, né le à Tottori (préfecture de Tottori) et mort le à Tokyo, est un auteur japonais de mangas seinen et gekiga.

Biographie Jirō Taniguchi naît dans une famille Sabrina Champenois, « Trait très sensible », Libération, 22 novembre 2010.. Enfant à la santé fragile, il passe beaucoup de temps à lire et à dessiner. Son père est tailleur, sa mère exerce divers métiers tels que femme de ménage, employée de marché ou de pachinko. Il a deux frères aînés. Âgé de , il est très marqué par l'incendie de la maison familiale survenu lors du le , qu'il relatera plus tard dans Le Journal de mon père.

Lecteur dans sa jeunesse de mangas shōnen, il s'intéresse au seinen et au gekiga à partir de la fin des années 1960 sous l'influence de Yoshihiro Tatsumi et du magazine GaroUn monde manga, documentaire de Hervé Martin-Delpierre et Jérôme Schmidt, France, 2004. Extrait consacré à Jirō Taniguchi sur Dailymotion.. À 18 ans il quitte la maison familiale et trouve un emploi de bureau à Kyoto. Au bout de quelques mois, il réalise qu'il aime par-dessus tout dessiner des mangas : il décide de devenir mangaka en 1969, et monte alors à Tokyo où il devient l'assistant de Kyūta Ishikawa, pendant cinq ans.. Il publie sa première bande dessinée en 1970 : Kareta heya, répond à quelques commandes de mangas érotiques, puis devient assistant de Kazuo Kamimura. C'est à cette époque qu'il découvre la bande dessinée européenne, alors inconnue au Japon, et dont le style (netteté et diversité du dessin), notamment celui de la ligne claire, va fortement l'influencer...

Il finit par prendre son indépendance et s'associe dans les années 1980 avec les scénaristes (également journaliste) et Caribu Marley, avec lesquels il publiera des mangas aux styles variés : aventures, policier, mais surtout un manga historique, Au temps de Botchan, sur la littérature et la politique dans le Japon de l'ère Meiji. C'est à cette époque qu'il décide de limiter ses sorties éditoriales, bien qu'il travaille toujours .

À partir des années 1990, il se focalise sur les choses de la vie quotidienne, et sur les relations entre êtres humains, mais aussi entre les hommes et les animaux, avec L'Homme qui marche et Terre de rêves. Suivront L'Orme du Caucase, Le Journal de mon père et Quartier lointain, édités en France dans la collection Écritures de l'éditeur Casterman.

Autour du thème de la relation entre l'homme et la nature, il s'attache particulièrement à l'alpinisme, avec K, Le Sauveteur, Le Sommet des dieux et avec la nouvelle La Terre de la promesse (dans le recueil Terre de rêves).

Reconnu en France, le grand public japonais le découvre en 2012 avec l'adaptation en série-télé du Gourmet solitaire.

Son atelier se trouve dans le quartier de de la ville de Higashimurayama (banlieue ouest de Tokyo) ..

Jirō Taniguchi s'éteint le à l'âge de 69 ans, à Tokyo, des suites d'un cancerKaryn Nishimura-Poupée, « Jirô Taniguchi, un mangaka qui rêvait d'Occident », Le Point.fr, le 12 février 2017 , Mainichi Shimbun, le 11 février 2017.Manga : Jirô Taniguchi a pris ses "quartiers lointains", AFP sur Le Point.fr, le 12 février 2017. Il venait de terminer le premier volume d'une nouvelle œuvre qui aurait dû en compter trois, La Forêt millénaire.

Regards sur l'œuvre À ses débuts, Jirō Taniguchi s'inspire avec du roman noir américain, avec pour objectif d'en faire une version BD humoristique, sans grand succès. Il est également influencé par les romans animaliers, notamment ceux d'Ernest Thompson Seton dont il s'inspire pour Blanca (du nom d'un des chiens de Lobo the King of Currumpaw), et à qui il rendra hommage dans Seton..

