, né le à Dax et mort le dans la même ville, est un joueur et dirigeant français de rugby à XV.

Lors de sa carrière de joueur, il évolue à l'aile et au centre de la troisième ligne, et joue l'intégralité de sa carrière sous le maillot du club de l'Union sportive dacquoise entre les années 1900 et 1920, participant aux deux sacres en championnat de Côte basque de ainsi qu'à celui de .

International avec l'équipe de France et l'un des deux premiers représentants de l'US Dax sous le maillot national, il est capé à quatre reprises de 1920 à 1923, après avoir disputé des rencontres non-officielles sous le statut d'« international de guerre » en 1919.

Après sa carrière sportive, il exerce toujours dans le milieu du rugby en tant que dirigeant. Président de l'Union sportive dacquoise, il officie également au sein du comité de sélection des instances fédérales, autant auprès de la Fédération française de rugby que du comité Côte basque.

Biographie Jeunesse et débuts à l'Union sportive dacquoise Abel Guichemerre, déclaré sous les prénoms Frédéric Jean-Baptiste Abel à l'état civil, naît le à Dax dans les Landes, de l'union d'Hippolyte Guichemerre et de Jeanne Mélie Cazalis..

Il est l'aîné d'une famille de joueurs de rugby-football., comptant entre autres Alfred...

Abel intègre l'équipe de sa ville natale, l'Union sportive dacquoise, et joue son premier match en 1904 contre une équipe de Mont-de-Marsan. Il intègre l'équipe première vers la fin de l'année 1907, et se met régulièrement en évidence de par ses prestations lors de la saison 1908-1909, notamment lors d'un match amical disputé au stade de Cuyès contre le Stade bordelais UC tout juste sacré champion de France. Il évolue notamment auprès de son ami proche Maurice Boyau.. qu'il initie à la pratique rugbystique.

Premier titre régional en club et pré-sélections avant-guerre Régulièrement cité comme l'un des meilleurs joueurs de l'équipe, notamment après le départ de son coéquipier de troisième ligne Boyau, il endosse le rôle de capitaine de l'équipe très tôt, dès 1908..

Il contribue à l'obtention du premier titre officiel du club de l'USD, celui de champion de Côte basque de lors de la saison 1911-1912 et mène son équipe jusqu'en demi-finale du championnat de France de en fin de saison, s'inclinant contre le Toulouse OEC.. Il fait partie quelques mois plus tôt, le de la sélection de Côte basque contre celle de Paris..

vignette|droite|L'équipe des Possibles, dans le cadre du match de sélection du ; Guichemerre porte le numéro 8. En 1912, il est repéré par les sélectionneurs nationaux et joue deux matchs de pré-sélection, à Nantes et à Anglet. Lors du premier, une confrontation Nord-Sud le , il se démarque en inscrivant un essai., puis joue le au stade de Hardoy le match entre la sélection des « Probables » et celles des « Possibles », contribuant à la victoire des siens en marquant un essai avec les « Possibles ».. Non retenu pour rejoindre l'équipe de France, il joue un match avec la sélection de Côte basque contre celle du « Reste de Paris », remportée sur le terrain francilien de Bois-Colombes ; ces sélections lui permettent d'atteindre un niveau de notoriété régional, à la manière de Fernand Forgues à l'Aviron bayonnais, ainsi qu'en dehors de la Côte basque..

Statut sportif d'international de guerre Les compétitions sportives sont interrompues en 1914 par la Première Guerre mondiale. Guichemerre, mobilisé dans l'armée de réserve sous la classe 09, est affecté au d'infanterie à partir du . Maintenu auxiliaire après évaluation par une commission de médecins, il est par la suite détaché des corps militaires le , successivement employé aux Maisons Thévenot et Cazalis, affecté à son entreprise de scierie mécanique. puis en usine.

Les activités sportives reprennent de manière éparse via des initiatives privées, plus formellement au civil autour de 1915-1916 suivant les territoires, tandis que les rencontres internationales reprennent en 1917 avec l'aval de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA).

