La Seine est un fleuve français long de ., qui coule dans le Bassin parisien et irrigue notamment les villes de Troyes, Paris (la capitale de la France), Rouen et Le Havre. Sa source se situe à d'altitude à Source-Seine, en Côte-d'Or, sur le plateau de Langres, et son cours a une orientation générale du sud-est au nord-ouest. La Seine se jette dans la Manche entre Le Havre et Honfleur. Son bassin versant, d'une superficie de , réunit environ 30 % de la population française.
Hydronymie
La forme la plus ancienne se trouve chez César : Sequana, Marianne Mulon, Noms de Lieux d'Île-de-France, Éditions Bonneton, 1997, . ; le grec Strabon au écrit : Sēkouanós ; Sēkoánas au chez PtoléméeJean-Marie Cassagne et Mariola Korsak, Origine des noms de lieux de Paris et grande couronne, (91-92-93-94-95) (2009), . ; Sequana en 558Toponymie générale de la France, Librairie Droz, Genève, 1990, , . ; Segona, Sigona au (Grégoire de Tours) ; Sequana au . ; Secana vers 1350 (Pouillé)..
La plupart des spécialistes considèrent l'origine du nom Sequana comme incertaine et obscure. Certains y voient une erreur de transcription d'un ou de plusieurs mots celtiques différents. D'autres un hydronyme préceltique, au motif que le groupe [kʷ] n'existe pas en celtique gaulois (et brittonique), où il a évolué en [p] (exemple : pinp[etos] « cinq[uième] » en gauloisPierre-Yves Lambert, La langue gauloise, éditions Errance 1994, ., pimp en gallois, pemp en breton, par contre irlandais cinc, latin quinque > cinq, etc. — ils procèdent tous de l'indo-européen *pénkʷe). Cependant, cette évolution a pu se produire postérieurement à l'attribution du nom Sequana par les premiers arrivants celtes : ceux-ci semblent en effet avoir parlé un « proto-celtique » où la mutation /kʷ/ > /p/ n'était pas encore réalisée, comme l'attestent certaines inscriptions celtibères retrouvées en Espagne.
Mais rien n'empêche une réinterprétation du nom en *se-ku-anaPierre-Yves Lambert, op. cit., .. L'élément -ana est fréquent par ailleurs en hydronymie et en toponymie. Il apparaît sous la forme à l'accusatif anam dans le glossaire d'EndlicherDe nominibus Gallicis, fondé sur des copies, dont la plus ancienne date de 796. ; il y est traduit par le latin paludemPierre-Yves Lambert, op. cit., . (accusatif de palus, -udis « étang, marais »). Le nom de l'Yonne contiendrait plutôt l'élément -onno (cf. onno donné pour flumen « cours d'eau, rivière, fleuve », lui aussi répandu, dans ce même glossaire). On peut douter de la celticité de ces deux termes, notamment du mot onno, utilisés pourtant en gaulois, semble-t-il.
Pour expliquer Sequana, Ernest Nègre a proposé un hypothétique thème préceltique *seikw « verser, couler, ruisseler » suivi du suffixe gaulois -anaErnest Nègre, op. cit.. Une racine indo-européenne *seikʷ- de même signification a été conjecturée...
Jacques Lacroix le fait dériver d'un radical (S)Ico- « eau »Jacques Lacroix, Les noms d'origine gauloise : la Gaule des combats, 2012, .. Albert Dauzat propose une racine hydronomique pré-celtique *sēc- (cf. Secalonia > Sologne, peut-être de *sec- « marécage »), dont des variantes figureraient dans d'autres hydronymes *seg-, *sac-/*sag-, *sic-/*sig-..
Selon Philippe Diffre et Charles Pomerol, l'hydronyme proviendrait du celte sin-ane, la lente rivière ou sôgh-ane, la paisible rivière.
Les Vikings la nommaient Signa qui est encore son nom en islandais.
