Stanley Lieber, dit Stan Lee, né le à New York et mort le à Los Angeles, est un scénariste de bande dessinée, éditeur et producteur américain de .
Son nom est associé à Marvel Comics, une maison d'édition pour laquelle il a imaginé de nombreux personnages de super-héros. Il se surnommait lui-même « Stan the Man ».
Stan Lee est le cocréateur de plusieurs milliers de personnages qui sont le fondement de l'univers Marvel. À compter des années 1960, le succès de ses séries a permis l'ascension de Marvel Comics, passée avec le temps du rang de petite société d'édition à celui de groupe industriel multimédia. Il est aussi reconnu pour avoir contribué à ce que les comics américains s'émancipent d'un registre artistique à l'origine réservé à un lectorat pour la jeunesse, pour atteindre tous les publics.
Après son départ de Marvel, il crée en un nouveau studio, nommé POW! Entertainment. Demeuré associé à Marvel en tant que symbole historique de l'entreprise, il est crédité comme producteur délégué de la plupart des adaptations audiovisuelles des mettant en scène ses personnages.
Dans les dernières années de sa vie, dès le début des années 2000., et principalement après la création de l'univers cinématographique Marvel et le rachat de Marvel par Disney en 2009, Stan Lee fait des apparitions dans chacune des œuvres produites sur ses personnages, avec des caméos.
Biographie Famille Stanley Lieber, né en 1922 à New York, est un fils d'immigrants roumains.juifs venus s’installer aux États-Unis. Il grandit dans le quartier de Washington Heights durant la Grande Dépression.. D’origine très modeste, en parallèle de ses études à la DeWitt Clinton High School, une école secondaire du Bronx, il enchaîne les petits boulots pour aider sa famille.
Jeunesse et débuts Alors qu'il est encore mineur, Stan Lee commence à travailler dès 1940 comme assistant, homme à tout faire, puis rédacteur pour l'éditeur de bandes dessinées bon marché (pulps) Timely Comics, avec le soutien de son oncle Robbie Solomon. Le patron de Timely Comics, Martin Goodman, est un de ses cousins par alliance. D'un naturel bavard et persévérant, Lee se retrouve vite sous l'autorité de Joe Simon et Jack Kirby, les dessinateurs vedettes de Timely Comics. Il sert les cafés, apporte les sandwichs, mais effectue aussi de petits travaux sur les planches avant publication.
Sa première œuvre publiée est une page de texte datée de 1941 dans le comics Captain America. À l’époque, les comics comportaient deux pages rédigées, ce qui permettait de bénéficier d’un tarif postal préférentiel, et les auteurs n'avaient aucun problème à en déléguer la rédaction, puisqu'ils pensaient qu’elles n’étaient pas lues. Très vite, il utilise le pseudonyme « Stan Lee » (qui dérive de son vrai nom), ayant pour projet de réserver . Bien vite, il devient scénariste à part entière. Travailleur passionné, il rédige des scripts des séries dessinées à la chaîne, et sous différents pseudonymes, afin de laisser croire que Timely Comics emploie un grand nombre de scénaristes. Puis, à la suite du départ de Jack Kirby et Joe Simon (à cause d’un désaccord avec Martin Goodman sur leur rémunération), Lee devient le rédacteur en chef de Timely, à moins de .
vignette|Stan Lee sous les drapeaux (entre 1942 et 1945).
En , Stan Lee est appelé sous les drapeaux. Il est cantonné en Caroline du Nord puis dans l'Indiana, où il dessine des documents pédagogiques comme des posters pour prévenir la syphilis. Il est aussi l'un des neuf appelés américains à servir comme auteur dramatique.
