L’avenue d'Iéna est une voie publique de Paris située dans le quartier de Chaillot du .

Situation et accès

Longue de et large de , elle part du jardin du Trocadéro au niveau du 6, avenue Albert-de-Mun et rejoint la place Charles-de-Gaulle.

Ce site est desservi par les stations de métro Charles de Gaulle - Étoile, Kléber et Iéna.

Origine du nom Elle doit son nom au voisinage du pont d'Iéna qui commémore la victoire de la bataille d'Iéna, par Napoléon le .

Historique Elle suit approximativement le tracé d’une ancienne rue du village de Chaillot, où se trouvait le pavillon du roi Henri IV et de Gabrielle d'Estrée.

L'avenue a été ouverte, s'agissant de la principale partie (entre le Trocadéro et la rue de Presbourg), par décret du , avec une largeur prévue de .

L’avenue d’Iéna a supprimé la rue des Batailles, qui était située entre les actuelles avenue Albert-de-Mun et place d'Iéna« RUE DES BATAILLES, aujourd'hui avenue d'Iéna, arrondissement de Paris », paris-pittoresque.com, d'après Histoire de Paris rue par rue, maison par maison, paru en 1875..

Le chimiste Charles Derosne avait installé son atelier construction de matériel de distillation au de cette rue en 1818. Cet atelier progressivement étendu jusqu'au quai Debilly était le siège social et l'usine de la Société Ch.Derosne et Cail, ensuite société Cail qui construisait du matériel pour les sucreries, des machines-outils puis, à partir de 1844, des locomotives, dont les célèbres Crampton. L'usine Cail était la plus importante entreprise industrielle de Paris, employant dans les années 1850.

L'usine fut détruite par un incendie en 1865 et les ateliers transférés à l'usine de Grenelle. L'usine de Chaillot ne fut pas reconstruite et le terrain des installations abandonnées situé entre les de l'avenue d'Iéna (et au-delà le long de l'actuelle avenue du Président-Wilson jusqu'au magasin des subsistances militaires à l'emplacement de l'actuel palais de Tokyo) et la Seine fut loti en 1877...

De somptueux hôtels particuliers furent construits de ce côté de l'avenue, comprenant à l'arrière une terrasse soutenue par un mur longeant la rue Fresnel où la hauteur des constructions de l'autre côté fut limitée pour laisser une vue dégagée sur la Seine et la ville.

Un arrêté préfectoral du a attribué le nom de place de l'Uruguay au débouché des rues Galilée et Jean-Giraudoux sur l'avenue d'Iéna, côté pair.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire : palais d'Iéna. Siège du Conseil économique et social, édifié par l'architecte Auguste Perret. (angle de l'avenue d'Iéna et de l'avenue Albert-de-Mun) : emplacement où s’élevait le vaste hôtel construit en 1884 par l’architecte Emmanuel Brune pour l'homme politique Daniel Wilson. Devenu ensuite la résidence privée de l'ambassadeur des États-Unis puis celle du vicomte G. de Kergariou (1910). Détruit pour laisser la place à un immeuble moderne, il n'en reste que le mur d’enceinte, sommé de grilles. Le Centre culturel coréen y siège jusque début 2020. : hôtel Sanchez de Larragoiti, construit en 1897-1898 par l'architecte Xavier Schoellkopf (1870-1911), qui signe là sa première œuvre connue, dans un style Art nouveau précoce. Le projet avait été initialement conçu par le prédécesseur de Schoellkopf, l'architecte Édouard Georgé (1856-1897). Vendu sans doute peu après son achèvement, l'hôtel fut transformé par l'architecte Gustave Rives, qui supprima l'ensemble des décorations Art nouveau pour les remplacer par un style néo-Louis XV plus convenu. Aujourd'hui ambassade d'Iran en France. : hôtel de Cambacérès. . Actuellement siège de la société EPIStéphane Reynaud, « Christopher Descours, patron jour et nuit », 23 septembre 2014, www.lefigaro.fr.. : ancien hôtel particulier de la famille Philippe (le baron Philippe de Rothschild fut locataire du pendant de nombreuses années). Il fait maintenant partie de l'hôtel Shangri La.

