Jibril Rajoub (), né en 1953 à Dura (Cisjordanie), est un militant et homme politique palestinien.
Il fut emprisonné par Israël pour avoir attaqué un convoi militaire et il dirigea les forces de sécurité palestiniennes en Cisjordanie jusqu'en 2002. Il est élu au comité central du Fatah pendant le congrès de 2009. Personne controversée, il dirige la Fédération palestinienne de football (PFA), le Conseil suprême pour la jeunesse et des sports et le Comité olympique de Palestine (POC).
Biographie
Militant et homme politique Jibril Rajoub est aussi connu sous le nom de Abou Rami (père de Rami).
À l'âge de 15 ans, en 1968, il est arrêté par les services de sécurité israéliens et passe quatre mois dans les prisons israéliennes. À sa sortie, il rejoint l'organisation politique et militaire palestinienne Fatah.
En 1970, Rajoub a 17 ans et lance une grenade sur un bus militaire israélien. Il est condamné à la prison à vie.
Il est libéré lors d'un échange surnommé « Jibril Deal » de 1 150 prisonniers arabes contre trois otages israéliens détenus par le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), en 1985.
Il reprend son activisme et est emprisonné et libéré plusieurs fois par Israël. Accusé de participation à la première intifada, il est déporté au Liban en 1988. Il se rend ensuite en Tunisie où il devient conseiller de l'activiste et dirigeant palestinien Khalil al-Wazir dit « Abou Jihad » qui sera tué par un commando israélien pour avoir été le cerveau d'attentats sanglants contre des civils israéliens. Rajoub devient alors un proche du dirigeant Yasser Arafat.
À la suite des accords d'Oslo de 1994, Rajoub est autorisé à rentrer en Cisjordanie et monte à la tête de la Force de sécurité préventive (PSF) puis en 2003, à la sécurité nationale mais durant son mandat, il est accusé de harceler, torturer et faire taire l'opposition politique palestinienne.
En 2001, trois obus israéliens visent son domicile mais Rajoub s'en sort indemne.
Fin 2016, Rajoub est réélu au comité central du Fatah, obtenant le deuxième total de voix derrière Marouane Barghouti.
Dirigeant d'instances sportives palestiniennes En 2009, Jibril Rajoub est élu au Comité central du Fatah. Il devient aussi le chef du Comité olympique palestinien (POC), celui du Conseil suprême pour la jeunesse et des sports et dirige la Fédération palestinienne de football (PFA).
Entre mai et , en pleine guerre de Gaza, Rajoub, en tant que chef du PFA et du POC, appelle à nouveau la FIFA et le CIO à interdire Israël de leurs compétitions, citant les effets des attaques israéliennes contre les sports palestiniens ainsi que les « violations commises par certains athlètes israéliens et les institutions sportives officielles israéliennes ».
En mai 2026, il refuse de serrer la main de Basim Sheikh Suliman, vice-président de la fédération israélienne, à l’invitation de Gianni Infantino, déclarant que .
Controverses
En , il s'oppose à la tenue d'une minute de silence aux Jeux Olympiques de Londres, en mémoire des athlètes israéliens assassinés aux Jeux de 1972 à Munich, au motif que « le sport est un pont pour l'amour... et ne doit pas être utilisé pour la division et la propagation du racisme ». Il réclame en outre au Comité international olympique (CIO) l'expulsion d'Israël du mouvement sportif mondial.
L'année suivante, il déclare au réseau de télévision libanaise Al Mayadeen affilié au Hezbollah : « Jusqu’à présent, nous n’avons pas eu d’armes nucléaires... mais au nom d’Allah, si nous avions des armes nucléaires, nous les utiliserions ».
En , Rajoub s'oppose aussi à la tenue de matchs de football dans le cadre de la Fondation pour la paix dirigée l'ancien premier ministre israélien Shimon Peres, où des enfants israéliens et palestiniens devaient jouer ensemble, en indiquant que « toute activité de normalisation dans le sport avec l'ennemi sioniste est un crime contre l'humanité ».
En , Rajoub baptise un tournoi de tennis de table du nom de l'étudiant palestinien Muhannad Halabi qui avait attaqué au poignard une famille juive se rendant au Mur occidental pour y prier lors d'une fête juive et avait tué deux civils israéliens dont un rabbin, dans la vieille ville de Jérusalem, un mois auparavant. Une affiche publicitaire du tournoi présentait deux photographies de Halabi et indiquait : « Sous le patronage du dirigeant Jibril Rajoub, président du Comité olympique palestinien ».
Il assiste également à un match de boxe baptisé en l’honneur d’Ali Hassan Salameh, l'un des organisateurs de Septembre noir, groupe terroriste palestinien, qui a ôté la vie à 11 athlètes olympiques israéliens lors des Jeux olympiques d’été de 1972 à Munich.
En 2017, une famille américano-palestinienne dépose plainte au civil contre Rajoub et lui réclame 250 millions de dollars, avançant qu'il serait directement impliqué, en tant que directeur de la sécurité palestinienne en Cisjordanie, dans les tortures en 1995 (ecchymoses, côte brisées, dents cassées, lèvre déchirée, traces de brûlures de cigarette) puis l'assassinat par les forces de l’Autorité palestinienne (AP), de leur mari et père Azzam Rahim, en violation de la loi sur la protection des victimes de torture. Les États-Unis n'accordent plus de visa de séjour à Jibril Rajoub à partir de cette date.
En , la FIFA décide d'interdire le président de la fédération palestinienne de football de toutes fonctions officielles pendant les matchs pour un an, et de le condamner à une amende de 17 528 euros, en raison de ses « incitations à la haine et à la violence », notamment lors des appels de Rajoub à brûler des maillots de Lionel Messi si celui-ci n'appelait pas à boycotter un match amical prévu le à Jérusalem entre Israël et l'Argentine, ce qui aurait selon Rajoub, occulter les « crimes » israéliens. Le match est finalement annulé.
Lors d'une interview pour la chaîne saoudienne Al-Hadath en , Rajoub n'hésite pas à comparer la Palestine à Auschwitz en déclarant que « Dans toutes les villes de Palestine, de Rafah à Jénine, il existe un Auschwitz israélien pour massacrer les Palestiniens ».
En , la commission d’éthique de la FIFA envoie un courrier à Jibril Rajoub, affirmant qu’elle avait des preuves de violations du règlement intérieur de la FIFA : Jibril Rajoub est soupçonné d’avoir contrevenu aux statuts de l’instance en glorifiant le terrorisme et en incitant à la haine et à la violence.
Le , à son retour des Jeux olympiques de Paris, l'armée israélienne arrête brièvement Rajoub au poste-frontière, pour avoir fait l'éloge de Yahya Sinwar, chef du Hamas, dans une interview télévisée et le convoquent pour interrogatoire. Rajoub refuse de se conformer à l'ordonnance car elle est émise par « une autorité d'occupation ».
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Fédération de Palestine de football Comité olympique de Palestine
Liens externes
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