L'église Notre-Dame-de-l'Assomption est une église catholique paroissiale située à Marissel, dans la commune de Beauvais, dans l'Oise, en Hauts-de-France, en France. La façade et les élévations latérales de la nef et des bas-côtés suggèrent un vaste édifice de style gothique flamboyant, mais si la hauteur et la largeur de la nef sont effectivement généreuses, elle est très courte, et bute à l'est contre un clocher roman non visible depuis l'ouest, qui est entouré de plusieurs travées construites entre le milieu du et le milieu du . L'absidiole en cul-de-four au chevet du collatéral nord n'est autre que l'abside de la précédente église roman. La chapelle de deux travées qui occupe l'emplacement du croisillon nord date des débuts de l'architecture gothique, tandis que le croisillon sud et le petit chœur au chevet plat sont issus de deux campagnes différentes à la première moitié du , qui ont apparemment traîné en longueur à en juger d'après l'écart stylistique entre le gros-œuvre et les voûtes avec leurs supports. Le raccordement entre le chœur et l'absidiole et la chapelle du croisillon sud qui l'encadrent n'est pas très heureux, car les deux arcades latérales du chœur n'ouvrent pas directement sur les travées adjacentes, et en raison de l'exigüité de la base du clocher, le sanctuaire n'est pratiquement pas visible depuis la nef des fidèles. Aussi, l'a-t-on envisagé la reconstruction totale des parties orientales à la seconde moitié du , et commencé par le prolongement des grandes arcades vers l'est à l'intérieur même des travées anciennes, sans pour autant les démolir. Le manque de ressources a toutefois imposé une interruption des travaux à la fin du . Laissées en l'état, les parties orientales de l'église Notre-Dame constituent aujourd'hui un intéressant témoignage des méthodes de reconstruction successive employées jadis, tandis que la nef séduit par son beau volume, la légèreté de son architecture et la cohérence de sa modénature.
L'église de Marissel a été classée au titre des monuments historiques par arrêté du ., et est aujourd'hui affiliée à la paroisse Beauvais-Nord. Les messes dominicales selon le rite liturgique instauré depuis le Concile Vatican II y sont célébrées de juillet à décembre seulement, à 9 h 30. La messe selon la forme extraordinaire du rite romain est proposée chaque jeudi et vendredi soir à 18 h 30 ainsi que le samedi matin à partir de 9 h 00 pour les messes basses. Le dimanche et toutes les fêtes d'obligation, la messe chantée est célébrée à partir de 11 h 00.
Localisation thumb|left|Vue depuis le sud-ouest.
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans la commune de Beauvais, dans le quartier de Marissel, ancienne commune indépendante rattachée à Beauvais en 1943, rue de Marissel. L'église est bâtie sur un tertre qui domine la rue, perpendiculairement à celle-ci, mais en recul. C'est la façade occidentale, en réalité tournée vers le sud-ouest, qui donne sur la rue. Elle est précédée d'un parvis formant terrasse, où l'on accède par un escalier depuis l'angle des rues de Marissel et Aimé-Besnard, au sud-ouest, ou par l'autre branche de la rue Aimé-Besnard, qui entreprend l'ascension de la pente depuis le sud-est. Les deux branches de la rue Aimé-Besnard bordent les élévations latérales de l'église, et se rejoignent au nord du chevet. La branche qui longe l'élévation septentrionale n'atteint le niveau de l'église que près du chevet, et un mur de soutènement est nécessaire pour parer à la différence de niveau. La façade et les élévations latérales sont bien dégagées, et l'exposition de l'édifice sur un promontoire en fait un élément déterminant du paysage urbain, mais le chevet est dissimulé par des arbres.
Histoire Histoire de la paroisse thumb|Clocher roman, étage de beffroi, vue depuis le sud-est. thumb|Chapiteau ionique antique.
