vignette|Ancien logo de OneWeb.

La OneWeb est une constellation de satellites d'environ satellites de télécommunications circulant sur une orbite terrestre basse (LEO) pour fournir aux professionnels et aux particuliers un accès à Internet à haut débit dans les régions mal desservies par des liaisons terrestres.

Ce service est commercialisé par l'opérateur de satellite français Eutelsat, essentiellement auprès de grandes sociétés de télécommunications qui ont besoin d'étendre leurs prestations (téléphonie, Internet) à une clientèle mal reliée par le réseau terrestre. Avec la constellation Starlink de SpaceX, OneWeb inaugure une nouvelle ère de mégaconstellations de satellites comprenant au moins dix fois plus de satellites que les constellations précédentes. Le projet est mis sur pied par l'Américain Greg Wyler, créateur de la constellation de satellites .

La constellation doit comprendre, une fois opérationnelle, d'environ circulant sur une orbite polaire de . Une cinquantaine de stations terriennes réparties dans le monde entier assurent la liaison entre la constellation et le réseau Internet terrestre. Les utilisateurs mettent en œuvre un terminal d'une dizaine de kilogrammes équipé d'une antenne plate.

Compte tenu de la taille de l'investissement (entre 3 et US$) et des incertitudes sur le marché visé (concurrence d'autres constellations ou des réseaux terrestres), le projet présente de grands risques financiers. Pour réduire l'ampleur de l'investissement et rentabiliser le projet, une usine dédiée est édifiée en Floride, qui doit maximiser l'effet d'échelle. Les concepteurs du projet espéraient initialement abaisser le coût de fabrication de chaque satellite à , mais le coût final est plus élevé. Alors que le déploiement de satellites vient tout juste de commencer, la société OneWeb dépose son bilan en se plaçant sous la protection du . La société est reprise par un consortium qui comprenait comme actionnaires principaux en le groupe indien Bharti Enterprises (PDG Sunil Mittal), l'opérateur français Eutelsat et l'État britannique.

Les premiers prototypes de satellite sont placés en orbite en . Les satellites sont lancés par des fusées russes Soyouz emportant chacune , qui décollent des cosmodromes de Baïkonour et de Vostochny en Russie ainsi que de Kourou en Guyane. Il est prévu que l'ensemble de la constellation soit déployé d'ici fin 2022. La commercialisation des services doit débuter en au-dessus de 50° de latitude et se généraliser fin 2022. Une extension de la constellation à est à l'étude.

En , ont été placés en orbite et le reste de la constellation doit être placé en orbite d'ici la fin de l'été par des fusées Soyouz. Toutefois, par suite de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en et des sanctions décidées par les pays occidentaux contre la Russie, l'agence spatiale russe Roscosmos décide de ne plus prendre en charge le déploiement de la constellation. OneWeb lancera finalement le reste de sa constellation avec des fusées indiennes LVM3, puis américaines Falcon 9.

En 2026, OneWeb a commandé 440 satellites aux caractéristiques augmentées à Airbus Defence & Space pour débuter le remplacement de ses premiers 654 matériels déployés en orbite qui commencent à arriver en fin de vie ; lancés depuis 2019, leur durée de mission s'achève en 2027-2028. Une partie au moins de ceux-ci seront envoyés dans l'espace par une dizaine de lanceurs Maia de Maiaspace, filiale d'ArianeGroup. Eutelsat reçoit un financement de 975 millions d'euros pour la constellation de la part de Bpifrance Assurance Export, qui s'ajoutent aux 717 millions d'euros de participation de l'État accordés l'année précédente.

Historique du projet Le projet (2014) La société américaine est créée, début 2014, avec l'objectif de fournir aux particuliers un accès à Internet à haut débit grâce à une constellation de près de . Un des points majeurs de l'architecture du système est le recours à des satellites de petite taille, dont le coût est largement abaissé grâce à l'effet d'échelle découlant du nombre d'engins commandés. La cible commerciale est constituée par les centaines de millions d'usagers potentiels d'Internet vivant dans des régions trop isolées pour bénéficier du réseau terrestre à haut débit. En , rachète les droits de bande passante détenus par , qui avait un projet similaire mais qui avait été interrompu au début des années 2000.

Lancement du projet OneWeb , qui dispose d'une constellation de satellites ayant le même projet initial mais s'est finalement reconvertie dans le BtoB, est rachetée par Google en 2013. Plusieurs cadres quittent O3b en pour rejoindre . Parmi ceux-ci, l'Américain Greg Wyler, qui a créé quelques années auparavant la constellation de satellites , prend la tête du projet. Des échanges informels ont lieu la même année entre et qui portent sur la construction d'une usine commune de construction de satellites et sur leurs lancements. Ces négociations n'aboutissent pas et SpaceX crée le projet concurrent Starlink seul. En , et Qualcomm décident d'investir dans la société rebaptisée LTD. En , signe un contrat avec Arianespace pour la mise en orbite d'un premier sous-ensemble de satellites par Soyouz. En , Intelsat annonce son intention de fusionner avec .. En , Intelsat renonce finalement à cette fusion Jessica DiNapoli et Aishwarya Venugopal, , Reuters, ..

Partenariat avec le constructeur aérospatial Airbus pour la fabrication des satellites (2016) vignette|upright=1.0|Usine d'assemblage des satellites OneWeb à Merritt Island (Floride).

En , lance un appel d'offres auprès des constructeurs de satellites pour la construction de ainsi que celle d'installations au sol. L'objectif de coût de production d'un satellite est de . La société aérospatiale européenne est sélectionnée début 2016 pour la construction des satellites. Ceux-ci seront assemblés par Airbus OneWeb Satellites, une coentreprise fondée à cet effet par Airbus d'une part et d'autre part. L'usine d'assemblage se situe à Merritt Island en Floride près du Centre spatial Kennedy. Pour mettre au point le processus de production, les dix premiers exemplaires sont fabriqués dans l'usine de Toulouse du groupe Airbus..

