Les sont un vaste réseau de vallées submergées à l'extrémité nord de l'île du Sud en Nouvelle-Zélande. Ce réseau, qui baigne en totalité la mer de Tasman, couvre environ quatre mille kilomètres carrés, mais le dessin complexe du trait de côte donne à ce dernier une longueur de mille cinq cents kilomètres environ. Ils se sont créés par un double effet de subsidence et d'élévation du niveau de la mer.
Dessinant un réseau complexe où s'entremêlent la terre et la mer, les constituent un site exceptionnel, notamment du fait des pentes montagneuses plongeant directement dans la mer, mais aussi de la couverture végétale initialement très dense et très riche de ces pentes. La forêt, qui descend à l'origine jusqu'au bord même de l'eau, est notamment composée d'un certain nombre d'espèces endémiques, en particulier les nothofagus et les podocarpes.
Les eaux des rias sont également propices au développement de certaines espèces végétales ou animales marines, notamment la moule verte pour laquelle la baie de Pelorus est réputée. Les baleines franches avaient, avant l'occupation humaine, habitude d'y faire relâche pour y mettre bas leurs petits environ six mois par an.
Dans la mythologie maorie, les constituent la proue à moitié émergée du waka (pirogue) qu'est l'île du Sud, et qui porte l'Aoraki. Le site est fortement lié au récit du combat mythique du héros légendaire Kupe contre la pieuvre géante Te Wheke-a-Muturangi, qui aurait laissé des traces visibles dans le paysage.
Les Maoris arrivent sur le site vers le et pratiquent notamment la pêche et la chasse, mettant en péril quelques espèces. Mais c'est surtout l'arrivée des hommes blancs à partir du , puis la colonisation britannique, qui modifient tout l'équilibre écologique du lieu. L'exploitation de ce milieu par l'homme, notamment à travers la déforestation, l'élevage ovin, l'orpaillage, la pêche industrielle et plus particulièrement la chasse à la baleine, puis par le tourisme, a fortement fragilisé ces lieux. Elle provoque en effet une érosion accrue des pentes, une pollution des cours d'eau et des bras de mer, une raréfaction de la biodiversité et l'accroissement de certaines espèces invasives.
À partir des années 1960, des premières actions correctives sont menées, parfois contre-productives avec l'importation d'espèces invasives végétales ou animales. À partir des années 1990 et surtout 2000, les actions menées sont à la fois plus ambitieuses et mieux documentées. Toutefois, certains scientifiques estiment que ces mesures sont encore insuffisantes pour protéger l'équilibre écologique de la région.
Géographie Localisation gauche|vignette|redresse|alt=Photographie satellite d'un détroit ; la rive occidentale est très découpée.|Le détroit de Cook, avec l'île du Sud sur la gauche, et les en haut à gauche, et l'île du Nord sur la partie droite.
Les sont localisés à l'extrémité nord-est de l'île du Sud, à peu près au droit de la capitale néo-zélandaise Wellington, située juste de l'autre côté du détroit de Cook ..
Ils sont constitués de terres et des bras de mer situés au nord d'une ligne allant de la baie de Tasman au sud du détroit de Cook. L'extrémité occidentale de la zone généralement admise est le cap Soucis, qui ferme Croisilles Harbour. Du côté oriental, la limite est un peu plus floue et varie suivant les sources. Pour certains auteurs, il s'agit de Rārangi, premier établissement humain en venant du nord, situé à la limite de la plaine alluviale de la Wairau. Pour d'autres, la limite est tracée par la baie Robin Hood, désormais plus connue sous le nom de . . ..
La délimitation la plus courante de la zone ne correspond pas exactement au bassin versant des rias ; en particulier, le bassin versant de la Pelorus ne fait pas partie de la zone au sens strict ..
Morphologie vignette|alt=Photographie satellite d'un réseau de cheanux maritimes, de presqu'îles et d'îles.|Photographie satellite de 2017 centrée sur les .
