L' se caractérise traditionnellement par des structures en bois, légèrement surélevées, avec des toits de tuiles ou de chaume. Des portes coulissantes (fusuma) sont fréquemment utilisées comme cloisons, permettant de modifier la configuration d'un espace.

Au Japon comme dans de nombreux autres pays, l'architecture contemporaine reflète une approche globale et moderne des anciens modèles, qui n'a souvent que peu de rapports avec les constructions japonaises traditionnelles.

Un grand nombre de bâtiments qui subsistent aujourd'hui de l'architecture pré-moderne japonaise sont des châteaux, des maisons de thé, des temples bouddhistes et des sanctuaires shinto de style shinden-zukuri.

Mais de nombreuses habitations traditionnelles populaires minka sont bien visibles aussi et préservées aujourd'hui.

240x240px|vignette|Le à marée haute (1168). vignette|240px|Panorama en 2018 sur Yokohama (Grand Tokyo) depuis la Landmark Tower (1993). Vue sur le chantier du Yokohama City Hall (Maki and Associates, 2020)

Architecture traditionnelle

Caractéristiques vignette|Le village d'Ogimachi. Shirakawa-gō, préfecture de Gifu. Au patrimoine mondial de l'humanité vignette| L'« essence » de l'architecture japonaise L'« essence » de l'architecture japonaise ( japaneseness) est l'objet de débats sans fin depuis 1955. Pour les uns, c'est l'architecture de style shinden-zukuri, influencée par l'architecture chinoise, aux planchers surélevés et aux espaces libres, correspondant à l'architecture palatiale de l'époque de Heian. Pour les autres, c'est le style minka avec ses types bien distincts les uns des autres, qui se développe au niveau du sol, au contact de la terre, et dont la couverture repose sur de puissantes structures, poteaux et poutres, avec de vastes toits, l'architecture des habitations populaires traditionnelles.

Le bois est très présent dans l'architecture traditionnelle japonaise car il était efficace pour la résistance aux typhons et aux tremblements de terre. Le climat japonais étant humide, en particulier l'été, les planchers des bâtiments sont souvent surélevés et les espaces sont très ouverts pour assurer une bonne ventilation et prévenir l'apparition de moisissures..

Dans l'architecture traditionnelle, pour préserver les bois contre l'humidité, les insectes et les mousses les japonais utilisent le jus de kakiJean-Sébastien Cluzel dans à : 29:38 et suivantes..

La maison traditionnelle japonaise, en bois et papier, est très ouverte sur la nature, avec des hivers où l'on ressent le froid dans la maison, l'odeur de la terre mouillée quand il pleut et l'air qui circule partout en été et donne une certaine sensation de fraîcheur.

Le permanent En ce qui concerne la transmission du patrimoine architectural au Japon, l'une des caractéristiques les plus remarquées concerne la reconstruction à l'identique du sanctuaire shinto d'Ise, tous les 23 ans depuis le .. Contrairement à l'idée reçue en Occident, la reconstruction à l'identique, shikinen-zōtai, ne s'appliquait traditionnellement qu'aux grands sanctuaires shinto. Après 1868 avec l'ère Meiji, de fortes contraintes budgétaires ont été imposées aux sanctuaires shinto. Il leur était dorénavant interdit de pratiquer la reconstruction intégrale à côté du précédent, le zōtai. Ils firent, dès lors, comme les temples bouddhistes l'avaient fait auparavant, le démantèlement total ou partiel et la reconstruction après changement ou réparation des pièces défectueuses, procédé qui était autrefois appelé le zuihashūri .

Depuis l'ère Meiji le grand sanctuaire d'Ise est le seul à bénéficier du shikinen-zōtai, la reconstruction intégrale avec des matériaux neufs et à l'identique à côté du précédent. Cette reconstruction fait partie d'un rituel, le shikinen-sengū, ou « transfert du palais divin », au cours duquel les divinités, considérées comme des êtres vivants se voient offrir des repas chaque jour, leurs vêtements étaient régulièrement changés, leur chambre entretenue et, le moment venu, leurs demeures renouvelées. Le renouvellement (intégral ou partiel) de leurs demeures est reconduit cycliquement tous les 23 ans depuis le Photo aérienne montrant l'ancien à côté du nouveau sanctuaire d'Ise en 1993 : . En dehors du sanctuaire d'Ise, environ 150 édifices shinto sont donc reconstruits avec réparations tous les 23 ans, alors que les édifices bouddhiques - dont le pavillon cultuel et la pagode du Hōryū-ji qui datent du - ne sont démantelés pour être restaurés que tous les 100 voire 300 ans.

