La frégate de défense et d’intervention (FDI) est une classe de frégates équipant, à partir de 2025, la marine nationale française, sous le nom de classe Amiral Ronarc'h, la marine de guerre hellénique, sous le nom de classe Kimon, et la marine royale suédoise, sous le nom de .

Le programme, auparavant dénommé « frégate de taille intermédiaire », a été lancé par la France afin de succéder au programme des frégates multimissions (FREMM). Il s'agit d'un navire plus léger, de à pleine charge au lieu de , tout en embarquant presque le même armement. Les frégates sont construites à Lorient par la société Naval Group.

Historique Programme

Le programme de la Frégate de Taille Intermédiaire (FTI) répond au besoin d'une flotte de quinze frégates de premier rang et doit permettre à la Marine nationale d'évoluer en zone de guerre, comme le recommande le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale 2013.. Cinq nouvelles frégates doivent compléter les huit FREMM de la classe Aquitaine et les deux frégates FDA de la classe Horizon.

Le projet est évoqué en . et son contour est alors flou..

gauche|vignette|Maquette du concept FTI - salon Euronaval, 2016.

En , le concept est figé. Selon l'amiral Bernard Rogel et la direction générale de l'ArmementCommission de la défense nationale et des forces armées, Mercredi , Séance de , Compte rendu , Présidence de Mme Patricia Adam, présidente — Audition de l’amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la marine, sur le projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2015 à 2019 et portant diverses dispositions concernant la défense () ; Commission de la défense nationale et des forces armées, Jeudi , Séance de , Compte rendu , Présidence de Mme Patricia Adam, présidente — Audition de l’amiral Bernard Rogel, chef d’état-major de la Marine, sur le projet de loi de finances pour 2016 ; Les frégates de taille intermédiaire (FTI), Direction générale de l'armement, , la FTI serait dotée de capacités antiaériennes significatives avec un radar à antenne active et plans fixes, de moyens anti-sous-marins (hélicoptère et sonar remorqué) et aurait un déplacement de . Le , le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian annonce le lancement de ce programme sur la base d'aéronautique navale de Lann-Bihoué. Il évoque alors 5 FTI devant compléter les FREMM de classe Aquitaine, dont le nombre est réduit de 11 à 8...

Les FTI, de taille contenue, correspondraient mieux aux demandes des marchés d'exportation selon la direction générale de l'Armement, et permettent par ailleurs de maintenir les capacités de développement et de production de la société Naval Group...

La FTI étant un navire plus léger, sa capacité à remplacer les FREMM poste pour poste a cependant fait l'objet de controverses.. Le ministère des Armées précise d'ailleurs que ces bâtiments auront pour but de et non de porter un armement identique..

Au début de 2019, la dénomination FTI, considérée peu vendeuse, est abandonnée au bénéfice de Frégate de Défense et d'Intervention (FDI).. Le concepteur, Naval Group, leur avait déjà donné dès la fin 2016 un nom plus commercial pour le marché export, la Belharra (en référence à la célèbre vague basque), ou plus exactement « Belh@rra » pour souligner leur caractère digital..

Ces navires s'ajouteront puis remplaceront nombre pour nombre les frégates de la classe La Fayette., frégates de second rang considérées comme insuffisamment armées par la Marine nationale, notamment en matière de lutte anti-sous-marine (ASM). Trois unités de cette classe ont été modernisées, dans l'attente de la livraison des premières FDI à partir de 2025.

Développement Le projet a bénéficié d'une autorisation d'engagement de d'euros en 2015, et à la suite du comité ministériel d'investissement tenu le , le ministère de la Défense a donné l'accord pour son lancement.

L'étude des FDI a débuté en 2016 pour une entrée en service prévue en 2023.. L'étude a été confiée à la société Naval Group.. Le démarrage du programme a été avancé de deux ans par rapport au plan initial de la loi de programmation militaire 2014-2019, passant à 2018 avec une fin prévue en 2029..

