L’église Saint-Sulpice est une église catholique paroissiale située à Bruyères-sur-Oise, dans le Val-d'Oise (France). La fondation de la paroisse remonte à 755. Son histoire reste mal connue. Les trois absides en hémicycle du chevet roman de la fin du ou du premier quart du ont été mises en évidence par des fouilles archéologiques vers 1970. La partie la plus ancienne de l'église actuelle est le clocher, dont la base est contemporaine des vestiges archéologiques, à l'exception de la fenêtre. Le premier étage de baies présente des chapiteaux de belle facture. Le second étage de baies est original par sa disposition, mais a été entièrement reconstitué après sa destruction pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1940. Le chœur et son collatéral sud sont un peu plus récents que les étages du clocher, et datent pour l'essentiel du milieu du , y compris les quatre voûtes d'ogives archaïques. Les fenêtres gothiques rayonnantes de la seconde moitié du qui éclairent le chevet, et le caractère plus résolument gothique de la chapelle latérale nord ajoutée à la même époque, font un peu oublier l'ancienneté réelle du sanctuaire. La nef et ses bas-côtés ne sont pas voûtés, et se caractérisent par leurs grandes arcades dans le style gothique primitif du début du . Les murs hauts de la nef remontent toutefois à la période romane, comme l'indiquent les vestiges des anciennes fenêtres hautes. Dans son ensemble, l'église fournit un exemple remarquable d'une église typiquement rurale des et s, qui n'a subi que peu de remaniements depuis son achèvement, et contraste avec l'architecture très recherchée de nombreuses églises de la vallée de l'Oise, qui évoquent des cathédrales en miniature. L'église Saint-Vivien a été classée aux monuments historiques par arrêté du ., et bénéficié de restaurations au cours des années 1930 et des années 1960. Elle se présente aujourd'hui dans un excellent état, et accueille des messes dominicales la plupart des samedis soir, à 18 h 30. Elle est affiliée au regroupement paroissial de Persan.
Localisation thumb|left|Vue depuis le nord.
L'église Saint-Vivien est située en France, en région Île-de-France et dans le département du Val-d'Oise, aux confins du département de l'Oise, près de la rive droite de l'Oise, à proximité de l'agglomération de Persan et Beaumont-sur-Oise, à l'est du centre du village. Une grande place publique avec parking se situe au nord de l'église, rue de Boran. Depuis la place, l'on peut passer vers la courte impasse qui relie la façade occidentale de l'église à la rue du Pont. Le mur occidental du bas-côté sud de la nef est caché par un bâtiment mitoyen, qui appartient à un ancien corps de ferme. L'élévation latérale du bas-côté sud est enclavée dans cette même propriété. L'élévation latérale de la chapelle latérale sud du chœur donne en revanche sur un petit jardin public. Le chevet est entièrement enclavé dans des propriétés privés, mais néanmoins visible depuis la rue de l'Ancien Parc.
Histoire L'histoire de la paroisse
La fondation de la paroisse remonte à l'année 755 selon l'abbé Vital Jean Gautier. L'église est dédiée à saint Vivien de Sébaste. Sous l'Ancien Régime, Bruyères-sur-Oise relève du doyenné de Beaumont, de l'archidiaconé de Clermont et du diocèse de Beauvais. Le collateur de la cure est l'évêque de Beauvais., ce qui indique que Bruyères est l'une des paroisses primitives du diocèse. En effet, les curés des paroisses plus récentes sont le plus souvent à la présentation des établissements religieux et chapitres. À la Révolution française, l'ancienne hiérarchie ecclésiastique est renversée, et l'ensemble des paroisses du département de Seine-et-Oise dont Bruyères-sur-Oise fait désormais partie, est regroupé dans le nouveau diocèse de Versailles. En 1966 enfin, le redécoupage des départements d'Île-de-France a pour conséquence l'érection du nouveau diocèse de Pontoise, dont le territoire correspond au nouveau département du Val-d'Oise. Les diocèses de Beauvais et de Versailles continuent d'exister pour les paroisses des départements de l'Oise et des Yvelines. Aujourd'hui, Bruyères-sur-Oise fait partie d'un ensemble paroissial avec Bernes-sur-Oise, Persan, Champagne-sur-Oise et Ronquerolles. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Vivien la plupart des samedis à 18 h 30, et parfois le dimanche matin lors des grandes fêtes.
Les campagnes de construction de l'église thumb|upright|Vue sur la base du clocher depuis l'est ; fondations de l'ancienne absidiole nord. thumb|upright|Arcature plaquée de l'ancien chœur. thumb|upright|Arcature plaquée, chapiteau. thumb|upright|Vestige d'une fenêtre de la nef romane. thumb|upright|Vue depuis le sud-ouest.
