, dit ainsi que « le Roi de Fer » . .., né au au château de Fontainebleau où il est mort le , fils de et de l'infante Isabelle d'Aragon, petit-fils de , est roi de France de 1285 à 1314, le onzième de la dynastie des Capétiens directs qui remonte sans interruption à 987 (Hugues Capet).
Il est aussi roi de Navarre de 1284 à 1305, sous le nom de , par son mariage avec la reine https://www.histoire-pour-tous.fr/histoire-de-france/5666-philippe-iv-le-bel-roi-de-france-1285-1314.html.
Il devient roi de France en à l'âge de . Le royaume de France est alors à l'apogée de sa puissance médiévale. Avec seize à vingt millions d'habitants., c'est l'État le plus peuplé de la chrétienté et il bénéficie d'une grande prospérité économique, malgré le déclin des foires de Champagne, concurrencées par le commerce direct entre l'Europe du Nord (Bruges) et l'Italie (Venise, Florence).
Son règne est notamment marqué par un renforcement important du pouvoir royal, se traduisant par exemple par une mobilisation de l'arrière-ban, et une mise au pas du duc-roi de Guyenne ainsi que de la Flandre en révolte. Le renforcement du pouvoir royal ne va toutefois pas sans des contestations, à la fois du côté féodal (ligues de 1314) et face à l’Église, notamment lors du différend avec le pape Boniface VIII.
cherche une solution à ses difficultés financières et monétaires en abattant l'ordre du Temple, devenu une puissance financière internationale, et en expulsant les Juifs tout en confisquant leurs biens. Il rétablit une monnaie d'or qui va rester stable pendant plus d'un siècle.
Jeunesse Origines familiales Philippe le Bel est le second fils de (1245-1285), fils de (1214-1270), pour qui Philippe le Bel avait la plus grande vénération et dont il obtient la canonisation en 1297.Sa mère est Isabelle d'Aragon (1247-1271), fille du roi d'Aragon (1208-1276).
Il a un frère aîné, Louis (1264–1276), mort avant et deux frères cadets : Robert (1269–avant 1276) ; Charles (1270-1325), comte de Valois et ancêtre de la maison de Valois qui règne à partir de 1328 en la personne de Philippe VI.
Du fait du remariage de son père avec Marie de Brabant (1254-1322), il a trois demi-frères et sœurs : Louis (1276-1319), comte d'Évreux ; Marguerite (1279-1318) , épouse en 1299 d', roi d'Angleterre ; Blanche (1278–1306), épouse en 1300 de , duc d'Autriche et roi de Bohême.
Éducation
Son père confie une partie de son éducation à Guillaume d'Ercuis, son aumônier.
À la différence de son père, Philippe le Bel reçoit de son précepteur une bonne éducation Frantz Funck-Brentano, The Middle Ages, 1925, .. Il aime étudier et apprend notamment le latin, chose assez rare chez les laïcs même de haut rang.
Roi de France Avènement Philippe devient héritier présomptif à 8 ans en 1276 du fait de la mort de son frère aîné Louis.
Philippe le Bel parvient au pouvoir en 1285 dans un contexte politique tendu. Son père, Philippe III, meurt de manière précoce à Perpignan le , à , après quinze années de règne. Ce dernier est vaincu par la maladie alors que lui et ses troupes battent en retraite après la croisade d'Aragon, expédition punitive échouée contre le roi Pierre le Grand, avec pour objectif d'obtenir la couronne aragonaise pour le frère cadet de Philippe le Bel, Charles de Valois.
Philippe le Bel succède à son père, devenant . Le , il est sacré et couronné dans la cathédrale de Reims par l'archevêque Pierre Barbet.
Personnalité Surnommé par ses ennemis tout comme par ses admirateurs le « roi de marbre » ou « roi de fer », il se démarque par sa personnalité rigide et sévère.
Un de ses plus farouches opposants, Bernard Saisset, évêque de Pamiers, dit de lui : .. Philippe le Bel est un roi qui soulève au cours de son règne beaucoup de polémiques, le même Bernard Saisset le traitant par exemple de « faux-monnayeur ».