La FDI proposée à l'exportation, une des principales raisons du lancement de ce programme, peut recevoir un équipement différent de la version française. Deux standards successifs présentent des différences dans l'équipement de brouillage et dans le nombre de missiles antiaériens Aster.. Pour des raisons budgétaires, les premiers exemplaires livrés disposeront de capacités amoindries en matière de guerre électronique au moins jusqu’en 2026. Ce standard 1 (16 Aster, certains équipements manquants) est bien sûr potentiellement modernisable. Les versions ultérieures seront tout de suite au standard 2 (32 Aster, équipement complet)..

Construction

La commande française porte sur qui doivent être livrées à la Marine entre 2025 et 2031, et dont les noms rendent hommage aux amiraux du de la Marine nationale : les amiraux Ronarc'h, Louzeau, Castex, Nomy et Cabanier. La construction de la tête de série, l'Amiral Ronarc'h est lancée le à Lorient., sur le site de Naval Group. Les essais en mer débutent le . Elle est livrée à la Marine nationale le à Brest.

Une FDI nécessiterait un million d'heures de travail.. Elles sont produites selon une nouvelle méthode, le takt time, mise en place depuis . La mature et la coque sont ainsi produites en même temps, puis assemblées après la mise à l'eau du navire. De plus, les plans sont tous numériques grâce à une organisation gérée par tablettes affichant des plans en 3D. Cela permet de repérer en quelques minutes (alors qu'il fallait une heure auparavant) les défauts en filmant la pièce aux alentours. En cas de déformation ou d'absence d'un élément, la tablette émet une alerte. Elle affiche également aux ouvriers les outils et matériels nécessaires.

Pour le quatrième navire du programme, la frégate grecque Formion, quelques blocs sont issus du chantier naval grec Salamis Shipyards de Salamine. Ces blocs sont ensuite envoyés à Lorient pour l'assemblage.

Caractéristiques Version française vignette|redresse=1.5|Flotte française prévue pour la fin des années 2030 : un Bâtiment ravitailleur de forces en Ravitaillement à la Mer (RAM) simultané avec le Porte-avions de nouvelle génération et une Frégate de défense et d'intervention.

La classe Amiral Ronarc'h est très reconnaissable grâce à son étrave inversée qui ne provoque pas de chocs (tossage) par grosse mer, évitant les vibrations qui peuvent dégrader les équipements et la coque elle-même (gage de durabilité), qui améliore le confort de l'équipage, tout en améliorant substantiellement sa furtivité, la stabilité et la tenue à la mer.. Un léger inconvénient est induit par la création d'un brouillard qui implique une utilisation plus fréquente des essuie-glaces.

Elle a une longueur de (119 entre perpendiculaires) pour un maître-bau de , un tirant d'eau de , un déplacement de à pleine charge, une propulsion diesel et combinés (acronyme CODAD en anglais) de , une vitesse maximale de , une distance franchissable de à et un équipage de (dont 15 pour le détachement aviation), et des logements pour un total de ., qui pourrait être augmenté par la suite.

La mature est imposante, d'une masse de pour de hauteur. La base accueille le central opérations tandis que le premier étage contient le centre de donnéesL'architecture informatique est basée sur un système redondant de deux centres de données. Au-dessus se trouve le local contenant les équipements de guerre électronique. Son capteur principal est le radar à antenne active Sea Fire 500 de Thales disposé sur le mât unique, qui peut assurer une veille aérienne jusqu'à et une veille surface jusqu’à ., de qualité supérieure à celui des dernières FREMM. Elle dispose sur de douze capteurs image jour-nuit coordonnés par le système de veille optronique panoramique (d’acronyme SWOP) logé dans un local dédié (ce qui est une innovation), qui permet de caractériser les menaces et d'organiser les réponses adaptées. Pour cela, le SWOP peut aussi s'appuyer sur des systèmes Paseo XLR de Safran, systèmes optroniques performants qui peuvent faire de la désignation d'objectif. Deux effecteurs non létaux (puissants stroboscopes ou ultrasons) permettent de dissuader ou de gêner des menaces légères.

