vignette|220px|Les armes de la ville d'Angoulême se blasonnent ainsi :D'azur à la porte de ville flanquée de deux tours crénelée d'argent, maçonnée de sable, surmontée d'une fleur de lis d'or, couronnée d'une couronne royale fermée du même.Devise (XIVe siècle) : Fortitudo mea civium fides (« ce qui fait ma force, c’est la fidélité de mes citoyens »).Historique : La ville d'Angoulême possède des armoiries depuis le XIVe siècle, au moins. Elles ont été modifiées à plusieurs reprises pour prendre leur forme actuelle au XVIe siècle, au XIXe siècle a été rajoutée la couronne..
L'histoire d'Angoulême établit, étudie et interprète l'ensemble des événements, anciens ou plus récents, liés à cette ville française.
Capitale de l'Angoumois sous l'Ancien Régime, Angoulême a longtemps été une place forte convoitée, en raison de sa position de carrefour de voies de communication importantes, et a subi de nombreux sièges.
Préhistoire Paléolithique supérieur : un site occupé depuis Des fouilles archéologiques menées en 2018 près de la gare d'Angoulême (Îlot Renaudin) montrent que le site de la ville était occupé depuis le Paléolithique supérieur. La découverte de plus de préhistoriquesNotamment une plaquette de grès gravée avec des gravures de chevaux et d'autres herbivores vieilles de (azilien). Cf . dévoile la richesse de cette présence, qui s'étale sur près de .. Cependant l'histoire ancienne de la ville est mal connue jusqu'à la période romaine comprise, du fait du petit nombre de fouilles réalisées jusqu'à présent.
Néolithique : les silex taillés du plateau de Beaulieu S'il est démontré que le site exceptionnel du promontoire dominant le confluent de la Charente et de l'Anguienne a attiré les hommes depuis très longtemps, les plus anciennes traces d'occupation humaine retrouvées sur la pointe du plateau à Beaulieu sont des silex du Néolithique, sans que l'on puisse en préciser davantage la périodeJosé_Gomez_de_Soto, « Les villages néolithiques et protohistoriques, l'oppidum celtique » dans , ..
Protohistoire L'oppidum gaulois
À Angoulême, des fouilles de sauvetage de la fin des années 1980 et des années 1990 (îlot Chabrefy, palais de justice, îlot du Chapeau-Rouge notamment) ont permis de mettre en évidence des occupations remontant pour les plus anciennes à l'âge du bronze ancien (fin du et première moitié du ), suivies de vestiges de toutes les époques jusqu'à la période gallo-romaine. Ainsi le promontoire calcaire qui domine la Charente de et l'Anguienne de , archétype des sites d'oppidum gaulois, a été occupé sans discontinuité depuis le José Gomez de Soto, dans , . Les fortifications protohistoriques de l'oppidum demeurent inconnues, mais A.F. Lièvre rapporte. que vers 1545, le maire Hélie Dexmier fit détruire au Champ de Saint-Marsault (Saint-Martial), actuel Champ de Mars, une « motte » dont on évacua . Il observe également que cette "motte" se trouvait , et suppose qu'il peut s'être agi de fortifications antiques de l'éperon. José Gomez de Soto et Jean-François BuissonJean-François Buisson et José Gomez de Soto, « Les « Écolismiens », les Santons et les autres. De l'identité de l'Angoumois celtique et gallo-romain, ou de l'usage contemporain des traditions érudites erronées » dans , . considèrent comme probable l'hypothèse qu'il s'agissait du rempart de l'oppidum gaulois.
Ceci fait d'Angoulême un des sites les plus anciennement urbanisés de France, à un titre comparable à ceux de Bourges ou Besançon.
Selon J.-F. Buisson et J. Gomez de Soto , avant la conquête romaine, le territoire dIculisma était occupé par un peuple spécifique, indépendant ou au moins autonome, et probablement client d'un des peuples voisins plus importants : les Pétrocores, les Lémovices ou même les Pictons. En se basant sur les proportions des monnaies trouvées lors des fouilles, on peut écarter les Santons. On ne connaît pas le nom de ce peuple qui reste jusqu'à présent anonyme. L'hypothèse des Agésinates, qui a été retenue jusqu'au , est abandonnée depuis que l'on a démontré qu'elle est basée sur une lecture peut-être erronée de Pline.