Question monétaire
Dévaluation de la monnaie Sous le règne de , les traditions féodales sont abandonnées pour mettre en place une administration moderne. Mais la centralisation monarchique mécontente les grands seigneurs et les nouveaux impôts dressent les bourgeois contre le pouvoir royal.
À l'aide de juristes, notamment de son fidèle collaborateur Guillaume de Nogaret, transforme un État encore féodal en une monarchie moderne où la volonté du roi s'impose à tous (où par exemple la justice royale prévaut), et un impôt est prélevé sur tout le royaume de France.
Son règne est particulièrement agité sur le plan monétaire. Le roi et ses conseillers multiplient les émissions de nouvelles monnaies. Aux dévaluations succèdent les réévaluations, qui donnent un sentiment d'incohérence de la politique royale. Ces mutations monétaires aboutissent à un mécontentement général dans le Royaume. Entre 1306 et sa mort, le roi fait face à des émeutes populaires mais aussi à des ligues nobiliaires qui exigent, entre autres, le retour à la bonne monnaie.
Dans la pratique, le roi ne contrôle pas tous les paramètres de la politique monétaire. Les assemblées de prélats et de barons, convoquées périodiquement au début du pour donner leur avis sur la question monétaire, réclament toutes le retour à la bonne monnaie de Saint Louis, quelque peu idéalisée. Il est vrai que la politique monétaire de Philippe le Bel est très instable. Le système monétaire a été bouleversé de fond en comble. Cette situation, qui n'avait pas de précédent historique, contraste fortement avec les pratiques monétaires de ses prédécesseurs, Saint Louis et Philippe le Hardi, dont les monnayages sont alors considérés comme des modèles de stabilité. Pour l'opinion publique, le résultat des mutations est facile à comprendre : bien que le roi agisse selon son bon droit, toute transformation de la monnaie est assimilée à un abus déloyal, voire à une falsification pure et simple.
vignette|Masse d'or de Philippe le Bel ().
Par ailleurs, le règne de Philippe le Bel se traduit par une période de changements majeurs. L'innovation la plus remarquable de cette période est sans doute l'apparition durable d'émissions de monnaies d'or. Le retour à un vrai bimétallisme s'est accompagné de sévères crises monétaires, attisées par la spéculation internationale, la concurrence des monnaies seigneuriales et les incohérences du système monétaire. La carence en métaux précieux provoque une forte dévaluation de la monnaie de compte, qui se traduit dans la pratique par de nombreuses émissions de nouvelles monnaies. L'inflation, provoquée par ces mutations, mécontente la noblesse, les bourgeois des villes et l'Église qui voient leurs revenus diminuer considérablement. Des réévaluations des pièces d'argent et de billon sont tentées mais leur résultat est plus que mitigé : des émeutes populaires éclatent, et surtout, l'argent finit par ne plus être monnayé, car son prix d'achat est fixé trop bas. Le roi, après avoir tenté en vain de stabiliser sa monnaie, se trouve dans une position politique difficile. À la fin de son règne, il doit affronter la fronde d'une partie de ses sujets.
Assainissement des finances du royaume Il assainit la situation des finances du royaume en combattant les puissances financières devenues un État dans l'État : suppression de l'ordre du Temple, banque internationale (entre autres les Lombards) contournant l'interdiction du prêt à intérêt sous forme de ventes à réméré et de mortgages, la lettre de change et la remise de place en place ; expulsion des Juifs qui pratiquaient l'usure, après avoir exigé d'eux le paiement de taxes (« don de joyeux avènement » en 1285Histoire des Juifs en France - Les origines et le Moyen Âge, Privat, 1972, , .), ou encore arrestation de la plupart des banquiers et changeurs italiens le , bientôt relâchés mais sous certaines conditions ; ils furent définitivement bannis en 1311Jules Viard, « Paris sous Philippe le Bel », in: Bulletin de la Société de l’histoire de Paris et de l’Île-de-France, tome LXI, , 1934 — sur Wikisource..
