La Saône-et-Loire (Prononciation en français de France français standard retranscrite phonémiquement selon la norme API.) est un département français de la région Bourgogne-Franche-Comté dont la préfecture est Mâcon. Par ses quelque en 2022, elle est le département le plus peuplé de la région.

L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le .

Histoire

Préhistoire vignette|La roche de Solutré.

La présence humaine y est ancienne, comme l'attestent, à Vergisson, les restes d'hommes de Néandertal datant du Paléolithique (), les importants gisements de Solutré (à l'origine de la dénomination de la période éponyme, le Solutréen) et au Néolithique, à Chassey-le-Camp (qui a donné son nom au Chasséen)Jean Combier, « Entre Loire et Saône : les hommes de l'âge de la pierre », « Images de Saône-et-Loire », , mars 1995, pages 28–32.. Les vallées de la Saône coupant le département actuel et de la Loire le bordant servaient de voies de passage et d'échanges.

Antiquité Période gallo-romaine vignette|Le théâtre romain d'Autun.

Les Éduens s'y sont installés vers .. Leur présence dépasse le département de Saône-et-Loire et comprend une partie de la Côte-d'Or, de la Nièvre, de l'Yonne et de l'Ain, soit un territoire d'environ . Vers 150-, Bibracte (Mont-Beuvray), au nord-ouest du département actuel, fut leur capitale avant que ce site fortifié ne soit abandonné au profit d'Autun (Augustodunum). Un des grands peuples gaulois alliés aux Romains depuis plus d'un siècle, ils se joignirent à la révolte gauloise (siège d'Alésia) en

La création d'Autun (Augustodunum : la colline d'Auguste), décidée par l'empereur Auguste, date d'environ , Bibracte, symbolisant la révolte gauloise, fut en quelques décennies délaissée par ses habitants.

Vers 180, les premiers martyrs chrétiens sont Symphorien à Autun, Marcel à Chalon et Valérien à Tournus. Les chrétiens sont rapidement présents dans le pays éduen. À la fin du , Dioclétien a entrepris une réforme administrative. La Gaule est divisée en deux diocèses. Autun appartient, avec Lyon comme capitale, à la Lyonnaise I. C'est dans ce contexte qu'est créée la flotte de la Saône, commandée par un préfet, basé à Chalon. Le plus ancien évêque d'Autun connu est Reticius, présent au concile de Rome de 313.

Moyen Âge Au Moyen Âge, le territoire jouait un rôle important en tant que carrefour entre le nord et le sud du royaume de France et à la frontière de l'Empire. De nombreux seigneurs religieux et laïcs se partageaient les terres et les droits comme l'abbaye de Cluny, siège de l'ordre religieux qui s'étendit dans l'Europe entière, les évêques d'Autun, les comtes de Chalon, les comtes de Brancion, les ducs de Bourgogne.

Temps modernes

Époque contemporaine Révolution vignette|Carte du département de Saône-et-Loire en 1790.

Convoqués aux États généraux par le , les députés représentant la future Saône-et-Loire sont au nombre de vingtBlanc (Georges), Lafille (Pierre), « Saône-et-Loire, histoire et géographie régionales », t. 2 « Histoire », 1949, Mâcon, Buguet-Comptour. Chacun des bailliages d'Autun, de Charolles et de Mâcon est représenté par quatre députés (un pour la noblesse, un pour le clergé, deux pour le tiers état). Le bailliage de Chalon, plus peuplé, élit huit députés (deux pour la noblesse, deux pour le clergé, quatre pour le tiers état). Les députés sont : pour le bailliage d'Autun : l'évêque Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, le marquis Digoine du Palais, Repoux, avocat à Autun, Verchère de Reyffye, avocat à Marcigny ; pour le bailliage de Charolles : Porcheron, curé de Champvent, le marquis de la Coste, Geoffroy, avocat à Lyon, Fricaud, avocat à Charolles ; pour le bailliage de Mâcon : Ducret, curé de Tournus, le comte de Montrevel, De Lamétherie, avocat, Merle, maire de Mâcon ; pour le bailliage de Chalon : Genetet, curé d'Étrigny, Oudot, curé de Savigny-en-Revermont, le marquis de Sassenay, Burignot de Varennes, écuyer, Petiot, procureur du roi à Chalon, Paccard, avocat à Chalon, Sancy, avocat à Chalon, Bernigaud de Grange, écuyer, lieutenant général au bailliage.

