Le , une embarcation transportant environ 900 migrants clandestins fait naufrage à environ des côtes libyennes. Environ sont mortes au cours du naufrage, ce qui en fait l'événement le plus meurtrier en Méditerranée depuis le début du .

Circonstances

Le bateau, un chalutier égyptien qui a quitté la côte libyenne, dans les environs de Misrata à l'aube du , a chaviré à 96 km des côtes africaines et à 193 km de l'île de Lampedusa en entrant en collision avec le King Jacob, navire marchand portugais qui avait répondu à son appel de détresse. Il sombre en quelques minutes. À son bord au moins « Le naufrage d'un bateau de migrants fait craindre 700 morts en Méditerranée », LeMonde.fr, 19 avril 2015, selon le récit de , avait alors indiqué à la télévision italienne Carlotta Sami, porte-parole du HCR en Italie, qui a précisé que si ces chiffres étaient confirmés, il s’agirait de la « pire hécatombe jamais vue en Méditerranée ». Seuls vingt-quatre cadavres ont été récupérés pour l'instant, selon les garde-côtes italiens, qui précisaient alors que le chalutier avait une « capacité de plusieurs centaines de personnes ».Une importante opération de secours a été lancée avec le concours des marines italienne et maltaise, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la marine maltaise. Le premier ministre italien de l'époque, Matteo Renzi, a pris l'initiative de faire renflouer l'épave, opération délicate qui a demandé plus d'une année. Gisant par 370 mètres de fond, elle a été remontée à la surface et transportée dans le port d'Augusta en Sicile. Elle y sera probablement installée dans un jardin du souvenir en hommage à tous les migrants disparus en Méditerranée. Durant l'été 2016, Cristania Cattaneo, légiste à l'université de Milan en collaboration avec une équipe de scientifiques s'est chargée de l'examen des corps quand c'était possible et au recensement des vêtements, objets et papiers personnels susceptibles d'identifier les victimes, en collaboration avec le CICR qui possède des dossiers de disparus. Les corps ont été inhumés dans plusieurs cimetières de SicileTélérama, n°3632, du 21 au 30 août 2019, le bateau linceul , en partie d'après Tainen Tervonen, Au pays des disparus .

Événements similaires en 2014 et 2015

Un seul naufrage a eu lieu dans les mois précédant l'accident du . Le , un naufrage dans le détroit de Sicile aurait provoqué la mort de « Au moins 400 migrants disparus dans un naufrage en Méditerranée », LeMonde.fr, 14 avril 2015. Plus qu’à Lampedusa en octobre 2013, où on avait dénombré et moins qu’en , au large de Malte, où mouraient noyés : leur bateau avait été volontairement coulé par des passeurs afin de pouvoir le récupérer après, d’après le récit de la dizaine de survivants« Nouveau naufrage en Méditerranée, «une hécatombe» annoncée », Liberation.fr, 19 avril 2015.

Opération Triton

La hausse des morts ces derniers mois coïncide avec la disparition du dispositif Mare Nostrum fin . Mis en place par la marine italienne à la suite de l’émotion suscitée par le naufrage du 3 octobre 2013 à Lampedusa, il a permis le sauvetage de en un an, mais au prix de d’euros par mois : une facture jugée trop lourde pour Rome, guère aidée par ses partenaires européens. Mare Nostrum a donc cédé la place à l’opération Triton, un dispositif plus léger encadré par Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières, et auquel participent dix pays (dont la France). Il en coûte d'euros mensuels pour mobilisés, contre 32 auparavant.

Réactions

Le pape François a appelé, depuis la place Saint-Pierre, à face à la multiplication des tragédies en Méditerranée, déclarant : .

François Hollande a déclaré : .

Federica Mogherini, chef de la diplomatie européenne, a déclaré que les Européens doivent .

L’Union européenne s’est dite par ce nouveau naufrage d’un bateau de migrants en Méditerranée qui aurait fait près de . Le , les chefs d'État et de gouvernement, réunis à Bruxelles, décident de tripler le budget de l'opération Triton« L’UE se contente d’un compromis minimal en réponse à la dramatique crise migratoire », LeMonde.fr, 24 avril 2015, puis lancent l'opération Sophia.

Suites judiciaires du naufrage Deux survivants du naufrage (le Tunisien Mohammed Ali Malek et le Syrien Mahmud Bikhit) ont été arrêtés par la justice italienne. Ils avaient été indiqués par les autres survivants comme . Les plaintes retenues contre eux sont et . Mohammed Ali Malek, le capitaine a été condamné en 2016 à dix-huit ans de prison par le tribunal de Catane.

Bibliographie T. Tervonen, Au pays des disparus, Fayard, 2019 C. Cattaneo, Naufragés sans visage, Albin Michel, 2019

Références

Articles connexes Immigration en Italie Crise migratoire en Europe Politique sur l'immigration au sein de l'Union européenne

Catégorie:Histoire du bassin méditerranéen Catégorie:Immigration en Italie Catégorie:Épave de la mer Méditerranée Catégorie:2015 en Italie Catégorie:2015 en Libye Catégorie:Avril 2015 Catégorie:Migrations humaines en Méditerranée Catégorie:Crise migratoire en Europe Catégorie:Naufrage dans la mer Méditerranée Catégorie:Catastrophe migratoire Catégorie:Histoire de la Sicile