Les forment un enchevêtrement de rias et de crêtes insulaires ou péninsulaires, s'étendant sur une surface d'environ carrés ; mais le dessin de côte est si capricieux qu'il mesure, suivant les sources et l'échelle, de à de longueur (cette dernière longueur à l'échelle ), soit un cinquième du linéaire côtier néo-zélandais . . ..
Les pentes descendant des sommets vers la mer sont comprises entre 5 et 35° d'inclinaison ; en comparaison, les pentes des vallées fluviales se jetant dans les rias sont inférieures à 0,2°. En dehors des deux vallées du Pelorus et de la Kaituna, les espaces plats représentent moins de 3 % de la surface émergée de la zone.
Les vallées noyées sont en outre des zones de dépôt sédimentaire important ; ainsi, l'épaisseur cumulée de sédiments dans la baie de Tōtaranui est estimée à quatre cents mètres. L'interpénétration des milieux terrestres et maritimes fait qu'aucun point terrestre des n'est éloigné de plus de dix kilomètres de la mer.
De ce fait, contrairement à des fjords, les rias des Marlborough Sounds sont relativement peu profondes, ne dépassant jamais cinquante mètres de profondeur dans la partie interne des rias, alors que certaines parties du détroit de Cook sont profondes de plusieurs centaines de mètres ..
Sites principaux Bras de mers La principale ria des Marlborough Sounds est la baie de Pelorus, également nommée Te Hoiere en maori. Elle est longue de 56 kilomètres ; avec ses dépendances, elle couvre une surface trois fois plus importante que celle des autres rias principales de la zone .. Elle s'ouvre sur la mer libre au nord-ouest des Marlborough Sounds. C'est tout au fond de cette ria que l'on trouve le village de Havelock ..
La baie de Kenepuru est un bras secondaire du Pelorus, côté rive droite, quasiment à la tête de la baie .. La baie de Tennyson est également un bras secondaire de la baie de Pelorus, mais située en rive gauche et beaucoup plus près de l'ouverture de la baie sur la mer .. De nombreuses autres baies ponctuent la ria de Pelorus ; en allant du fond de baie vers l'embouchure, se trouvent notamment les baies , , , du Nord-Ouest, Crail, Beatrix et Fitzroy, pour ne citer que les principales ..
La baie autrefois connue sous le nom de « Reine Charlotte » est désormais plus connue sous son nom maori, baie de Tōtaranui. Contrairement à celle de Pelorus, elle s'ouvre au nord-est, du côté du détroit de Cook. Globalement parallèle à la baie de Kenepuru, elle n'en est séparée que de quelques centaines de mètres au droit de .. D'autre part, l'extrême fond de la baie, Okiwa Bay, est séparé de Mahakipawa Arm par une bande de terre de cinq kilomètres de largeur environ, mais qui ne dépasse jamais dix-sept mètres d'altitude .. C'est sur la rive sud de Tōtaranui qu'est située la principale ville des Marlborough Sounds, le port de Picton ..
Le canal de Tory ou fait communiquer la baie de Tōtaranui avec le détroit de Cook ..
À l'extrême nord-ouest du système est situé Croisilles Harbour, nommé par Jules Dumont d'Urville en hommage à son oncle Jean-Jacques-François de Croisilles, chanoine et futur évêque auxiliaire de Bayeux, qui lui a donné le goût de la botanique ..
Enfin, à l'opposé, complètement au sud-est, est située la ria anciennement nommée et qui a repris son nom maori originel Te Whanganui.
Presqu'îles et îles Les bras de mers sont encadrés par diverses presqu'îles relevant de l'île du Sud, ainsi que par plusieurs îles plus petites. Les plus vastes de ces dernières sont l'île d'Urville et l'île Arapaoa ; mais d'autres îles, quoi que plus petites, présentent des caractéristiques particulières, comme les îles Blumine, Motuara, Chetwode, Forsyth, Longue, Matapara, de Maud ou Stephens.