Ses histoires plus récentes traitent de thèmes universels comme la beauté de la nature, l'attachement à la famille ou le retour en enfance. Il s'inspire d'ailleurs de sa vie personnelle : souvenirs de son enfance à Tottori dans Le Journal de mon père et Quartier lointain, vacances chez ses grands-parents dans L'Homme de la toundra, débuts de mangaka à Tokyo dans Un zoo en hiver, ou relations avec ses animaux domestiques dans Terre de rêves. La place de l'animal et de la nature dans l'existence des hommes est une question qui est au centre de sa création. De plus, d'après lui il est . Sur son attrait pour les choses du quotidien, Jirō Taniguchi déclare. :

Son dessin, bien que caractéristique du manga, est cependant accessible aux lecteurs qui ne connaissent que la bande dessinée occidentale. Taniguchi dit d'ailleurs trouver peu d'inspiration parmi les auteurs japonais : ., et est plus influencé par des auteurs européens, tels Jean Giraud, avec qui il a publié Icare, François Schuiten, proche comme lui de La Nouvelle Manga, mouvement initié par Frédéric Boilet, le promoteur du manga d'auteur en France, et surtout Tito, d'après Taniguchi lui-même. Il finit ainsi par sortir en France, en 2007, un titre sous le format de bande dessinée, La Montagne magique, prépublié au Japon en au format classique ., puis une série de quatre tomes intitulée Mon Année à partir de , en collaboration avec le scénariste Jean-David Morvan, en attente de prépublication au Japon... Il confie à Benoit Peeters dans un livre d’entretien en 2013 :

Jirō Taniguchi se dit également influencé par le cinéaste Yasujirō Ozu, chez qui on retrouve le même rythme et la même simplicité :

Outre Voyage à Tokyo, ses films préférés sont Barberousse d'Akira Kurosawa et Le Retour d'Andreï Zviaguintsev.. Et pour lui, Osamu Tezuka, Utagawa Hiroshige, Edward Hopper, Vincent van Gogh et Gustav Klimt sont les cinq plus grands dessinateurs de l'Histoire.

Œuvres vignette|Jirō Taniguchi en 2015 au Festival d'Angoulême 2015.

Cette première œuvre est parfois évoquée en français sous le titre Un été desséché ou Une chambre fanée., 1970 , 1978, 4 volumes, réédité en 2004 en 1 volume, scénario de , 1978, 2 volumes, scénario de Natsuo Sekikawa , 1980 (Kana, 2013-2014), scénario de Natsuo Sekikawa , 1980, recueil de 7 nouvelles, augmenté à 10 lors de sa réédition en 1985 , 1980-1981, scénario de Caribu Marley , 1980-1982, 2 volumes , 1981, 3 volumes, 2 lors de ses rééditions en 1987 et 1998, scénario de Caribu Marley , 1982-1983, 3 volumes, 2 lors de sa réédition en 1988, scénario de Caribu Marley , 1982-1994, 4 volumes, 5 lors de sa réédition de 1994, 6 lors de celle de 1996, scénario de Natsuo Sekikawa , 1984, recueil de 8 nouvelles, scénario de Natsuo Sekikawa , 1984-1985, collaboration avec Caribu Marley , 1984-1986 (Casterman sous le titre Le Chien Blanco, 1996, puis volumes 1 et 2, 2009), 2 volumes Enemigo, 1985 (Casterman, 2012), scénario de M.A.T. 酒店 peut se lire également sakamise, saketen ou sakadana., 1986 (Kana, 2016), scénario de Natsuo Sekikawa , 1986 (Kana, 2006), scénario de Shirō Tōzaki , 1987-1996 (Le Seuil, 2002-2006, Casterman, 2011-2013), scénario de Natsuo Sekikawa, fresque en cinq volumes évoquant l'ère Meiji et ses écrivains , 1987-1988 (Casterman, 2015), 2 volumes , 1987-1990 (Kana, 2006), one shot , 1989-1990 (Casterman, 2011), scénario de Baku Yumemakura, one shot , 1990-1991 (Pika, 2022), scénario de Toshihiko Yahagi , 1990-1991 (Casterman, 1995), one shot , 1991-1995 (Pika, 2021), scénario de Jinpachi Mōri , 1992 (Panini Comics, 2004), one shot, scénario de Kan Furuyama , 1991-1992 (Casterman, 2005), recueil de cinq nouvelles , 1993 (Casterman, 2004), recueil de 8 nouvelles, scénario de Ryūichirō Utsumi , 1994 , 1994 (Casterman, 1999-2000, 3 vol., puis 2004, 1 vol.), one shot , 1994-1996 (Casterman, 2005), one shot, scénario de Masayuki Kusumi , 1995-1996 (Casterman, volumes 3 et 4, 2010), 2 volumes , 1997 (Kana, 2005), one shot, scénario de Mœbius , 1998 (Casterman, 2002-2003, 2 vol.), 2 volumes , 1999 , 1999 (Casterman, 2007), one shot , 2000-2003 (Kana, 2004-2005), 5 volumes, scénario de Baku Yumemakura , 2001-2002 (Casterman, 2002) , 2003-2005 (Casterman, 2008), scénario de Masayuki Kusumi , 2004 (Casterman, 2006), recueil de 6 nouvelles , 2004 (Casterman, 2006), one shot , 2004-2006 (Kana, 2005-2008), 4 volumes indépendants parus, scénario de Yoshiharu Imaizuma sur Ernest Thompson Seton , prépublié en 2005 (Casterman, 2007), one shot , 2008 (Casterman, 2010-2011), 2 volumes, d'après le roman de Hiromi Kawakami , 2008 (Casterman , 2009), one shot Mon année, Dargaud, 2009, 1 volume sur 4, scénario de Jean-David Morvan : , 2009 (Casterman, 2010), one shot regroupant les recueils Inu o kau (Terre de rêves) et Tōdo no tabibito (L'Homme de la toundra), ainsi que deux nouvelles inédites : et Ont également été réédités dans cette anthologie Blanca et Kami no inu Blanca II, en un tome chacun. , 2010 , 2011 (Casterman, 2012), one shot inspiré de la vie de Tadataka Inō , 2011-2012 (Casterman, 2013), 2 volumes, d'après le roman d’Itsura Inami , 2012 (Casterman, 2014, 2 volumes), recueil de nouvelles reprenant notamment Nazuke enumono , 2014 (Louvre éditions/Futuropolis, 2014), one shot , 2014 (Rue de Sèvres, 2015), one shot, avec Miwako Ogihara , 2014 (Casterman, 2016), one shot, scénario de Masayuki Kusumi La Forêt millénaire, Rue de Sèvres, 2017, one shot Nos Compagnons, Casterman, 2019. Recueil qui reprend les quatre premières histoires de Terre de rêves, avec la nouvelle à la place de La Terre de la promesse.

