L'église Saint-Séverin est une église catholique paroissiale située à Oinville-sur-Montcient, dans les Yvelines, en France. Elle a été fondée en 1127, mais seul le mur nord de la nef subsiste de cette époque. L'édifice s'articule autour d'un transept de la première période gothique, dont la croisée du transept sert de base au clocher central, et surprend par la cohabitation entre des arcs-doubleaux de facture romane, et des chapiteaux de crochets déjà assez évolués, qui ne sont pas antérieurs à la fin du . À l'est du transept, le chœur se compose d'une travée carrée de la même époque, mais largement remaniée, et d'une abside polygonale de la Renaissance, qui n'est remarquable que pour le retable de pierre baroque qu'elle contient, et son décor à l'extérieur. Des chapelles latérales inégales occupent les angles entre les croisillons du transept et le chœur. Celle du nord devrait dater du , et présente une architecture gothique un peu rustique, et celle du nord affiche le style de la fin de la période flamboyante, peu avant le milieu du , et se signale par une voûte à liernes et tiercerons agrémentée de quatre clés pendantes. À l'ouest du transept, l'on trouve un double vaisseau de trois travées de longueur, dans l'axe du carré du transept et du croisillon sud. Voûtés à la même hauteur, la nef et son collatéral sont de style flamboyant, et assez représentatifs de la reconstruction postérieure à la guerre de Cent Ans dans le Vexin français. À l'extérieur, l'abside, et à plus forte raison, l'élégant petit clocher gothique, constituent les éléments les plus emblématiques de l'église. Son classement aux monuments historiques est intervenu par arrêté du .. Elle est affiliée à la paroisse de « Limay-Vexin », qui regroupe seize communes et dix-huit lieux de culte. Des messes dominicales y sont célébrées environ tous les deux mois, à 10 h 30.

Localisation thumb|left|Approche par le sud-est.

L'église Saint-Séverin se situe en France, en région Île-de-France et dans le département des Yvelines, dans le parc naturel régional du Vexin français, sur la rive droite de la Seine, dans la vallée de la Montcient, sur la commune d'Oinville-sur-Montcient, rue de l'Église. L'édifice est bâti perpendiculairement à la rue. C'est le chevet qui donne sur la rue. L'élévation méridionale est précédée d'un grand parvis non aménagé, qui n'est autre que l'ancien cimetière, et utilisé comme parking. Un étroit passage permet de contourner l'édifice par l'ouest et par le nord. Du fait de la proximité immédiate des propriétés voisines, il n'y a pas de façade occidentale.

Histoire thumb|left|Vue depuis le parc, à l'est.

Selon l'abbé Jean Vital Gautier, la fondation de la paroisse remonte à l'année 1127, ce qui concorde parfaitement avec la datation de la partie la plus ancienne de l'église, à savoir le mur gouttereau nord de la nef. Les auteurs ne précisent pas à quel saint Séverin l'église est dédiée. Sous l'Ancien Régime, Oinville-sur-Montcient relève de l'archidiocèse de Rouen, de l'archidiaconé du Vexin français avec siège à Pontoise, et du doyenné de Magny-en-Vexin. Le collateur de la cure est l'abbé de l'abbaye chartraine Saint-Père-en-Vallée comme à Gaillon-sur-Montcient et Juziers.. thumb|upright|Vue depuis le sud-ouest.

