Milton Friedman, né le à Brooklyn (New York) et mort le à San Francisco, est un économiste américain, considéré comme l'un des plus influents du Economist Touted Laissez-Faire Policy, The Washington Post, 17 novembre 2006..
Ardent défenseur du libéralisme, il obtient le prix dit Nobel d'économie en 1976. Il travaille sur des domaines de recherche aussi bien théorique qu'appliquée, étant à l'origine du courant monétariste, ainsi que le fondateur de l'École de Chicago. Il est également un commentateur politique et essayiste à succès http://dallasfed.org/research/pubs/ftc/boettke.pdf.
Ses deux œuvres majeures sont d'abord son livre Capitalisme et liberté en 1962 puis sa série d'interventions télévisées en 1980 intitulée Free to Choose (en français La Liberté du choix).
Milton Friedman a inauguré une pensée économique d'inspiration libérale dont les prescriptions s'opposent de front à celle du keynésianisme. Ses idées ont eu une influence considérable dans le monde de la politique et de l'économie dans les années 1980.
Biographie Jeunesse et formation Milton Friedman naît à Brooklyn (New York), le dans une famille d'immigrants juifs venue de Transcarpathie, alors partie de la Hongrie (dans l'actuelle Ukraine). Il est le premier enfant de Sarah Ethel Landau et de Jenő Saul Friedman Autobiographie de Milton Friedman sur la page du Prix Nobel, tous les deux petits commerçants. Alors que Friedman a un an, sa famille déménage à Rahway, dans le New Jersey, où il passe sa jeunesseArticle « Milton Friedman » de l'encyclopédie Britannica, 2007. Son père meurt alors qu'il a 15 ansThe New Palgrave, article « Milton Friedman », édition 1998. Étudiant brillant, il finit ses études à l'école secondaire de Rahway en 1928, peu après son seizième anniversaire. thumb|Le campus de l'université de Chicago. Il obtient alors une bourse pour étudier à l'université Rutgers dans le New Jersey, où il obtient le diplôme de Bachelor of Arts en 1932.. Il se spécialise en mathématiques et se destine à la profession d'actuaire avant d'abandonner cette idée pour se tourner vers l'économie pure.
À sa sortie de Rutgers, toujours boursier, il étudie l'économie à l'université de Chicago où il obtient une maîtrise en 1933. Il y est influencé par les idées de Jacob Viner, Frank Knight et Henry Simons. C'est également à cette époque qu'il rencontre sa future épouse, Rose Director, sœur du professeur de droit Aaron Director.
Il étudie une année les statistiques à l'université Columbia sous la direction d'Harold Hotelling, où il sympathise avec George Stigler, cofondateur avec lui de l'école de Chicago, avant de revenir l'année suivante à Chicago : il y est assistant de recherche auprès de l'économiste Henry Schultz, qui travaille sur son ouvrage Théorie et mesure de la demande.
Travail au niveau fédéral En 1935, ne trouvant pas d'emploi dans une université, Friedman se rend à Washington où les programmes lancés par Roosevelt offrent un débouché pour les économistes. Dans Two lucky people, ses mémoires écrits avec sa femme Rose, il écrit qu'alors il jugeait les programmes de créations d'emplois publics adaptés pour une situation critique, mais pas les systèmes de fixation des prix et des salaires59.. Quelques années plus tard il rédige un article avec George Stigler intitulé Roofs or Ceilings, dans lequel Stigler et Friedman attaquent avec vigueur le contrôle des loyers Roofs or Ceilings, . Ces écrits montrent les prémices de ses futures idées sur les contrôles des prix qui faussent la fixation des prix en bousculant le mécanisme de la rencontre entre l'offre et la demande.