Œuvres collaboratives Frédéric Boilet, , 1997 (Tokyo est mon jardin, 1998). Jirō Taniguchi n'a réalisé que les trames de cet album. , nouvelle de douze pages dans le recueil Japon, 2005, dirigé par Frédéric Boilet, avec Moyoko Anno, Aurélia Aurita, Frédéric Boilet, Nicolas de Crécy, Étienne Davodeau, Little Fish, Emmanuel Guibert, Kazuichi Hanawa, Daisuke Igarashi, Taiyō Matsumoto, Fabrice Neaud, Benoît Peeters, David Prudhomme, François Schuiten, Joann Sfar et Kan Takahama. Benoit Sokal, La villa sur la falaise, 2012, Casterman. Jiro Taniguchi a dessiné l'une des dix variations autour d'un même canevas de départ qui composent cette bande dessinée.

Artbook et illustrations Yōko Hiramatsu, , 2011 (Picquier, 2019) Yōko Hiramatsu, , 2013 (Picquier, 2023) Travel Book Venise, Louis Vuitton 2014 , 2016 (Casterman, 2016)

Accueil de son œuvre

L'œuvre de Jirō Taniguchi a conquis un large public en FranceAurélia Vertaldi, « Jirô Taniguchi : « Je n'ai jamais dû me censurer » », Le Figaro.fr, le 27 janvier 2015.. Il se dit lui-même surpris par l’intérêt que porte le public français à son travail : À sa mort en 2017, Quartier lointain a été écoulé à plus d'un million d'exemplaires en FranceRomain Brethes, « Exclusif : les dernières planches de Taniguchi », Le Point 2322, 9 mars 2017.

L'auteur obtient globalement un succès certain auprès des lecteurs européens, notamment grâce à son style entre la bande dessinée et le manga. Au Japon, il est peu connu ; d’après Pierre-Alain Szigeti, avec qui il a travaillé pour le magazine Morning de Kōdansha dans les années 1990 : Arnaud Vaulerin, « Au Japon, il était jugé «trop intimiste» », Libération, le 12 février 2017

Expositions Son œuvre a fait l'objet d'une exposition monographique en France : « Éloge du détour », produite en 2012 par l'abbaye de Fontevraud, sous la direction artistique de Xavier Kawa-Topor, commissariat de Ilan Nguyen. Cette exposition a été présentée en différents lieux en France dont la Cité internationale de la Bande Dessinée et de l'Image à Angoulême..

Jirō Taniguchi est l'un des principaux invités du festival international de la bande dessinée d'Angoulême qui s'est déroulé du au . À cette occasion, une grande exposition monographique intitulée « Taniguchi, l'homme qui rêve » lui est consacrée, . Cette exposition est reprise du au à VersaillesJirô Taniguchi, l’homme qui rêve, Ville de Versailles.