Géographie vignette|Carte de la vallée de la Seine, vers 1750, BnF.|redresse=1.2|gauche Cours vignette|La Seine et Notre-Dame de Paris en 2011.|redresse=1.2|gauche
La Seine est partagée en cinq parties, d'amont en avalSelon projetlabel.org. : la Petite Seine, de la source à Montereau-Fault-Yonne (confluent avec l'Yonne) ; la Haute Seine, de Montereau-Fault-Yonne à Paris ; la traversée de Paris ; la Basse Seine : toute la partie de la Seine qui est en aval de Paris, jusqu'à Rouen ; la Seine maritime, de Rouen à la Manche.
Le lac artificiel de la forêt d'Orient, en amont de Troyes, ainsi que le lac du Der-Chantecoq en amont de Saint-Dizier ont été créés dans les années 1960 et 1970 pour réguler le débit du fleuve.
En Île-de-France et en Normandie, la faible déclivité de la vallée de la Seine a causé la formation de multiples et profonds méandres, parfois d'une très forte sinuosité sur plusieurs dizaines de kilomètres. Pour la même raison, les effets de la marée se font sentir sur une centaine de kilomètres, jusqu'au barrage de Poses, et se manifestaient jusqu'à un passé récent, par le phénomène du mascaret, appelé barre en Normandie, et qui correspond à une brusque augmentation du niveau de l'eau induite par l'onde de la marée montante lors des grandes marées. Le phénomène et le mot ont été popularisés par le roman de Maurice Leblanc appartenant à la série des Arsène Lupin : La Barre-y-va.
Source Les « sources officielles » de la Seine sont situées sur le territoire de la commune de Source-Seine, sur le plateau de Langres, à une altitude de .D'après le repère de nivellement Z.C.R3-7 du service de géodésie et nivellement de l'IGN. L'altitude s'entend comme l'altitude normale dans le système IGN69 ; elle est exactement de pour un repère à du sol. Les coordonnées sont données dans le système WGS 84 et ont été obtenues par transformation depuis le système NTF en projection Lambert 2 grâce au logiciel Circé fourni par l'IGN.. Les sources de la Seine sont la propriété de la Ville de Paris depuis 1864. Une grotte artificielle a été construite l'année suivante pour abriter la source principale et la statue d'une nymphe symbolisant le fleuve. Cependant, la capitale s'est désintéressée du site et il était question en 2004 que la parcelle revienne à la région Bourgogne., sans effet en 2023.. Le site abrite également les vestiges d'un temple gallo-romain (actuellement enfouis). Des objets témoignant du culte aux sources du fleuve (Dea Sequana) sont exposés au musée archéologique de Dijon.
Bassin versant thumb|upright=1.5|Les lignes rouges correspondent aux principales lignes de partage des eaux européennes. Le bassin versant de la Seine, d'une superficie de , est quasi entièrement compris dans le Bassin parisien qui, d'un point de vue géologique, constitue un bassin sédimentaire affectant la forme d'une cuvette ouverte vers la Manche et l'Atlantique. Ce bassin est constitué par un empilement de formations géologiques à faible pente convergeant vers le centre et entre lesquelles s'intercalent d'importantes formations aquifères.. Le relief du bassin versant de la Seine ne s'élève généralement pas au-dessus de , sauf sur sa marge sud-est dans le Morvan où il culmine à (Haut-Folin). La modestie de l'altitude moyenne du bassin versant explique les faibles pentes des cours d'eau (entre 0,01 et pour ) qui coulent globalement vers le nord-ouest, en se frayant leur chemin à travers les cuestas faisant saillie à l'est du bassin puis en incisant les plateaux du centre de la région..
La quasi-intégralité du bassin versant de la Seine se trouve en France, seules les sources et les premiers kilomètres de l'Oise, de l'Artoise, du ruisseau des Anorelles et de leurs petits affluents se trouvent en Belgique, à l'extrémité méridionale de la province de Hainaut.
