La grande-duchesse Olga Nikolaïevna de Russie (en / Olga Nikolaïevna Romanova), née le ( du calendrier julien) à Tsarskoïe Selo et assassinée avec toute sa famille le à Iekaterinbourg, est un membre de la famille impériale de Russie. Elle est la fille aînée du tsar Nicolas II et de la tsarine Alexandra Feodorovna.

Biographie Famille et jeunesse gauche|vignette|De gauche à droite : les grandes-duchesses Olga (avec le tsarévitch Alexis sur ses genoux), Tatiana, Maria et Anastasia en 1904. La grande-duchesse Olga naît le à Tsarkoïe Selo. Elle est la fille aînée de l'empereur Nicolas II de Russie et de l'impératrice Alix de Hesse-Darmstadt, nommée Alexandra Feodorovna avec sa conversion à l'orthodoxie. L'accouchement est difficile et dure treize heures. Finalement, le docteur Ott décide d'utiliser des forcepsCarolly Erickson, The Last Tsarina, p. 93.. Elle pèse 4,5 kg à la naissance et est si robuste que Nicolas II affirme qu'elle ne ressemble pas à un nouveau-néHelen Rappaport, The Romanov Sisters, p. 32.. Ses parents sont ravis et insistent sur le fait qu’ils ne sont pas déçus que leur premier enfant ne soit pas un garçon. Lorsqu'il est félicité par le chambellan de la cour, le tsar déclare : « Je suis heureux que notre enfant soit une fille. S'il avait été un garçon, il aurait appartenu au peuple, étant une fille, elle nous appartient »Helen Rappaport, The Romanov Sisters, p. 33.. Alexandra est d'accord : « Pour nous, il n'est pas question de sexe. Notre enfant est simplement un don de Dieu ». Elle a trois sœurs cadettes, les grandes-duchesses Tatiana, Maria et Anastasia, et un frère, le tsarévitch Alexis. Son entourage l'appelle généralement Olga Nikolaïevna ou la surnomme « Olishka », « Olenka » ou « Olya ». Les serviteurs aussi appellent Olga et ses frères et sœurs par leurs prénoms et patronymes plutôt que par leurs titres impériaux. Olga, ainsi que ses sœurs et son frère, sont élevés le plus simplement possible. Ils dorment sur des lits de camp, sauf s'ils sont malades, et prennent des bains froids tous les matinsMassie (1967), p. 132..

En 1896, Nicolas II et Alexandra emmènent Olga en visite en Écosse, en France et à Darmstadt. À Balmoral, la reine Victoria, son arrière-grand-mère maternelle et marraine, la rencontre pour la première fois. La souveraine déclare que « le bébé est magnifique »Helen Rappaport, The Romanov Sisters, p. 40.. En France, Olga est aussi très populaire. Nicolas II écrit à sa mère que « notre fille faisait partout une grande impression »Helen Rappaport, The Romanov Sisters, p. 41.. Olga y est accueillie par les exclamations de : « Vive le bébé ! ». vignette|284x284px|Les grande-duchesses Olga (à gauche) et Tatiana (à droite) avec leur cousine Élisabeth de Hesse (au milieu). En 1900, avant la naissance de son frère, son père tombe gravement malade. Au cours de cette période, l'impératrice tente de persuader son mari de modifier les lois successorales de Russie pour permettre aux femmes d'hériter du trône en l'absence d'héritiers masculins afin qu'Olga hérite de l'empire à la place de son oncle, le grand-duc Michel Alexandrovitch. Finalement, le tsar guérit et ces changements n’ont pas lieu.

Olga est blonde châtain avec des yeux bleus lumineux, un nez retroussé et un long visage. Lorsqu'elle a 10 ans, son précepteur Pierre Gilliard la trouve « très jolie », avec « des yeux pétillants et malicieux et un nez légèrement retroussé »Pierre Gilliard, Thirteen Years at the Russian Court, p. 20.. La baronne Sophie Buxhoeveden, la dame d'honneur de sa mère, se rappelle : qu'« elle était blonde et grande, avec des yeux bleus souriants, un nez un peu court et de jolies dents ».. Elle est considérée comme moins jolie que ses sœurs Maria et TatianaMassie, Nicholas and Alexandra, pp. 132–133., mais son apparence s'améliore pendant son adolescence. Lili Dehn note :

