Ainsi parlait Zarathoustra (, allemand) op. 30 est un poème symphonique composé par Richard Strauss (1864-1949) entre février et , librement inspiré du poème philosophique Ainsi parlait Zarathoustra du philosophe allemand Friedrich Nietzsche. La première a lieu à Francfort le sous la direction du compositeur. Son introduction grandiose (Einleitung) est rendue célèbre par sa reprise dans la musique de film de science-fiction culte 2001, l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick et de la Metro-Goldwyn-Mayer en 1968.

Historique L'œuvre est librement inspirée par le poème philosophique Ainsi parlait Zarathoustra, du philosophe allemand Friedrich Nietzsche, où les deux auteurs compositeurs voient l'évolution de l'histoire de l'humanité, de ses origines, à sa transition vers une conception nietzschéenne du .

Inscrite au Registre national des enregistrements de la bibliothèque du Congrès des États-Unis, elle se situe chronologiquement au milieu des pièces symphoniques du célèbre compositeur, entre Till l’Espiègle (1895) et Don Quichotte (1897), bien avant ses opéras majeurs Salome (« Salomé ») (1905) ou Der Rosenkavalier (« Le Chevalier à la rose ») (1911)...

Composition

Son introduction grandiose (Einleitung) (rendue célèbre par le générique du film 2001, l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick, utilisée en ouverture des concerts d'Elvis Presley de 1971 à 1977, ainsi qu'à titre de générique du journal télévisé de La Cinq de 1987 à 1991) comporte une fanfare (voir ci-dessous), répétée trois fois en crescendo, pour mettre en musique le lever de soleil (Sonnenaufgang) sur la montagne, depuis le premier rayon de soleil, jusqu’à l’illumination progressive et complète des sommets de la montagne de l’œuvre de Nietzsche (représentation allégorique de ) repris et adapté par le lever de soleil aligné sur la terre et sur la lune du film 2001, l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick.

Ces quelques mesures sont un magnifique raccourci du trajet depuis le néant jusqu'à la lumière : do, tonique (note fondamentale pour un musicien occidental) — le néant do à l'octave (aux cuivres) sol, la quinte et enfin do, quarte du sol.

700px|center|Les premières mesures du thème composé par Strauss. Premières mesures : sur un roulement de grosse caisse, fanfare de 4 trompettes, « feierlich » (solennellement), soutenues de 3 trombones, puis triolets de tonique (do)/dominante (sol) aux timbales.

Unisson, octave, quarte et quinte représentent la perfection de l'Univers : Unisson : la longueur de référence de la corde qui vibre, soit l'unité Octave : la longueur de la corde est divisée par 2 Quinte : la longueur de la corde est divisée par 3 Quarte : la longueur de la corde est divisée par 4 1 + 2 + 3 + 4 = 10, nombre représentant la perfection de l'Univers selon les théories de Pythagore.

Ensuite : accord majeur suivi d'un mineur (do-sol-mi → do sol mi bémol) : symboles fondamentaux de la musique tonale Reprise, mais ici, l'accord mineur précède l'accord majeur. Et dans le troisième crescendo, c'est une succession d'accords avec pour ligne mélodique une gamme ascendante triomphale : mi la (la si do ré mi fa sol la si do)

Outre ce court prélude, l’œuvre comporte huit parties enchaînées, symbolisant les du poète-prophète Zarathoustra : Von den Hinterweltlern (De ceux des mondes de derrière) Von der großen Sehnsucht (De l’aspiration suprême) Von den Freuden und Leidenschaften (Des joies et des passions) Das Grablied (Le Chant du tombeau) Von der Wissenschaft (De la science) Der Genesende (Le Convalescent) Das Tanzlied (Le Chant de la danse ) Nachtwandlerlied (Chant du somnambule) La durée est d’environ trente minutes.

Orchestration L'œuvre est écrite pour orchestre symphonique.

Instrumentation de Ainsi parlait ZarathoustraCordespremiers violons, seconds violons, altos, violoncelles, contrebasses,