Le département a été créé officiellement le à partir d'une partie de la province de Bourgogne, à peu près dans les limites des anciens bailliages d'Autun, Chalon, Charolles et MâconHenri Nicolas, « Quand l'Assemblée constituante esquissait les contours du département de Saône-et-Loire », revue « Images de Saône-et-Loire » (octobre 1970), .. L'assemblée des électeurs, réunie le à Charolles, choisit d'installer le chef-lieu du département à Chalon plutôt qu'à Mâcon, mais les protestations de cette ville conduisirent l'Assemblée constituante à y installer le siège de cette administration, en .

Lors de sa création, le département est partagé en sept districtsRapport du Directoire du département de Saône-et-Loire, au Conseil général, assemblé le 4 novembre 1790, Archives départementales de Saône-et-Loire, dont les chefs-lieux sont : Autun, Bourbon-Lancy, Chalon, Charolles, Louhans, Mâcon et Marcigny. Chacun de ces districts est divisé en cantons, et chaque canton en municipalités (communes). Dans la première division du département, arrêtée le , on comptait 83 cantons. Le district d'Autun comprenait quatorze cantons et quatre-vingt-sept municipalités, celui de Bourbon-Lancy six cantons et vingt-huit municipalités, celui de Chalon dix-neuf cantons et cent-soixante-trois municipalités, celui de Charolles quatorze cantons et quatre-vingt-sept municipalités, celui de Louhans douze cantons et soixante-quinze municipalités, celui de Mâcon neuf cantons et cent-six municipalités, celui de Marcigny neuf cantons et quarante-huit municipalités. Leur nombre fut réduit à 48 par un arrêté du 17 frimaire an X (), puis successivement porté à 49 et à 50 (lois des et ). Chaque district a son tribunal et chaque canton ses juges de paix.

Premier Empire En 1805, une première « Statistique départementale de Saône-et-Loire » est publiéeAnnie Bleton-Ruget, « Un département à l'aube du : images et représentations de la Saône-et-Loire », article paru dans la revue « Images de Saône-et-Loire », , novembre 2019, .. Le département est occupé à deux reprises par les troupes autrichiennes : de janvier à puis de à .

Révolution industrielle Au milieu du , Alphonse de Lamartine est le plus célèbre des habitants de Saône-et-Loire. Poète, chef du gouvernement provisoire en , ce républicain occupe à neuf reprises le fauteuil de président du conseil général avant d'abandonner la politique au moment de l'avènement du Second Empire lors du coup d'état du « De la République au Second Empire : l'exemple de Saône-et-Loire », article de François Nosjean paru dans la revue « Images de Saône-et-Loire » d'août 1996, ..

Au cours de ce siècle le département connaît un fort développement industriel avec l'exploitation de plusieurs gisements charbonniers (le bassin houiller de Blanzy – Montceau-les-Mines – Le Creusot étant le plus important, mais également le bassin houiller d'Épinac et plus modeste le bassin houiller de La Chapelle-sous-Dun.). Cumulés avec l'exploitation du minerai de fer, également présent dans le département, ils permettent le développement de l'industrie sidérurgique et de la construction mécanique au Creusot avec Schneider et . L'exploitation du gisement de schiste bitumineux d'Autun démarre également pour produire un équivalent du pétrole..

En , le département est divisé en deux par la ligne de démarcation : au nord la zone occupée par les Allemands, au sud la zone libre. En , ceux-ci la franchissent et envahissent la zone sud (opération Anton). Terre de résistance vigoureuse (maquis du Clunisois, du Charollais, maquis bressans, etc.), la Saône-et-Loire est libérée en août et .

Au , la région Bourgogne, à laquelle appartenait le département, fusionne avec la région Franche-Comté pour devenir la nouvelle région administrative Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie vignette|redresse=1.0|Carte détaillée du département de Saône-et-Loire.

Le département de Saône-et-Loire est limitrophe des départements de la Côte-d'Or, du Jura, de l'Ain, du Rhône, de la Loire, de l'Allier et de la Nièvre.

