Le Parti travailliste néo-zélandais ( et ) est un parti de centre gauche et l'un des principaux partis de Nouvelle-Zélande avec le Parti national de Nouvelle-Zélande, parti de droite. Il fait partie de l'Alliance progressiste et de l'Internationale socialiste.

Il est dirigé depuis par Chris Hipkins, Premier ministre de janvier à .

Histoire Le Parti travailliste néo-zélandais est fondé le à Wellington., lors de la fusion de formations socialistes promouvant la représentation proportionnelle, l'abolition des quotas ruraux, la révocation des députés, ainsi que la nationalisation des moyens de production et d'échange.. Bien que fondé à Wellington, le parti est souvent considéré comme étant originaire de Blackball sur la West Coast., puisqu'il s'agit de la ville de fondation de l'une de ses principales composantes.

Fondation

Le Parti travailliste néo-zélandais naît du rassemblement de plusieurs groupes, dont le plus ancien est fondé en 1901. Le processus d'unification de ces divers groupes au sein d'un parti unique s'avère difficile, les tensions entre les différentes factions étant fortes..

Au tournant du siècle, l'aide radicale de la classe ouvrière néo-zélandaise est représentée par Parti socialiste de Nouvelle-Zélande, fondé en 1901. Les plus modérés soutiennent généralement le Parti libéral.. En 1905, un groupe d'hommes politiques issus de la classe ouvrière et déçus de la ligne politique du Parti libéral, créent la Ligue indépendante politique travailliste., qui remporte un siège au parlement lors des élections législatives de 1908... Cela constitue la principale ligne de fracture au sein de la gauche néo-zélandaises, le Parti socialiste de Nouvelle-Zélande étant révolutionnaire et militant, alors que les modérés adoptent une stratégie de réformes progressives.

En 1910, la Ligue indépendante politique travailliste est renommée Parti travailliste. Toutefois, les dirigeants de la nouvelle organisation décident rapidement que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour promouvoir la coopération entre les organisations de gauche et organisent une « conférence de l'unité ». Les membres du Parti socialiste de Nouvelle-Zélande refusent d'y assister. Le Parti travailliste unifié (ULP) est alors né..

Très peu de temps après, le mouvement ouvrier doit faire face à la grève des mineurs de Waihi, animée par la frange radical du mouvement syndical.. Il se divise alors entre soutiens et opposants à la grève, et le gouvernement conservateur de William Massey met fin à la grève par la force. À la suite de la grève, une nouvelle « conférence de l'unité » est organisée, afin de mettre fin aux divisions au sein du mouvement ouvrier et d'établir un front uni. Cette fois le Parti socialiste de Nouvelle-Zélande consentent à y assister. Les participants à la conférence fondent alors le Parti social-démocrate.

Tous les membres de l'ULP n'acceptent pas la nouvelle organisation, et certains continuent de militer sous leur propre bannière. Toutefois, les différences entre le Parti social-démocrate et l'ULP s'estompent et en 1915, les deux partis fondent un groupe commun au parlement, afin de mieux s'opposer au Parti libéral.. L'année suivante, une nouvelle rencontre se tient entre les principales factions du mouvement ouvrier, et acceptent cette fois de s'unir, en établissant le Parti travailliste moderne..

Ascension (1916-1935) Durant la Première Guerre mondiale, le Parti travailliste s'implique dans le débat concernant la conscription. Il s'y oppose fortement. et plusieurs de ses dirigeants sont condamnés à de la prison ou expulsés du Parlement du fait de leur opposition à la guerre.. La perte de ces dirigeants menace alors sérieusement la stabilité du parti.

En 1919, lors de son premier véritable test électoral en tant que parti unifié, le Parti travailliste obtient huit sièges ., contre 47 pour le Parti de la réforme alors au pouvoir et 21 pour le Parti libéral..

Bien que ses factions les plus à gauche aient fait défection, le Parti travailliste maintient une ligne politique socialiste radicale. Le parti soutient par exemple l'instauration d'un système de bail à perpétuité pour les terres agricoles, dont l'État serait propriétaire. Cette politique est impopulaire auprès des électeurs et est abandonnée par le parti, ainsi que d’autres politiques plus radicales, tout au long des années 1920.

thumb|upright=1.25|Députés travaillistes en 1922.

Lors des élections législatives de 1922, le parti fait plus que doubler son nombre de sièges, en en remportant 17. Trois ans plus tard, bien qu'en recul, le parti prend la place de deuxième force politique du pays au Parti libéral. Harry Holland devient chef de l'opposition le , après l'élection partielle Eden, le , lors de laquelle le travailliste Rex Mason est élu en remplacement du réformiste James Parr. À la suite des élections de 1928, le parti se retrouve en situation de faiseur de roi. En effet le Parti de la réforme et le nouvellement créé Parti uni (un rival du Parti libéral) se retrouvent à égalité avec chacun, et aucun d'entre eux ne peut espérer gouverner sans le soutien du Parti travailliste. Le Parti travailliste choisit de soutenir le Parti uni, dont les positions sont plus proches de celles des travaillistes, mettant ainsi un terme à seize ans de règne du Parti réformiste..

