L’assaut sur Mount Kent est un combat qui oppose les forces argentines et britanniques pendant la guerre des Malouines.
Fin , des patrouilles avancées de l'Escadron G du Special Air Service avaient établi qu'un certain nombre de pics surplombant les défenses argentines autour de Port Stanley, étaient pour la plupart non défendus, en particulier après que la réserve héliportée argentine, l’Équipe de combat Solari (Compagnie B du d'infanterie) ait été transférée à Goose Green et que le d'infanterie ait reçu pour ordres d'abandonner Mount Challenger et de prendre position sur le mont Two Sisters et le mont Harriet. Une mission de reconnaissance initiale réalisée par des hommes appartenant à l'Escadron D du Major Cedric Delves, qui avaient été déposés par hélicoptère dans la zone de Mount Kent le , permet au reste de l'escadron d'arriver en toute sécurité le à temps pour contrer une forte offensive menée par les forces spéciales argentines, sous le commandement du capitaine Eduardo Villarruel, le commandant-en-second de la 602e compagnie commando . Le commandant de la commando, le major Aldo Rico, avait demandé aux quatre commandants des patrouilles argentines impliquées dans l'opération de prendre possession des monts Kent et des pics alentour afin de permettre à des renforts ultérieurs d'être déposés, il s'agit du de forces spéciales de la Gendarmerie nationale du major José Ricardo Spadaro et des troupes héliportées de la Compagnie B du d'infanterie du major Oscar Ramon Jaimet , ces hommes ayant été entraînés au combat de nuit l'année précédente. Les patrouilles du SAS composées des Air Troop, Boat Troop et du quartier-général tactique du major Delves se retrouvent pressées de toute part et doivent affronter au cours de violentes escarmouches environ 40 membres des forces spéciales argentines, avant que les Argentins ne finissent par se retirer. Les Air Troop sont dans un premier temps repoussées au cours du combat, mais elles parviennent à tenir le sommet du Mount Kent jusqu'à ce que des renforts de Royal Marines arrivent.
L'assaut Le premier combat durant l'assaut sur Mount Kent a lieu dans la nuit du 29 au lorsque la d'assaut de la commando du capitaine Andres Ferrero rencontre une patrouille britannique de l'Escadron D du Special Air Service sur les pentes de . Les Britanniques prennent le contrôle de la situation, mais deux hommes du SAS sont blessés .
Le vers , l'opérateur radio de la d'assaut du capitaine Tomas Fernandez, le premier-sergent Alfredo Flores, envoie - depuis les pentes de Bluff Cove Peak - le message radio suivant : « Nous sommes en danger » et quarante minutes plus tard :
Le jour même, vers (heure locale), le premier-lieutenant Márquez et le sergent Blas de la d'assaut avaient fait preuve d'un grand courage et de leadership dans les combats qui avaient eu lieu sur Bluff Cove Peak, ils seront décorés à titre posthume de la Médaille de la nation argentine pour la valeur au combat. Les commandos argentins sous les ordres du capitaine Fernandez étaient tombés sur un camp occupé par 15 hommes du SAS .
Sur Mount Simon, la d'assaut du capitaine Jose Arnobio Verseci, entendant les tentatives de la patrouille du capitaine Fernandez d'échapper à l'encerclement britannique, décide d'abandonner sa position et de tenter de rallier le des ingénieurs de combat gardant Fitzroy.
Le lendemain, une autre embuscade du SAS a lieu lorsque la patrouille des forces spéciales de la Marine du Lieutenant-commandant Dante Camiletti (diminuée de Camilletti lui-même et du caporal Juan Carrasco qui avaient été capturés respectivement à Verde Mountain et Teal Inlet) rentrait d'une mission de reconnaissance à San Carlos, ils sont pris à partie sur les pentes inférieures de Estancia Mountain. Les sergents Jesús Pereyra et Ramón López sont grièvement blessés et capturés, ainsi que les caporaux Pablo Alvarado et Pedro Verón qui eux ne sont pas blessés.
Cette nuit-là, la compagnie K du capitaine Peter Babbington du des Royal Marines est déposée à proximité par hélicoptère. À peu près au même moment, les hommes de la d'assaut, après s'être cachés toute la journée, sortent de leurs abris avec l'intention d'évacuer la zone mais ils sont pris sous un feu nourri en provenance des SAS. La vue d'un combat de nuit en cours surprend la compagnie K. Les Marines se mettent rapidement à couvert et, après que les échanges de tir aient cessé, le major Cedric Delves de l'Escadron D du SAS apparaît et les assure que tout allait bien et que les SAS avaient détruit une patrouille argentine. En réalité, les hommes de la d'assaut du capitaine Fernandez n'ont pas de pertes à déplorer, si ce n'est celle du sergent Alfredo Flores qui est capturé au cours du combat .
Un historien américain raconte :
Le flight-lieutenant Andy Lawless, copilote du seul RAF Chinook () ayant survécu à l'attaque de l’Atlantic Conveyor, prend part à cette mission et livre des canons et des munitions aux SAS et décrit le crash de l'hélicoptère (probablement le résultat de tirs d'armes légères) peu après :
Les combats autour de Mount Kent continuent et, vers le , les Royal Marines récemment arrivés repèrent une colonne de la 601e compagnie commando du major Mario Castagneto avançant à bord de jeeps et de motos pour porter secours aux patrouilles de la commando. Cependant, les hommes de Castagneto sont dispersés et contraints à se retirer après avoir été pris pour cible par des tirs de mortier qui blessent Castagneto et le sergent-instructeur Juan Salazar.
