulbe copulateur est généralement présent au niveau de l'extrémité du pédipalpe des mâles ; parmi les quatre paires de pattes locomotrices, les deux premières paires de pattes antérieures sont dites tractives et les deux paires postérieure sont dites pulsives ; l’opisthosome non segmenté est muni en position postérieure de glandes séricigènes qui produisent de la soie filée par une à six paires de filières, appendices spécialisés excréteurs. Les araignées sont également équipées d'un organe sexuel externe féminin spécialisé, l'épigyne (plaque chitineuse en position ventrale qui contient un crochet et un réceptacle séminal).
Anatomie externe Tagmatisation Le céphalothorax est formé, comme son nom l'indique, de la fusion (tagmatisation) de la partie céphalique et de la partie thoracique qui portent ventralement respectivement les appendices prosomatiques et le plastron sternal. La région céphalique porte fondamentalement quatre paires d'yeux simples. Entre le groupe oculaire et le bord antérieur du bouclier céphalothoracique, se trouve une sclérite appelée bandeau ou clypéus et qui compose le « visage ».. Il assume au point de vue physiologique l'intégration neuro-sensorielle, la prise de nourriture, la locomotion, une partie de l'activité sexuelle (pédipalpes, pièces buccales) et un rôle glandulaire phéromonal, surtout chez le mâle. Exceptionnellement, les Archaeidae ont un céphalothorax divisé en deux : appelées Pelican spiders par les anglophones, les Archaeidae ont un céphalothorax allongé, presque vertical, prolongé par de long chélicères dont la position évoque un bec de pélican maintenu contre le long cou.
Prosome La région céphalique résulte de la fusion de l' (extrémité antérieure non métamérisée) avec deux métamères, dits céphalisés. Chacun de ces segments porte une paire d’appendices, la première de ces paires donnant les chélicères (qui injectent les enzymes digestives et parfois le venin), la deuxième les pédipalpes (qui interviennent dans le processus masticatoire), plus ou moins développés selon les groupes.
L'orifice buccal est bordé de deux lèvres : une lèvre supérieure ou rostre (rostrum) et une lèvre inférieure, le labium flanqué d'une paire de lames maxillairesLa lame maxillaire est aussi appelée lame masticatrice ou gnathocoxa. ou qui correspondent à la différenciation des hanches des pédipalpes.
Pièces buccales
La première paire d'appendices buccaux est transformée en chélicères analogues aux mandibules des insectes. Ces appendices sont utilisés avant tout pour mordre, empoisonner et immobiliser les proies. La majorité des espèces (Pholcidae, Eresidae, Filistatidae, etc.) ne perce dans la cuticule de leurs proies qu'un seul point minuscule par où elles injectent le liquide digestif.. Ces pièces buccales peuvent également servir à transporter des proies et le cocon ovigère.
La deuxième paire d’appendices est transformée en pédipalpes, appelés aussi pattes-mâchoires. Elles servent à l'examen sensoriel des proies et à leur manipulation. Leur base est pourvue d'une excroissance recouvrant en partie l'orifice buccal et jouant un rôle de filtre lors de l'ingestion de nourriture grâce à la série de poils située sur leur bord antérieur et faisant office de peigne filtrant. Certaines espèces (Argiopidae, Lycosidae, Agelenidae, etc.) découpent leurs proies grâce à la , scie présente sur les lames masticatrices à la base de ces pédipalpes..
Yeux simples vignette|gauche|redresse=0.6|Yeux principaux et secondaires d'une espèce nocturne. Dans leur majorité, les araignées portent sur leur prosome huit yeux simples ou ocelles, comme leur ancêtre probablement : deux yeux principaux (yeux médians antérieurs) qui assurent une vision frontale et six yeux secondaires (deux yeux médians postérieurs et quatre yeux latéraux antérieurs et postérieurs) qui permettent de percevoir et de localiser les mouvements périphériques. 99 % des araignées ont huit ocelles disposés au niveau de l'aire oculaire (appelée aussi groupe oculaire, divisé typiquement en deux blocs oculaires formant une ligne plus ou moins récurvée ou procurvée). 1 % ne possèdent que six yeux, leurs médians antérieurs ayant disparu, comme dans la famille des Haplogynae. Quelques rares espèces en ont quatre (Tetrablemma spp.), deux (la plupart des Caponiidae) ou plus du tout (araignées cavernicoles, certaines araignées tisseuses vivant sur leur toile ou chassant à l'affût sur un poste fixe). La plupart des espèces au mode de vie crépusculaire ou nocturne ont des yeux secondaires munis d'un tapetum afin d'accroître leur vision en faible luminosité, ce qui leur donne un aspect argenté par rapport aux yeux principaux sombres...
