Le Futbolny klub Lokomotiv, plus communément appelé Lokomotiv Moscou (en ), est un club de football russe fondé en 1922 et basé à Moscou, capitale du pays.
Club représentant de la RJD, société des chemins de fer russes, il fait partie des équipes fondatrices de la première division soviétique en 1936, et se démarque notamment en remportant la première édition de la coupe nationale la même année. Bien que remportant une deuxième coupe en 1957 et terminant deuxième du championnat en 1959, le Lokomotiv se place au fil du temps comme une équipe de milieu voire de bas de classement habituée à faire l'ascenseur entre la première et la deuxième division, passant une grande partie des années 1980 dans cette dernière.
Après la dissolution de l'Union soviétique et la mise en place du championnat russe, le Lokomotiv, notamment incarné par son entraîneur emblématique Iouri Siomine en poste pendant plus de vingt ans, devient rapidement une des équipes les plus importantes du football russe, notamment dans la coupe qu'elle remporte quatre fois entre 1996 et 2001. Habitué du podium de la fin des années 1990 au début des années 2000, il remporte le championnat russe à deux reprises en 2002 puis en 2004. Le départ de Siomine en 2005 et des troubles en interne amène le club à connaître une période de creux au cours le reste des années 2000 et le début de la décennie 2010, malgré deux victoires en coupe. Il connaît un rebond durant la période 2017-2021, coïncidant notamment au retour de Siomine au poste d'entraîneur, qui s'accompagne de trois nouvelles coupes ainsi que d'un troisième titre de champion en 2018.
Les couleurs principales du club sont le rouge et le vert. Il évolue depuis 2002 à la RZD Arena.
Histoire 1922-1935 : Fondation et premières années Le football se développe en Russie sur le plan national à partir du début du , les clubs se réunissant alors principalement autour des sites industriels. Comme la plupart des équipes modernes issues de cette période, le manque d'archives et de traçabilité du football russe et soviétique dans ses premières années a amené à de nombreuses incertitudes concernant leurs origines, et donc leur date de naissance effective. Le Lokomotiv actuel s'est ainsi vu attribué au fil du temps plusieurs dates de fondation, les plus fréquentes étant les années 1922, 1923, 1935 et 1936. Pendant de nombreuses années la date retenue a été le , date de création de la société sportive Lokomotiv dans le cadre de la formation du championnat soviétique, mais celle-ci ignore alors son passé dans les divisions locales moscovites. L'« Histoire officielle du Lokomotiv », publiée par Pavel Alechine en 2006, indique quant à elle le comme date de naissance. Cette date est elle aussi remise en cause car elle prend pour base la première rencontre de la saison 1923 du championnat de Moscou d'un des ancêtres du club, le KOR. Or un autre ancêtre reconnu, le Kazanka, nommé ainsi d'après la ville de Kazan qui est alors le terminus d'une des principales lignes de chemin de fer soviétique, la ligne Moscou-Kazan, existait déjà en , tandis qu'un autre livre affirme son existence dès 1908 avec un premier match documenté en .
D'après le site officiel, la version actuelle admise est que le Lokomotiv moderne est issu de l'équipe du Kazanka, qui est fondée en 1922 et évolue alors dans le championnat moscovite. Le club du même nom des années 1910 est quant à lui ignoré en raison du manque de lien de parenté clair entre les deux. Le premier match documenté du club se déroule donc le contre l'équipe d'Izmaïlovo, remporté alors 7-0 par le Kazanka. Cette première rencontre est par la suite désignée comme date de fondation effective du Lokomotiv. L'année 1923 est marquée par une réorganisation profonde des cellules sportives soviétiques avec la dissolution de la Ligue de football moscovite qui s'accompagne par la fusion de plusieurs équipes amateurs, le Kazanka disparaît ainsi à cette date pour être intégré au sein du KOR (en , soit littéralement Club de la révolution d'Octobre), qui dispute quant à lui sa première rencontre le dans le cadre du championnat de Moscou au stade de la rue Novoriazanskaïa, qui devient plus tard le stade Lokomotiv au sein duquel l'équipe, qui évolue alors en t-shirt bleu clair avec short blanc, évolue durant ses premières années. À partir de 1931, le club est renommé officiellement Équipe des maîtres du chemin de fer Moscou-Kazan (en ), aussi abrégé Kazanka par les supporters. Le est mis en service le stade Stalinets, à l'emplacement de l'actuelle RZD Arena, qui constitue le premier véritable domicile du club.