Vues de quelques immeubles

9 et 9 bis : hôtel Singer. Hôtel particulier du banquier Louis Singer (1857-1932), fils de Flore Singer, et de son épouse Thérèse Stern. Aujourd'hui siège de la société des ingénieurs Arts et Métiers, les Gadzarts. D’un grand luxe, il renferme un restaurant ouvert au public. 10 : l’hôtel du prince Roland Bonaparte abritait une riche collection de souvenirs napoléoniens, une bibliothèque scientifique de abritée dans quatre salles ornées de riches boiseries et le célèbre herbier du maître des lieux. Sa fille, la psychanalyste Marie Bonaparte, devenue princesse de Grèce et de Danemark du fait de son mariage avec Georges de Grèce, née en 1882 à Saint-Cloud, y séjourna ensuite souvent. Marie Bonaparte y donna naissance à son fils le prince Pierre de Grèce (1908-1980) ainsi qu’à sa fille Eugénie de Grèce (1910-1989)Jean-Fred Tourtchine et Cercle d’études des dynasties royales européennes, Le Royaume des Deux-Siciles, volume II : Le Royaume de Grèce, Paris, Les Manuscrits du CEDRE, dictionnaire historique et généalogique, 1998, , : « […] Prince Pierre de Grèce et de Danemark, né 10, avenue d’Iéna, 75016 Paris (France) le 3 décembre 1908 à , baptisé à Athènes le 20 février 1909 […]. »..Sir Charles Mendl et Lady Mendl y occupèrent un appartement. Le peintre Jean-Gabriel Domergue y eut son atelier. L’hôtel fut acheté en par la Compagnie universelle du canal maritime de Suez. Après avoir abrité le siège d’Ubifrance, agence française pour le développement international des entreprises, l’hôtel particulier a été vendu en 2005 au groupe Shangri-La Hotels and Resorts, basé à Hong Kong, qui a entrepris de le transformer en un hôtel de luxe de 109 chambres dont 40 suites. La maîtrise d'œuvre des travaux est assurée par l'architecte Richard Martinet et le décorateur Pierre-Yves Rochon. Le Shangri-La Paris est inauguré le et reçoit la distinction de palace en 2014.

Vues de quelques immeubles

11 : immeuble bâti à l’emplacement de l’hôtel de Charles Ephrussi. L'aristocrate russe Irina Pavlovna Paley (1915-1990) y est née. 12À moins qu’il ne s’agisse de l'actuel 9. : correspond à l’ancienne demeure où Honoré de Balzac s’était réfugié vers 1836 pour fuir ses créanciers et qui était à l’époque le 13, rue des Batailles (ancien nom de cette partie de l'avenue d'Iéna). 17 : immeuble moderne bâti à l'emplacement de l'hôtel de M. de Jonge. Abrite l’Institut Goethe de Paris. 19 : hôtel particulier construit en 1913 par René Sergent pour Alfred Heidelbach, de style néo-classique à l’emplacement d’un hôtel appartenant au comte d’Anthouard de Vraincourt. Il abrite aujourd’hui le Panthéon bouddhique - Hôtel Heidelbach, musée annexe du musée Guimet.