Il adopta par la suite une posture plus critique envers les mesures du New Deal, considérant que la Grande Dépression venait principalement de la mauvaise gestion de la monnaie, dont l'offre aurait dû être augmentée et non réduiteDeLong, J. Bradford : Right from the Start? What Milton Friedman can teach progressives, 2007, Lire en ligne. Dans son Histoire monétaire des États-Unis parue en 1963, il développe cette thèse en expliquant cette grave crise économique par les politiques de contraction monétaire menées.
En 1935, il rejoint le National Resources Committee qui travaille alors à une large étude de la consommation. Il tire de ce travail une partie des idées qu'il développa dans sa Théorie de la fonction de consommation. Deux années plus tard, Milton Friedman rejoint le National Bureau of Economic Research où il assiste Simon Kuznets dans ses travaux. Il étudie plus particulièrement la répartition des revenus et dans un article alors controversé, il explique les hauts salaires des médecins par les barrières à l'entrée maintenues par le syndicat national des médecins. C'était le sujet de sa thèse et il reprend ce sujet dans plusieurs écritsCapitalisme et liberté, chap. 9 et La liberté du choix, chap. 7.
En 1940, il est nommé professeur assistant à l'université du Wisconsin à Madison, qu'il quitte après avoir subi des actes d'antisémitisme dans le département d'économiepages 84-85.
De 1941 à 1943 il travaille comme conseiller auprès du département du Trésor des États-Unis à la question des taxes pour financer l'effort de guerre. Porte-parole du Trésor, il défend alors une politique keynésienne. Dans son autobiographie, il constate 113.
Carrière académique Débuts En 1943, il rejoint l'université Columbia où il travailla pendant le reste de la guerre comme statisticien. En 1945, il rend à Columbia sa thèse de doctorat, un travail effectué sous la direction de Simon Kuznets et intitulé Incomes from Independent Professional Practice. Il obtient finalement son doctorat pour cette thèse l'année suivante, celle de la mort de Keynes.
La même année naît son deuxième enfant, David Friedman, qui suivra lui aussi des études scientifiques avant de devenir économiste, membre du courant anarcho-capitaliste. En 1945 et 1946, Milton Friedman enseigne à l'université du Minnesota, aux côtés de George Stigler.
Université de Chicago : de 1946 à 1955 En 1946, Friedman accepte un poste de professeur d'économie à l'université de Chicago, poste libéré à la suite du départ de Jacob Viner pour l'université de Princeton. Friedman y reste finalement trente années et y développa une école économique : l'École monétariste de Chicago, avec des auteurs plusieurs fois récompensés de la plus haute distinction économique : George Stigler ( 1982), Ronald Coase ( 1991), Gary Becker ( 1992), Robert E. Lucas ( 1995).
À la même époque, il rejoint à nouveau le National Bureau of Economic Research, à l'invitation d'Arthur Burns ; il y reste jusqu'en 1981. Il y étudie le rôle de la monnaie dans les cycles économiques et y fonde en 1951 le Workshop in Money and Banking (atelier de la monnaie et de la banque) qui participe à la renaissance de l'étude des phénomènes monétaires. Il commence également une collaboration avec Anna Schwartz, spécialiste d'histoire économique, qui débouche sur la publication en 1963 d'une Histoire monétaire des États-Unis, 1867-1960 dans laquelle s'expriment les prémices de la pensée monétariste.
Il passe une partie des années 1950 à Paris, où il assiste les administrateurs américains du plan Marshall. Il se penche à cette occasion sur l'étude des taux de changes flottants, sur la base de laquelle il publie un ouvrage The Case for Flexible Exchange Rates (les arguments en faveur des taux de change flottants).
Friedman passa l'année académique 1954-1955 comme professeur invité au Gonville and Caius College de Cambridge.
Université de Chicago : de 1956 à 1975 À la suite de la publication de son ouvrage Studies in the quantity theory of money (Études sur la théorie quantitative de la monnaie) en 1956, les idées monétaristes acquièrent davantage d'importance dans le débat économique, tout en restant minoritaires. Ainsi, en 1959, le comité Radcliffe, créé par le gouvernement britannique pour proposer des évolutions du système monétaire international, développe des idées radicalement opposées.
