L'église Saint-Jean-Baptiste est une église catholique paroissiale située à Montépilloy, dans le département de l'Oise, en France.
Elle se compose d'un vaisseau unique de quatre travées carrées, et se termine par un chevet plat. Malgré son apparente simplicité, l'église est en réalité issue de trois campagnes de construction distinctes. Les murs et les fenêtres latérales des trois premières travées sont de style gothique primitif, et datent de la fin du . Le portail, simple et raffiné à la fois, ainsi que les faisceaux de colonnettes qui supportent les voûtes de la nef, sont de style rayonnant tardif, et peuvent être datés de la période comprise entre 1320 et 1340. De leurs chapiteaux, ne subsistent que des portions de frise entre le sommet des fûts. Les voûtes sont quant à eux de style gothique flamboyant, et forment un ensemble élégant. Tout comme les fenêtres de la dernière travée, qui affichent un réseau élaboré, elles sont datables du début du .
L'église Saint-Jean-Baptiste a été inscrite aux monuments historiques par arrêté du et se trouve dans un bon état de conservation.
Localisation thumb|left|Vue depuis le nord.
L'église Saint-Jean-Baptiste est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans le parc naturel régional Oise-Pays de France, sur la commune de Montépilloy, au milieu du village, à son point le plus élevé, rue de l'Église, face à la mairie-école. La façade et le versant nord de la première travée donnent sur la rue. Le reste de l'élévation septentrionale et le chevet sont enclavés dans l'exploitation agricole au nord de l'église, et l'élévation méridionale est également bordée par un terrain privé. De ce fait, les élévations latérales ne sont que partiellement visibles, et le chevet n'est même pas visible du tout depuis le domaine public. Parfaitement orienté, l'édifice ne se compose que d'un haut vaisseau unique de quatre travées, qui se termine par un chevet plat. En plus du portail occidental, rarement utilisé, l'église dispose d'un petit portail latéral au nord de la première travée.
Histoire thumb|left|Chapiteaux déposés de 1190 env.
L'église est dédiée à saint Jean le Baptiste. La date de fondation de la paroisse est inconnue. Le collateur de la cure est primitivement le chapitre Notre-Dame de Senlis. Avant son départ en croisade en 1189, le seigneur Guillaume IV le Bouteiller de Senlis donne à l'abbaye d'Hérivaux, près de Luzarches, vingt livres parisis de rente pour permettre l'établissement d'un prieuré à Montépilloy. Eugène Müller parle d'une donation conjointe par Guillaume et sa femme, Élisabeth de Trie. L'on ignore si la donation est suivie d'un effet immédiat. Ce n'est peut-être pas le cas : vers 1209, Geoffroy II, évêque de Senlis, demande au chapitre d'abandonner le patronage de la cure à l'abbaye de Hérivaux. Le cas de figure habituel sous l'Ancien Régime est effectivement que les abbayes-mères des petits prieurés locaux soit collateurs des cures, et l'on imagine mal comment le prieuré de Montépilloy puisse fonctionner sans chapelle ou église. À partir de 1209 en tout cas, le service paroissial est assuré par un religieux bénédictin d'Hérivaux, qui est en même temps prieur de Montépilloy. Les différents auteurs s'accordent pour considérer le gros-œuvre comme datant des années 1190 ou du début du : ceci vaut pour les murs extérieurs, les contreforts, la corniche, et les fenêtres latérales des trois premières travées. Des chapiteaux de la fin du déposés dans la nef prouvent que l'église est voûtée d'ogives dès l'origine, au moins en partie..... thumb|upright|Litre funéraire à identifier.
Pierre-Jean Trombetta est le premier auteur à reconnaître que le portail date de la première moitié du , et plus précisément de la fourchette comprise entre 1320 et 1340, de même que les bases des faisceaux de colonnettes supportant la voûte. L'église est donc revoûtée moins d'un siècle et demi après sa construction, ou tout au moins, ce revoûtement est-il projeté. Les voûtes actuelles ne datent toutefois que du début du , et non de la fin du comme le croit Eugène Müller. Elles sont de style gothique flamboyant. Selon Pierre-Jean Trombetta, les chapiteaux à l'intérieur sont contemporains du revoûtement flamboyant. Mais il n'y a, à vrai dire, pas de chapiteaux, mais seulement des portions de frises dans les intervalles entre les emplacements habituels des chapiteaux. Pour Dominique Vermand, ce sont donc les vestiges des chapiteaux ou frises de la première moitié du . Ensuite, les auteurs sont unanimes pour dater les fenêtres de la dernière travée de la même époque que les voûtes. — Jusqu'à la Révolution française, la paroisse de Montépilloy relève du doyenné et du diocèse de Senlis.. Sous la Révolution, le prieuré est dissout. L'ensemble des paroisses du département de l'Oise est rattaché au diocèse de Beauvais. Le concordat de 1801 apporte l'annexion de ce dernier au diocèse d'Amiens, situation qui perdure jusqu'à son rétablissement en 1822. L'église est désormais desservie par le curé de Rully, sauf pendant les périodes que Montépilloy bénéficie d'un prêtre résident. L'église est inscrite aux monuments historiques par arrêté du . En 1996, la définition de quarante-cinq nouvelles paroisses à l'échelle du diocèse met un terme à l'indépendance de la paroisse de Rully.. Elle forme désormais une communauté au sein de la grande paroisse Saint-Rieul de Senlis. Cependant, le père Jean Gégot, prêtre à la retraite résidant au presbytère de Rully depuis 1998, continue de célébrer les messes dominicales, le premier dimanche des mois impairs à 10 h 30. Il décède le , à l'âge de 91 ans, dans la année de son sacerdoce... Avec sa disparition, l'église de Montépilloy perd ses derniers offices réguliers.. L'église est ouverte le premier samedi de chaque mois de 10h à midi.