Elle emporte dans la version initiale pour la marine nationale le système de gestion de combat SETIS, un canon Otobreda 76 mm, deux canons téléopérés de calibre , un système de lancement vertical de 16 (dans un premier temps) puis 32 cellules Sylver A50 emportant des missiles surface-air Aster 30., huit missiles antinavires Exocet MM40.. Depuis 2020, une réflexion est en cours pour les doter, comme les frégates multimissions, de missiles de croisière navals (MDcN)..

En matière de lutte anti-sous-marine, elle dispose d'un sonar de coque Kingklip Mark 11.un peu moins puissant que celui des FREMM, d'une nouvelle version compacte et modulable du sonar remorqué CAPTAS-4, qui équipe actuellement celles-ci. Ce sonar offre la même détection très longue portée tout en ayant une encombrement réduit de 50 % et une masse allégée de 20 %., d'une antenne linéaire remorquée (plus courte et donc capable de moins de profondeur d'analyse, mais avec des traitements numériques supérieurs) et de deux lance-leurres ASM fournis par Thales, et de deux double-tubes lance-torpilles pour MU90.

Elle embarquera un hélicoptère H160M (au lieu d'un NH90 NFH sur les FREMM) déployable jusqu'à un état de mer force 5. Elle dispose d'une soute à torpilles et missiles antinavires légers (ANL) qui lui sont destinés ; et un drone à voilure tournante. Sur la plate-forme, les aéronefs sont sécurisés par des canons à mousse téléopérés. Sa drome peut être constituée par exemple d'une ECUME NG et d'une embarcation de drome opérationnelle de nouvelle génération.

Elle dispose d'un hôpital avec deux lits médicalisés, d'équipements de radiologie et échographie, embarque un médecin et un infirmier.

Versions export

Pour l'exportation, les frégates peuvent avoir des caractéristiques différentes selon le client. La modularité du système de combat SETIS. permet de prendre en charge un canon de calibre 127 mm ou , 16 ou Sylver A50 et autres systèmes d'armes. Elles peuvent maintenir une vitesse de 25 à et embarquer un hélicoptère de la classe des .

Utilisateurs France La Marine nationale recevra cinq unités de 2025 à 2031, qui formeront la classe Amiral Ronarc'h. Elles ont reçu le nom d'amiraux du , dévoilés au public le .

Comme toute série de navires, quelques différences mineures distinguent les bateaux. Le , il est annoncé que les deux dernières unités, l’ et l’, seront équipées de 32 Aster (seize Aster 15 et seize Aster 30), à l'instar des frégates grecques. Les trois premières frégates françaises rejoindront ce standard ultérieurement.

indicatif visuel Nom Première découpe Mise sur cale Mise à l'eau Essais en mer Livraison Service actif Base navale D660 Amiral Ronarc'h 2027Brest D661 Amiral Louzeau 2025 16 mai 2026 2028Brest D662 Amiral Castex 2026 2029Toulon D663 Amiral Nomy début 2026 2030Toulon D664 Amiral Cabanier été 2026 2031Toulon

Grèce

Le , le président Emmanuel Macron et le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis signent à Paris un protocole d'accord pour la livraison par Naval Group à la Grèce, dans le cadre du partenariat stratégique entre les deux pays, de trois FDI construites à Lorient, pour un montant global estimé à d'euros, incluant le maintien en condition opérationnelle (MCO) pendant trois ans. Une quatrième frégate est en option.. Le contrat a été signé le à Athènes, en présence de la ministre des Armées Florence Parly.. Afin de pouvoir livrer la première FDI grecque en 2025, sa construction a été lancée dès , sans attendre la signature définitive du contrat.