Le capitaine Guichemerre repère vers 1916 les qualités de René Crabos, jeune centre du club landais du Sport athlétique saint-séverin. et le fait rejoindre le club dacquois vers 1916.. Il est la saison suivante convoqué le pour un match de pré-sélection au terrain de Sarrouilles vers Tarbes avec l'équipe des « Probables » de la région Sud, contre les « Possibles » du Sud ; les seconds l'ayant emporté, Guichemerre n'entre pas dans la suite du processus de sélection..

Entre temps, fin , l'Union sportive dacquoise remporte le championnat de Côte basque de – le plus haut niveau régional – à l'issue d'un match à domicile gagné contre la Section paloise, s'assurant du sacre avant même la dernière rencontre..

vignette|Abel Guichemerre (à gauche) et trois autres joueurs « internationaux de guerre », avant le match contre l'Armée australienne de . Rescapé de la Première Guerre mondiale, au début de l'année 1919, il est à nouveau sélectionné en équipe de France à quatre reprises, après avoir passé avec succès le processus de pré-sélection avec un match « Probables » contre les « Possibles » à Bordeaux le . ; ces sélections ne sont pas comptabilisés en tant que capes officielles mais au titre d'« international de guerre ». Il affronte au Parc des Princes l'Armée galloise le (victoire ). puis l'Armée australienne le (défaite )., ainsi que la Nouvelle-Zélande à deux reprises le à Colombes (défaite ). puis le à Toulouse (défaite ).. Entre ces deux affrontements contre les représentants , il joue une nouvelle fois contre ces derniers à Pau au sein d'une sélection régionale (défaite ).. Il est également sélectionné pour affronter l'armée sud-africaine le . ; la rencontre est néanmoins annulée, la sélection ne pouvant effectuer le déplacement.. En parallèle de ces rencontres internationales sous le maillot français, l'US Dax ne parvient pas à défendre son titre de champion de Côte basque, aux dépens de l'Aviron bayonnais. derrière laquelle elle termine deuxième .. Le , Guichemerre est appelé dans une sélection composée des meilleurs joueurs français, dans une rencontre d'exhibition opposant à Strasbourg cette sélection au champion de France, le Stadoceste tarbais.. En , il est appelé en tant que remplaçant pour les épreuves de rugby à XV des Jeux interalliés mais ne dispute aucune des deux rencontres contre la Roumanie et les États-Unis.

Le , il sera renvoyé en congé illimité du service de l'armée ; en , il est affecté dans la réserve du régiment d'artillerie, puis placé sans affectation en .

Capes internationales et titres de champion de Côte basque en club vignette|droite|Abel Guichemerre (debout, depuis la gauche) et le groupe de l'USD pendant la saison 1920-1921 ; sur sa veste d'uniforme, un coq est présent au-dessus de l'écusson du club. Lors de la saison 1919-1920, il hérite à nouveau du rôle de capitaine des rouges.. Il dispute à l'automne un match de sélection à Anglet avec les « Probables » contre les « Possibles » en vue de la formation du groupe français en amont du Tournoi des Cinq Nations.. puis est pré-sélectionné pour un dernier match d'exhibition à Perpignan, toujours avec les « Probables »... Il est sélectionné dans le groupe élargi en tant que remplaçant dans le cadre du premier match du Tournoi 1920 contre l'Écosse. mais ne participe pas à la rencontre. Pour le match suivant, il remplace Robert Marchand. ; le , Guichemerre connaît ainsi sa première sélection internationale en équipe de France de rugby à XV, contre l'Angleterre au stade de Twickenham (défaite ). Cette sélection fait de lui le premier représentant du club dacquois sous le maillot tricolore, en même temps que Bernard Lavigne. Après cette sélection, Guichemerre est une troisième fois sacré champion de Côte basque de série avec l'Union sportive dacquoise pour la saison 1919-1920. après sa victoire fin contre le Biarritz olympique. ; il s'illustre ensuite en championnat de France., les rouge et blanc atteignant le dernier tour qualificatif.

