La famille de Rarogne (en allemand von Raron) est une famille noble éteinte, implantée en Haut-Valais, partie germanophone du Valais. Elle joue un rôle important en Valais entre les .

Histoire Origines vignette|gauche|Reste du château fort de Rarogne et l'église. La famille de Rarogne (von Raron) semble une branche des seigneurs d'Opelingen, originaire de Suisse alémanique. Ces seigneurs seraient également à l'origine des barons de Ringgenberg, installés l'Oberland bernois.

Blondel (1952) indique qu'en 1146, Eglolf von Opelingen rachète à son frère et son épouse . Blondel (1952) fait le lien avec les Rarogne en poursuivant ainsi sa présentation

La famille de Rarogne possède donc des alleux à Rarogne (en allemand Raron) dès le , et une branche semble s'installer au siècle suivant « durablement au château » et en pris le nom. Le château n'est toutefois mentionné qu'en 1268. Le premier membre cité de cette famille est Henri (mentionné entre 1210/1220), chevalier et seigneur de Mannenberg, considéré comme l'ancêtre de la branche valaisanne. La filiation de ce personnage n'est pas connue.

Branches Edwin Hauser, auteur d'une histoire sur la famille (1916), avance l'existence de trois (quatre ?) branches issues des fils d'Henri. : Amédée, Jean et Ulrich. Blondel (1952) ajoute un certain Rodolphe, absent des notices de l'Armorial valaisan ou encore du D.H.S..

Amédée (mentionné 1265-1306) est le chef de la branche de Hugues, il hérite du château et la seigneurie de Mannenberg. Son fils, Hugo (Hugues), hérite des domaines de Rarogne, de Ering (Val d'Hérens) et de l'Oberland bernois. Ses descendants héritent de la seigneurie de Villa (Mont-Ville), située sur la rive droite de la Borgne. Une branche s'installe dans l'Oberland bernois, où l'un de ses membres acquiert la citoyenneté de Berne en 1337. Les différents rameaux issus d'Amédée s'éteignent au cours .

Un autre fils, Ulrich (mentionné de 1265 à 1291), obtient les droits sur Viège en 1287. De lui descendent les rameaux Uldrici (éteint au ), et d'un fils naturel les Perrini (éteint au ).

Son frère, Jean (mentionné 1234/1247), héritier du vidomnat de Rarogne, est le chef de la branche dite des vidomnes. L'aîné de ses fils, Rodolphe (mentionné 1265/1276) est vidomne de Rarogne, tandis qu'Henri () devient chanoine de Sion en 1256 et est élu par une partie du chapitre cathédral évêque de Sion en 1273, mais il ne sera pas confirmé. La branche s'éteint à la troisième génération avec Antoine, fils de Rodolphe, vers 1302/1303.

Leur frère, Ulrich, reçoit le vidomnat de Loèche et la seigneurie de Holz, ainsi que des possessions dans l'Oberland bernois. Cette branche prend le nom d'Ulrichen. La branche s'éteint au .

Puissante famille régionale Henri de Rarogne a obtenu l'évêque de Sion le vidomnat de Rarogne, ainsi que toute la juridiction de la châtellenie. Le chevalier Amédée et son frère Henri, futur évêque de Sion accroissent l'influence familiale en Valais. Tous deux obtiennent, en 1227, l'ensemble des droits sur Loèche, soit le vidomnat, à l'exception de la sénéchaussée.

Pierre de Rarogne (mentionné de 1345 à 1412), descendant d'Ulrich, est vidomne de Loèche. Marié deux fois, il obtient de sa première épouse , puis de la seconde la seigneurie d'Einfisch (1381) ainsi que des droits de seigneurie à Ayent. Son influence lui permet de placer son fils, Guillaume , puis son petit-fils, Guillaume II, à la dignité de prince-évêque de Sion. Il en sera leur conseiller, tout comme pour le prédécesseur Guichard Tavelli et participe à la lutte contre les La Tour et les Savoie, au cours de la décennie 1380. Son fils, Pierre, est pris et exécuté lors de ce conflit.

Au service de l'Église Vassaux de l'évêque de Sion, plusieurs membres de la famille ont une carrière au service de l'Église de Sion, cinq d'entre eux sont élus évêques, au , puis à la fin du (Helvetia Sacra).

Henri de Rarogne () appartient au chapitre cathédral de Sion dès 1221, avant d'être élu évêque de Sion en 1243. Son neveu, Henri II (), est élu mais non confirmé en 1273.

Il faut attendre ensuite la fin du , pour que de nouveaux membres de la famille montent sur le trône épiscopal avec Guillaume () en 1391, à qui succède son neveu Guillaume II () jusqu'à ce qu'il soit chassé en 1418, et enfin Guillaume III/IV (), neveu du côté maternel du précédent, en 1437.