Dans ses mémoires, Meriel Buchanan décrit l'apparence d'Olga, âgée de 16 ans, lors d'un bal impérial en 1912 : « Elle n'avait pas les traits réguliers, la beauté presque mystique de sa sœur Tatiana Nikolaïevna, mais avec son nez retroussé, sa grande bouche rieuse, ses yeux bleus pétillants, elle avait un charme, une fraîcheur, une exubérance envoûtante qui la rendaient irrésistible ».. Selon Anna Vyroubova, Olga est « extrêmement jolie, avec des yeux bleus brillants et un joli teint. Olga ressemble à son père par la finesse de ses traits, notamment par son nez délicat et légèrement retroussé »., et mesure .. gauche|vignette|285x285px|La grande-duchesse Olga en tenu de cour, en 1910. Depuis son plus jeune âge, elle est connue pour son grand cœur, son désir d'aider les autres et son honnêteté. Par exemple, alors enfant, elle voit une petite fille pleurer le long la route. Elle jette alors sa poupée hors de sa voiture en disant : « Ne pleure pas, petite fille, voici une poupée pour toi »Helen Rappaport, The Romanov Sisters, p. 93.. La baronne Sophie Buxhoeveden se souvient qu'« elle était généreuse et qu'un appel qui lui était adressé rencontrait une réponse immédiate. « Oh, il faut aider le pauvre un tel. Je dois le faire d'une manière ou d'une autre », disait-elle. ». À ses vingt ans, elle prend le contrôle d’une partie de son importante fortune et commence à répondre de manière indépendante aux demandes de charité. Un jour, alors qu'elle se promène en voiture, elle voit un jeune enfant utilisant des béquilles. Elle pose des questions et apprend que ses parents sont trop pauvres pour se permettre un traitement. Elle met alors de côté une allocation pour couvrir les frais médicaux de l'enfantMassie, p. 136.. Un fonctionnaire de la cour, Alexandre Mossolov, rappelle que le caractère de la jeune femme est « égal, bon, avec une gentillesse presque angélique »Maylunas and Mironenko, p. 370.. Cependant, Olga est aussi connue pour son caractère colérique et ses sautes d'humeur. D'ailleurs, un jour pendant son enfance, elle perd patience en posant pour un portrait et se fâche contre le peintre.. Les précepteurs et les gouvernantes d'Olga remarquent que la jeune fille est parfois autoritaire et impulsive. , écrit l'amie de sa mère, Anna Vyroubova, qui rappelle les difficultés d'Alexandra à maintenir sa fille aînée calme, et ajoute : ..

À l'adolescence, Olga est souvent grondée par ses parents, qui veulent qu'elle soit plus polie avec ses serviteurs, avec qui elle a de nombreuses disputes quand elle est fatiguée ou nerveuseMaylunas and Mironenko, pp. 318–319.. Olga répond à cela qu'elle va essayer de faire de son mieux pour arranger la situation, mais que ce n'est pas facile, car, selon elle, certains serviteurs s'énervent contre elle sans aucune raisonMaylunas and Mironenko, p. 319.. Toutefois, l'une des femmes de chambre, Elizaveta Esberg, déclare à sa nièce que les serviteurs ont parfois de bonnes raisons de se disputer avec Olga, car la grande-duchesse peut parfois être gâtée, capricieuse et paresseuseRadzinsky, The Last Tsar, p. 116.. vignette|318x318px|Les grandes-duchesses Olga et Tatiana en tenues de cour, à l'occasion du tricentenaire de leur dynastie, en 1913. À l'inverse de ses frère et sœurs, Olga aime beaucoup lire et travailler à ses leçons. Son précepteur Pierre Gilliard note d'ailleurs qu'.

Elle aime s'informer à propos de la politique et lire les journaux. Elle apprécie choisir parmi la sélection de livres de sa mère et lorsqu'elle est surprise en train de prendre un roman avant que sa mère ne le lise, Olga dit en plaisantant qu'Alexandra doit attendre jusqu'à ce qu'elle ait déterminé si c'est un livre approprié pour elleMassie (1967), p. 133.. La grande-duchesse est aussi douée pour la musique. Ses professeurs disent qu'elle a « une oreille absolument correcte ». La baronne Sophie Buxhoeveden écrit : « Elle pouvait jouer à l'oreille tout ce qu'elle avait entendu, et pouvait transposer des morceaux de musique compliqués, jouer les accompagnements les plus difficiles à vue, et son toucher du piano était délicieux. Elle chantait joliment en mezzosoprano. Elle était paresseuse pour la pratique, mais quand elle était décidée, elle jouait des heures ».