Description Intérieur thumb|upright|Vue intérieure générale. thumb|upright|Chœur liturgique.
L'église Saint-Jean-Baptiste, est, selon Eugène Müller, . Le vaisseau unique est spacieux, élancé et assez lumineux. Les travées sont carrées, et non barlongues, contrairement à la règle. Le sol est pavé de vieilles dalles funéraires découpées, en pierre de liais. La hauteur sous le sommet des voûtes avoisine les neuf mètres, et correspond à une fois et demi la largeur, qui est de six mètres environ. La retombée des voûtes s'effectue à mi-hauteur des murs gouttereaux. Sauf pour les fenêtres de la dernière travée, qui correspond au chœur liturgique, les quatre travées sont stylistiquement analogues, et portent surtout les marques des campagnes de construction de 1320-1340, et du début du . La première campagne n'a pas laissé de traces bien caractéristiques : les murs sont appareillés en moellons, qui ont été rendus apparents par une restauration de la fin du , et les fenêtres latérales des trois premières travées sont des lancettes simples. Elles s'inscrivent entièrement sous la lunette des voûtes. Au sud, elles ont toujours été d'un tiers moins hautes qu'au nord, comme l'indique le larmier qui court à la limite des allèges, à l'extérieur. Les trois fenêtres du chœur sont munis, comme le dit Dominique Vermand, d'. Au nord et au sud, il est formé par deux lancettes aux têtes tréflées, qui sont surmontées de cinq soufflets disposés comme suit : au milieu, deux soufflets dissymétriques et très allongés sont séparés d'un meneau vertical et surmontés d'un soufflet ordinaire, et flanqués chacun d'un soufflet oblique et inversé à l'emplacement habituel des mouchettes. La verrière du nord est la dernière à conserver des bordures de vitraux de la Renaissance, qui répètent indéfiniment le même motif, à savoir une fleur de lys couronnée. Au chevet, le remplage comporte trois lancettes aux têtes trilobées, qui sont surmontées de trois larges soufflets, et flanqués, de chaque côté, de deux étroites mouchettes actuellement bouchées. Les trois lancettes sont obturées presque jusqu'au sommet, mais néanmoins équipées de vitraux sur toute leur hauteur. Les baies sont entourées d'une gorge. La modénature est aigüe et assez complexe ; les meneaux principaux sont pourvues de bases gothiques.
Les voûtes retombent sur des faisceaux de cinq colonnettes appareillées à l'intersection entre les travées, et des faisceaux de trois colonnettes dans les angles. Les colonnettes sont logées dans les ressauts successifs de piliers engagés. À chaque nervure correspond un fût, comme c'est la règle à la période gothique rayonnante, qui voit les supports s'amincir, et revient donc vers l'usage aux débuts de la période gothique, quand les fûts sont autrement forts. En l'occurrence, les différences de diamètre en fonction des types de nervures sont infimes. Les bases se compose d'un gros tore aplati et d'un petit tore qui y est accolé, et qui est du même profil qu'au prieuré Saint-Arnoul de Crépy-en-Valois. Les frises dans les intervalles des emplacements des chapiteaux sont finement sculptées de feuilles de chou frisées et de feuilles de lierre. Les formerets, ogives et doubleaux ont le même diamètre que les fûts, et se confondent avec ceux-ci. Seul un filet au milieu des nervures marque les limites entre les campagnes de construction, qui se situe immédiatement en dessous des emplacements des chapiteaux, ou même un peu plus bas, dans les angles. Assez rapidement, les nervures des voûtes passent de la section cylindrique vers un profil prismatique complexe, qui n'a malheureusement pas été analysé par les différents auteurs, car il n'est pas très fréquent dans la région. La clé de voûte de la première travée arbore un Agnus Dei en bas-relief, et toutes les autres, un écusson sculpté d'une croix romaine. Toutes les clés sont flanquées de quatre fleurons, soit un dans chaque intervalle entre deux ogives, mais la plupart sont cassés. Comme particularités, l'on peut mentionner l'absence de tourelle d'escalier, et l'accès aux combles par une trappe dans le voûtain méridional de la première travée, moyennant deux échelles superposées, et l'existence de piscines liturgiques non décorées dans la troisième et la quatrième travée à la fois.
Extérieur thumb|upright|Première travée. thumb|upright|Portail occidental.