La limite avec le département de l'Allier est le plus souvent formée par la Loire. Toutefois, six communes du canton de Marcigny sont situées sur la rive gauche de la Loire.

Les régions naturelles de la Saône-et-Loire sont : l'Autunois adossé au massif du Morvan, au nord-ouest : Autunois ; Morvan ; Auxois (région).

le Charolais, qui descend sur la Loire, au sud-ouest : Charolais ; Brionnais ; Bourbonnais.

le bassin minier, dit bassin du Creusot-Montceau-Blanzy entre les deux précédents (rattaché au niveau agricole aux sous-ensembles de l'Autunois et du Charolais).

le Chalonnais, au nord : Côte chalonnaise ; Chalonnais.

le Mâconnais au sud : Mâconnais ; Haut-Mâconnais ; Clunisois ; Tournugeois.

la Bresse bourguignonne (appartenant à la Bresse), à l'est de la Saône : Bresse chalonnaise ; Bresse louhannaise.

le Revermont, à l'extrême est du département, appartenant au massif du Jura.

L'atlas des paysages de Saône-et-Loire., élaboré en 2019 par la direction départementale des territoires de Saône-et-Loire, distingue 13 unités paysagères. Cet atlas indique que le département est au carrefour de 3 influences, à la fois climatiques et culturelles : côté nord-ouest, le vent apporte des pluies océaniques, atténuées cependant par les premiers reliefs du Morvan et du Massif central sur les pentes desquelles elles s'essorent par l'effet de foehn ; côté nord-est, l'influence du climat continental apporte les grands froids d'hiver, quelques coups de chaleur et des fins de journée orageuses en été ; côté sud, le fossé rhodanien apporte des influences méditerranéennes..

La Saône-et-Loire est traversée du nord au sud, sur un total de vingt-neuf communes, par la ligne de partage des eaux entre les bassins de la Loire et du Rhône« Entre deux mers : le partage des eaux », article de Fernand Nicolas paru dans la revue « Images de Saône-et-Loire » de décembre 1999, pages 14 à 17.. C'est dans le département que cette ligne présente les plus basses altitudes en France, ce qui lui vaut d'être un carrefour important.

Hydrographie La Saône et ses affluents vignette|220px|La Saône à Mâcon marque la limite avec le département de l'Ain.

La Saône arrose 46 communes lors de sa traversée en Saône-et-LoireLaville (Pierre) Blanc (Georges) « Saône-et-Loire Histoire et géographie régionale » t. 1, géographie 1941, Mâcon Buguet-Comptour, 104 p.. Elle entre au nord du département, à Verdun-sur-le-Doubs et en sort au sud de La Chapelle-de-Guinchay (plus précisément à Saint-Romain-des-Îles), en passant entre autres par Chalon-sur-Saône, Tournus, Mâcon et Crèches-sur-Saône. Dans le département de Saône-et-Loire, elle reçoit plusieurs affluents.

Sur la rive droite, elle reçoit tout d'abord la Dheune, qui se jette dans la Saône non loin du confluent avec le Doubs ; elle alimente par ailleurs le canal du Centre. Elle reçoit également la Grosne, qui passe par Cluny.

Sur la rive gauche, son affluent principal est le Doubs, qui traverse le département sur et se jette dans la Saône à Verdun-sur-le-Doubs. Plus au sud, elle reçoit la Seille qui arrose Louhans-Châteaurenaud et se jette dans la Saône en formant deux bras quelques kilomètres en aval de Tournus.

La Loire et ses affluents vignette|La Loire à Digoin marque la limite avec le département de l'Allier.

La Loire entre au sud-ouest du département, le traverse sur puis le limite sur 80 kilomètres. Elle reçoit, en provenance du département, des affluents sur sa rive droite. Tout d'abord, le Sornin, qui arrose La Clayette ainsi que Châteauneuf. Ensuite, l'Arconce qui arrose Charolles et Anzy-le-Duc. Enfin, l'Arroux, qui arrose Toulon-sur-Arroux, Autun, ainsi que Gueugnon, et se jette dans la Loire vers Digoin. L'Arroux reçoit lui-même comme affluent la Bourbince, qui arrose Paray-le-Monial.