La disposition oculaire et la forme des yeux, souvent des critères diagnostiques, sont propres au taxon. Reliés au cerveau, ils sont constitués par une seule masse nerveuse et comportent un cristallin, un corps vitré et une rétine, dont les cellules sont directes dans les yeux médians et inversées dans les yeux latéraux Spider Vision : Do Spiders Have Good Eyesight ?.
Ces ocelles permettent de détecter les mouvements environnants et participent à la localisation des proies. Les yeux fixes n'ont pas de mise au point optique, ont un pouvoir séparateur faible et le champ visuel, comme les autres champs sensoriels, ne s'étend que sur quelques centimètres, si bien que la vision est souvent considérée comme médiocre, la majorité des araignées étant plus sensibles aux vibrations émises par leur proie avec leurs pattes, et à leurs odeurs. Certaines espèces (Salticidae, Lycosidae, Deinopidae) possèdent une très bonne vision pour leur activité de chasse diurne ou nocturne et la reconnaissance du partenaire lors de la parade nuptiale. Après avoir détecté les mouvements avec leurs yeux latéraux, elles pivotent et fixent leurs yeux frontaux pour préciser la nature de l'objet (taille, couleur)..
Les yeux des araignées sauteuses ont une spécialisation : la paire latérale postérieure, lui offrant un champ de vision étendu mais de faible résolution, sert à détecter les proies assez lointaines ; la paire latérale antérieure, aux mêmes caractéristiques sert principalement à détecter les prédateurs menaçants ou la distance des proies dont s'est rapprochée l'araignée ; la grosse paire centrale (yeux médians antérieurs) qui est la seule à posséder une rétine mobile (grâce à un jeu de muscles qui peut la déplacer et la concentrer sur une zone particulière) lui donnant une vision précise et en couleur (vision jusque dans le domaine des ultraviolets) et un pouvoir d'accommodation, lui permettant de suivre ses proies avec netteté. La vision de la plupart des espèces d'araignées est de qualité médiocre, mais les tarentules en ont une assez bonne. Les yeux médians antérieurs ont un champ limité (inférieur à 5°) mais une excellente résolution (10' environ)..
Pattes ambulatoires
Chaque patte ambulatoire se compose de 7 articles : de la base vers l'apex respectivement, on observe une hanche (coxa), un trochanter court et peu mobile, un long fémur (le trochanter et le fémur forment l'analogue d'une cuisse), une plus courte patella, un long tibia (patella et tibia formant la jambe), un métatarse et un tarse. Ce dernier est prolongé par un segment apical appelé prétarseCe segment est appelé selon les auteurs prétarse, post-tarse, transtarse ou onychium. Ce n'est qu'exceptionnellement que le prétarse forme un article distinct. dont l'extrémité, chez les araignées tisserandes, porte 2 ou 3 griffes souvent denticulées à la face inférieure, lesquelles interviennent dans la manipulation de la soie et dans le déplacement sur la toile. Sont associées aux pattes diverses structures liées au mode de vie particulier de chaque taxon, que ce soient des peignes pour « carder » la soie, des épines, crins, poils qui servent d'organes sensoriels, des structures de stridulation. Chez certaines Araignées, qui ont les pattes longues et grêles, le tarse est rendu flexible..
Les pattes ambulatoires et les pattes-mâchoires disposent de poils tactiles : organes tarsaux jouant le rôle de chimiorécepteurs, trichobothries jouant le rôle de mécanorécepteurs, structures disposées isolément (lyrifissures) ou en série (organes lyriformes) jouant le rôle de propriocepteurs..
Les deux premières paires de pattes antérieures sont dites tractives et les deux paires postérieures sont dites pulsives. La majorité des familles des araignées ont les deux premières paires tournées vers l'avant (implantation prograde des pattes) alors que chez quelques familles anciennes, les quatre paires sont déployées sur le côté (implantation latérigrade des pattes), ce qui leur permet de courir sur le côté et en arrière, comme les crabes (plusieurs familles étant désignées par le nom vernaculaire d'araignées-crabes) Ehlers, M. (1939). Untersuchungen über Formen aktiver Lokomotion bei Spinnen. Zool. Jb. Syst. 72, 373–499.. La présence de griffes permet aux araignées de grimper sur des surfaces rugueuses verticales (feuilles, rochers, volets de fenêtres, murs, plafonds, poutres). L'adhésion sur des surfaces lisses (fenêtre, évier) est assurée par des scopulae, touffes denses de soies qui permettent également aux araignées d'assurer une meilleure prise sur les proies glissantes, et de soulever jusqu'à 160 fois le poids de leur corps.