vignette|gauche|redresse|L'attaque de l'équipe de France contre l'Irlande, lors du Tournoi 1921, suivie par Guichemerre sur la gauche. Il porte à nouveau le maillot national à deux reprises pour le Tournoi 1921 contre l'Angleterre (défaite ).. – et reçoit à cette occasion sa première cape – et l'Irlande (victoire ).. Après avoir participé au match d'exhibition de fin de saison entre l'US Perpignan championne de France et l'équipe de France, au stade de la route de Thuir., il est pré-sélectionné par la Fédération française de rugby (FFR) récemment formée en vue d'une tournée de près de six mois à l'été 1922 sur l'invitation de ses homologues de Nouvelle-Zélande et d'Australie, et pressenti pour prendre le capitanat.. ; le projet, lancé en , est finalement abandonné pour des questions organisationnelles, notamment avec le risque de faire manquer aux joueurs le début des championnats..

Lors de la saison 1921-1922, le frère d'Abel, Alfred, intègre également l'effectif dacquois parmi les avants.. L'US Dax ne conserve pas cette année son titre de champion de Côte basque, après sa défaite en finale contre le Biarritz olympique. mais prend tout de même part au championnat de France, atteignant le dernier tour qualificatif. Abel participe avant l'intersaison au match d'exhibition annuel entre les sélections voisines de Côte basque et de Côte d'Argent..

Après un an d'absence sous le maillot national, Guichemerre se démarque à nouveau lors des matchs de sélection de 1923., à Agen avec les « Probables » contre les « Possibles ».., puis à Biarritz entre « France » et « Reste ».. Il prend ainsi part au Tournoi des Cinq Nations, avec pour rôle de diriger le paquet d'avants, lors du déplacement en Écosse (défaite ) ; non reconduit pour le match suivant au pays de Galles, l'entièreté de la troisième ligne étant renouvelée., cette quatrième cape représentera la dernière de sa carrière internationale.

Participation à l'hommage à Maurice Boyau vignette|droite|Inauguration du monument de Maurice Boyau en 1924 ; Guichemerre, au premier rang à droite.

À l'automne 1923, un comité est monté afin d'élever un monument en hommage à Maurice Boyau, as de l'aviation de la Première Guerre mondiale mort pour la France à la fin du conflit et international français de rugby ayant entre autres porté le maillot de l'Union sportive dacquoise, du Stade bordelais et du Racing Club de France. Parmi les personnalités du monde de rugby, Allan Muhr, Robert Monier, Fernand Forgues et Abel Guichemerre., ce dernier étant un des amis proches de Boyau.. Les trois derniers sont ainsi chargés de recueillir dans le Sud-Ouest de la France les souscriptions à ce dessein... À cette occasion, Guichemerre prend du recul dans ses activités extra-sportives au sein de l'USD afin de se consacrer plus amplement à ses affaires extérieures., mais continue la pratique sportive sur le terrain..

Érigé à Dax, Guichemerre et Forgues sont alors chargés d'organiser les événements autour de l'inauguration du monument au mois d', avec une cérémonie au matin et un match de rugby l'après-midi.., opposant au stade Maurice-Boyau les équipes représentant les comités de Côte basque et de Côte d'Argent, deux des territoires où Boyau a évolué durant sa carrière rugbystique ; le Dacquois fait partie de la sélection de Côte basque pour cette rencontre..

En parallèle et sans connexion avec cette organisation, au mois d', une scission intervient au sein de l'Union sportive dacquoise : Abel Guichemerre, en désaccord avec le président Eugène Milliès-Lacroix et en minorité lors d'une assemblée générale, choisit de quitter l'USD et entreprend la création d'un second club dacquois., selon les sources sous le nom temporaire de Racing Club dacquois. ou Stadoceste dacquois... Bien que l'intention première ne soit que de disputer des matchs amicaux, sans s'inscrire en championnat, il s'entoure de plusieurs coéquipiers de l'USD, notamment Charles Lacazedieu et Jean Loustau.