La civitas gallo-romaine vignette|Chapiteau du , découvert en 1888 rue des Halles.
Avec la conquête romaine, la ville nommée Iculisma et son territoire sont d'abord rattachés à une civitas voisine, sans que l'on sache exactement laquelle. Peut-être celle des Pétrocores (Vesunna), qui correspondrait à une hypothèse de continuité par rapport aux influences culturelles préhistoriques et protohistoriques. Ou celle des Santons, qui pourrait conforter Mediolanum Santonum (Saintes) comme première capitale de l'Aquitaine d'Auguste et comme compensation de l'installation des Bituriges Vivisques sur le territoire des Santons, au sud de la Gironde); mais ce n'est qu'une hypothèse. L'alternative pétrocore est tout aussi plausible, sans parler de celle des Lémovices.
Antiquité La ville du Haut-Empire est restée longtemps très mal connue. Aucun monument romain n'a été retrouvé, mais les fouilles récentes ont apporté la preuve d'une occupation romaine dès la période augustéenne, et des détails sur l'alimentation en eau de la ville romaine. La fouille d'un puits daté du début de l'ère montre que la nappe phréatique était très proche. Un vaste ensemble thermal a été trouvé sous le palais de justice, ce qui est habituellement en relation avec une amenée d'eau par un aqueducLouis Maurin, Villes et agglomérations urbaines antiques du Sud-Ouest de la Gaule, 1992, Angoulême, Iculisma, Ecolisna.. Mais on ne connaît pas l'organisation de la voirie, même si la rue de Beaulieu et la rue des Postes font de bons candidats pour le decumanus et le cardo, respectivementJean-François Buisson, « Les monuments disparus d'Angoulême antiques » dans , ..
La ville n'est alors pas sur les grands axes routiers : la via Agrippa (Saintes-Lyon) passe à une quinzaine de kilomètres au nord tandis que les axes nord-sud Poitiers-Saintes et Limoges-Périgueux passent encore plus loin. Dans l'attestation écrite la plus ancienne, Ausone décrit Iculisma comme un lieu « écarté et solitaire ». Elle bénéficie cependant de la Pax Romana et commerce par le fleuve avec la capitale de la province romaine d'Aquitaine qu'est alors Saintes.
A la fin de l’Empire romain, Angoulême est érigée en capitale de civitas (fin ou ) sur un territoire correspondant à celui de l'époque de l'indépendance gauloise. Rattachée à la province romaine de l'Aquitaine seconde, elle connaît alors une période prospère. Le rempart du Bas-Empire qui entoure 27 hectares est entretenu jusqu'au . Le déplacement de la capitale régionale de Saintes à Bordeaux, au moins dès le , amène aussi une réorganisation du réseau de voies romaines en faveur d'AngoulêmeJean-François Buisson, dans , . (axes Bordeaux-Limoges-Lyon passant par Angoulême, de même que l'axe nord-sud Poitiers-Bordeaux).
Christianisation d'Angoulême au Bas-Empire
La région est christianisée au , avec Ausone d'Angoulême comme premier évêque d'Angoulême, selon la tradition catholique. Les premiers évêques s'entourent d'un presbyterium, collège de prêtres, diacres et clercs qui a pour mission d'évangéliser la population de la cité d'Angoulême. Dans les premiers temps, le diocèse d'Angoulême se confond avec le territoire peu étendu de la Civitas Engolismensis, qui devint progressivement le territoire de l’Angoumois.
Une première église est construite sur le site de l'actuelle cathédrale.
Haut Moyen Âge À partir de la fin de l'Empire romain, et pendant tout le Moyen Âge, la position de la ville est stratégique, sur son promontoire contrôlant l'entrée du Sud-Ouest, ainsi que sa situation frontalière entre France du nord et France du sud comme première ville importante au sud du seuil du Poitou. C'est un enjeu constamment disputé entre les royaumes en cours de constitution. Au , Angoulême est rattachée à la couronne de France et l'Angoumois devient l'apanage d'une branche des Valois, les Valois-Angoulême. Après le , la limite entre les langue d'oïl et langue d'oc recule à une dizaine de kilomètres à l'est d'Angoulême.