La grande-duchesse passe la plupart de son temps avec sa sœur Tatiana ; elles partagent d'ailleurs la même chambre, s'habillent pareil et sont connues comme « la grande paire »Massie (1967), p. 135.. Olga Nikolaïevna est particulièrement proche de sa tante paternelle et homonyme, la grande-duchesse Olga Alexandrovna. Plus tard, Olga Alexandrovna déclare que « Olga me ressemblait par son caractère, et c'est peut-être pour cela que nous nous comprenions si bien »Helen Rappaport, The Romanov Sisters, p. 102..

Olga idolâtre son père et porte un collier avec une icône de Saint-NicolasRadzinsky (1992), p. 358.. Olga, tout comme ses frère et sœurs, adore jouer au tennis et faire de la natation avec son père pendant leurs vacances d'été et se confie à lui lors de leurs longues promenades. Bien qu'elle aime beaucoup sa mère, elle entretient avec elle des relations tendues à l'adolescence : gauche|vignette|235x235px|De gauche à droite : la tsarine Alexandra, les grandes-duchesses Tatiana, Olga et Anastasia à bord du Standardt, en 1914. , écrit Alexandra dans une lettre adressée à Nicolas, le Bokhanov et al., p. 124.. Alexandra se plaint également de la mauvaise humeur et de la réticence de sa fille à rendre visite aux blessés qui se font soigner dans l'hôpital aménagé au palais d'HiverKing and Wilson, p. 47.. En 1913, Olga se plaint dans une lettre adressée à sa grand-mère, l'impératrice douairière Marie Feodorovna (Dagmar de Danemark), des dépressions incessantes d'Alexandra : , écrit Olga. Marie de Saxe-Cobourg-Gotha, qui rencontre les grandes-duchesses lors de leur visite en Roumanie en 1914, commente dans ses mémoires que les filles sont naturelles et se confient à elle quand Alexandra n'est pas présente, mais que dès qu'elle apparaît « elles semblaient toujours surveiller chacune de ses expressions pour être sûres d'agir selon ses désirs »King and Wilson, p. 45..

Alexandra rappelle fréquemment à Olga d'être un bon exemple pour ses jeunes frères et sœurs et de veiller à ce qu'ils se comportent bien. Dans de nombreuses lettres, Alexandra lui écrit : « N'oublie pas avant tout de toujours être un bon exemple pour les petits »Helen Rappaport, The Romanov Sisters, p. 119. et la prévient : « Tu dois avoir une influence positive sur eux ». Olga a toutefois du mal à garder ses frères et sœurs sous contrôle. Alexandra reproche à Olga, âgée de seize ans, assise à côté de son frère de sept ans, de ne pas réussir à contrôler le mauvais comportement du tsarévitch lors d'un dîner en famille. En effet, Alexis, gâté, taquine les autres à table, refuse de s'asseoir sur sa chaise et de manger et lèche son assiette. Les attentes de la tsarine sont déraisonnables selon le grand-duc Constantin Constantinovitch de Russie, cousin éloigné de la famille impériale : « Olga ne peut pas s'occuper de lui », écrit-il dans son journal le Maylunas and Mironenko, p. 352.. Olga est toutefois proche de son jeune frère. Alexis l'adore et la considère comme sa sœur préférée. Chaque fois que ses parents le réprimandent, le tsarévitch « déclarait qu'il était le garçon d'Olga, récupérait ses jouets et se rendait à son appartement »Helen Rappaport, The Romanov Sisters, p. 136..

Le petit garçon a de fréquentes crises d’hémophilie et manque de mourir à plusieurs reprises. Comme leur mère, les grandes-duchesses sont elles aussi potentiellement porteuses du gène de l’hémophilie. selon la grande-duchesse Olga Alexandrovna, la sœur cadette d'Olga, Maria, aurait eu une hémorragie en lors d'une opération visant à lui retirer les amygdales. Le médecin responsable de l'opération est alors si nerveux que la tsarine Alexandra doit lui ordonner de continuer. Olga Alexandrovna estime que ses quatre nièces saignent plus que la normale et qu'elles sont porteuses du gène de l'hémophilie comme leur mère, qui a hérité ce trait de sa grand-mère maternelle, la reine VictoriaVorres, p. 115..