Ahmed Ibn El Melih (en arabe : احمد ابن المليح) né en 1916 à Fès, est un nationaliste et diplomate marocain. Son action nationaliste fut marquée par la place qu’il occupa au sein du parti de l'Istiqlal dès sa création et par le rôle qu’il joua au sein du Bureau du Maghreb arabe au Caire. La fin de sa lutte nationaliste lors de l’indépendance du Maroc en 1956 marqua le début de sa carrière de diplomate au cours de laquelle il occupa le poste d’ambassadeur du royaume du Maroc dans la majorité des pays arabes et du Moyen-Orient et tissa ainsi des liens étroits, notamment sur le plan économique et diplomatique entre les régimes modernes de ces régions et le Maroc.

Origines et nationalisme Ahmed Ibn El Melih est né à Fès, au Maroc au sein d’une famille de commerçants d’origine arabo-andalouse (ayant mené la révolte des Alpujarras au en Andalousie). Il fait ses études à l'université Al Quaraouiyine et s’engage dans le combat nationaliste en tant que membre du parti de l’Istiqlal dès sa formation, aux côtés de Allal El Fassi. Il figure parmi la soixantaine de membres de la cellule nationaliste secrète (« al-Ṭāʾifa », issue d’« al-Zāwiya ») constituée à la suite du Dahir berbère de 1930, noyau fondateur du futur Parti de l’Istiqlal : « فأسّسنا ما سمّيناه الطائفة، وقد بلغ عدد أعضائها الستين، وكان منهم أحمد بن المليح. ».

En 1937, il rejoint Le Caire où il termine ses études par l’obtention d’une licence en langues orientales et où il est élève de Taha Hussein. Il y est membre de la mission estudiantine marocaine et participe à la Ligue de défense du Maroc (Rābiṭat al-difāʿ ʿan Marrākush), de tendance istiqlalienne, qui dépose en janvier 1944 un mémorandum réclamant l’indépendance du Maroc auprès de la France libre et des ambassades alliées au Caire : « كان من أعضاء البعثة الطلابية المغربية بالقاهرة المنتمين للحزب الوطني الأستاذ أحمد بن المليح. وقد كوّن طلبتنا بالقاهرة رابطة الدفاع عن مراكش، وكان أكثر أعضائها منتمين لحزب الاستقلال، ومنهم أحمد بن المليح. ». En 1947, cette Ligue fusionne dans le Bureau du Maghreb arabe, œuvrant pour l’indépendance des pays du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie), où il représente le Maroc aux côtés de Allal El Fassi, Habib Bourguiba et Mohamed Khider, jusqu’à l’indépendance du Maroc en 1956.

Ce départ pour Le Caire s’inscrit dans un véritable mouvement d’exil des grands nationalistes marocains. Ces années d’éloignement pour la cause nationaliste l’empêchent de rentrer au Maroc au risque d’être emprisonné par le régime du protectorat. Il ne pourra donc pas y revenir lors du décès de son père. Cependant en 1952, il rentre au Maroc à la demande du parti de l’Istiqlal accompagné de sa femme et de sa fille pour une courte période. Il est contraint de se déguiser pour ne pas être reconnu des autorités françaises.

En 1947, lorsque la France transfère l’émir Abdelkrim el-Khattabi de son exil vers la métropole, les nationalistes du Bureau du Maghreb arabe organisent, au passage du canal de Suez, son débarquement et son asile en Égypte. Ahmed Ibn El Melih prend part à cette action comme représentant du Parti de l’Istiqlal au sein de la délégation marocaine venue à la rencontre de l’émir à Port-Saïd : « وقد اجتمعت أنا وأعضاء حزب الاستقلال وحزب الإصلاح بالقاهرة، وقررنا أن نبعث وفداً يتركب من الأستاذ أحمد ابن المليح نيابة عن حزب الاستقلال ومن الأستاذ محمد ابن أعبود نيابة عن حزب الإصلاح، لتبليغ الأمير عبد الكريم وعمه الأمير عبد السلام وأخيه الأمير محمد تهنئتنا باسم مراكش كلها. » : « أهم وأخطر عمل قام به مكتب المغرب العربي هو «قرصنة» الباخرة التي كانت تقل الزعيم محمد بن عبد الكريم الخطابي؛ فعند مرور الباخرة من قناة السويس تدخل وفد من مكتب المغرب العربي، فغادر الزعيم الباخرة ونزل في مصر لاجئاً، بعد أن دبر المكتب عملية القرصنة. ».