L’importance administrative de la ville se renforce par l’implantation d’un comte au . Le comté d'Angoulême reste systématiquement rattaché pendant tout le Moyen Âge aux différents royaumes puis duchés aquitains et à leurs vicissitudes. Ainsi, la fin de l’Antiquité pour la ville peut être symboliquement située en 769, quand Charlemagne, après Pépin le Bref en 768, soumet depuis Angoulême, où il avait rassemblé son armée, ., le prince d'Aquitaine HunaldIl est difficile de savoir s'il s'agit d'Hunald ou de son petit-fils Hunald II. qui s'était révolté, et amarre l'Aquitaine au royaume francRobert Favreau, dans , ..
Période wisigothique () Lors des grandes invasions, la région souffre, comme une bonne partie de la Gaule, du passage des Vandales qui ravagent Angoulême en 407. L’Aquitaine est pacifiée par les Wisigoths, arrivés de Provence et d'Italie en 412-413. La région passe sous leur domination et leur est officiellement concédée par fœdus en 418. Les cinquante premières années se passent sans heurt, les Wisigoths, relativement peu nombreux, respectant le traité et se conduisant en soldat de l'Empire romainRobert Favreau, , .. Mais avec l'avènement d'Euric en 466, les Wisigoths, adeptes de la version arianiste du christianisme, lancent des persécutions contre les catholiques et en particulier contre le clergé. Ils détruisent la première cathédrale d'Angoulême et la remplacent par un édifice du culte arien dédié à saint SaturninPierre Dubourg-Noves, « Anciennes cathédrales » dans , ., tandis que le siège de l’évêché est laissé vacant par Euric en 472.
Période mérovingienne (-)
Prise d'Angoulême par Clovis vignette|gauche|Angoulême, tour Clovis, la jambe de Clovis.
La ville tenue par les Wisigoths est assiégée une première fois par Clovis en 507, juste après sa victoire décisive sur les Wisigoths lors de la bataille de Vouillé. Mais Clovis ne s'attarde pas devant Angoulême, trop difficile à prendre, et se dirige vers Bordeaux et Toulouse, alors capitale du royaume des Wisigoths. Au retour de Toulouse en 508Robert Favreau, , ., il prend Angoulême, miraculeusement selon Grégoire de Tours et Adémar de ChabannesQuénot, Statistiques de la Charente, Études locales, février 1921. : sur les conseils de son chapelain, Clovis fait porter en procession des reliques attribuées à Jésus-Christ en croix sous les remparts de la ville. Telles celles de Jéricho, les murailles de la ville se seraient alors écroulées devant lui, au voisinage de la porte Saint-Vincent, et des pierres l'auraient blessé à la jambe en tombant. En mémoire de cette prise miraculeuse, une jambe sculptée, dite" jambe de Clovis », figure sur une tour de la datant du , à proximité de l'endroit où est situé l'événement.
Clovis fait passer la garnison au fil de l'épée, nomme son chapelain Aptone nouvel évêque de la ville, et place un comte franc. Clovis fait abattre l'ancienne cathédrale wisigothe consacrée à saint SaturninAndré Debord in . Lupicin succéde à Aptone à sa mort en 511 et reste 30 ans sur le siège épiscopal. Il en fait rebâtir une nouvelle qu'il consacre à saint Pierre. De cet édifice primitif , seuls subsistent deux chapiteaux sculptés en marbre qui encadrent la baie d'axe dans l'abside de l'actuelle cathédrale. Aptone II succéde à Lupicin..
Saint Cybard thumb|Grotte de saint Cybard à Angoulême.
Au , un ermite de nom Eparchius, plus tard déformé en Séparque, puis en Cybard, vit en reclus dans une grotte située sous le rempart nord d'Angoulême, en prolongement du Jardin vert. Il y soigne les pauvres et y accomplit des miraclesGrégoire de Tours, Histoire des Francs, http://www.thelatinlibrary.com/gregorytours.html.Andreas Prindl, , .. A sa mort, l’abbaye Saint-Cybard est créée. La création de la première abbaye de femmes, l’abbaye Saint-Ausone, se fait plus tard au , sur la tombe du premier évêque de la ville. Saint Cybard est le patron du diocèse d'Angoulême.