Léglise de la Sainte-Trinité est une église catholique paroissiale située à Saint-Sauveur (Oise), en France. Elle remplace une église médiévale dédiée à Saint-Michel, vétuste déjà quand les troupes de Hugues de Cézanne battent les Anglais près de Verberie le jour de la Sainte-Trinité de 1359. Le capitaine fait alors le vœu de bâtir une nouvelle église placée sous ce vocable, mais le projet n'est finalement mis en exécution qu'à partir de la fin du au plus tôt. C'est ce qu'indique clairement le style gothique flamboyant de l'église, et les influences de la Renaissance perceptibles dans le transept et les bas-côtés de la nef. Le gros-œuvre est probablement terminé en 1543, date qui se lit sur les remarquables vestiges de vitraux conservés dans le chœur. Le voûtement ne prend fin qu'en 1559, mais l'église reste à vrai dire inachevée, car les deux premières travées de la nef n'ont jamais été voûtées, et sont dépourvues de bas-côtés au sud. Hormis ce défaut et un manque d'élégance du clocher et de la façade, l'église de la Sainte-Trinité est une construction soignée, notamment à l'intérieur, qui fait preuve de recherche stylistique. L'extérieur est sobre, mais d'une belle régularité. L'église a été inscrite aux monuments historiques par arrêté du .. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse de la vallée de l'Automne, dont le principal lieu de culte est l'église Saint-Pierre de Verberie, et des messes dominicales anticipées sont célébrées à Saint-Sauveur deux fois par mois.
Localisation
L'église de la Sainte-Trinité est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, au sud de Compiègne, dans la basse-vallée de l'Automne, sur la commune de Saint-Sauveur, au centre du village, rue Aristide-Briand. La façade occidentale est précédée d'un parvis, qui tient en même temps lieu de parking. Deux voies passent au nord et au sud de l'église et desservent le cimetière, qui se situe à l'est. Immédiatement à l'est du chevet, l'on trouve une pelouse, et au milieu de celle-ci, le monument aux morts de la commune. L'église est ainsi dégagé d'autres bâtiments de tous les côtés, bien visible, et bien mise en valeur.
Histoire thumb|left|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Inscription : « Introibo in domum tuam Domine. Adorabo ad templum sanctum tuum in timore tuo » ().
Jusqu'en 1359, le village s'appelle Giromesnil ou Géroménil, et son église est dédiée à Saint-Michel. D'après Louis Graves, le nom du village viendrait de Girard, évêque de Soissons au , qui possédait la majeure partie des terres. Sous la guerre de Cent Ans, en 1359, le capitaine de Béthisy-Saint-Pierre, Hugues de Cézanne, bat les Anglais près de la ville voisine de Verberie, au lieu-dit désormais le Champ Dolent. La victoire ayant lieu le jour de la Sainte-Trinité, il fait le vœu de reconstruire l'église, alors très délabrée, et de la dédier au Saint-Sauveur, c'est-à-dire, à Jésus-Christ en personne. Aucun document témoigne de la construction de l'église, mais l'analyse de son architecture, qui est de style gothique flamboyant tardif, donne à penser que les travaux ne commencent pas avant la fin du , voire après 1520. Deux dates sont connues avec certitude. L'année 1543 se lit sur un vitrail de la baie d'axe du chevet, et devrait correspondre à l'achèvement du gros-œuvre. Selon Philippe Bonnet-Laborderie et François Callais, la date de 1559 est inscrite sur une clé de voûte, ce qui indique que le voûtement n'a été entrepris qu'après coup (sauf apparemment pour le chœur). Le profil méplat des nervures des voûtes des bas-côtés parle dans le même sens, et les deux premières travées de la nef n'ont du reste jamais été voûtées. La nouvelle église est placée sous l'invocation de la Sainte-Trinité, ou du Dieu Sauveur, mais conserve saint Michel comme second patron. Le village prend le nom de Saint-Sauveur-Géroménil, et en 1794, le nom révolutionnaire de Sauveur-Géroménil lui est attribué...
Sous l'Ancien Régime, Saint-Sauveur relève du doyenné de Béthisy-Saint-Pierre, de l'archidiaconé de la Rivière et du diocèse de Soissons. Le collateur de la cure est le prieur de Pierrefonds ; puis, avec la réunion du prieuré de Pierrefonds à la paroisse de Chantilly, en 1724, ce droit échoue à l'évêque diocésain. ; .. Depuis la Révolution française, le diocèse de Soissons correspond au territoire du département de l'Aisne. L'ensemble des paroisses du département de l'Oise est regroupé dans le diocèse de Beauvais, avec une parenthèse pour les années 1801-1822, quand ce dernier est annexé au diocèse d'Amiens. En 1947, la paroisse de Saintines est réunie à celle de Saintines, et le curé réside à Saintines.. L'église est inscrite aux monuments historiques par arrêté du . Le dernier prêtre appelé à officier comme curé de Saintines et Saint-Sauveur est le père Philippe Pamart, né en 1931. Quand il est muté pour Vieux-Moulin en 1990, la cure reste vacante. Aucun ancien curé de Saintines n'est plus en vie ; le père Pamart meurt prématurément en 1997. D'abord l'église de Saintines est desservie par le curé de Béthisy-Saint-Pierre, qui est alors l'abbé Jacques Monfort. Puis en 1996, le manque de prêtres motive la définition de seulement quarante-cinq nouvelles paroisses à l'échelle du diocèse., et la paroisse de Béthisy est réunie à celle de Verberie. Cette très grande paroisse au titre de « paroisse de la vallée de l'Automne / paroisse Saint-Pierre » s'étend sur quatorze communes dont deux disposent de deux, voire trois églises (Néry et Fresnoy-la-Rivière). Le calendrier paroissial prévoit une messe dominicale un ou deux fois par mois, le samedi à 18 h 30, et une messe de semaine le lundi à 16 h 30, sauf pendant les congés scolaires ..
Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.
Orientée un peu irrégulièrement, avec une légère déviation de l'axe vers le sud-est du côté du chevet, l'église répond à un plan cruciforme et se compose d'une nef de quatre travées ; d'une clocher au nord de la première travée de la nef ; d'un bas-côté nord qui flanque les trois autres travées de la nef ; d'un bas-côté sud qui accompagne seulement la troisième et la quatrième travée ; d'un transept non débordant ; et d'un chœur de deux travées, soit une travée droite et une abside à cinq pans. La base du clocher est fermée par des murs, et accessible par une porte depuis la nef. Une sacristie se situe au sud du chœur. Une tourelle d'escalier flanque l'angle nord-ouest du croisillon nord. Les deux premières travées de la nef sont recouvertes d'une fausse voûte en berceau, et la première travée du bas-côté nord est muni d'un plafond plat. Tout le reste de l'église est voûté d'ogives. L'entrée se fait par le portail occidental de la nef, ou par une petite porte au sud de la première travée, qui aboutissent sur le même dégagement sous la tribune occidentale, qui occupe la plus grande partie de la première travée. Les toitures de la nef et du transept se terminent par trois pignons au nord, à l'ouest et au sud. Les bas-côtés sont munis de toits en appentis prenant appui contre les murs gouttereaux de la nef.
Intérieur Nef thumb|Nef, vue vers l'ouest. thumb|Grandes arcades du nord.
La nef comporte deux niveaux d'élévation, à savoir l'étage des grandes arcades et un étage de murs aveugles au-dessus des grandes arcades, qui représente environ un tiers de la hauteur totale sous le sommet des voûtes. Celle-ci est équivalente à environ une fois et demi la largeur, qui correspond donc à la hauteur des grandes arcades. L'absence de fenêtres hautes et un élancement assez relatif sont caractéristiques des églises flamboyantes en milieu rural dans la région. Les deux premières travées sont irrégulières, car fermées par un mur du côté sud, sans traces de grandes arcades, mais l'extrémité occidentale du bas-côté sud rend plausible l'existence ancienne d'un arc-doubleau. Le mur méridional de la nef est sans caractère, et ajouré de deux fenêtres en plein cintre, sans remplage. Il est certain que ce mur et ces fenêtres sont postérieures à la période flamboyante, mais il n'est plus possible de dire s'il s'agit d'un mur provisoire du milieu du , ou si un bas-côté a existé au sud des deux premières travées de la nef à cette époque. L'amorce de ce qui devait devenir la deuxième grande arcade du sud existe. Louis Graves pense que les deux premières travées de la nef auraient été ajoutées après coup, ce qu'il conclut de l'absence de voûtement, mais dans ce cas, le clocher et la première travée du bas-côté nord seraient également plus récents que le reste. Rien ne l'indique, car les grandes arcades et les piliers y sont identiques à la troisième et la quatrième travée de la nef. Une grande arcade bouchée existe devant le clocher, et une autre à l'extrémité occidentale du bas-côté nord : la base du clocher communiquait donc primitivement avec la nef et le bas-côté nord, ou bien le clocher a été ajouté alors que le bas-côté était déjà terminé..
Selon Louis Graves, . Il est caractérisé à la fois par les piliers ondulés, les grandes arcades, et le plafond ou les voûtes. Les piliers appartiennent à un type peu représenté dans la région, qui comporte quatre ondulations formées par deux doucines affrontées, alternant avec autant d'arêtes saillantes formées par la rencontre des doucines. Ce type de pilier existe à Jambville, Lierville, Oinville-sur-Montcient, Sacy-le-Grand et Vaudancourt, ou avec huit renflements, à Remy. Les bases et les socles, d'une facture très simple, sont octogonaux. Les grandes arcades se fondent directement dans les piliers. Leur profil est directement dérivé de celui des piliers, et correspond à une face du pilier, avec en plus, une étroite gorge de chaque côté. L'on trouve des arcades semblables à Armancourt, Baron, Survilliers, Vauréal et Saint-Firmin, par exemple. Au-dessus des grandes arcades, le profil de la face frontale des piliers se continue sur les murs hauts de la nef, jusqu'à la retombée des hautes-voûtes. Celles-ci sont en arc brisé, et toutes leurs nervures sont pénétrantes. Elles adoptent un profil prismatique complexe, qui montre au milieu un étroit filet. Contrairement à un usage fréquent à l'époque, les voûtes ne sont pas agrémentées de liernes et tiercerons, mais possèdent des clés de voûte intéressantes. Celle de la troisième travée arbore la colombe de l'Esprit Saint sur un écusson entouré d'une guirlande. Celle de la quatrième travée affiche trois croissants enchevêtres, qui symbolisent certainement la Sainte-Trinité. Il reste à mentionner la fenêtre occidentale de la nef, qui montre un réseau flamboyant de deux lancettes à têtes trilobées, surmontées d'un soufflet atypique et de deux étroites mouchettes.
Bas-côtés thumb|upright|Bas-côté nord, vue vers l'ouest.