L'église Saint-Martin est une église catholique paroissiale située à Cires-lès-Mello, dans le département de l'Oise, en France. Sa date de fondation est inconnue, mais remonte au moins à la fin du , quand furent construits le transept et le chœur carré, dans le style gothique primitif. L'intérêt de ces éléments est en grande partie oblitéré par l'effondrement de plusieurs voûtes sous la guerre de Cent Ans ou pendant les décennies qui s'ensuivirent, et une reconstruction imparfaite. En revanche, la nef et ses bas-côtés, qui datent des années 1230-1250, sont d'une belle facture, et présentent une élévation sur trois niveaux, avec les grandes arcades à double rouleau, un étage de galeries avec des baies aujourd'hui bouchées, et l'étage des fenêtres hautes. Celles-ci prennent la forme de triplets, rarement utilisés pour les fenêtres latérales. À l'extérieur, l'on remarque surtout le bel ordonnancement de la façade occidentale, avec un porche sous un gâble aigu, et une tourelle d'escalier octogonale, les deux encore d'origine. Le clocher date du tout au plus, mais se fonde sur des structures plus anciennes. Au sud, la succession des trois gâbles ou pignons du portail latéral, de la sacristie et du croisillon sud est d'un effet pittoresque. L'église Saint-Martin a été classée aux monuments historiques par arrêté du .. Elle n'a été que partiellement restaurée depuis, mais se présente globalement dans un bon état. Cires-lès-Mello n'est plus une paroisse indépendante, et l'église est affiliée à la paroisse Sainte-Claire de Mouy. L'eucharistie y est célébrée tous les dimanches et jours de fête à 10 h 00.

Localisation

L'église Saint-Martin est localisée en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, dans la vallée du Thérain, sur la commune de Cires-lès-Mello, au centre du bourg, place de l'Église. Il s'agit de l'ancien cimetière., devenu la place principale de la ville après le transfert du cimetière hors des limites de l'agglomération. La place est délimitée par la rue Saint-Martin à l'ouest, et par la rue des Petits-Prés au nord ; à l'angle nord-ouest, aboutit la rue de la Mairie. L'église se situe à l'est de la place. Si sa façade occidentale et son élévation méridionale sont parfaitement dégagés, à l'exception de la chapelle latérale sud du chœur, les autres élévations donnent sur une étroite ruelle, qui fait le tour de l'église en longeant l'élévation septentrionale et en contournant le chevet. Ces parties sont donc également visibles depuis le domaine public, mais il n'est pas possible de les regarder en prenant du recul. Selon Maryse Bideault et Claudine Lautier, ..

Histoire thumb|upright|left|Charité de Saint-Martin en bois polychrome, .

Sous l'Ancien Régime, Cires-lès-Mello a le statut de bourg, et fait partie de la châtellenie et baronnie de Mello. Les deux villes sont limitrophes, et forment depuis longtemps une agglomération presque homogène. La distance orthodromique entre l'église Saint-Martin et la collégiale Notre-Dame de Mello est inférieure à . Jusqu'à la Révolution française, il y a également l'église du prieuré Sainte-Madeleine de Mello. Des trois églises connues, seule l'histoire de l'église Saint-Martin n'est documentée en aucune manière. Même sa date de fondation n'est pas renseignée. Ses parties les plus anciennes remontent aux années 1170 / 1180. Le patron de l'église est saint Martin. Primitivement, le collateur de la cure était l'évêque de Beauvais. En 1183, l'évêque Philippe de Dreux confie le patronage de la cure à l'abbaye de Saint-Denis. C'est sans doute la puissante abbaye qui achève la construction du transept et du chœur, qui portent les caractéristiques stylistiques des dernières décennies du . Sur le plan de la hiérarchie ecclésiastique, la paroisse Saint-Martin relève du doyenné et de l'archidiaconé Clermont, et du diocèse de Beauvais. Au nord-ouest de l'église, il y avait un hôtel-Dieu au titre de saint Cyr. Fondé par le baron de Mello en 1524, il est confié aux sœurs Franciscaines ou Clarisses vers 1620. Parmi les dix-sept sœurs, le baron de Mello nomme une abbesse ou supérieure perpétuelle. La grange dîmière, dont la ruine subsiste impasse de la Grange-aux-Dîmes, appartient aux sœurs de l'hôtel-Dieu.. thumb|upright|Christ en croix dans la nef.