Après la guerre, l'industrie des comics traverse une crise et Timely connaît différents échecs dans les années 1950. Les comics étant accusés de favoriser la délinquance juvénile, les ventes de comics de super-héros accusent une baisse notable. Timely Comics, devenu Atlas Comics en 1951, tente également d’affronter une crise concernant sa structure de distribution des numéros. Malgré les problèmes, Stan Lee reste fidèle au poste : il écrit des scénarios de comics dans tous les genres en vogue (romance, guerre, fantastique, western et science-fiction) en se consacrant aux titres les plus vendeurs, attendant un hypothétique retour en grâce. À la fin des années 1950, il devient las de son travail et songe à démissionner après vingt ans de bons et loyaux services. À l'époque, il est l’un des derniers salariés à travailler à plein temps pour Martin Goodman.
L'Âge d'or Marvel
Au début des années 1960, l'éditeur concurrent DC Comics relance le genre des comics de super-héros avec succès. Martin Goodman, souhaitant profiter de cette tendance, demande à Stan Lee de créer leur propre équipe de super-héros pour Marvel Comics (le nouveau nom de l'éditeur succédant à Atlas Comics et Timely Comics).
vignette|Logotype de Marvel Comics.
En 1961, Stan Lee et Jack Kirby (que Lee a fait revenir en 1958) créent la série Les Quatre Fantastiques (Fantastic Four) qui révolutionne les bandes dessinées de super-héros de l'époque ; la structure des récits est en effet plus adulte, en rupture avec les habitudes narratives classiques. Les personnages sont aux prises avec des problèmes personnels divers (sentimentaux, financiers), se chamaillent et usent éventuellement de l'argot. Le succès n’est pas immédiat, mais se consolide au fil du temps, Les Quatre Fantastiques devenant la plus longue série éditée par Marvel, jusqu’en 2011. Portée par l'imagination sans limite de Kirby et le sens du soap opera de Lee, Les Quatre Fantastiques deviendra « culte » et fera de Marvel l'un des leaders du marché.
Dans la foulée, Lee et Kirby multiplient les créations qui suivent souvent la même recette : Hulk (1962), Thor (1962), X-Men (1963), Les Vengeurs (Avengers, 1963). Avec les dessinateurs Steve Ditko, Don Heck ou encore Bill Everett, Lee donnera naissance à d’autres séries de super-héros qui connaîtront eux aussi le succès : Spider-Man (1962), Iron Man (1963), Docteur Strange (1963) ou Daredevil (1964), et qui symboliseront l'âge d'argent des comics.
Ces personnages humains, faillibles, sont parfois torturés et souvent craints par la population, ce qui tranche résolument avec les super-héros « positifs » de DC Comics (Superman, Wonder Woman).. Parmi ses héros, Stan Lee déclarera avoir une certaine faiblesse pour la Chose (The Thing), un personnage rendu prisonnier de son corps de pierre et objet de beaucoup de questions existentielles. Certains personnages négatifs (les « super-vilains ») sont, eux aussi, en proie à des questions existentielles et des souffrances personnelles qui les rendent plus humains et faillibles, tel l'Homme-sable dont les mauvaises actions sont motivées par la nécessité de trouver de l'argent pour soigner sa petite fille malade, ou le génie du mal et savant mégalomane le Docteur Fatalis.
Cocréateur de la majorité des personnages, Stan Lee s'occupe aussi du courrier des lecteurs, des revues et du matériel rédactionnel. Entouré d'une équipe de dessinateurs de grand talent (principalement Jack Kirby et Steve Ditko, puis John Romita, Gene Colan), il leur délègue progressivement la construction des intrigues, se réservant l'écriture des dialogues. Cette méthode, qui fait des dessinateurs les coscénaristes des revues qu'ils dessinent, permet d'obtenir des récits dynamiques, axés sur le dessin et l'action. Le rôle de coscénariste des dessinateurs n'est cependant pas reconnu et tous les personnages qu'ils contribuent à créer demeurent la propriété de Marvel.
Dans les années 1980, Jack Kirby, en conflit avec son ancien éditeur au sujet de la propriété de ses planches originales, reproche vivement à Stan Lee ses méthodes de travail et le fait de s'être approprié certaines de ses idées.
Ambassadeur Marvel vignette|redresse=0.8|Stan Lee en 1975.
