Edmond Duval, né le à Enghien en Belgique, où il est mort le Acte de décès à Enghien, n° 81, vue 716/1107.., est un musicologue belge, qui redécouvrit l'Édition médicéenne à Rome, et publia plusieurs livres de chant en plain-chant au milieu du dans son pays, en considérant qu'il s'agissait des mélodies authentiques issues du chant grégorien.

En dépit de cette méprise, il prépara effectivement, avec le cardinal-archevêque de Malines Engelbert Sterckx, son patron, la réforme liturgique selon la tradition en Belgique. La ville de Malines deviendra un des principaux centres du chant grégorien lorsque le pape saint Pie X sera élu.

Histoire Naissance Edmond Duval, fils de Jérôme Duval, naquit à Enghien le . Il se déplaça, vraisemblablement avec sa famille, en 1816 à MonsSociété des sciences, des arts et des lettres du Hainaut, Mémoires et publications de la société des sciences, des arts et des lettres du Hainaut, 1877, p. 487, Maison Léon Lasseau, ville natale de François-Joseph Fétis, son futur professeur.

Avant d'arriver à Paris, il apprit la musique vocale et également jouait le violoncelle et probablement le violon aussi.

Formation

Dans l'optique de s'inscrire auprès du Conservatoire de Paris, il quitta son pays au mois de . Le , il réussit à obtenir son admission dans la classe de violoncelle enseignée par Olive-Charlier Vaslin, qui accueillera un peu plus tard Jacques Offenbach. En avril, cet élève belge commença à approfondir le contrepoint rigoureux ainsi que la fugue sous Édouard Boilly. Edmond Duval obtint également sa fonction en tant que violoncelliste auprès de l'orchestre du théâtre de l'Odéon. Néanmoins, son progrès comme joueur était trop faible de sorte qu'il puisse participer au concours tenu en 1831.

D'où, il lui fallut renoncer la classe de Vaslin. Toutefois, le , en faveur des études de la composition, François-Joseph Fétis lui autorisa l'inscription dans sa classe. Finalement, la même inexactitude s'étant fait remarquer dans sa présence aux cours causa une décision du comité d'enseignement le selon laquelle il dut rentrer chez lui. D'ailleurs, cela n'était autre qu'un livre du professeur Fétis sorti en 1862 qui précisait cette période de Duval auprès du conservatoire.

Vraiment déçu, Duval vécut sans occupation durant quelques années. Mais c'était à cette époque-là qu'il commença à s'intéresser profondément du plain-chant.

Chant liturgique

À la place de Fétis, Nicolaas Adrianus Janssen, professeur du chant liturgique auprès du séminaire de Malines, était désormais son précepteur personnel. À vrai dire, ces deux professeurs s'opposaient effectivement.. Quoi qu'il en soit, le prêtre Janssen était capable de publier en 1845 un livre théorique intitulé Les vrais principes du chant grégorien .

Il était définitif que, grâce à ce musicologue, Duval ait eu la connaissance d'Engelbert Sterckx, archevêque de Malines, puis à partir de 1838, cardinal-prêtre. Celui-ci souhaitait que son archidiocèse se consacre à la liturgie selon la tradition correcte. Comme cette liturgie devait satisfaire les principes de Janssen, il fallait de nouveaux livres de chant. C'est pourquoi Sterckx confia au jeune Edmond sa rédaction. Enfin, le cardinal n'hésita pas à envoyer Duval à Rome.

Dans les archives de la ville éternelle, il consulta un grand nombre de manuscrits afin de trouver une meilleure base, avec l'approbation du souverain pontife. S'il est probable que Duval pouvait étudier des livres plus anciens et qu'il se passionnât de sa mission chargée, une diversité considérable entre les manuscrits tardifs força un long travail de lui. Certes, il s'aperçut l'ornement des chants anciens. Toutefois, il considérait qu'il s'agissait de la mémoire issue de la tradition orientale et plus primitive. Pour le graduel, il choisit finalement l'Édition médicéenne (1614 - 1615) publiée par l'imprimerie de la maison de Médicis, non que l'édition fût supérieure à d'autres manuscrits mais parce qu'il s'agissait d'un livre de chant magnifique d'exécution typographique.