1936-1951 : Débuts difficiles dans le championnat soviétique Le Lokomotiv sous sa forme actuelle est créé officiellement le avec la fondation de la société sportive Lokomotiv, qui hérite des infrastructures et d'une grande partie de l'effectif de l'ancien Kazanka auquel s'ajoutent des joueurs issus d'autres équipes locales telles que l'Elektrozavod, le ZIF, le ZIS ou encore le Serp i Molot. Le club est par la suite intégré au sein du championnat soviétique de première division pour sa première saison au printemps 1936. Alors habillé en rouge et blanc, il dispute notamment le match d'ouverture de la compétition le contre le Dinamo Léningrad pour une défaite 3-1, tandis que Viktor Lavrov ouvre la marque pour le Lokomotiv et marque ainsi le premier but de l'histoire des championnats soviétiques. Lors des cinq autres rencontres de l'exercice, le club l'emporte notamment contre le Krasnaïa Zaria Léningrad et le CDKA Moscou pour finalement terminer cinquième avec ces deux victoires pour quatre défaites.
Cette première saison est suivie par la première édition de la Coupe d'Union soviétique au cours de l'été 1936. Démarrant lors du deuxième tour de la compétition, le Lokomotiv passe successivement chaque tour de la compétition contre des équipes de divisions inférieures ou locales avant de défaire le Krasnaïa Zaria Léningrad en demi-finales sur le score de 5-0 pour finalement s'imposer lors de la finale contre le Dinamo Tbilissi le sur le score de 2-0 grâce à des buts d' et Viktor Lavrov marqués en première période. Une semaine seulement après cette victoire, la phase automnale du championnat démarre et voit cette fois le club se classer quatrième avec quatre victoires et trois défaites. Brièvement dirigée l'année suivante par le franco-hongrois Jules Limbeck, premier entraîneur étranger de l'histoire du championnat soviétique, puis par Mikhaïl Souchkov, l'équipe termine alors sixième mais atteint à nouveau les demi-finales de la coupe, où elle est cependant vaincue par le Dynamo Moscou, futur vainqueur. Les années qui suivent la voit stagner dans le milieu de classement jusqu'à l'interruption du championnat en raison de la Seconde Guerre mondiale.
La reprise de la compétition en 1945 voit le Lokomotiv connaître une saison désastreuse avec une seule victoire et trois matchs nuls en vingt-deux rencontres, se concluant sur une dernière position et une relégation en deuxième division. Intégré dans la section Sud, le club connaît un nouvel exercice décevant en ne terminant que septième, loin d'une place en barrage de promotion. Il se reprend finalement lors de la saison 1947 en dominant la zone Centre devant le MVO Moscou avant de remporter la phase finale et de retrouver l'élite en 1948. Se classant septième puis onzième lors des deux saisons suivants son retour, l'équipe retombe finalement à l'issue de l'exercice 1950 en terminant quinzième, étant notamment victime de la diminution du nombre d'équipes participantes. Elle se remet cependant très vite de cette relégation et est promue dès l'année suivante en terminant troisième de la deuxième division.
