J'entends siffler le train est une chanson de 1962 interprétée, la même année, par Richard Anthony qui en fait un grand succès et par Hugues Aufray.
Il s'agit d'une adaptation de 500 Miles, écrite et composée par la chanteuse folk américaine Hedy West. Les paroles françaises sont de Jacques Plante.
La chanson Un jeune homme entend au loin siffler un train, il sait que ce dernier emporte à jamais celle qu'il aime. Il n'a pas eu le courage de venir sur le quai lui dire adieu.
Déjà il le regrette, mais trop tard.
Contexte Au début de l'été 1962, c'est dans le contexte de fin de guerre d'Algérie (), que sort J'entends siffler le train interprété par Richard Anthony.
Sur une musique nostalgique, le refrain de cette chanson d'amour rappelle aux appelés et à leurs familles les trains qui les emmenaient de l'autre côté de la Méditerranée. Rétrospectivement, Richard Anthony évoque le fait : Les tubes de l'été : Richard Anthony, Et j'entends siffler le train, 'France 3, 21 juillet 2012. Le commentaire ajoute : « Même si l'adaptateur et l'interprète n'en avaient pas conscience, la chanson ne laisse pas d'évoquer la mélancolie du départ pour des milliers de jeunes appelés en Algérie à une guerre sans nom qui touchait à sa fin. »Benjamin Stora, Histoire de ma guerre d’Algérie, France Culture, 17 septembre 2004.« Partir, c'est d'abord laisser derrière soi parents, amis et fiancée, travail aussi [...] Gilles Brasseur, de Montreuil, s'est rendu à la gare accompagné de son épouse, leur premier enfant dans les bras. Pendant ce temps, Richard Anthony chantait « et j'entends sifller le train... que c'est loin où tu t'en vas... auras-tu jamais le temps de revenir ? », Marc Coppin, La Côte d'Opale en guerre d'Algérie, 1954-1962, Presses Universitaires du Septentrion, 2012, 387 pages, p. 19.« La guerre d'Algérie se termine, et ce train qui siffle porte encore en lui le souvenir douloureux des séparations entre les conscrits, envoyés se battre de l'autre côté de la Méditerranée, et leur fiancée ou leur famille », Fabien Lecœuvre, Le petit Lecœuvre illustré, Le Rocher, 2015, ..
Réception Les versions de Richard Anthony et d'Hugues Aufray sortent toutes deux en .
Le disque d'Hugues Aufray, qui n'a pas encore accédé pleinement au statut de vedette, passe inaperçu, alors que celui d'Anthony remporte un grand succès. Sa version qui pourtant n'est qu'un titre de la face B d'un super 45 tours intitulé J'irai twister le blues, s'écoule à plus de 1,5 million d'exemplaires, devenant par ailleurs le . Ce succès modifie l'image de Richard Anthony, qui sera perçu davantage comme crooner que comme rocker.
Bien plus tard, sur scène lorsqu'il interprète le titre, Hugues Aufray raconte en préambule :
En 2011, Hugues Aufray sur l'album Troubador since 1948, enregistre une nouvelle version en duo avec Françoise Hardy.
Une version allemande chantée par Richard Antony existe sous le titre Und dein Zug fährt durch die Nacht.
Reprises
En 1963, la chanson est reprise au Québec par Mary Ghislaine sur un album collectif Le monde des succès Vol. 2 sur disques Météor MET-8023. En , le chanteur italien Franco Battiato intègre le titre à son album . Il le chante en français, sur des arrangements de Michele Fedrigotti. En , Opium du peuple reprend la chanson dans leur album 7 Salopards. Serge Gainsbourg a repris cette chanson environ en 1972 mais sa version semble inédite.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Liens externes
, interprétation dans l'émission Numéro un du
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