Les tripoints hydrographiques aux extrémités des lignes de partage des eaux séparent le bassin versant de la Seine d'avec : celui du Rhône (par la Saône) vers la mer Méditerranée et celui de la Meuse vers la mer du Nord : en Haute-Marne sur le plateau de Langres dans la commune de Val-de-Meuse, au sud des vestiges de la voie romaine de Langres à Bourbonne-les-Bains, à proximité du chemin de Falouande (, altitude : ) ; celui du Rhône vers la mer Méditerranée et celui de la Loire vers l'océan Atlantique : en Côte-d'Or sur la commune de Meilly-sur-Rouvres, identifié (sur la carte IGN) au château d'eau du chemin communal de la Vachère, en bordure de la « Pièce du Pâtis » (, altitude : ).
Géologie
Il est possible que la Loire ait rejoint au Miocène ou au Pliocène la Seine par le cours de l'actuel Loing. La Seine traversait alors une vaste pénéplaine de nature argileuse sous un climat subtropical. Il y a trois millions d'années, la région a subi un refroidissement et un soulèvement dû à la poussée des chaînes pyrénéenne et alpine au sud. Les glaciations de l'ère quaternaire firent baisser le niveau des mers et océans, si bien que la Seine se jetait alors au large de la Bretagne actuelle (la Manche était la vallée du Rhin augmentée de la Meuse, de la Tamise et de la Somme, entre autres)Jérôme Chaib, « Vallée de la Seine : entre naissance et renaissance », dans Études normandes , 2007 , .. Cette période fut marquée par la , et par une intense érosion rabotant les plateaux et formant des terrasses alluviales. L'aspect actuel de la Seine remonte à la fin de la dernière glaciation, vers .
Régions et départements traversés vignette|upright=0.71|Le gigantesque Cratère de Vix, haut de 1,64 mètre - le plus grand vase de bronze de toute l'Antiquité. Les régions et départements traversés sont les suivants, en allant de la source vers l'embouchure : dans la région Bourgogne-Franche-Comté : la Côte-d'Or ; dans la région Grand Est : l'Aube et la Marne ; dans la région Île-de-France : la Seine-et-Marne, l'Essonne, le Val-de-MarneLa Seine en amont de Paris. Région Île-de-France, service patrimoines et Inventaire., Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis, le Val-d'Oise et les Yvelines ; dans la région Normandie : l'Eure, la Seine-Maritime et le Calvados (longé à l'extrême fin de l'embouchure).
Communes riveraines
De Source-Seine (ex-Saint-Germain-Source-Seine) à Honfleur, il y a 313 communes riveraines de la Seine, parmi lesquelles Paris, capitale de la France. L'une d'elles, L'Île-Saint-Denis, est même entourée par le fleuve.
Hydrologie Régime hydrique Le Bassin parisien connait un climat océanique avec un apport constant d'humidité véhiculé par les vents dominants d'ouest. La pluviométrie est comprise entre et dans les régions côtières, et elle s'abaisse jusqu'à dans les régions centrales faute de relief (altitude inférieure à en Île-de-France) avec un minimum dans la Beauce, pour remonter sur les marges orientales avec un maximum à dans le Morvan.. La Seine et trois de ses principaux affluents qui circulent dans des régions aux caractéristiques similaires (régime océanique, faible relief et géologie identique) partagent le même régime hydrographique avec un débit maximal en janvier et un minimum en août. Le Bassin parisien comprend neuf aquifères qui s'intercalent entre les différentes couches géologiques. Le réseau hydrographique est relié en différents points directement à l'aquifère la moins profonde : en fonction de la hauteur des eaux, elle alimente la Seine ou est alimentée par celle-ci. Enfin, la couche d'alluvions présente dans les vallées avec une épaisseur inférieure à constitue une dixième formation aquifère très productive..