Si le mur septentrional de la nef représente bien la partie la plus ancienne de l'église, il ne faut pas en conclure que la première église était dépourvue d'un chœur. En tant que sanctuaire, il constitue la partie la plus importante d'une église, et une église sans sanctuaire n'est pas concevable. Il devait donc bien y avoir un chœur contemporain de la nef romane, voire plus ancien, puisqu'il n'est pas dit que l'église paroissiale ne fut pas précédée par une modeste chapelle. Comme dans de nombreux autres villages du Vexin, le chœur roman est assez rapidement jugé insuffisant, et remplacé par une croisée du transept gothique, tenant en même temps lieu de base du clocher central, dès les années 1180. Ses arcs-doubleaux non moulurés à double rouleau sont de facture romane, mais ses chapiteaux de crochets sont clairement gothiques, et reflètent le style de la fin du ., au point que l'on est tenté de s'interroger s'ils ne sont pas issus d'une reprise en sous-œuvre, voire de la reconstruction totale d'une construction romane inaboutie, en réemployant les claveaux anciens. Des ruptures dans l'appareil indiquent que le chantier connaît une interruption avant la mise en œuvre des croisillons. Leurs voûtes, tailloirs et chapiteaux sont toutefois analogues à la croisée du transept. Bernard Duhamel les date du ; il conviendrait de préciser du début du . C'est à la même époque qu'appartiennent le clocher, la première travée du chœur, et peut-être les fenêtres en lancette simple au nord de la nef. Puis, le chantier s'interrompt de nouveau, avant que l'on ne perce des arcades dans le mur nord du chœur et le mur est du croisillon nord, et bâtit une chapelle d'une travée dans leur angle. Ultérieurement, à la période gothique rayonnante, le croisillon nord est muni d'une nouvelle fenêtre à remplage du côté nord..

Ensuite, l'église reste en l'état jusqu'au second quart du . Elle est alors agrandie par l'adjonction d'un bas-côté au sud de la nef, en même temps que celle-ci est voûtée d'ogives. Le maître d'œuvre reste anonyme, mais les recherches de Monique Richard-Rivoire ont démontré que son atelier est également intervenu à Jambville.. Une chapelle d'une travée est édifiée dans l'angle entre croisillon sud et chœur. Elle serait imputable à Jean, seigneur d'Oinville et de Jambville. Toutes ces parties sont de style gothique flamboyant, sauf pour les clés de voûte, qui se rattachent à la Renaissance. La dernière partie construite de l'église, en l'occurrence l'abside à pans coupés, est déjà presque exclusivement de style Renaissance. Seule la voûte ne peut pas nier l'influence flamboyante. L'on conjecture qu'elle se substitue à un chevet plat. Quelques modifications mineures, mais déterminantes pour l'aspect extérieur de l'église, sont encore apportées au : le portail est refait, et les fenêtres du sud sont repercées (sauf celle du croisillon). Le versant sud de l'église évoque désormais une construction néo-classique rustique, et en réunion avec l'abside Renaissance, le caractère majoritairement gothique et flamboyant de l'église ne se devine plus guère. L'édifice est classé aux monuments historiques par arrêté du . Il est restauré en plusieurs campagnes à la fin du . En octobre 2011, deux nouvelles cloches sont installées dans le beffroi. Nommées Benoîte-Rolande et Marie-Adrienne, en souvenir aux anciens curés Roland Grapinet et Adrien Van Hoof, elles pèsent respectivement 372 et 268 kg, et recréent le carillon en fa la do attesté avant la Révolution française.. L'église Saint-Séverin est aujourd'hui affiliée à la paroisse de « Limay-Vexin », qui regroupe seize communes et dix-huit lieux de culte. Des messes dominicales y sont célébrées environ tous les deux mois, à 10 h 30..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

