La szaibélyite, encore nommée ascharite dans le monde germanique, est un simple hydroborate de magnésium, de formule développée Classée parmi les nésoborates, elle est souvent qualifiée de magnésienne. La graphie szaibélyite est également acceptée en français. Des ions Fe et surtout Mn, plus lourds, peuvent se substituer facilement aux ions Mg au sein de la structure cristalline. D'où les masses molaires en pratique (légèrement) supérieures dans les échantillons réels.. Elle était souvent décrite comme un borate monohydraté de formule supposée brute , en réalité double.

Ce corps minéral naturel, autrefois souvent décrit en maille orthorhombique avec la formule double, ou décrit plus précisément en maille monoclinique par la formule la plus simple, de densité supérieure à 2,62 et de dureté entre 3 et 3,5, est un minéral évaporitique, assez rare, de formation secondaire sous climat aride et caniculaire, mais il est aussi le plus souvent une roche associée aux serpentines ou aux marbres dolomitiques et skarns ayant subi un métamorphisme de contact, en masses fibreuses blanches, à éclat soyeux à terne, ou en masse terreuse souvent de couleur jaune à jaune pailleAu Maroc, le minéral ressemble souvent à l'amiante. Il est plus rare en nodules compactes ou d'incrustation poreuse..

Inventeur et étymologie, géotype Le minéralogiste Karl Ferdinand Peters qui décrit ce minéral en 1861 à partir d'échantillons saxons des antiques mines romaines d'Ascharia, près d'Aschersleben, et transylvains des mines de Baïta Bihor, le dédie définitivement en 1862 à l'inspecteur des mines transylvaines de cuivre ou Réz-Banya(szat), actuellement en Roumanie, le maître magyar Stephan Sjajbelyi (1777-1855) qui l'avait collectée et fait connaître au monde scientifique cette structure minérale singulièrePeters, Sitzungsberichte der Österreichrische Akademie der Wissenschaften Wien, 44, Abteilung 1, (1861) 81-185, sous la graphie die Sjajbélit.

Toutefois le géotype a influencé la dénomination populaire, qualifiant la roche autrefois connue. Le terme ascharite, voire alpha ou béta ascharite, est resté en usage parmi les mineurs et les gemmologues.

Un autre géotype est souvent proposé dans la littérature anglo-saxonne, il s'agit du gisement d'évaporites de Windsor ou Windsor Group evaporates, sis dans le comté Kings, au Nouveau Brunswick, Canada. En conséquence, un autre synonyme connu est camselliteEllsworth and Poitevin, article in Transactions of the Royal Society of Canada: 15: 1, 1921, cité comme camsellite.

Elle est encore nommée magnésiosussexite, en particulier dans le New-Jersey, en rapport avec le groupe minéralogique qu'elle forme avec la sussexite.

Caractéristiques Elle est faiblement soluble dans les acides. Ces échantillons peuvent être nettoyés à l'eau distillée.

Placée dans une flamme, sa poudre colore la flamme en vert.

L'analyse chimique pondérale, par exemple pour l'art verrier, donne en masse MgO, BO et HO.

Elle se distingue notamment par sa densité et sa dureté de l'indérite, l'inyoïte ou du chrysotile.

Cristallochimie et cristallographie Ces cristaux sont généralement aciculaires. Elle n'est pas clivable.

Les formes nodulaires sont le plus souvent blanche à l'extérieur, jaune à l'intérieur.

L'échange des ions métalliques magnésium Mg et manganèse Mn peut être progressif ou total. Il existe une série minérale de solutions solides dont les deux termes finaux sont la szaibélyite et la sussexite. Il peut être nommé groupe de la szaibélyite.

Gîtologie Sous forme de bulbes, d'agrégats fibreux, parfois en boules fibroradiées blanc neige ou en long amas asbestiformes rose chair, voire en veinules à fibres transversales ou en structures poreuses, elle est observable dans les anciens lacs boratés, des formations salines endoréiques, plus ou moins boratées, ou marines de niveau supérieure, notamment dans des vastes dépôts sédimentaires d'évaporites.

Elle peut être produite par la lente altération de la colemanite, de l'inyoïte et de l'hydroboracite, comme au lac Inder.

Elle est aussi présente dans les roches métamorphiques de contact, les groupes de serpentine, les marnes dolomitiques et les skarns, et autres bandes ferreuses. thumb|280x280px|Un monde minéral en gris, noir et blanc des confins de la Yakoutie russe : agrégation de roches magnésiennes avec masse principale de kotoïte massive grise, inclusion de ludwigite fibreuse et noire, encroûtement de szaibélyite secondaire, blanche, altérée et terreuse. Minéraux associés : carnallite, sylvine, halite, borax, boracite, fluoborite, ludwigite, kaïnite, gypse, hématite... mais aussi seamanite, sinhalite, pyrochroïte, rhodochrosite, wiserite, hausmannite, sonolite, alabandite, téphroïte, alleghanyite, willemite, leucophoenicite, hauckite...

Gisements Allemagne Aschersleben, mines potassiques de Stassfurt en Saxe-Anhalt Basse-Saxe Saxe Australie Tasmanie, Zeehan district Canada Douglas Lake, Colombie britannique Ontario Nouveau Brunswick Chine Corée du Nord Holkol États-Unis Alabama, comté de Clarke, Salt swell Stinson Beach, comté Marin et carrière de Crestmore, en Californie Comté de Sussex au New-Jersey, district minier Franklin Michigan Nevada France Prats de Molo, mines de Costabonne Grande-Bretagne Whitby, mine de potasse York Écosse, île de Skye Grèce Seriphos, dans les Cyclades Italie vaste gisement de szaibélyite compacte, associée à la ludwigite, à Brosso, près de Turin, dans le Piémont. Lombardie, mines en Valteline Kazakhstan district d'Atyrau, dôme salin et anciens dépôts du lac Inder, matière produite par altération de la colemanite, de l'inyoite et de l'hydroboracite Maroc Ouarzazat, Tazenakht Norvège comté de Buskerud, Modum, association avec la serpentine Pologne dôme salin de Klodawa Roumanie Russie Slovaquie Suède

Usage thumb|Szaibélyite sur serpentine : vieil échantillon californien, Stinson beach, Marin county Elle servait et sert encore à la fabrication d'acide borique. Les principaux emplois concernent l'industrie chimique et verrière.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Henri-Jean Schubnel, avec Jean-François Pollin, Jacques Skrok, Larousse des Minéraux, sous la coordination de Gérard Germain, Éditions Larousse, Paris, 1981, 364 . entrée Ascharite ou szaibélyite' et szaibélyite . Ray L. Frost, Ricardo Scholz, Andrés López, Fernanda Maria Belottic, "The molecular structure of the borate mineral szaibelyite MgBO2(OH) – A vibrational spectroscopic study", Journal of Molecular Structure, Volume 1089, , pages 20–24. Waldemar Theodore Schaller, The identity of ascharite, camsellite and B-ascharite with szaibelyite; and some relationships of the magnesium borate minerals'', American Mineralogist, 27, 1942, pages 467-486.

Liens externes Un exemplaire asbestiforme marocain du Smithsonian museum of natural history Fiche du Mineralenatlas Donnée minérale sur la szaibélyite Présentation sur le Webmineral Données du Handbook of Mineralogy article japonais sur sa structure cristalline, pseudosymétrie et polymorphisme Ascharite sur le site mindat.org de la Hudson Institute of Mineralogy

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