1952-1969 : Brève période de succès et retombée en bas de classement Se classant neuvième pour son retour en première division en 1952, l'arrivée de Boris Arkadiev, entraîneur réputé de l'époque, l'année suivante, ainsi que de joueurs tels que l'attaquant Valentin Bouboukine et le gardien de but Vladimir Maslatchenko voit une amélioration nette des performances de l'équipe, notamment en coupe nationale avec deux demi-finales en 1953 et 1955 avant de finalement l'emporter en 1957 face au Spartak Moscou grâce à un but de Viktor Vorochilov. Les performances en championnat sont quant à elle plus inconstante, le Lokomotiv terminant notamment cinquième et quatrième en 1955 et 1957 respectivement tout en enchaînant deux places de dixième, proche de la relégation entre-temps. Arkadiev quitte finalement son poste à la fin de saison 1957 et est remplacé par Ievgueni Ieliseïev qui amène quant à lui le club à une nouvelle demi-finale de coupe en 1958, perdue contre le Torpedo Moscou, mais surtout à une deuxième place en championnat à l'issue de l'exercice 1959 en terminant à seulement deux points du Dynamo Moscou, constituant la meilleure performance du Lokomotiv de l'ère soviétique. Cette période voit également le passage de plusieurs autres joueurs notables de l'époque tels que Ievgueni Rogov, Viktor Sokolov, Igor Zaïtsev, Zaur Kaloyev, Iouri Kovaliov ou encore Vitali Artemiev.
Quittant son poste à l'issue de cette dernière saison, Ieliseïev est remplacé par Nikolaï Morozov pendant deux saisons et demie, amenant le club à la cinquième place en 1960 et en 1961. Un très mauvais début d'exercice 1962 amène cependant à son renvoi à l'été tandis qu'Alekseï Kostylev amène l'équipe à la douzième place. Cette période est notamment marquée d'un changement de génération avec le départ des cadres des succès précédents qui est mal vécu par le club qui, malgré le retour de Boris Arkadiev en 1963, termine finalement dix-septième et est relégué en fin d'année, finissant derrière le Krylia Sovetov Kouïbychev au nombre de victoires remportées. L'équipe domine par la suite la deuxième division et fait son retour dès la saison 1965. Celle-ci est cependant très compliquée et est marqué par le départ d'Arkadiev au mois d'août tandis que Ievgueni Rogov amène l'équipe en quinzième position.
Dirigé par la suite brièvement par Konstantin Beskov puis Valentin Bouboukine, les performances du Lokomotiv ne s'améliorent pas durant les saisons qui suivent et le cantonne à des places de bas de classement, malgré une dixième place en 1969. Bouboukine quitte son poste à l'issue de ce dernier exercice et est remplacé par Viktor Marienko qui ne peut empêcher le club de connaître une saison 1970 très difficile qui débouche sur une dix-huitième place synonyme de relégation avec dix points de retard sur le maintien.
1970-1991 : Entre la première et la deuxième division Effectuant son quatrième passage en deuxième division, le Lokomotiv de Marienko échoue à être promu à l'issue de la saison 1970, terminant à onze points des premières places. L'entraîneur est alors remplacé par Ievgueni Rogov qui amène cette fois l'équipe à la onzième position l'année suivante et à une promotion en première division pour la saison 1972. Le club échoue cependant à poursuivre sur sa lancée et, malgré le renvoi de Rogov à l'été et son remplacement par Igor Voltchok, termine finalement avant-dernier et retourne directement à l'échelon inférieur. Brièvement remplacé par Mikhail Yakushin en début d'année 1973, Voltchok reprend très vite son poste dès le mois de mai et amène l'équipe à la troisième position avant de remporter le championnat de deuxième division en 1974. Il parvient par la suite à maintenir le Lokomotiv dans l'élite pendant les cinq saisons qui suivent et termine notamment sixième en 1977. Le mauvais début de saison 1978 lui est cependant fatal et il est remplacé par Viktor Marienko qui parvient à maintenir le club de justesse en finissant quinzième à un point du Dniepr Dnipropetrovsk. Après une douzième place l'année suivante, il ne peut empêcher finalement la relégation de l'équipe qui termine dernière du championnat au terme de l'exercice 1980.