Il devient connu du grand public avec son ouvrage publié en 1962, intitulé « Capitalisme et liberté », dans lequel il se livre à une défense du capitalisme, à une critique du New Deal et de l'État-providence qui émergeait. Bien qu'aucun des grands journaux américains n'en publient de critiques, le livre se diffuse progressivement et il s'en vendra plus de en dix-huit annéesPréface à l'édition de 1982 de Capitalism and Freedom, p. xi de l'édition de 2002. Cela consacre l'engagement de Friedman comme intellectuel dans le débat public ; il devient par la suite conseiller économique du candidat républicain malheureux à la présidence en 1964, Barry Goldwater, marqué par ses positions conservatrices.
Deux années plus tard, il écrit pour la première fois une chronique économique dans le magazine Newsweek, prenant la suite d'Henry Hazlitt. Une semaine sur deux il écrivait dans le journal, en alternance avec Paul Samuelson. Par ces articles, il touche largement la population américaine, jusqu'en 1983 où il y met fin. Sa célébrité croît et il devient en 1967 président de l'American Economic Association, association regroupant les économistes américainsL'héritage de Milton Friedman, un géant de la science économique, Problèmes économiques, 7 novembre 2007.
thumb|Richard Nixon, président américain dont Milton Friedman fut conseiller. À la fin des années 1960 il devient conseiller du président Richard Nixon, qui ne suit que partiellement ses conseils au cours de sa présidence. Nixon impose ainsi un contrôle des prix et des salaires, à l'encontre des idées de Friedman. En 1969 il est nommé dans la commission chargée de réfléchir à l'avenir du service militaire, dans laquelle il prend fortement parti pour un service fondé uniquement sur le volontariat. La conscription est abolie en 1973. Friedman considère ce résultat comme le plus satisfaisant dans son engagement intellectuel.
À partir de 1956, il donne des cours à l'université de Chicago à des étudiants en économie de l'université pontificale catholique du Chili dans le cadre d'un accord signé entre les deux universités. Il exerce par là une influence importante sur ceux que l'on allait appeler les Chicago Boys. En 1975, il se rend pendant cinq jours à Santiago pour prononcer une série de conférences à l'université pontificale. Le , il est convoqué au siège du gouvernement et rencontre le dictateur Augusto Pinochet, dans un entretien de 45 minutes, qui lui est reproché par ses adversairesLa Stratégie du choc, Actes sud, 2008.
Dans le contexte de la stagflation anglaise à partir de 1968 et américaine dans les années 1970, ses idées monétaristes s'imposent alors que le keynésianisme dominant jusqu'alors perd son influence.
Pendant cette période, il dirige les thèses de doctorat de Gary Becker ou de Thomas Sowell.
« Prix Nobel » et retraite En 1976, Friedman reçoit le « prix Nobel » d'économie récompensant ses travaux sur Milton Friedman sur la page du prix Nobel. Lors de la remise du prix, il est accueilli par des manifestants qui lui reprochent d'avoir rencontré les dirigeants de la dictature militaire lors sa visite au Chili The Economist and the Dictator, Reason, 15 décembre 2006.. L'année suivante, âgé de 65 ans, il prend sa retraite de l'université de Chicago dans laquelle il avait enseigné trente années. Il déménage alors avec sa femme à San Francisco et rejoint la Hoover Institution à l'université Stanford.
En 1977, à l'invitation du Palmer R. Chitester Fund, il commence à travailler au projet d'émission télévisée en dix parties pour présenter sa philosophie. Après les trois années de travail nécessaires, sort Free to choose, d'abord comme émission, puis comme livre, à chaque fois réalisé ou écrit avec sa femme Rose. L'ouvrage est la meilleure vente de l'année 1980 en Non fiction avec vendus et il est traduit en douze langues Préface à l'édition de 1982 de Capitalism and Freedom, p. xii de l'édition de 2002.