De même, tous les livres furent sélectionnés dans le répertoire post-tridentin en faveur des publications supplémentaires. Duval précisait ces sources dans la préface de son Vesperale Romanum (1848, p. 15) : 1572 : Antiphonarium, Christophe Plantin, Anvers (édition 1573 : Antiphonarium juxta breviarium Romanum restitutum). 1579 : Antiphonarium sacrosanctæ romanæ ecclesiæ integrum et completum juxta ordinem novi Breviarii et decreto sacrosancti Concilii Tridentini restituti et Pii Quinti pontificis maximi iussu editi : summa nunc ........., ex officina Petri Lichtenstein, Venise. 1613 : selon Duval, Antiphonale Romanum, Juntas, Venise ; vraisemblablement Missale romanum ex decreto sacrosancti concilii tridentini restitutum. 1701 : Antiphonarium romanum de tempore et sanctis, ad normam Breviarii ex decreto sacrosancti Concilii Tridentini, B. Pii V. pontiticis maximi jussu editi, Clementis VIII. ac Urbani VIII, auctoritate recogniti ........., Sumptibus Pauli Balleonii (Paolo Baglioni), Venise, http://www.rterradilavoro.altervista.org/articoli/05-06.pdf p. 82 (avec photo de la page de titre) Lors de ce séjour à la ville éternelle, il fut accueilli à l'Académie Sainte-Cécile à Rome. Dorénavant, le Mouvement cécilien, devenu phénomène à l'époque dans certains pays telle l'Allemagne, s'accroissait rapidement et immensément sous influence de futures publications de Duval.

Confusion entre le chant grégorien et l'Édition médicéenne

Edmond Duval était si proche du Saint-Siège que sa sélection des manuscrits connut la même erreur que Guillaume-Gabriel Nivers († 1714) avait commise auparavant : les manuscrits restants à Rome ne sont autres que, normalement, les notations tardives telle l'Édition médicéenne.

Heureusement qu'en 1847 à Montpellier, fut découverte une pierre de Rosette musicale, Tonaire de Saint-Bénigne de Dijon en tant que double notation, qui permettait dorénavant aux musicologues de déchiffrer les neumes anciens. Selon ce manuscrit, le Graduel romain (édition rémo-cambraisienne) fut publié en 1851, en ouvrant une porte vers la restauration authentique du chant grégorien. Puis en 1862, les deux moines de Solesmes, Dom Paul Jausions et Dom Joseph Pothier, conclurent qu'il faut consulter les manuscrits carolingiens les plus anciens, afin de restaurer correctement le chant grégorienPierre Combe, Histoire de la restauration du chant grégorien d'après des documents inédits, Solesmes et l'Édition Vaticane, p. 46, Abbaye Saint-Pierre, Solesmes 1969, quoique ce principe fût déjà proposé par Léonard Poisson en 1750..

Toutefois, ces deux chemins différents, insistant respectivement la tradition issue du saint pape Grégoire le Grand, provoquèrent enfin un gros conflit dans la deuxième moitié du sur le chant liturgique durant 30 ansp. 25 - 27.

Publication d'Edmond Duval Après avoir sélectionné les livres de chant post-tridentins, Edmond Duval rentra à Malines, afin de préparer la publication. Comme celui-ci n'avait pas assez de connaissance dans le domaine de la liturgie et de son texte, le cardinal chargea à Peter Frans De Voght († 1895), professeur du séminaire, de soutenir la rédaction de Vesperale romanum. Donc ce dernier devint coéditeurhttp://www.svm.be/content/de-voght-peter-frans?display=biography&language=en.

En 1848, le Graduale romanum et le Vesperale romanum furent publiés chez P. J. Hanicq, prédécesseur. de H. Dessain. Le qualificatif « romanum » était toujours possible, non seulement grâce aux auspices du cardinal Sterckx mais aussi en raison des choix des livres de base.