La rigueur de la Grande Dépression apporte une grande popularité au Parti travailliste, mais est également source de tension avec le Parti uni. En 1931, celui-ci vote un certain nombre de mesures économiques que les travaillistes considèrent comme hostiles aux travailleurs et l’entente entre les deux partis s'effondre. Le Parti uni forme alors un gouvernement de coalition avec le Parti de la réforme, renvoyant ainsi les travaillistes dans l'opposition. La coalition se maintient au pouvoir à la suite des élections de 1931, mais la population néo-zélandaise se montre de plus en plus insatisfaite face aux difficultés du gouvernement à résoudre les problèmes économiques du pays. Lors des élections de 1935, le Parti travailliste remporte une large victoire, avec contre 19 pour les partis de la coalition gouvernementale sortante.

Premier gouvernement travailliste (1935-1949) thumb|left|upright=1.2|Membres du premier gouvernement travailliste sur les marches de la bibliothèque du Parlement. Michael Joseph Savage, leader du Parti travailliste, devient Premier ministre le . Le nouveau gouvernement commence à rapidement à appliquer plusieurs réformes, telles que la réorganisation du système d'aide sociale et la création d'un schéma de logement public.. Les travailleurs bénéficient aussi de la mise en place de la semaine de 40 heures, et de la simplification législative de la négociation syndicale.. Michael Joseph Savage est alors très populaire auprès de la classe ouvrière, et son portrait peut être trouvé sur les murs de nombreuses maisons.. Durant cette période, le Parti travailliste noue une alliance avec le mouvement māori Rātana..

L’opposition attaque le gouvernement sur ces décisions les plus à gauche et l’accuse de vouloir saper la libre entreprise et le travail. Un an après la victoire travailliste, le Parti de la réforme et le Parti uni décident de fusionner. La nouvelle organisation, nommée Parti national de Nouvelle-Zélande, a pour ambition de devenir le principal rival du Parti travailliste.

Le Parti travailliste doit également faire face à une opposition au sein même de ses rangs. Bien qu'explicitement socialiste à sa création, le parti a progressivement dérivé de son radicalisme originel. La mort de son ancien leader et « doctrinaire », Harry Holland, constitue un important tournant dans l'histoire du parti. Certains en son sein font entendre leur désaccord quant au changement de ligne du parti, tels que John A. Lee, dont les idées sont un mélange de socialisme et de la théorie du crédit social, qui reproche à la direction du parti de se comporter en autocrate et de trahir sa base. Après un long et dur conflit, Lee est expulsé du parti. Il forme alors son propre mouvement, le Parti travailliste démocrate..

Savage meurt en 1940 et est remplacé par Peter Fraser, à la tête du parti et du pays. Dans l’après-guerre, les pénuries en cours et des problèmes industriels ont raison de la considérable popularité des travaillistes et le Parti national, dirigé par Sidney Holland, gagne du terrain même si le Parti travailliste est en mesure de gagner les élections de 1943 et de 1946. Le parti sort finalement perdant des élections de 1949..

Fraser meurt peu après et est remplacé à la tête du parti par Walter Nash, longtemps ministre des Finances.. Un retour des travaillistes au gouvernement semble alors compromis, Nash ne bénéficiant pas du charisme de ses prédécesseurs et le Parti national engorgeant un succès considérable pour son opposition à l’« anarchie industrielle » lors du mouvement social de 1951. Toutefois, le Parti travailliste parvient à vaincre de peu le Parti national en 1957, et fait alors son retour au pouvoir.

Deuxième gouvernement travailliste (1957-1960) Walter Nash, devient Premier ministre à la fin de l'année 1957. Dès son arrivée au pouvoir, les travaillistes décident que des mesures draconiennes sont nécessaires face aux préoccupations quant à la balance des paiements.. Parmi ces mesures se trouve le «budget noir » d'Arnold Nordmeyer, le nouveau ministre des Finances. Ce budget comprend l'augmentation des taxes, notamment sur l’alcool et les cigarettes, et est ainsi très impopulaire.. De nombreux observateurs attribue la défaite des travaillistes à ces décisions, en dépit des améliorations économiques qu'il a pu apporter. En effet, les élections de 1960 sont marquées par la victoire du Parti national.

Walter Nash prend sa retraite en 1963., et est remplacé par Arnold Nordmeyer, qui associé au « budget noir », ne parvient à faire renouer le parti avec la victoire. À partir de 1965, le parti est dirigé par le jeune () Norman Kirk. Le parti sort néanmoins perdant des deux élections législatives suivantes, avant de remporte une victoire significative en 1972.

Troisième gouvernement travailliste (1972-1975) right|thumb|Logo du parti dans les années 1970 et 1980. Norman Kirk s'avère être un Premier ministre énergétique, et introduit un certain nombre de nouvelles politiques publiques. Les plus notables, sont ses positions en matière de politique étrangère, qui comprennent de fortes critiques des essais nucléaires et de l'apartheid en Afrique du Sud. Il doit faire face à un état de santé personnel faible, mais refuse de diminuer son rythme de travail. Il meurt en 1974. Il est remplacé par Bill Rowling, qui ne bénéficie pas du même charisme que ses prédécesseurs, et le parti sort défait des élections de 1975..

Bill Rowling demeure toutefois à la tête du parti. Lors élections de 1978 et de 1981, le Parti travailliste rassemble davantage de voix que le Parti national, mais est devancé en nombre de sièges. David Lange succède à Bill Rowling à la tête du parti, et le conduit à la victoire lors des élections de 1984.

Quatrième gouvernement travailliste (1984-1990)

Le nouveau gouvernement doit faire face à une crise fiscale, largement camouflée par le gouvernement sortant.. La dette monte alors en flèche, en grande partie du fait du coût des emprunts acquittés pour maintenir le taux de change fixe.