Toujours au Caire, et dans le prolongement de son activité au sein du Bureau du Maghreb arabe, Ahmed Ibn El Melih — compagnon de militantisme d’Allal El Fassi, dont il avait partagé l’exil et vécu de près les événements relatés — était à même d’en réviser le récit : il supervise l’impression de l’ouvrage de ce dernier, Les Mouvements indépendantistes au Maghreb arabe (Le Caire, 1948), considéré comme un ouvrage de référence sur le nationalisme nord-africain, et en corrige les épreuves, l’auteur l’en remerciant nommément, comme « son ami », dans la préface : « وقبل أن أختم هذه الفاتحة، أشكر صديقي الأستاذ أحمد ابن المليح على مساعدته في الوقوف على طبع هذا الكتاب وتصحيح أغلاطه المطبعية، كما أشكر مطبعة الرسالة على عنايتها وعظيم اهتمامها. ».

Carrière diplomatique Carrière diplomatique : 1956-1958 : ministre plénipotentiaire du royaume du Maroc en Égypte et en Syrie 1961-1963 : ambassadeur du royaume du Maroc en Irak 1963-1964 : ambassadeur du royaume du Maroc en Égypte -1968 : ambassadeur du royaume du Maroc en Iran et en Turquie. 1971-1972 : ambassadeur du royaume du Maroc en Libye. Pour des raisons politiques, il y a rupture des relations diplomatiques entre les deux pays et échange des ambassadeurs marocain et libyen mis sous protection à Tunis. 1973-1977 : ambassadeur du royaume du Maroc aux États arabes du golfe Persique (Koweït, Bahreïn, Oman, Qatar, Émirats arabes unis). Il y joua un rôle important pour l’établissement des relations économiques notamment pour le financement de grands projets au Maroc. Il obtint également l’appui de ces pays concernant l’appartenance du Sahara occidental au Maroc.

Archives De par sa formation à l'université Al Quaraouiyine et l'obtention de sa licence en langues orientales à l'université du Caire, Ahmed Ibn El Melih était reconnu par ses pairs pour sa maîtrise de l'arabe littéraire ainsi que du persan, comme l'attestent certains écrits et billets littéraires retrouvés et référencés aujourd'hui.

Décorations 80px Officier de l'ordre du Trône () 80px Grand cordon de l'ordre de la République () 80px Grand cordon de l'ordre de l'Indépendance () 80px Grand cordon de l'ordre impérial du Homayoun () 80px Médaillon de la classe spéciale de l'ordre du Koweït ()

Vie familiale Ahmed Ibn El Melih, fils de Haj Taya et de Halima Guennoun, épouse Ihsane Abdelhamid Ibrahim fille d'ingénieur agronome égyptien. Abdelkrim el-Khattabi et son frère M'hamed El Khattabi sont témoins à leur mariage en 1948. Ils eurent trois enfants : Salma, Marouane et Khaled.

Son nom de famille ayant connu différentes transcriptions en langue française, toutes issues du nom originel arabe (ابن المليح), on pourra retrouver également des documents avec les écritures suivantes : Bel Melih, Benmlih, Benlamlih et Belemlih.

Références

Catégorie:Anticolonial marocain Catégorie:Personnalité du Parti de l'Istiqlal Catégorie:Nationaliste Catégorie:Ambassadeur du Maroc à Bahreïn Catégorie:Ambassadeur du Maroc en Égypte Catégorie:Ambassadeur du Maroc aux Émirats arabes unis Catégorie:Ambassadeur du Maroc en Irak Catégorie:Ambassadeur du Maroc en Iran Catégorie:Ambassadeur du Maroc au Koweït Catégorie:Ambassadeur du Maroc en Libye Catégorie:Ambassadeur du Maroc au Qatar Catégorie:Ambassadeur du Maroc en Syrie Catégorie:Ambassadeur du Maroc en Turquie Catégorie:Naissance en janvier 1916 Catégorie:Naissance à Fès Catégorie:Naissance dans le protectorat français au Maroc Catégorie:Décès en juin 1978 Catégorie:Décès au Caire Catégorie:Décès à 62 ans