Le point culminant de la région est le mont Stokes, qui s'élève à d'altitude et domine le renflement le plus important de la presqu'île qui sépare la baie de Pelorus de celle de Tōtaranui ..
Unités écosystémiques Dans le Plan de gestion des ressources des Marlborough Sounds, publié en 1991, la zone est divisée en huit écosystèmes marins et onze écosystèmes terrestres . :
+ Unités écosystémiques des Marlborough SoundsUnités marinesUnités terrestres Unités marines exposées 1 : Île d'Urville et pourtour de Croisilles Harbour A : Détroit de Cook oriental — Baie de Tōtaranui externe 2 : Chaînon Bryant B : Île d'Urville — Détroit de Cook septentrional 3 : Détroit de Cook Unités marines protégées 4 : Bulwer C : Te Whanganui 5 : Île Arapaoa et environs D : Baie de Tasman — Baie de l'Amirauté 6 : Portage E : Baie de Pelorus médiane 7 : Mont Stokes et alentours F : Baie de Pelorus interne 8 : Nydia G : Canal de Tory 9 : Vallée de la Pelorus H : Baie de Tōtaranui 10 : Vallée de la Kaituna 11 : Robertson
Hydrographie Marées et houle La houle peut s'exercer dans les Sounds extérieurs en cas de tempête, et être assez dangereuse pour la navigation, les creux pouvant atteindre deux mètres .. En revanche, elle est relativement faible dans le système interne, du fait des tracés tortueux des rias. Les seules vagues sont provoquées soit par le vent soit par le passage des bateaux. La plupart du temps, elles sont comprises entre 25 et 35 centimètres de hauteur, avec une fréquence assez élevée, de l'ordre de deux secondes. Lors d'épisodes exceptionnels, elles peuvent atteindre un mètre de creux. Ces vagues n'affectent que la partie supérieure de la couche liquide et n'ont donc pas de capacité de transport de sédiments, à l'exception des vagues générées par le sillage des navires les plus importants ou les plus rapides ..
Deux systèmes différents de marée affectent le secteur. Le système occidental, comprenant la baie de Pelorus, ses bras secondaires et Croisilles Harbour, est lié au système amphidromique de la côte occidentale, la marée de crue se déplaçant vers le sud. Dans le système oriental, qui comprend la baie de Tōtaranui, le canal de Tory et Te Whanganui, la marée suit le régime de la côte orientale et se déplace vers le nord.
Propriétés de l'eau La plus grande étude sur la salinité de l'eau de mer des Sounds est réalisée par R. A. Heath en 1973, en mobilisant le navire R. V. Tangaroa, un bateau plus petit pour les eaux peu profondes, ainsi que des stations fixes. L'étude porte également sur la durée de rétention de l'eau et sa turbidité dans les deux principales rias, celle de Pelorus et celle de Tōtaranui ..
Elle permet notamment d'établir que la durée moyenne de rétention de rétention de l'eau dans la baie de Pelorus est de vingt-et-un jours, contre trente-six dans le Tōtaranui. D'autre part, la salinité ne décroît presque pas de l'embouchure de la baie de Tōtaranui jusqu'à la tête, alors qu'elle décroît fortement près de Havelock (jusqu'à une concentration de 18 grammes par litre en hiver, soit presque moitié moins que dans l'océan), ce qui s'explique par l'abondance des cours d'eau alimentant le Pelorus ..
Géologie Morphogenèse vignette|gauche|alt=Photographie aérienne de vallées submergées par la mer.|Le canal Tory, qui joint la baie de Tōtaranui au détroit de Cook, vu depuis le sommet du Rahotia, au sud-ouest.
D'un point de vue orographique, les sommets péninsulaires, insulaires et immergés de la région constituent l'extrémité de la chaîne des Alpes du Sud ..