Le site de Marissel est occupé dès l'époque gallo-romaine, comme on le sait depuis la découverte de la stèle dite du Mercure barbu, de fragments de colonnes et de sculptures, dans une vigne à quatre cents pieds de l'église, en 1694. Un fût ionique, aujourd'hui méconnaissable, est par ailleurs englobé dans le mur sud du croisillon sud, près de l'angle sud-estClassé au titre objet depuis novembre 1912 ; cf. .. En l'absence de fouilles autour de l'église, l'on ignore toutefois si elle succède à un lieu de culte païen au même emplacement. L'histoire de Marissel a toujours été intimement liée à celle de Beauvais, et les découvertes doivent être interprétées dans ce contexte.. Bien que paroisse indépendante, Marissel revêt le caractère d'un faubourg de Beauvais, et ne semble jamais avoir été une seigneurie importante.. Les habitants sont maraîchers et vignerons. Sous l'Ancien Régime, la paroisse de Marissel relève du doyenné de Montagne (comme Notre-Dame du Thil), de l'archidiaconé de Bray (qui inclut toute la ville de Beauvais), et du diocèse de Beauvais.. Le collateur de la cure est le chapitre de la collégiale Saint-Vaast de Beauvais. Mais des circonstances particulières, qui restent à éclairer, veulent que le chapitre de la collégiale Saint-Michel de Beauvais possède également quelque autorité sur l'église. Au , les mariages sont soumis à l'autorisation des chanoines de Saint-Michel, et une redevance doit être versé aux chanoines à chaque mariage. L'explication est peut-être que les paysans de Marissel sont serfs de la collégiale Saint-Michel. La dîme est partagée entre les deux chapitres déjà mentionnés, le chapitre de la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais et l'abbaye Saint-Symphorien de Beauvais. L'histoire de la paroisse Notre-Dame de Marissel est certainement assez bien documentée, à l'instar de celle de toute la ville de Beauvais, mais elle n'a pas encore fait l'objet de publications, et n'est notamment pas prise en compte par Jean-Louis Courtault dans son long article sur l'église de Marissel. Cet auteur se borne à rappeler la procession organisée chaque mois de juillet, quand les reliques et la statue de sainte Angadrème sont portées de la collégiale Saint-Michel vers l'église Notre-Dame, . Aujourd'hui, Marissel est affilié à la paroisse Beauvais-Nord, dont le principal lieu de culte est l'église Notre-Dame-du-Thil, et l'église Notre-Dame accueille des messes dominicales de juillet à décembre seulement, à 9 h 30 (en alternance avec l'église Saint Jean-Marie Vianney, de janvier à juin).. La messe selon la forme extraordinaire du rite romain est proposée chaque jeudi et vendredi soir à 18h30 ainsi que le samedi matin à partir de 9h00 pour les messes basses. Le dimanche et toutes les fêtes d'obligation, la messe chantée est célébrée à partir de 11h00.
Campagnes de construction de l'église L'église romane thumb|upright|L'absidiole à l'est du croisillon nord était le sanctuaire de l'église romane. thumb|upright|Le croisillon nord du milieu du (vue depuis l'absidiole) est voûté d'ogives dès le début. thumb|upright|Le croisillon sud du début du se divise en deux travées inégales. thumb|upright|Les grandes arcades du chœur ne s'accordent pas avec les travées sur lesquelles elles ouvrent.