Au début de l'ère Meiji, la pratique traditionnelle qui intégrait la reproduction de l'existant fut modifiée par certaines idées empruntées à l'Occident, comme l'idée de retrouver l'état d'origine d'un bâtiment, suivant l'exemple de Viollet-le-Duc. Les excès en furent corrigés en 1901 et répondent, dès lors, aux exigences actuelles des normes occidentales. Le démantèlement de ces édifices et leur reconstruction ou leur réparation a beaucoup fait pour la transmission des savoirs artisanaux.

L'impermanent La reconstruction des formes architecturales à l'identique à travers les siècles correspond à la permanence des rituels religieux et la légitimation du pouvoir de la famille impériale. À l'inverse, l'impermanence, le côté transitoire se retrouvent dans toute l'architecture japonaise ancienne. Yagasaki Zentarõ évoque ainsi une architecture fondée sur une trame de poteaux, soit menacée de pourrissement soit reposant sur des pierres, et donc déplaçable. Les assemblages de bois particulièrement sophistiqués le permettent. Elle est donc originellement précaire, provisoire et déplaçable. Ceci est particulièrement évident lorsque l'on voit comme les pavillons de thé ont été déplacés au cours des derniers sièclesYagasaki Zentarõ (techniques pour dresser les poteaux,...) dans . Cette impermanence est tout aussi évidente lorsque l'on regarde le plan en escalier - comme un vol d'oies sauvages - de la célèbre villa impériale de Katsura. Chaque partie est rejetée à l'arrière de la précédente et offre ainsi des vues variées sur le jardin paysagé. Mais le concepteur, le prince Toshihito (1579-1629) n'édifia qu'une petite résidence. Il ne pouvait imaginer les agrandissements successifsPlan 1 : sur . Gris foncé : villa initiale, gris de plus en plus clairs : extensions successives pendant près d'un demi siècle., l'élargissement progressif des toits afin de raccorder les nouveaux bâtiments aux anciens et le beau motif en vol d'oies sauvages. Il ne pouvait pas plus imaginer que cet ensemble serait conservé tel quel et que les générations futures en feraient une œuvre représentative de toute l'architecture japonaise, évolutive.

Histoire

Périodes Asuka et Nara (de 538 à 784) vignette|240x240px|Hōryū-ji. Les premières constructions Bouddhistes encore existantes au Japon, ainsi que les bâtiments en bois les plus anciens en Extrême-Orient se trouvent à dont la construction débuta en 607), au sud-ouest de Nara. Construit au début du , ce temple privé du , se compose de indépendants. Le plus important de tous étant le temple principal du culte, ou , et le , érigé au centre d'un espace ouvert entouré par un cloître couvert. Le kondō, construit selon l'ordonnancement des temples du culte chinois, est une structure à deux étages faite d'un enchevêtrement poutres de piliers, recouverte par un , un toit à pignon incliné élaboré à l'aide de tuiles en céramique.

vignette|240x240px|gauche|Daibutsu-den (« salle du Daibutsu ») au Tōdai-ji à Nara (reconstruction du ).

