Léglise Saint-Wandrille est une église catholique paroissiale située à Rivecourt, dans l'Oise, en France. Elle a été fondée par l'abbaye Saint-Wandrille de Fontenelle à l'époque mérovingienne, en 693. Primitivement, la paroisse de Rivecourt s'étend sur les villages voisins de Longueil-Sainte-Marie et Chevrières. Jusqu'à la fin du , l'abbaye entretient un prieuré près de l'église. Il devient un simple bénéfice en 1596. La construction de l'église actuelle aurait débuté en 1513, et sa grande homogénéité stylistique permet de déduire que le chantier progresse assez rapidement, avec un achèvement vers 1530. L'ensemble de l'édifice est de style gothique flamboyant, et malgré ses petites dimensions et sa hauteur modeste, son architecture est de bon niveau. Le portail occidental est l'un des plus richement décorés de la région, et l'espace intérieur bénéficie de piliers ondulés et d'une modénature aboutie, hormis dans le bas-côté. Cependant, la mise en œuvre n'est pas toujours soignée. Sur le portail, l'emploi d'une pierre trop tendre s'est soldé par une perte d'une partie importante du décor sculpté, et les voûtes du transept sont très irréguliers. Dans son ensemble, l'église Saint-Wandrille demeure pour autant un témoin précieux de la reconstruction flamboyante après la guerre de Cent Ans en milieu rural, et les restaurations modernes se limitent à une réfection partielle du décor du portail. L'église a été inscrite aux monuments historiques par arrêté du , y compris le cimetière attenant.. Elle est aujourd'hui affiliée à la paroisse des Seize bienheureuses Carmélites de Compiègne.

Localisation thumb|left|Approche depuis l'ouest.

L'église Saint-Wandrille est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, au sud-ouest de Compiègne, dans la moyenne vallée de l'Oise, non loin de sa rive droite, sur la commune de Rivecourt, à la limite sud-est du village, rue de la Mairie / cavée du Moulin. La petite place devant l'église s'inscrit dans la fourchette comprise entre ces deux rues. L'on y trouve le monument aux morts de la commune. Pour accéder à l'église, il faut gravir un escalier de treize marches et pénétrer dans le cimetière, clos par un mur, qui entoure l'église. L'on se trouve ensuite face au portail occidental. L'élévation septentrionale et le chevet donnent également sur le cimetière, tandis que l'élévation méridionale, qui possède un haut soubassement, donne sur un terrain contigu situé plus bas, et restant actuellement sans affectation. L'on peut ainsi faire le tour de l'église, mais l'étroitesse du terrain au sud ne permet pas de la contempler en prenant du recul.

Histoire

Dès 693, soit cinq ans après sa mort, une église et un prieuré dédiés à saint Wandrille sont fondés à Rivecourt par le roi en l'honneur de ce saint de sang royal, fraîchement canonisé. En raison d'incursions de Normands, les reliques habituellement conservés à l'abbaye Saint-Wandrille de Fontenelle sont transférés à Rivecourt à plusieurs reprises, entre 862 et 944, afin d'y être mises à l'abri. Rivecourt est en effet une possession de la puissante abbaye normande. Or, vers 944, la terre de Rivecourt est usurpée par un puissant seigneur nommé Thierry. Lors de l'arrivée du cortège de translation des reliques, l'abbé Girard lui envoie son procureur pour lui demander la restitution de la terre, mais il est accueilli par des coups. La nuit suivante, Thierry est tourmenté par des apparitions et des songes affreux, et meurt subitement le lendemain matin. Girard obtient alors de Richard, duc de Normandie, la restitution des biens dont son abbaye avait été spolié. Les reliques sont transportées à Gand, mais le prieuré de Rivecourt est rétabli, et peuplé de quelques moines qui avaient accompagné le cortège. L'église est reconstruite pour la première fois, sa paroisse s'étend alors sur les villages de Chevrières, Le Fayel et Rucourt, aujourd'hui hameau de Longueil-Sainte-Marie. Endommagée pendant la guerre de Cent Ans, la seconde église reste toutefois en place jusqu'au début du ..