Il centralise et réforme la collecte des droits fiscaux en punissant les auteurs de malversations, ce qui lui vaut d'être détesté par une certaine bourgeoisie financière qui profitait de la faiblesse du règne précédent. Il fonde en 1295 la charge de trésorier de FranceKarine Deharbe, « Chapitre premier. Origine et évolution de l’institution », in: Le Bureau des finances de la généralité de Lyon. XVIe-XVIIIe siècle, IGPDE, 2010, — lire sur OpenEdition Books..
Cet assainissement des finances permet de racheter le Quercy au roi d'Angleterre moyennant une rente annuelle de .
Selon Jean-Philippe Genêt, l'assainissement des finances du Royaume a lieu quand la monarchie recourt au consentement à l'impôt. Il est né de la rentrée en dialogue du roi avec le pays. En France, le dialogue est né pour instaurer l’impôt pour rembourser les guerres longues et coûteuses (celles de Flandre et de Guyenne.).
Rétablissement de la monnaie or Il est regardé par certains historiens comme le souverain qui aurait altéré le cours de la monnaie qui était alors en argent : en réalité, il a rétabli pour la première fois l'or comme monnaie en créant en 1311 l'agnel ou agnel d'or ou mouton d’or d'un poids de 3,136 grammes d'or pur, qui sera émis jusqu'au règne de (1422 – 1461) après avoir été dévalué à 2,549 grammes par le prétendant anglais (1415-1422).
Vers un État centralisateur et administrateur s'entoure de légistes, des conseillers compétents qui jouent un rôle décisif dans sa politique. Les légistes appartiennent pour la plupart, au début, à la petite noblesse puis à la bourgeoisie ou à la noblesse de robe. Les légistes, apparus sous Philippe Auguste, sont formés au droit romain pour faire évoluer une monarchie féodale, où les pouvoirs du roi sont limités par ses vassaux, vers une monarchie absolue. Il termine cette centralisation commencée par son grand-père, , mais ce système sera remis en cause par les Valois directs. Outre les légistes, le roi est entouré de ses héritiers et de sa famille.
L'administration du Royaume, limitée à la cour du roi chez ses prédécesseurs, se spécialise en trois sections sous le règne de Philippe le Bel : le Grand Conseil qui examine les dossiers politiques ; le Parlement, responsable de la justice ; la Chambre des comptes, spécialisée dans les affaires financières, elle établit des taxes pour les exportations, soumet les terres de l'Église à une redevance (les décimes), introduit une taxe pour toute vente, et réalise des manipulations monétaires en changeant le poids ou le taux des métaux précieux des pièces sans en changer la valeur, ce qui fait donner à le surnom de « faux-monnayeur » par ses détracteurs.
Ces transformations rendent Philippe le Bel très impopulaire dans toutes les couches de la société.
a aussi créé l'embryon des états généraux, en ordonnant la tenue d'assemblées formées de représentants des trois ordres : le clergé, la noblesse et la bourgeoisie. Ces assemblées, très peu réunies, seulement lors de crises, n'avaient pas beaucoup de pouvoir, leur rôle n'étant que d'approuver les propositions du roi et de ses conseillers.
Sous le règne de , la France abandonna ses traditions féodales pour devenir un État avec une administration moderne. Mais la centralisation monarchique mécontenta les grands seigneurs, les nouveaux impôts dressèrent les bourgeois contre le pouvoir, et les paysans, accablés de taxes diverses, se révoltèrent.
Occupation de la Guyenne (1294-1303)
vignette|Hommage d’ à Philippe le Bel. Miniature du . vignette|Le duché de Guyenne et le royaume de France au début du . Les hostilités avec le duc d'Aquitaine , également roi d'Angleterre, font suite à des conflits entre pêcheurs gascons et normands en 1292. Ces derniers vont jusqu'à couler des nefs bayonnaises à Royan. Philippe le Bel désavoue ces actions, mais les marins Normands continuent leurs assauts. Au cours de l'hiver 1293, réunit la « flotte des Cinq-Ports » et prend le dessus sur les Normands.