L'église de style gothique primitif qui existe à la fin du possède un transept de trois travées carrées ; un chœur d'une seule travée se terminant par un chevet plat ; et deux chapelles latérales largement ouvertes sur le chœur, et communiquant à l'ouest avec les croisillons du transept. En jugeant d'après le profil des ogives, les chapelles ont été construites en premier lieu (et sans doute aussi le chœur, qui a perdu sa voûte), avant les croisillons. Il n'est plus possible de dire si l'église remplace un édifice plus ancien. Dans ce cas, il y aurait eu une nef basilical de style roman, comme à Bury. Sinon, il faut admettre que l'église demeure inachevée pendant plusieurs décennies, et non utilisable pour le culte, car les parties basses de la nef et les bas-côtés sont beaucoup plus récents, et datables des années 1230 grâce aux chapiteaux. Les parties hautes de la nef affichent déjà le style gothique rayonnant, et datent de la période comprise entre 1230 et 1250 environ. Sous la guerre de Cent Ans, l'église subit de lourds dégâts. La tour de croisée s'effondre, et entraîne la perte des voûtes de la croisée du transept, du chœur, et du croisillon et de la chapelle latérale sud. Un nouveau clocher est bâti au-dessus de la première travée du bas-côté sud au . Au premier quart du , les trois fenêtres des croisillons et de la chapelle latérale nord sont munies de réseaux gothiques flamboyants. Entre 1528 et 1530, les voûtes détruites sont remplacées par de fausses voûtes en berceau, qui consistent d'un lattis de bois recouvert de plâtre. Ultérieurement, le remplage de la fenêtre de la chapelle latérale sud est refait dans un style plus tardif. Au , les parties orientales sont restaurées sans se préoccuper de la conservation des chapiteaux gothiques, qui sont en grande partie recouverts d'une couche de plâtre, ou remplacés par des chapiteaux non sculptés..

La Révolution française supprime les structures ecclésiastiques de l'Ancien Régime. Cires-lès-Mello reste dans le diocèse de Beauvais jusqu'à l'interdiction du culte catholique à l'automne 1793. Mello est intégré dans le canton de Creil, tandis que Cires-lès-Mello est rattaché au canton de Neuilly-en-Thelle. Sous le Concordat de 1801, le diocèse de Beauvais est annexé au diocèse d'Amiens, situation qui dure jusqu'en 1822. Au cours du , le sol de la nef est exhaussé, et le remplage de la rosace occidentale est refait.. L'église est classée aux monuments historiques par arrêté du . En 1921, les toitures sont refaites. Dans ce cadre, les toits en appentis des bas-côtés sont ramenés à leur hauteur initiale, ce qui dégagé entièrement les fenêtres hautes de la nef, mais trois des quatre baies du nord n'ont toujours pas été débouchées. Les travaux de restauration ont été peu importants depuis. Sous la direction de l'architecte A. Grenouillot, les deux fenêtres du croisillon nord et de la chapelle latérale nord sont équipées d'un remplage flamboyant en 1937. Deux ans plus tard, les charpentes et toitures sont réparées pour une nouvelle fois sous la direction de l'architecte A. Guéritte. Après la Seconde Guerre mondiale, l'architecte en chef des monuments historiques Jean-Pierre Paquet fait réparer les couvertures en 1954 et 1962, et les baies en 1962. Aujourd'hui, Cires-lès-Mello n'est plus une paroisse indépendante, et est affilié à la paroisse Sainte-Claire de Mouy. Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Martin chaque dimanche à 10 h 00..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église.