Le plan du chevet de l'église romane du ou du début du a été mis en évidence par des fouilles archéologiques au début des années 1970, et relevé par R. Vassas sur un plan daté du . Ce chevet se caractérise par une enfilade de trois absides voûtées en cul-de-four, qui faisaient suite à la base du clocher, à la première travée du chœur et à la première travée de sa chapelle latérale sud. Le chœur et sa chapelle latérale sud avaient approximativement la même largeur qu'aujourd'hui, sauf que le mur ou l'arcade qui les séparait était plus large que l'arcade actuelle, et réduisait légèrement la largeur du vaisseau central. Les fondations de l'absidiole de la chapelle latérale nord restent visibles dans le pavement du sol. Le plan permet de voir qu'elle est plus petite que son homologue du sud, et sa largeur paraît parfaitement adaptée à la base du clocher actuel, ce qui donne à penser que sa base correspond à la même campagne de construction que les trois absides. Il faut certainement exclure la baie donnant vers le nord, dont la décoration extérieure correspond à la période romane tardive, proche du milieu du ... En revanche, l'arcature plaquée découverte au sud de la pile sud-est du clocher (soit au nord du chœur), qui évoque des dispositions similaires à Parnes et Saint-Clair-sur-Epte, pourrait bien être contemporaine des trois absides. L'église de Bruyères-sur-Oise n'a pas encore fait l'objet d'une publication détaillée. Pour la datation des étages du clocher, l'on peut uniquement se porter vers l'étude du clocher de Frouville entrepris par Louis Régnier en 1921, puisque les étages de beffroi de Bruyères et Frouville sont identiques. Sur chaque face, deux baies sont regroupées sous un même arc de décharge en plein cintre. Il n'y a pas d'autres exemples de ce type de clocher dans la région. Louis Régnier date le clocher de Frouville du premier quart du ; ..
En analysant furtivement l'architecture de l'église actuelle, il apparaît qu'elle date pour l'essentiel du . Néanmoins, il est évident que le clocher et les fondations de l'ancien chevet ne constituent pas les seuls vestiges de la période romane. En effet, lors de la dernière restauration, les archivoltes des fenêtres de l'ancienne nef ont été retrouvées au-dessus du premier et du troisième pilier des grandes arcades du sud, et les contours de fenêtres se devinent également au-dessus des autres piliers. Les grandes arcades ont donc été obtenues par reprise en sous-œuvre des murs gouttereaux de l'ancienne nef, qui devait déjà avoir les mêmes dimensions. La reprise en sous-œuvre devait être motivée par la volonté de conserver l'ancienne charpente, puisque les murs sont de faible hauteur, et ne justifient guère une entreprise aussi complexe. En principe, les fenêtres romanes sont trop proches du sol pour supposer l'existence de grandes arcades à la période romane : il devait s'agir d'une nef unique. Se pose néanmoins la question du raccordement de la chapelle latérale sud avec cette nef (qui aurait pu s'effectuer par un passage berrichon, comme à Villers-sous-Saint-Leu).
Bien qu'aucun auteur ne le signale, les deux voûtes du chœur et les deux voûtes de sa chapelle latérale sud sont également susceptibles de remonter à la période romane, mais doivent être plus tardives que le clocher et les anciennes absides. Dans son étude sur le début de la voûte d'ogives dans l'Oise (et Bruyères se rattache bien historiquement au Beauvaisis), Dominique Vermand identifie plusieurs églises des environs qui possèdent des voûtes d'ogives romanes, antérieures à 1150. Les plus proches sont Beaumont-sur-Oise (base de l'ancien clocher), Bornel, Cauvigny, Crouy-en-Thelle, Foulangues, Saint-Leu-d'Esserent et Ully-Saint-Georges. L'auteur attire l'attention sur les voûtes bombées, c'est-à-dire aux lignes faîtières incurvées, sans formerets, et présentant des ogives au profil monotorique épais. Ce profil est connu depuis l'introduction du voûtement d'ogives dans le Beauvaisis, au début du . On le trouve dans le bas-côté de la nef de Cauvigny, à l'abbaye Saint-Lucien de Beauvais, à l'abside de Morienval, dans l'avant-nef de Saint-Leu-d'Esserent, à Ully-Saint-Georges, et dans la troisième travée de la nef de Saint-Vaast-lès-Mello. Le bombement des voûtes est également une marque d'archaïsme. L'on note par ailleurs que les ogives retombent sur des culs-de-lampe de part et d'autre des chapiteaux des arcs-doubleaux, avec lesquels ils se partagent les tailloirs, ce qui n'est pas dans l'esprit de l'architecture gothique du , qui favorise les supports fasciculés (piliers cantonnés). Il en va de même des feuilles d'eau toutes simples qui enveloppent les corbeilles. Les remplages des fenêtres sont tout au contraire de style gothique rayonnant, et contrastent fortement avec la rusticité des voûtes. Ce n'est pas du tout le cas dans la chapelle latérale nord, qui a dû être ajoutée après le milieu du , et paraît parfaitement homogène.
La restauration de l'église
Depuis la fin du , l'église n'a que peu évolué. Comme l'indique le style néo-classique du portail occidental de la nef, il n'est pas antérieur à la fin du . Un plan non daté dressé par Gabriel Ruprich-Robert indique que toutes les fenêtres du versant sud auraient été repercées à l'époque moderne, et le mur gouttereau du bas-côté nord serait également moderne, sauf le contrefort près du clocher. Les traces d'autres remaniements ont été supprimées depuis. Le plan déjà cité montre une cage d'escalier dans l'angle nord-ouest de l'église (où il n'y a actuellement plus de combles), pas de fenêtre dans la première travée du bas-côté nord, une fenêtre au lieu d'un portail dans la seconde travée, et un mur de clôture à l'ouest de la chapelle latérale nord. Des photographies anciennes confirment l'absence du portail latéral nord.. En 1930, l'architecte en chef des monuments historiques Jules Formigé entame les démarches nécessaires pour la restauration du clocher. Elle est effectuée en deux tranches entre début 1931 et fin 1934. Le , l'inspecteur Pierre Paquet rapporte que la commune refuse de participer aux frais, bien que le conseil municipal avait approuvé le devis. Le , Jules Formigé demande l'étaiement des arcs adossés aux murs et contreforts de la face orientale du clocher, avec consolidation des murs pour parer aux désordres de structure.