Régulièrement orientée, avec une légère déviation de l'axe vers le sud-est du côté du chevet, l'église répond à un plan dissymétrique, qui peut toutefois être ramené à un plan cruciforme augmenté de travées supplémentaires. Elle se compose d'une nef de trois travées accompagnée d'un collatéral au sud seulement ; d'un transept qui ne déborde qu'au nord, et dont la croisée du transept est en même temps la base du clocher central ; d'un chœur comportant une travée carrée et une abside à pans coupés de faible profondeur ; et de deux chapelles latérales de style différent dans les angles entre les croisillons et la première travée du chœur. L'ensemble de l'église est voûté d'ogives, et à un seul niveau d'élévation. Hormis la chapelle latérale nord, qui est très basse, toutes les travées sont voûtées à la même hauteur. Une sacristie moderne occupe l'angle entre la chapelle latérale sud et l'abside. Puisqu'il n'y a pas de façade occidentale, l'on accède à l'église par un portail au sud de la première travée du collatéral sud, ou accessoirement par un portail secondaire au nord de la deuxième travée de la nef. Celle-ci et le collatéral sont recouverts ensemble par une toiture unique à deux rampants, avec un pignon à l'ouest. Le croisillon nord est doté d'un toit en bâtière perpendiculaire à l'axe de l'édifice, avec un pignon au nord. Afin de laisser dégagé l'étage de beffroi du clocher, le croisillon sud et la première travée du chœur sont munis d'un toit en pavillon à faible pente, sur lequel vient s'appuyer le toit à croupes de l'abside. Le clocher est coiffé d'un toit à la hache.

Intérieur Nef et collatéral thumb|Nef, vue diagonale vers le sud-est. thumb|Nef, vue vers l'ouest. thumb|Collatéral, clé de voûte de la .

La nef et son collatéral forment, à l'intérieur, un espace unifié parfaitement homogène. L'on ne relève aucune trace d'architecture romane, et les murs sont de toute façon enduits, comme l'exige leur appareil de petits moellons noyés dans un mortier. Les deux vaisseaux ne diffèrent que par leur largeur et par leurs fenêtres, qui ne datent pas de leur époque de construction respective. L'arc triomphal faisant communiquer la nef avec le carré du transept est contemporain de celui-ci, et n'est pas à considérer ici, tandis que l'arc-doubleau reliant le collatéral au croisillon sud est flamboyant, et analogue aux autres doubleaux des deux vaisseaux. La nef et le collatéral d'Oinville reflètent un développement assez fréquent à la période flamboyante, qui est avant tout celle du renouveau et de la reconstruction après la guerre de Cent Ans, bien que sa genèse remonte loin dans le . L'on veut agrandir la nef, et lui donner un aspect plus solennel, à la hauteur de l'architecture du sanctuaire, mais par mesure d'économie, l'on conserve les murs extérieurs de la nef médiévale, et se contente d'un unique bas-côté. Arthies, Jambville, Lierville et Vaudancourt constituent d'autres exemples. Si l'on renonce à un deuxième collatéral, l'on voûte souvent le collatéral à la même hauteur que le vaisseau central ; Monique Richard-Rivoire observe que c'est même le cas de la majeure partie des églises vexinoises dont les nefs ont connu une reconstruction à la période flamboyante. La hauteur modeste de la nef est en quelque sorte compensée par une hauteur relativement considérable du collatéral, bas-côté n'étant en l'occurrence pas le terme approprié. Quand le vaisseau central dépasse en hauteur le bas-côté, celui-ci est souvent disposé au nord, ce qui favorise l'éclairage du premier par la lumière naturelle (Avilly-Saint-Léonard, Borest, Lierville, Rivecourt, Villeneuve-sur-Verberie…), mais avec un voûtement à la même hauteur, la question se pose dans une moindre mesure. Les voûtes et leurs supports sont d'une architecture soignée, avec, comme seul bémol, l'absence de formerets. En dehors des piliers engagés, les élévations latérales sont en revanche frustes, et le pourtour des fenêtres n'est pas mouluré. Ceci vaut tant pour les lancettes gothiques au nord, que pour les baies modernes à l'ouest de la nef et dans le collatéral. Bien que largement concernée par la reconstruction flamboyante, l'église d'Oinville ne possède ainsi pas la moindre fenêtre au réseau flamboyant. Il reste à mentionner, dans ce contexte, que le collatéral est dépourvu de fenêtre dans la première travée, tant au sud qu'à l'ouest, et que la première fenêtre du nord est bouchée par des lattes, et devenue invisible depuis l'intérieur..