Dans les années 1970, Stan Lee abandonne progressivement l'écriture de scénarios et la gestion éditoriale des revues. Confiant ses personnages à une équipe de jeunes auteurs qu'il a formés (Roy Thomas, Gerry Conway, Len Wein), il se consacre à des tournées dans les universités et aux relations avec la presse pour faire connaître l'univers Marvel.
Il supervise également plusieurs adaptations télévisées de ses super-héros, telles que les séries Spider-Man ou L'Incroyable Hulk. Il participe ainsi à une quinzaine de projets de films, dessins animés et séries télévisées mettant en scène les héros Marvel à l'écran, bien que tous ces projets ne se concrétisent pas à chaque fois.
Indépendance À la fin des années 1990, le groupe Marvel traverse une grave crise financière et renégocie le contrat qui le lie à Stan Lee. À cette occasion, Lee perd l'exclusivité qui le liait à Marvel. S'il conserve un titre de producteur exécutif sur les films adaptés de ses personnages (Spider-Man, X-Men…), il peut dès lors initier des projets pour d'autres éditeurs. Il coécrit ainsi la collection Just Imagine pour DC Comics, réinventant les héros de l'éditeur concurrent principal de Marvel (Superman, Batman).
vignette|gauche|Stan Lee entouré de cosplays de ses personnages lors de la DragonCon 2012.
En 1998, il fonde la société « Stan Lee Entertainment » pour la création d'œuvres sur Internet, mais la société fait faillite en . Il monte alors en 2001 la structure de production POW! Entertainment, qui développe des projets pour la télévision ou le cinéma. En 2008, il crée même une nouvelle ligne de comics pour l'éditeur indépendant Boom! Studios, créant et supervisant trois séries, animées ensuite par des auteurs comme Paul Cornell ou Mark Waid. Le , Disney et POW! Entertainment signent un contrat pour la production de trois films.
En 2009, il se lance dans l'univers du manga en créant et il scénarise le manga Ultimo avec Hiroyuki Takei.
vignette|redresse|Stan Lee à la New York Comic Con 2011.
Stan Lee demeure cependant lié à Marvel, pour qui il écrit ponctuellement des épisodes spéciaux, tels que Stan Lee Meets Spider-Man (nommé aux Eisner Awards 2007) ou Fantastic Four: The Lost Adventure, d'après des planches de Jack Kirby prévues pour Fantastic Four #102. Le , avec le rachat de Marvel Entertainment, Disney accroît son partenariat avec POW! Entertainment, le studio de Lee., et investit de dollars dans le capital, soit 10 %..
En 2011, il monte un projet de série animée avec Arnold Schwarzenegger, intitulée The Governator. Cependant, à cause du scandale lié aux infidélités conjugales de Schwarzenegger, les sociétés productrices se retirent du projet, qui est alors abandonné.
En dehors des comics et films Marvel, Lee participe au développement de la série télévisée britannique Lucky Man (), diffusée dès 2016.
Mort Stan Lee meurt le à Los Angeles à l’âge de , des suites d’une insuffisance cardiaque et respiratoire... Selon le site média TMZ, il souffrait également d'une pneumopathie d'inhalation que le médecin légiste a considéré comme une « affection importante contribuant au décès ». Son corps est incinéré et ses cendres sont remises à sa fille.
vignette|gauche|redresse|Mémorial temporaire en l'honneur de Stan Lee, devant son étoile sur le Hollywood Walk of Fame, deux jours après sa mort.
Roy Thomas, qui a succédé à Lee comme rédacteur en chef chez Marvel, lui avait rendu visite deux jours avant sa mort pour discuter du livre à paraître, The Stan Lee Story, et a déclaré par la suite : . Les derniers mots de Stan Lee à Roy Thomas furent : , ce qui a amené les fans à supposer qu'il faisait référence à Spider-Man. Cependant, Lee avait depuis longtemps surnommé Thomas, Roy « the Boy » Thomas, à l'instar de la façon dont il se désignait parfois lui-même comme Stan « the Man » Lee.