Pour la remplacer, l'église actuelle est construite en 1513 dans le style gothique flamboyant, sur les fondations le l'église précédente. D'après Eugène Müller, le luxe fascinant de l'ornementation de sa façade et l'habileté de la stéréotomie dissimulent un travail exécuté à la hâte, problématique pour l'inscription du bâtiment dans la durée.. L'intérieur était intégralement couvert de fresques, qui sont déjà réduits à quelques traces dès le milieu du . Lorsque l'église est achevée, des conflits surgissent entre les habitants et les religieux. Ceux-ci avaient empiété sur les terres communales, et privé les habitants d'un chemin ou passage très commode pour eux. Ils engagent un procès en justice contre le prieuré, et le gagnent. Afin de consacrer leur droit pour l'avenir, ils inscrivent en lettres gothiques majuscules les mots suivants à côté de la porte du passage : . Le prieuré devient un simple bénéfice en 1596. — Concernant les hiérarchies ecclésiastiques de l'Ancien Régime, Rivecourt relève du doyenné de Pont-Sainte-Maxence, de l'archidiaconé de Breteuil et du diocèse de Beauvais. Le collateur de la cure est le prieur. Toute la dîme appartient au prieuré. La cure est donc à portion congrue. L'église est inscrite aux monuments historiques par arrêté du , y compris le cimetière attenant. Aucun élément du mobilier n'est à ce jour classé ou inscrit monument historique au titre objet.. Rivecourt est aujourd'hui affilié à la paroisse des Seize bienheureuses Carmélites de Compiègne-sud, et des messes dominicales y sont célébrées le troisième dimanche du mois à 9 h 30, sauf en juillet et août..

Description Aperçu général thumb|Plan de l'église. thumb|Nef, vue vers l'est. thumb|Grandes arcades. thumb|Nef, vue vers l'ouest.

Orientée un peu irrégulièrement, avec une légère déviation de l'axe vers le nord-est du côté du chevet, l'église suit un plan cruciforme devenu irrégulier par l'adjonction d'un unique bas-côté, au nord. Elle se compose d'une nef de trois travées accompagné d'un bas-côté au nord ; d'un transept dont la croisée supporte le petit clocher en charpente ; et d'une abside à pans coupés. L'ensemble de l'église est voûté d'ogives. L'on y accède par l'une des deux portes du portail occidental de la nef. Celle-ci, les croisillons et l'abside sont recouverts de toitures à deux rampants, avec des pignons en façade, au nord et au sud. Le bas-côté est muni d'un toit en appentis prenant appui contre le mur gouttereau nord de la nef, qu'il dissimule entièrement.

Intérieur Nef et bas-côté Le vaisseau central est de proportions trapues : la hauteur sous le sommet des voûtes ne dépasse pas la largeur entre les piliers, et afin de ne pas rapprocher encore davantage les retombées des nervures du sol, le maître d'œuvre a donné aux arc-doubleaux un tracé en arc brisé surbaissé. De la sorte, la hauteur des piliers atteint au moins la moitié de la hauteur du vaisseau. Dans les églises voûtées d'ogives médiévales, les piliers atteignent généralement au moins une hauteur équivalente à la largeur du vaisseau. Ces proportions trapues sont néanmoins fréquentes dans la reconstruction après la guerre de Cent Ans, comme en témoignent les parties orientales d'Arthies, Clairoix, Fitz-James, Villaines-sous-Bois et Warluis. Elles sont avant tout le reflet de l'économie des moyens. En l'occurrence, elle n'empêche pas une architecture soignée, qui intègre tous les caractéristiques habituels du style flamboyant dans la région : nervures prismatiques pénétrant dans les supports ; piliers ondulés ; fenêtres au remplage de deux lancettes à têtes trilobées surmontées d'un soufflet entre deux étroites mouchettes, avec des meneaux moulurés munis de bases ; pourtour des fenêtres mouluré ; larmier à la limite des allèges. Ces caractéristiques ne sont pas toujours réunies dans les petites églises rurales, comme on peut le constater à Clairoix et Fitz-James. À Rivecourt, seulement les bases sont quelque peu négligées. Le renoncement à un bas-côté sud n'est ici pas une marque d'inachèvement, mais reflète un choix délibéré, le vaisseau central pouvant ainsi bénéficier d'un éclairage direct par la lumière naturelle, et l'espace disponible est utilisé plus efficacement qu'avec un vaisseau central et deux bas-côtés sur la même superficie. D'autres exemples d'églises flamboyantes à un seul bas-côté sont Armancourt, Avilly-Saint-Léonard, Courteuil et Écouen, sans tenir compte des églises à double nef, dont l'un est le plus souvent plus ancien, sauf à Fleurines. Selon toute logique, l'unique bas-côté se situe au nord (sauf à Armancourt), pouvant ainsi bénéficier de l'éclairage indirect par le vaisseau central, qui, lui, est directement exposé au soleil. Ainsi, l'on renonce à pourvoir le bas-côté de fenêtres latérales, comme déjà à la période gothique à Catenoy, Cauffry et Saint-Vaast-de-Longmont. La fonction du bas-côté se réduit ici à celle d'un couloir de dégagement, l'étroitesse ne permettant que de loger un unique banc par travée, dos contre le mur. En revanche, il est pratiquement voûté à la même hauteur que le vaisseau central, la retombée des voûtes de la nef et des grandes arcades s'effectuant au même niveau, ces dernières étant seulement moins aigües.