Vues de quelques immeubles

21 bis : délégation permanente de Sainte-Lucie à l'UNESCO. domicile d'André Dupré de Baubigny (1896-1975), dit André de Baubigny, colonel de l'armée de l'air, commandeur de la Légion d'honneur, croix de guerre 1914-1918 et 1939-1945, croix de combattant volontaire de la Résistance. 23 : ancien hôtel de L. Chiris. 30 : hôtel privé. C’est de la fenêtre gauche (vu de la rue) du premier étage de cet immeuble, qui abritait son quartier général de campagne, que Jacques Chirac salua ses partisans le soir de son élection à la présidence de la République le 7 mai 1995. En 2022, Édouard Philippe installe les bureaux de son parti Horizons au cinquième étage.. 34 : adresse du Bureau International des Expositions. 37 : grand immeuble d'habitation construit à l’emplacement d’un hôtel qui comportait un « vaste jardin » en 1910Félix de Rochegude, Promenade dans toutes les rues de Paris. , Paris, Hachette, 1910, 26.. 38 : intéressant hôtel de style Renaissance bâti pour l’homme politique Georges Cochery, surélevé par l’architecte Charles Letrosne et transformé en immeuble d’habitation. 39 : immeuble de bureaux construit à l’emplacement de l’hôtel de de Polès. 40 : immeuble de style néo-Louis XIII en brique et pierre de taille, construit au milieu du , constitué de trois bâtiments communiquant entre eux, d’une surface de et comptant . Anciennement site Félix-Grat, siège de l'Institut de recherche et d'histoire des textes (IRHT) entre 1966 et 2019., l'immeuble est mis en vente par l’État en 2023« L’État vend un hôtel particulier dans le de Paris, 40, avenue d’Iéna », Ministère de l’Économie et des Finances.. : immeuble construit en 1895 par l’architecte Henri Grandpierre« 42, avenue d’Iéna », sur pss-archi.eu.. 45 : hôtel de Ségur. Il a appartenu au marquis de Ségur (1853-1916), de l’Académie française. vignette|Plaque au , en hommage au résistant Paul Guerre, tué pendant la Libération de Paris. 49 : hôtel particulier bâti en 1897 par Ernest Sanson pour Maurice Kann à l’emplacement d’une maison en pierre de taille qui appartenait au docteur Samuel Pozzi. Il subsiste aujourd’hui, quoique dénaturé (siège de diverses sociétés). Ce fut le siège historique du studio Harcourt lors de sa création en 1938, jusqu'à sa vente en 1960. 50 : ambassade d'Oman en France. 51 : hôtel particulier bâti en 1897 par Ernest Sanson pour le financier Rodolphe Kann, acquis par l’homme d'affaires Calouste Gulbenkian en 1923Jean-Luc Bauduin, L’hôtel Calouste Sarkis Gulbenkian, Fondation Calouste-Gulbenkian, 1984. et transformé pour lui par l’architecte Emmanuel Pontremoli et l’agence Mewès« 51, avenue d’Iéna », sur pss-archi.eu. et Davis. Il a abrité jusqu'en 2013 l’antenne parisienne de la Fondation Calouste-Gulbenkian. 53 : résidence de la comtesse de Loynes entre 1886 et 1896, puis de l’ingénieur Philippe Bunau-Varilla (en 1910). Siège du ministère (délégué puis de plein exercice) chargé des Droits de la femme dans la première partie des années 1980, sous la présidence de François Mitterrand. 54 : second siège de l'Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg pendant l'occupation allemandeBernard Génies et Jean-Gabriel Fredet, « Le casse de Hitler : à la recherche des chefs-d'œuvre volés aux Juifs », Le Nouvel Observateur, 2575, semaine du 13 mars 2014, .. 56 : hôtel de La Rochefoucauld-Montbel. En 1877, le percement du boulevard Saint-Germain entraîna la démolition de l’hôtel Trumet de Fontarce, datant de 1671, qui se trouvait au 23, rue Saint-Dominique. La famille qui le possédait fit alors construire par l’architecte Germain Salard l’hôtel particulier de l'avenue d'Iéna, sur la façade duquel a été remonté le corps central à fronton de l'hôtel de la rue Saint-Dominique. L'hôtel a ensuite appartenu en 1914 à Emmanuel, prince de La Rochefoucauld-Montbel, qui y a fait effectuer des travaux. Aujourd'hui ambassade d'Égypte en FranceAlexandre Gady, Les Hôtels particuliers de Paris. Du Moyen Âge à la Belle Époque, Paris, Parigramme, 2008, , 249-250..

66 : bureaux de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international à Paris. 78 : ambassade d'Azerbaïdjan en France. 94 : immeuble d'habitation construit à l’emplacement de l'hôtel de Galliffet. 96 : immeuble de bureaux construit à l'emplacement de l'hôtel d'Achille Fould.Entre 1946 et 1965, la Maison de l'Amérique latine y a eu son premier siège..

Références

Annexes Articles connexes Liste des voies du arrondissement de Paris

Liens externes Nomenclature officielle des voies de Paris Carte interactive des voies de Paris

Iena, Avenue d' Iena Catégorie:Iéna Iena Catégorie:Place et arc de triomphe de l'Étoile