Il y eut des pertes des deux côtés impliquant des aéronefs comme un résultat direct des opérations menées aussi bien par les forces spéciales britanniques et argentines dans les environs de Mount Kent. Dans la journée du , les Harriers de la Royal Air Force sont actifs au-dessus de Mount Kent. L'un d'entre eux, le Harrier XZ963, piloté par le chef d'escadron Jerry Pook — répondant à un appel à l'aide de l'Escadron D, — attaque les pentes basses du versant oriental de Mount Kent, son appareil est abattu par des tirs d'armes légères. Vers le même jour, un hélicoptère SA-330 Puma est abattu par un missile sol-air Stinger tiré par un SAS à proximité de Mount Kent. Six membres des forces spéciales de la Gendarmerie nationale sont tués et huit sont blessés dans le crash.
Le seul Britannique à avoir trouvé la mort dans cette opération du SAS destinée à contrer les patrouilles des commandos argentins sur les monts entourant Port Stanley l'est par un tir ami. Sa mort a lieu lorsqu'une patrouille du SAS prend accidentellement pour cible une patrouille du SBS dans les premières heures du , le sergent du SBS, Ian « Kiwi » Nicholas Hunt, est tué par un tirSnowy Falklands’ remembrance for special Forces’ thinking mans warrior’ .
Le brigadier Julian Thompson défendra par la suite sa décision d'envoyer des patrouilles du SAS reconnaître les environs de Mount Kent en éclaireur du 42 Commando :
Le Special Air Service s'attire les éloges pour avoir défendu avec succès Mount Kent et les pics environnants. La citation du Major Delves pour le Distinguished Service Order comprend le texte suivant :
Un tank Scorpion des Blues and Royals aide à nettoyer Mount Kent des forces spéciales argentines restantes et engage le combat avec les troupes du sur les pentes inférieures. D'après le récit de Mark Flynn, cannonier à bord du tank :
Le 3 Para atteint Estancia House le et, peu après, les patrouilles de la compagnie D tombent sur des traces de sang et des pansements sur le terrain indiquant que le premier sergent Raimundo Viltes qui avait été blessé avait reçu les premiers soins du premier-lieutenant Horacio Lauria sur place, avec les blessés des forces spéciales de la Marine argentine et des commandos de la gendarmerie nationale, avant qu'ils ne soient évacués. D'après le sergent Jerry Phillips :
Dans la nuit du 3-, la d'assaut de la commando retourne en direction des lignes avancées britanniques, atteignant le sommet de Mount Challenger après une approche difficile. De retour à Port Stanley, le major Aldo Rico ainsi que le premier-lieutenant Jorge Manuel Vizoso Posse (commandant-en-second de la patrouille) essaient de convaincre le brigadier-général Oscar Jofre d'héliporter sur place une compagnie de fusiliers afin d'attaquer les batteries d'artillerie britanniques que les commandos affirmaient avoir localisé grâce à leurs jumelles de vision nocturne mais, énervé, Jofre leur dit de s'en aller et de laisser le processus de prise de décision au quartier-général de la .
Le mène également des patrouilles et, dans la nuit du , le caporal Nicolás Albornoz accompagné de huit conscrits traverse Murrell River et atteint la zone sur Mount Kent où plusieurs véhicules britanniques avaient été aperçus, mais la patrouille est rapidement prise pour cible par des tirs de mortiers et doit se retirer Jorge R. Farinella, Volveremos!, Editorial Rosario, 1984, .
Avec la perte de ce point élevé, les bombardiers Canberra des Forces aériennes argentines effectuent plusieurs séries de bombardements contre les troupes britanniques qui se rassemblaient dans la zone. Leur première attaque, menée par six Canberras contre les positions des troupes britanniques autour de Mount Kent, a lieu dans l'obscurité à l'aube du après que les capitaines Ferrero et Villarruel aient reçu une carte de la zone et l'ordre de viser les positions britanniques. Le lance-caporal Vincent Bramley se souviendra d'une attaque qui faillit être sanglante pour le 3 Para dans la nuit du :
Dans la nuit du 9 au , une patrouille de combat aurait tiré sur plusieurs membres d'une section de mortiers appartenant au 45 Commando sur les pentes inférieures du Mount Kent, tuant quatre Royal Marines.
Tôt le , une compagnie Gurkha quitte Bluff Cove pour rejoindre les environs de Mount Kent afin d'établir une base à partir de laquelle des patrouilles agressives pourraient être menées, mais depuis le Forward Observation Office [poste d'observation avancé] sur Mount Harriet, le capitaine Tomas Fox repère la compagnie et dirige son artillerie de contre elle, blessant trois Gurkhas le . En décrivant le moment où il a été blessé, le lance-caporal Gyanendra Rai, qui recevra la médaille de l'Atlantique sud, dira :
Notes et références
Sources et bibliographie
Catégorie:Bataille de la guerre des Malouines Catégorie:Opération impliquant des forces spéciales