L'obtention de l'épiscopat par Guillaume II semble devoir beaucoup à son grand-père, Pierre, et son oncle, Guichard, ces derniers gardant un certain contrôle sur le Valais épiscopal.

En 1401, Luquinus, frère de Guillaume II, est doyen de Valère (1401-1427).

En 1437, lorsque Guillaume III/IV est élu évêque cela se fait « sans le consentement du clergé et des Valésiens ». En 1454, Henri Asperlin lui succède, après un interlude, sur le trône de Sion, ce dernier est le fils d'Agnès de Rarogne, tante de Guillaume III.

Perte d'influence : l'affaire de Rarogne

La famille perd peu à peu son influence à la suite de deux affaires successives : celle de Rarogne (1415-1420), puis celle d'Asperlin (1460-1482).

En raison de l'influence grandissante de la famille en Valais, une révolte, menée par la société du Chien de Brigue, éclate dans le Valais, en 1415.

L'affaire Asperlin porte sur la succession des Rarogne dans la Val d'Anniviers dans un conflit avec Walter Supersaxo, le prince évêque de la principauté épiscopale de Sion. Condamnée en 1482, la famille Asperlin quitte le Valais. Cette affaire, reliée aux procès de sorcellerie du Valais se solde également par la condamnation de Pierre de Torrenté et son fils Nycollin, condamnés pour sorcellerie alors qu'ils étaient partie prenante du conflit pour la succession.

Armoiries

Les armes de la branche aînée de Viège, d'Ulrichen, se blasonnent ainsi d'or à l'aigle de sable. Elles sont attestées sur le tombeau de l'évêque Guillaume III/IV.

L'écu personnel de l'évêque Guillaume III de Rarogne est écartelé en 1 d'or à l'aigle de sable (branche âinée) ; en 2 de gueules à l'aigle d'or (autre branche) ; au 3 d'azur au château à deux tours d'or (seigneurie de Ville au Val d'Hérens, très ancienne possession de sa famille) et au 4 d'argent au basilic de sable, crêté de gueules (famille des Urvanas de Naters, famille de son arrière-grand-mère).

Les armes de la branche issue d'Ulrich se blasonnent de gueules à l'aigle d'or.

Le musée de Valère possède un écu en bois, dit « écu de Rarogne », d'azur à l'aigle d'or.. Donald Lindsay Galbreath, bien que reconnaissant qu'aucune branche de la famille ne portait une aigle sur champ d'azur, considère qu'il peut être attribué à Antoine (), descendant de Jean, auteur de la branche des vidomnes de Rarogne. L'historien de l'art, Laurent Golay (2013), rappelle que l'écu .. Il avance l'hypothèse que ces armes pourraient être celles de la famille von Weingarten (« de Vineis »), qui portait également une aigle.

Titres et possessions

Les mmebres de cette famille ont possédé la seigneurie de Mannenberg, dans le Simmental, les vidomnats de Raron, Loèche et Sion, en Valais, la seigneurie de la région de Naters, les seigneuries d'Einfisch, de Villa (Ering).

La famille possède les alleux à Rarogne et le château, dès le .

Une branche de la famille a possédé le château de Beauregard..

Petermann de Rarogne possède le comté de Toggenbourg, qu'il vend à l'abbé de Saint-Gall.

Généalogie Tableau généalogique simplifié de la famille de Rarogne.

Personnalités Henri de Rarogne, chevalier, seigneur de Mannenberg (Simmental), vidomne de Rarogne et de Loèche, vassal de l'évêque de Sion. Henri de Rarogne (), fils du chevalier Henri, seigneur de Mannenberg, évêque de Sion (1243-1271), doyen de Valère (1238-1243). Henri II de Rarogne (), fils du chevalier Jean et neveu du précédent, élu doyen de Valeria et évêque de Sion, mais non confirmé (1273-1274). Pierre de Rarogne (), fils de Rodolphe, chevalier et vidomne de Loèche, héritier des familles d'Anniviers et d'Ayent, soutien de l'évêque Guichard Tavelli, duquel il obtient des fiefs et des charges. Guichard de Rarogne (), fils du précédent, député de Sion à la Diète valaisanne (1384), Grand bailli du Valais (1391), et bailli épiscopal (1399-1415), soutien de l'empereur Sigismond, celui-ci le gratifie de la souveraineté héréditaire sur le Valais (1414). Guillaume de Rarogne (), frère du précédent, évêque de Sion (1394-1402). Guillaume II de Rarogne, évêque de Sion (1402-1418), neuveu des précédents. Guillaume III/IV de Rarogne, neveu du précédent, évêque de Sion (1437-1451), doyen de Sion (1433-1437)). Petermann de Rarogne (), fils de Guichard, baron.

Références

Voir aussi Bibliographie . . . . .

Articles connexes Histoire du Valais Armorial valaisan Procès de sorcellerie du Valais Pierre de Torrenté

Liens externes

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