Si l'usage de livres fut aussitôt établi dans l'archidiocèse de Malines, il fallut que les rédacteurs répondent aux critiques, avant de continuer la publication. En effet, « un ecclésiastique de Liège » étant « homme de grand savoir en ses matières » avait critiqué ces éditions dans le Journal historique de Liègep. 99 : « ; mais dans d'autres diocèses on fut moins retenu. Un ecclésiastique de Liège, dont je tairai le nom, puisqu'il n'a pas cru devoir le révéler, mais homme de grand savoir en ces matières, signala quelques-unes des altérations des nouveaux livres dans le Journal historique de Liège, et fit remarquer qu'il les prenait au hasard, parce qu'il s'en trouvait à chaque page et qu'on ne pouvait tout discuter. ... Cette réponse ne touchait point au fond des choses : elle épiloguait sur les mots ; l'embarras était évident. ». Il est probable qu'il ne s'agissait autre que de l'évêque de Liège Corneille Richard Antoine van Bommel († 1858). . L'année suivante, Duval et De Voght durent sortir un livre intitulé Réponse aux observations du Journal historique de Liège, sur le Graduel et le Vésperal, édition de Malines 1848.

À la suite de cet événement, il semble que De Voght n'ait plus pu continuer son obligation. Avec d'autres collaborateurs dont Petrus Carolus Constantinus Bogaerts, le projet se recommença et la publication fut rétablie entre 1850 et 1854, en sortant plusieurs livres liturgiques. Toujours soutenu par le cardinal, ils sortirent pareillement des livres théoriques.

En 1854, le graduel et le vespéral furent révisés. Il est probable qu'à partir de 1855, les réimpressions étaient effectuées au nom de la commission archiépiscopale de Malines.

En appréciant ces publications, non seulement le pape Pie IX félicita le cardinal mais également octroya une grande médaille d'or à Edmond Duvalp. 221 - 222. Il s'agissait de celle du chevalier de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand..

Dernières années

On connaît peu au regard de la vie de Duval, après ces publications.

Cependant, il est probable qu'il demeurait musicien consacré au chant liturgique, vraisemblablement au séminaire. Ainsi, le , il dirigea le plain-chant exécuté par les élèves du Grand séminaire, lors de l'assemblée générale des catholiques à Malines. En outre, la musique de la messe célébrée avait été composée par celui-ci : Missa ab utriusque sectionis sem. Mechl. Alumnis decantato, Eminentissimo ac Reverendissimo Domino Archiepiscopo Cardinali Sterckx.

En 1869, il publia une pièce pour l'harmonium dédiée à Jean-Baptiste-Marie-Simon Jacquenet, professeur du grand séminaire de Reims où la liturgie grégorienne avait été rétablie avec le Graduel romain (édition rémo-cambraisienne). La page de titre de cet op. 11 indiquait plusieurs renseignements : Hommage à Monseigneur S. Jacquenet, protonotaire apostolique, curé doyen de Saint-Jacques, Carillon des morts pour le jour de la Toussaint (dernier verset de Magnificat) pour orgue-harmonium ou orgue à tuyaux, spécialement composé pour les organises de la campagne par E. Duval, Organiste du Grand Orgue à Saint-Jacques, Directeur de la Société Chorale de Ste-Cécile.. Donc, il était organiste à Reims et encore engageait le chant ligurgique avant son décès.

Edmond Duval mourut en 1873 à Enghien, sa ville natale : « Ici repose Monsieur Edmond Duval, né Enghien, le , y décédé pieusement, le , chevalier de l'ordre de Saint Grégoire-le-Grand, conseiller communal, membre etc. Seigneur ayez pitié de lui ! »Edouard G. J. Grégoire, Bibliothèque musicale populaire http://www.forgottenbooks.com/readbook_text/Bibliotheque_Musicale_Populaire_1200108758/309 p. 309, note page 120

Liste de publications Livres de chant 1848 : Graduale romanum juxta ritum sacrosanctæ romanæ Ecclesiæ, cum cantu Pauli V. Pont. Maximi jussu reformato, Editio emendata, P. J. Hanicq, Malines 1848 : Vesperale romanum, cum psalterio, ex antiphonali romano fideliter extractum, cum cantu emendato, P. J. Hanicq, Malines, 1850 : Manuale Chori ad decantandas parvas horas, P. J. Hanicq, Malines, 1851 : Processionale ritibus romanæ ecclesiæ accomodatum, responsoria, hymos, antiphonas, Matthiæ Hovii, jussi editum nunc vero Engelberto Cardinali Sterckx jubente recensitum et auctum cum cantu emendato, P. J. Hanicq, Malines,