Le Foyer breton est un recueil de contes bretons d'Émile Souvestre, publié en 1844 en langue française. Cet ouvrage constitue un recueil de contes populaires bretons classés par pays traditionnel. Il rencontre un succès immédiat, devenant le premier ouvrage en prose narrative en Bretagne. Ernest du Laurens de la Barre s'en inspire pour plusieurs de ses recueils. Il est régulièrement rééditéhttps://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00453568/document.
Débat sur l'authenticité La réédition du Foyer breton par Jean Vigneau en 1947 entraîne un long débat sur l'authenticité des récits rassemblés par Souvestre, accusé de les avoir réarrangés ou pire, d'en avoir totalement réécritsFrancis Gourvil, « Émile Souvestre, Folkloriste. À propos d’une réédition du Foyer breton », Nouvelle Revue de Bretagne, n° 5, sept.-oct. 1948, p. 345-352 et n° 6, nov.-déc. 1948, p. 434-440.. Gourvil estime notamment que Ibid., n° 6, nov.-déc. 1948, p. 440. Lors de son enquête sur le conte populaire français, le spécialiste Paul Delarue classe définitivement les récits du foyer breton parmi les « contes imaginés »Paul Delarue, Le conte populaire français, Paris, Erasme, 1957, p. 91..
Contenu La Ferme des nids Comorre Les Trois Rencontres Jean Rouge-gorge La Forge isolée Les Lavandières de nuit La Groac'h de l'Île du Lok Invention des Ballins Teuz-ar-Pouliet L'Île de Saint-Nicolas Keris La Souris de terre et le Corbeau gris La Hutte du sabotier Le Diable devenu recteur Les Korils de Plaudren Peronnik l'idiot Les Pierres de Plouhinec
La Groac'h de l'Île du Lok vignette|gauche|Houarn sur le canot enchanté de la Groac'h. Gravure d'après Théophile Busnel, Contes et légendes de Basse-Bretagne, 1891. « La Groac’h de l’Île du Lok » est le plus célèbre conte évoquant une , sorte de fée-sorcière bretonne. Houarn Pogamm et Bellah Postik, cousins orphelins, grandissent ensemble à Lannilis et s'aiment, mais ils sont pauvres. Houarn part chercher fortune. Bellah lui confie une clochette et un couteau, elle garde le troisième objet magique en sa possession, un bâton. Houarn arrive à Pont-Aven et y entend parler de la de l’île du Lok, une fée qui habite le lac de la plus grande des îles Glénan, réputée aussi riche que tous les rois réunis. Houarn se rend sur l’île du Lok et monte dans un canot enchanté en forme de cygne qui le conduit sous l'eau, dans la demeure de la . Cette femme superbe lui demande ce qu'il veut, Houarn répond qu'il cherche de quoi acheter une petite vache et un pourceau maigre. La fée lui offre à boire du vin enchanté et lui demande de l'épouser. Il accepte, mais en voyant la attraper et faire frire des poissons qui gémissent, il a peur et sent des remords. La lui donne le plat de fritures de poisson et s'absente pour chercher du vin.
Houarn tire son couteau, dont la lame détruit les enchantements. Tous les poissons se redressent et deviennent de petits hommes. Ce sont des victimes de la , qui ont accepté de l'épouser avant d'être métamorphosés et servis à dîner aux autres prétendants. Houarn tente de s'échapper mais la revient et lui lance le filet d'acier qu'elle porte à sa ceinture, ce qui le change en grenouille. La clochette qu'il porte à son cou tinte et Bellah l’entend à Lannilis. Elle prend son bâton magique qui se change en bidet rapide, puis en oiseau pour traverser la mer. Au sommet d'un rocher, Bellah trouve un petit korandon noir, le mari de la . Il lui apprend le point faible de la fée. Le korandon offre des habits d'homme à Bellah et lui permet de se déguiser. Lorsqu'elle arrive auprès de la , celle-ci est très heureuse de recevoir un si beau garçon et cède à la demande de Bellah, qui voudrait attraper ses poissons avec le filet d’acier. Bellah lance le filet sur la fée en la maudissant : « devient de corps ce que tu es de cœur ! ». La se change en créature hideuse, la reine des champignons, qui est jetée au fond d'un puits. Les hommes métamorphosés et le korandon sont délivrés, Bellah et Houarn prennent les trésors de la fée, s'épousent et vivent heureux.
D'après Joseph Rio, ce conte témoigne d'un important travail d'écriture sur le personnage de la . Souvestre explique son choix de le placer sur l'île du Lok par la multiplicité des versions des conteurs. La Groac'h de l'île du Lok connaît un grand succès en Allemagne, plus encore qu'en Bretagne. Henrich Bode le publie sous le titre de « La fée des eaux » en 1847Nelly Blanchard, « Le succès d’Émile Souvestre dans le monde germanophone » dans . Il est réédité en 1989 et 1993Nelly Blanchard, « Le succès d’Émile Souvestre dans le monde germanophone » dans . Ce conte est également traduit en anglais (), et publié notamment dans The Lilac Fairy Book en 1910. Il sert de matériel d'étude de la langue française pour les élèves britanniques entre 1880 et 1920Jean-Yves Le Disez, « Souvestre tel qu’il sera en anglais, ou la prolifération métatextuelle de l’œuvre dans le monde anglophone » dans .
Éditions Le Foyer breton, W. Coquebert, 1844 Le Foyer breton. Contes et Récits populaires, Paris: Nelson Éditeurs, (entre 1911-1925), 288 p. Le Foyer breton. Traditions populaires illustrées d’après l’édition originale par Penguilly, Leleux, Fortin et Tony Johannot, éd. Jean Vigneau, 1947, 317 p. Le Foyer breton, Bibliothèque Marabout, 1975 Contes de Bretagne. Éditions Jean-Paul Gisserot.1990
Notes et références
Bibliographie
Catégorie:Conte breton Catégorie:Conte paru en 1844 Catégorie:Recueil de contes Catégorie:Recueil de contes en français