Détermination de la taille de la constellation L'organisme de réglementation des télécommunications américain (FCC) a assoupli la réglementation concernant la durée du déploiement des constellations de satellites, qui passe de six ans à neuf ans. Cette décision ayant été prise après l'autorisation accordée par la FCC à , cette dernière demande en de déployer supplémentaires, faisant passer le nombre total à . Ceux-ci auraient les mêmes caractéristiques que ceux alors en cours de fabrication. Le nombre de plans orbitaux occupés passerait de 18 à 36 et le nombre maximal de satellites circulant sur un plan orbital de 40 à 55.. En , OneWeb décide que, compte tenu des performances des satellites supérieures à celles constatées durant les tests sur Terre, leur nombre nécessaire à la constellation initiale sera réduit de 900 à 600.

La position paradoxale des responsables russes L'industrie spatiale russe est une des grandes bénéficiaires du projet, qui repose sur l'utilisation de plus de 20 fusées Soyouz (un contrat d'un milliard de US$) ainsi que la production en masse de propulseurs à effet Hall de type SPT-50M fournis par la société russe Fakel. Mais les responsables russes redoutent les conséquences de la disponibilité d'un accès à Internet à haut débit pour des utilisateurs russes (particuliers, mais également écoles, villes et autres institutions) situées dans des régions périphériques de la Russie qui n'ont jusque-là qu'un accès très limité à ce réseau. Le projet fait l'objet de discussions aux niveaux les plus élevés de l'État sans qu'une position claire ne se dégage. Les fréquences utilisées par OneWeb sont allouées en 2016 par la à l'opérateur des satellites Gonets, qui a dans ses cartons un projet de constellation de satellites de télécommunications en orbite basse non démarré début 2026. En 2017, OneWeb, pour contourner cet obstacle, crée une coentreprise avec l'opérateur des Gonets, baptisée OOO OneWeb, pour commercialiser ses services en se conformant aux contraintes russes. Mais la mise à disposition des fréquences reste au point mort début 2019. Par ailleurs, les responsables russes semblent envisager la construction d'un système de contrôle d'accès à Internet sur le modèle chinois. Le gouvernement russe a fait un premier pas dans ce sens en prenant le contrôle (prise de participation à hauteur de 51 %) de la coentreprise OOO OneWeb. Fin 2018, les services de sécurité russes attaquent frontalement OneWeb en accusant la société de mettre en place un outil favorisant l'espionnage. La construction des six stations passerelles nécessaires sur le territoire russe est remise en question, bien que leur absence ne bloquera pas le système sur une large portion du pays (en particulier la partie européenne), grâce aux stations situées dans les pays limitrophes..

Début du déploiement (février/mars 2019) Six des dix prototypes construits dans l'usine d'Airbus située à Toulouse sont placés en orbite le par un lanceur Soyouz ST-B qui décolle depuis la base de lancement de Kourou. Les quatre autres engins spatiaux doivent rester au sol et seront éventuellement utilisés comme pièces de rechange. Les prototypes en orbite doivent permettre de vérifier le fonctionnement du système. Une fois la phase de recette achevée, le déploiement des satellites opérationnels doit débuter en 2020.. Deux autres lancements de satellites de la constellation ont lieu début 2020.

Faillite et reprise par un consortium anglo-indien (mars-) Malgré ce succès technique, la situation financière de la société, qui ne dispose pas des capitaux permettant de mener à terme son projet, est mauvaise. Le , OneWeb dépose son bilan se plaçant sous la protection du de la loi américaine sur les faillites... En , OneWeb sollicite la mise en place d'une ligne de crédit de USD minimum dont dix nécessaires dans l'immédiat pour assurer le fonctionnement courant de l'entreprise.. En , le tribunal des faillites de New York choisit, pour se substituer à Softbank et reprendre OneWeb, un partenariat public-privé, consortium dont le meneur est le groupe Bharti Enterprises (PDG Sunil Mittal) associé à l'État britannique ; chacun des deux partenaires y investit de dollars. Cette opération obtient l'accord du département de la Justice des États-Unis (DoJ) et des autorités fédérales..

Entrée dans le capital d'Eutelsat () L'opérateur de satellites français Eutelsat entre en dans le capital de OneWeb en investissant puis d'euros en octobre de la même année. Eutelsat devient le deuxième actionnaire, détenant 22,9 %, après le groupe indien Bharti (30 %) et devant l'État britannique. L'objectif d'Eutelsat, qui met en œuvre des satellites de télécommunications en orbite géostationnaire, est d'accéder au nouveau marché desservi par les méga-constellations en cours de déploiement. Le commissaire européen chargé du marché intérieur Thierry Breton critique l'investissement effectué par Eutelsat car, six mois avant cette décision, l'Union européenne a passé un contrat avec cette société pour étudier la faisabilité technique d'une constellation européenne....

Commercialisation (fin 2021) Courant , 394 satellites, soit plus de la moitié du total prévu, ont été déployés grâce à 12 lancements.. Une dizaine de vols supplémentaires doivent permettre de compléter la constellation d'ici fin 2022. Il est prévu que la commercialisation des services débute en auprès de la clientèle résidant aux latitudes supérieures à 50° (du fait de leurs orbites polaires, le survol d'un point par des satellites est d'autant plus fréquent que l'on se rapproche des pôles). La couverture doit être étendue à l'ensemble de la planète d'ici la fin de l'année 2022