La construction des temples du a été focalisée autour du réalisé entre 745 et 752) à Nara. Construit comme le centre d'un réseau de temples provinciaux, le Tōdai-ji est le complexe religieux le plus ambitieux érigé au début de l'émergence du bouddhisme au Japon. Le Bouddha d'une hauteur de (achevé en 752) qui repose dans le temple principal, ou , est un , une figure représentant l'essence de la bouddhéité. De la même façon, Tōdai-ji représentait le centre du bouddhisme impérial, participant de manière importante à la diffusion du culte dans l'ensemble du Japon. Aujourd'hui, seuls quelques fragments de la statue originelle subsistent encore, le temple actuel et le Bouddha central étant des reconstructions de l'ère Edo.

thumb|200px|Détail d'architecture de type azekura-zukuri. Le style au Shōsō-in (760) se caractérise par ses poutres de section triangulaire assemblées horizontalement et s'entrecroisant aux angles. thumb|200px|Kondo du Toshodai-ji, Nara. Vue des entraits et des kaerumata ferméskaerumata : , sur JAANUS. de la travée de la façadeChristine Shimizu, 1998 , p. 84-86 ; et 2001, , p. 70-71. Le Toshodai-ji (v. 770), à Nara, un temple privé, ne pouvait pas avoir la taille des temples d'État. Pour compenser cette limite, une baie supplémentaire qui longe toute la façade permet de créer un vaste promenoir abrité (hisashi). Des entraits retroussés en arc-en-ciel s'étendent entre les piliers intérieurs et extérieurs de cet espace. Ceux-ci ont été ultérieurement redoublés par une poutre transversaleChristine Shimizu, , p. 70..

Époque de Heian (de 794 à 1185) thumb|240x240px|Le et sa pagode, près de Kyoto longtemps sous la direction de Kūkai (823). En réaction à la prospérité et au pouvoir grandissant du bouddhisme organisé à Nara, le prêtre , plus connu sous son titre posthume : voyagea jusqu'en Chine pour étudier le , une forme de bouddhisme vajrayāna qu'il introduisit au Japon en 806. Au centre du culte Shingon se trouvent divers mandalas, diagrammes de l'univers spirituel qui influença le style de temple. L'architecture bouddhique japonaise adopta aussi le stūpa dans sa forme chinoise de pagode.

Les temples érigés pour cette nouvelle secte ont été construits dans les montagnes, loin de la cour et des profanes de la capitale. La topographie irrégulière de ces sites obligea les architectes japonais à repenser les problèmes de construction des temples et donc à choisir plus d'éléments de décor autochtones. Des toits en écorce de cyprès remplacèrent ceux en tuiles de céramique, des planches de bois furent utilisées à la place des sols en terre et un lieu de culte séparé fut ajouté en face du sanctuaire principal pour les laïcs.

Pendant l'époque Fujiwara, le , qui offrait un salut facile grâce à la croyance en , devint populaire. En opposition, la noblesse de Kyoto développa une société dévouée à la recherche de l'élégance esthétique. Leur monde était si beau et rassurant qu'ils ne pouvaient pas concevoir que le Paradis en fût bien différent. La salle d'Amida, mêlant le religieux et le profane, abrite une image ou plus de Bouddhas à l'intérieur d'une structure ressemblant aux manoirs de la noblesse.

thumb|240x240px|left|Le hōōdō du Byōdō-in à Uji près de Kyoto (1053). Le hōōdō (« salle du phénix », achevée en 1052) du , un temple dans l' au sud-est de Kyōto, est le type même des salles Amida de l'époque Fujiwara. Il se constitue d'une structure principale rectangulaire flanquée de deux ailes de couloirs en forme de « L » et d'un corridor de queue, situé à la lisière d'un large étang artificiel. À l'intérieur, une unique représentation dorée d'Amida (aux environs de 1053) est placée sur une haute plateforme. Cette sculpture a été réalisée par qui utilisa de nouveaux canons de proportions ainsi qu'une nouvelle technique qui consiste à tailler une statue dans plusieurs morceaux de bois et de les assembler par l'intérieur. Sur les murs sont gravés les reliefs en bois coloré de des Bosatsu (Bodhisattva) qui accompagnent Amida dans sa descente du Paradis de l'Ouest pour accueillir l'âme des fidèles à leur mort et les ramener dans des pétales de lotus. Cette descente, appelée , peinte sur les portes en bois du hōōdō, est un exemple précurseur du car elle contient des représentations des paysages autour de Kyōto. Le hōōdō est actuellement un musée.

Époque de Kamakura (de 1185 à 1333)