À peu près régulièrement orientée, avec une légère déviation de l'axe vers le sud-est du côté du chevet, l'église se compose d'une nef de quatre travées accompagnée de deux bas-côtés ; d'un chœur de deux travées se terminant par un chevet plat, dont la première travée correspond à l'ancienne croisée du transept ; des deux anciens croisillons flanquant cette travée ; et de deux chapelles latérales dans les angles entre les anciens croisillons et la seconde travée du chœur. Ces deux chapelles sont dissemblables. Celle du nord a un mur de chevet oblique, et celle du sud a deux murs obliques : ces irrégularités de plan sont imputables au manque de place, comme le fait encore ressentir le tissu urbain actuel. La première travée de la nef et des bas-côtés est nettement plus profonde que les suivantes. Le clocher s'élève au-dessus de la première travée du bas-côté sud. Le portail occidental et le portail latéral dans la troisième travée du bas-côté sud sont précédés d'un porche de faible profondeur. La sacristie se situe au sud de la quatrième travée du bas-côté sud, à droite du portail latéral, et elle est contigüe à l'ancien croisillon sud. Il s'agit d'une ancienne chapelle du . La nef, ses bas-côtés, l'ancien croisillon nord et la chapelle latérale nord sont voûtés d'ogives dès l'origine. Le chœur est muni d'une fausse voûte en berceau, et l'ancien croisillon sud, d'une voûte semblable, perpendiculaire à l'autre. La chapelle latérale sud présente une fausse voûte de forme irrégulière.

Intérieur Nef thumb|upright|Nef, vue vers l'est. thumb|upright|Nef, vue vers l'ouest.

La nef est la partie la plus remarquable de l'église. Même si l'on peut observer une évolution stylistique du haut vers le bas, son caractère est très unifié, et l'on peut considérer que l'ensemble de la nef et des bas-côtés appartiennent à une unique campagne de construction, qui s'échelonne sur une quinzaine d'années, entre 1230 et 1250 environ. Il n'y a jamais eu de remaniements, et tous les éléments sont authentiques, sauf le remplage de la rosace, dont seul l'encadrement date d'origine, et les bases et socles de plusieurs piliers. Les élévations latérales de la nef s'organisent sur trois niveaux, à savoir l'étage des grandes arcades, un étage de galeries anciennement ouvertes sur les combles, et l'étage des fenêtres hautes. Les grandes arcades sont fermement moulurées, et présentent un rouleau supérieur profilé d'un tore dégagé de chaque côté, et un intrados mouluré d'un méplat entre deux tores. La retombée s'effectue sur les tailloirs uniques des piliers, dont le plan complexe est dérivé de la composition des piliers. Ils se composent d'un noyau cylindrique cantonné de quatre colonnettes, dont une est tournée vers la nef, une vers le bas-côté, et les deux vers les grandes arcades. Les colonnettes disposent de chapiteaux, tandis que les portions libres du pilier cylindrique sont munies de frises au même niveau, dont la sculpture reprend le motif des chapiteaux. Comme les tailloirs, les chapiteaux et les frises forment en fait un bloc sculpté unique. Des piliers cantonnés du même type se trouvent dans les nefs de Montataire, Saint-Leu-d'Esserent et de Villeneuve-le-Comte, mais pas dans les chœurs de Cambronne-lès-Clermont et Saint-Martin-aux-Bois, contrairement à ce qu'affirment Maryse Bideault et Claudine Lautier. Au début et à la fin des grandes arcades, l'on trouve une disposition différente, avec des faisceaux d'une colonnette analogue à celles des piliers composés, et de trois fines colonnettes, dont deux correspondent au rang de claveaux supérieur, et une aux voûtes des bas-côtés. Les chapiteaux sont sculptés de feuilles plates ou de crochets, combinés à des feuilles polylobées appliquées (probablement des feuilles de chêne). Ils n'offrent pas une plastique aussi riche que leurs homologues de Montataire et Saint-Leu. Les bases se composent d'un petit tore et d'un gros tore aplatis, séparés d'un rang de perles. À l'instar des socles, elles sont fortement rongées par l'humidité.