2 harpesBois1 piccolo, 3 flûtes, (la jouant aussi du piccolo),

3 hautbois, 1 cor anglais,

1 petite clarinette mi♭, 2 clarinettes si♭, 1 clarinette basse si♭,

3 bassons, 1 contrebasson Cuivres6 cors en fa et en mi,

4 trompettes en ut et en mi,

3 trombones, 2 tubasPercussions3 timbales, cloches tubulaires, glockenspiel,

grosse caisse, cymbales, triangleClavier1 orgue

Télévision et cinéma

1968 : 2001, l'Odyssée de l'espace, de Stanley Kubrick, d’après 2001 : L'Odyssée de l'espace, d'Arthur C. Clarke, un célèbre monolithe géométrique noir d'origine extraterrestre joue un rôle important et mystérieux dans l’évolution de l'histoire de l'humanité, tout au long du film, accompagné de ce thème musical. 1976 : Le Bus en folie, de James Frawley 1979 : Bienvenue, mister Chance (Being There), de Hal Ashby, avec Peter Sellers (lorsque celui-ci sort pour la première fois de sa maison et se trouve perdu dans le « chaos » de la ville) 1979 : Moonraker, de Lewis Gilbert, avec Roger Moore dans le rôle de James Bond 007 1987 à 1991 : La Cinq (générique du journal télévisé) 1995-1997 : TGR 1989 : Turner et Hooch, de Roger Spottiswoode, avec Tom Hanks 2002 : Les Simpson, épisode La Double Vie de Lisa 2005 : Charlie et la Chocolaterie, de Tim Burton, avec Johnny Depp 2008 : WALL-E, d'Andrew Stanton 2009 : Planète 51, de Jorge Blanco 2013 : Corps et Biens, de Taïssia Igoumentseva. 2017 : Le Musée des merveilles, de Todd Haynes 2023 : Barbie, de Greta Gerwig 2023 : Priscilla, de Sofia Coppola 2024 : The Substance, de Coralie Fargeat 2024 : On va marcher sur la Lune, au générique de début, les 3 premières notes de la symphonie menant vers le générique de ce téléfilm de la série Fait pas ci, fait pas ça.

2001, l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick thumb|gauche|Célèbre lever de soleil allégorique de l'aube de l'histoire de l'humanité et sur son alignement avec la terre et la lune, du film culte 2001, l'Odyssée de l'espace, de Stanley Kubrick de 1968. Cette œuvre est utilisée en générique d'ouverture du film 2001, l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick, illustrant l'alignement entre la Lune, la Terre et le Soleil, ainsi que dans L'aube de l'humanité et dans la scène finale du film. Cette musique semble illustrer la notion de triomphe du progrès, étant utilisée lors de la séquence de la découverte de la notion d'outil (transition du singe à l'Homme) et à la fin du film (Homme à Surhomme). Richard Strauss lui-même disait à propos de cette musique et de son lien avec l’œuvre de Nietzsche : .

thumb|Représentation par Georges Yatridès en 2013, du célèbre monolithe d'origine extraterrestre du début du film. Selon Didier de Cottignies (entre autres directeur artistique de l'orchestre de Paris, et ancien conseiller musical de Stanley Kubrick) ce dernier avait initialement choisi le début de la Symphonie en ré mineur de Gustav Mahler comme musique principale de son film (le quatrième mouvement de cette symphonie fait intervenir une voix de contralto chantant un texte de Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche). En 1967, il reçut de son beau-frère à Noël une version d'Ainsi parlait Zarathoustra de Richard Strauss enregistrée par l'orchestre philharmonique de Berlin, conduit par Herbert von Karajan. En l'écoutant, Kubrick réalisa que l'introduction de ce poème symphonique serait plus adaptée que la symphonie de Mahler. Les droits d'enregistrement de Karajan n'étant pas disponibles, c'est la version de Karl Böhm, avec l'orchestre philharmonique de Vienne, qui fut créditée au générique. Mais au cours de la postproduction, Kubrick remplaça discrètement l'enregistrement de Böhm par celui de Karajan et personne ne le remarquaStanley Kubrick, l'odyssée des sons (rencontre avec Didier de Cottignies qui fut le conseiller pour la musique de Kubrick et ami personnel du cinéaste depuis 1980), in Classica , mai 2011, ..

Quelques reprises et adaptations musicales 1974 : adaptation parodique par le Portsmouth Sinfonia pour le titre "Also Sprach Zarathustra Op 31" (album "“Hallelujah!").. 1972 : adaptation par Eumir Deodato avec son orchestre jazz-funk, pour son album Prelude de 1972 (Grammy Awards 1973 meilleure performance instrumentale). 1971 : reprise par Elvis Presley en introduction de ses concerts à partir de 1971, et albums Elvis: As Recorded at Madison Square Garden... 2022 : la maison d'édition Edition Peters publie une réduction pour ensemble de chambre (13 à 15 musiciens) réalisée par le compositeur Germán García Vargas..

Notes et références

Voir aussi

Article connexe Liste des principales œuvres pour violon et orchestre

Liens externes

par l'Orchestre philharmonique de Berlin d'Herbert von Karajan

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