L'église Notre-Dame est un édifice complexe, bien plus que ne le laissent apparaître ses élévations extérieures. La nef et ses bas-côtés sont de style gothique flamboyant et parfaitement homogènes, mais les parties orientales sont issues de différentes campagnes entre le dernier tiers du et le milieu ou la seconde moitié du , qu'il n'est pas toujours aisé de départager. Afin de parer à des désordres de structure, la plupart des travées à l'est de la nef et ses bas-côtés ont connu des remaniements depuis leur construction, et des piliers et arcs-doubleaux flamboyants témoignent en plus du projet avorté de leur reconstruction. La première église dont l'édifice actuel comporte encore des éléments est de style roman, et ne comporte apparemment qu'un unique vaisseau. Elle se termine par une abside en hémicycle, qui est voûtée en cul-de-four, et date du dernier tiers du , et possède un clocher latéral de la fin du , qui peut être contemporain de l'abside ou légèrement postérieur. Ce n'est qu'avec l'agrandissement de l'église à partir du milieu du que le clocher devient central, et que l'abside devient absidiole. En effet, les contreforts aux angles sud-ouest et sud-est du clocher paraissent conçus pour être situés à l'extérieur, et la tour est d'un diamètre très restreint ; d'autre part, l'absidiole est symétrique à l'origine, et l'une de ses fenêtres est dissimulée derrière un contrefort du chœur, qui a été percé d'une fente pour laisser entrer le jour malgré tout. Jean-Louis Courtault ajoute encore d'autres observations pour étayer son hypothèse, sans être en mesure d'apporter une preuve irréfutable. Quoi qu'il en soit, pas toutes les églises romanes du Beauvaisis sont dotées d'un clocher central, comme le montrent Cramoisy et Warluis, par exemple, et nombreuses sont les églises dont le vaisseau central actuel a été bâti à côté de la nef primitive : Allonne, Bailleval, Cauvigny, Courcelles-sur-Viosne, Fontenay-en-Parisis, Limay (dans un premier temps, démoli au ), Monchy-Saint-Éloi, Villers-Saint-Frambourg, etc..
Agrandissement des parties orientales à la période gothique
Alors qu'elle est encore en travaux, ou à peine achevée, l'église Notre-Dame devient victime d'un incendie, dont le clocher et l'absidiole portent encore les traces, sous la forme de pierres calcinées et de marques de réparations. Ces traces sont visibles dans les combles. Elles ne concernent aucune des autres travées aujourd'hui conservées, qui sont donc postérieures, ce que tend aussi à démontrer l'analyse stylistique. On ne peut toutefois pas exclure que la nef romane reste indemne, et soit conservée jusqu'à la reconstruction flamboyante. En tout cas, la reconstruction du donne lieu à un agrandissement par transformation en église de plan cruciforme. Ces travaux traînent en longueur, car les deux bras du transept ne sont pas analogues, et les deux croisillons ainsi que le nouveau chœur sont bâtis l'un après l'autre. L'on commence par le croisillon nord, qui est encore plus roman que gothique, et datable du milieu du . Or, Jean-Louis Courtault estime que la des consoles qui supportent les voûtes indiquent plutôt la fin du , et que le voûtement est au transept, les consoles étant donc un réemploi. Effectivement, les formerets ne sont pas parfaitement alignés au-dessus des fenêtres., mais c'est fréquent à la première période gothique. Sinon, les consoles du côté sud affichent au contraire de multiples strates de modénature, et ne paraissent pas archaïques : elles sont seulement dépourvues de décor sculpté. Il n'y a pas d'écart stylistique entre la console médiane du côté nord et le modillon placé en dessous, qui évoque les têtes grimaçantes des corniches romanes du . Les voûtes sont proches de celles du second quart du que Dominique Vermand a analysées, comme à Bornel, Cambronne-lès-Clermont, Cauvigny, Foulangues, Lavilletertre, Mogneville et Ully-Saint-Georges. Du reste, le voûtement d'ogives étant encore inconnu dans le Beauvaisis au tout début du , les consoles ne peuvent pas dater de la fin du indépendamment de leur facture. La réception des voûtes sur des consoles ou culs-de-lampe et non sur des colonnettes à chapiteaux n'est pas non plus une caractéristique particulière de la fin du , comme le prétend Courtault : les colonnettes à chapiteaux prévalent même à cette époque. Les consoles sont parfois employées à la période romane : bas-côtés d'Acy-en-Multien et Béthisy-Saint-Pierre, deuxième doubleau de la nef de Saint-Vaast-lès-Mello, croisillons de Saint-Étienne de Beauvais, chœurs de Crouy-en-Thelle et Rocquemont, collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes....