Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) sont des filières d'enseignement supérieur hébergées dans les lycées en France. Communément appelées « classes préparatoires », « classes prépas » ou « prépas » et pour la plupart publiques, elles sélectionnent sur dossier les lycéens en classes de terminale et préparent en un à deux ansClasses préparatoires aux grandes écoles, ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.Article 3 du décret . les étudiants aux concours d'admission à certaines grandes écoles : écoles d'ingénieur, écoles de commerce, écoles normales supérieures (ENS), écoles vétérinaires. En argot scolaire français, les étudiants de certaines filières sont appelés taupins, khâgneux, ou encore Golems dans certaines CPGE.
Le ministère de l'Éducation nationale définit par décret le trois catégories de CPGE : littéraires, scientifiques ainsi qu'économiques et commerciales.
Historique Création
thumb|right|alt=Vue de la façade de Louis-le-Grand|Le lycée Louis-le-Grand, où sont nées les premières classes préparatoires littéraires.
thumb|right|alt=Vue de la façade de Saint-louis|Le lycée Saint-Louis, seul lycée public à se consacrer exclusivement aux classes préparatoires.
Les classes préparatoires apparaissent dès le Bruno Belhoste, Historique des classes préparatoires Lire en ligne , Colloque Démocratie, classes préparatoires et grandes écoles des et Lire en ligne.. Initialement, elles sont exclusivement scientifiques. Il faut attendre le pour voir apparaître les classes préparatoires littéraires, puis enfin les classes préparatoires économiques.
L'apparition des premières classes préparatoires s'explique par la mise en place des premiers concours, destinés au recrutement dans les armées nécessitant des connaissances scientifiques (l'artillerie, par exemple), le critère de quartiers de noblesse étant nécessaire mais insuffisant pour sélectionner les candidats destinés à être officiers des armes savantes. Le premier concours est instauré par Vauban en 1692 (admission dans le génie). C'est dans le but de préparer les candidats à ces concours militaires que les premières institutions, en grande majorité privées, font leur apparition.
Après la Révolution française, les carrières d'officiers supérieurs ne sont plus réservées aux membres de la noblesse. L'ambition de la République d'ouvrir tous les postes à tous les citoyens avec pour seul critère de sélection leurs capacités et leurs talents, trouve son aboutissement dans la création de l'École centrale des travaux publics, future École polytechnique, qui devait être le socle de base de tous les autres enseignements supérieurs techniques (Architecture, etc.).
Les anciennes institutions de préparation aux concours de l'Ancien Régime ne survivent pas à la Révolution. En 1802, Napoléon Bonaparte crée les lycées, dotés chacun d'une « classe de mathématiques transcendantes ». En 1809, la de lycée devient la classe de « mathématiques spéciales ». En 1814, c'est la classe terminale de philosophie qui contient l'enseignement des mathématiques, puis apparaît en 1821 une seconde année de philosophie qui contient des enseignements plus poussés de mathématiques qui s'intitulent à nouveau « mathématiques spéciales » en 1840. Le baccalauréat ès lettres étant passé au terme de la première année de philosophie, celui-ci, et encore moins le baccalauréat ès sciences d'un niveau plus élevé, n'étant pas obligatoire pour l'admission au concours des écoles spéciales, les élèves suivent donc les cours de mathématiques spéciales essentiellement pour préparer le concours d'entrée à l'École polytechnique en négligeant les études classiques.
C'est en 1852 qu'est créée officiellement une classe de mathématiques spéciales postérieure au cursus secondaire, et dans seulement quinze lycées, dédiée à la préparation des concours d'entrée à l'École polytechnique et à la section des sciences de l'École normale de Paris. Le programme de cette classe devient en même temps le programme officiel de ces concours et le baccalauréat ès-sciences devient un prérequis pour l'admission. La classe de logique (terminale) prépare également au concours d'entrée à l', l'École forestière et l'École navale. À cette époque, la proportion d'élèves d'une classe d'âge titulaire du baccalauréat ès-sciences et susceptible de subvenir à ses besoins pour suivre les classes préparatoires aux concours était infime. La démocratisation de l'enseignement en France dans la seconde moitié du a permis l'augmentation des effectifs des classes préparatoires aux grandes écoles.
Les prémices des classes préparatoires littéraires se font à la fin du afin de préparer les élèves au concours de l'École normale supérieure de Paris. Dans un premier temps, la préparation de ces concours s'est faite dans les classes de rhétorique des lycées, après le baccalauréat de philosophie. En 1880, quelques lycées ouvrent des classes de rhétorique supérieure préparant exclusivement au concours de l'École normale supérieure. La plupart de ces classes sont des subdivisions de la classe de rhétorique du lycée et sont rarement autonomes. Dès le début du les lycées parisiens Louis-le-Grand et Henri-IV remplacent leur classe de rhétorique supérieure par l'année d'« hypokhâgne » et de « khâgne ». Dès lors, les classes préparatoires littéraires jouissent d'une grande réputation mais ne commencent à peser d'un point de vue numérique qu'à partir des années 1960Historique des classes préparatoires, Comité d'études sur les formations d'ingénieurs (CEFI)..
Réformes
Fin 2013, le ministre de l'Éducation nationale Vincent Peillon prévoit d'augmenter le nombre d'heures de cours de certains professeurs de CPGE sans compensation sur leur salaire, afin d'en redistribuer une partie aux professeurs de ZEP. Cette réforme suscite des critiques et la mise en grève, le lundi , d'environ 80 % des professeurs. En dépit de son apparente volonté de fermeté, face à la mobilisation massive de professeurs et d'étudiants de classes préparatoires, Vincent Peillon annonce le que les discussions ne sont pas « mûres » et repousse la réforme.
Évolution des effectifs depuis 1987 Ces données statistiques sont issues des statistiques éditées par le Ministère de l'Éducation nationale......
On peut constater que, malgré quelques baisses passagères, les effectifs de CPGE augmentent régulièrement depuis le début des années 1990, prolongeant déjà une tendance déjà engagée dans les années 1980. Si les effectifs des classes préparatoires scientifiques sont les plus importants ( en 2014-2015), sa croissance depuis 1990 (+25 %) est plus faible que celle des classes préparatoires littéraires (+45 %) et surtout des classes préparatoires économiques et commerciales (+51 %) dont les effectifs croissent très rapidement de 1996 à 2000.
Les effectifs des CPGE croissent de 2,3 % entre la rentrée 2014 et la rentrée 2015, la plus forte augmentation depuis 2008. Ce sont surtout les filières scientifiques (+2,8 %) et commerciales (+2,1 %) qui sont en croissance alors que les effectifs des filières littéraires sont quasiment stables (+0,3 %)..
vignette|redresse=1.3|Évolution de l'effectif global des CPGE (toutes filières confondues) de 2015 à 2023.
Les étudiants inscrits en CPGE sont : en 2009-2010 ; en . ; en 2015-2016Les étudiants en classes préparatoires aux grandes écoles en 2015-2016 sur enseignementsup-recherche.gouv.fr.. ; en . et en . ; en . et en . ; en . ; en . ; en . ; en ..
Données brutes
Les CPGE (et sections de technicien supérieur, STS) et elles sont en expansion importante depuis les années 1990, avec l'ouverture de (dont dans de petits lycées et communes moyennes), faisant qu'en 30 ans, les effectifs cumulés des CPGE et des STS sont passés de à étudiants (+44 %) ; une étude faite par l'Institut des politiques publiques (2025) a confirmé que l'ouverture de ces classes et formations sélectives de proximité a réellement permis de lutter contre les disparités géographiques : les élèves des petites et moyennes communes en ont particulièrement bénéficié..
Situation générale actuelle
thumb|right|alt=Vue de la porte du lycée Henri-IV|Le lycée Henri-IV, à l'origine de la répartition du cursus en deux ans.
Les concours ont beaucoup évolué, ne serait-ce que parce que le nombre d'écoles d'ingénieurs ou de commerce a considérablement augmenté.
En 2006, on compte plus de à caractère scientifique. Les Écoles supérieures de commerce sont, elles, au nombre de 56.
L'enseignement a lieu dans les lycées et les enseignants sont principalement des professeurs agrégés, souvent docteurs ou anciens élèves de l'ENS, désignés par l'Inspection générale de l'Éducation nationale et qui peuvent devenir professeurs de chaire supérieureArticle 5 du décret .. Il est demandé de plus en plus fréquemment aux professeurs de CPGE d'être titulaires d'un doctorat. Les études s'inscrivent dans le système européen d'enseignement supérieur et les deux années de prépa sont équivalentes à compatibles ECTSArticle 8 du décret ..
Quelque entrent en classe préparatoire par an, sont admis dans une école, rejoignent une école post-bac, rejoignent l'université dont en licence et en DUT (IUT). L'origine socioprofessionnelle des étudiants de classe préparatoire est assez marquée. Alors que 31 % des étudiants en université ont des parents cadres supérieurs ou exerçant une profession libérale (43 % pour les étudiants dans les filières de santé), ce taux s'élève à 51 % pour les étudiants en classe préparatoire. 24 % des étudiants d'université ont des parents ouvriers ou employés (13 % dans les filières de santé), alors qu'ils sont 15 % en CPGEcf.Origine socio-professionnelle des étudiants français dans les principales filières de l'enseignement supérieur en 2006-2007 dans « Repères et références statistiques - édition 2007 », .. Le taux d'étudiants boursiers en CPGE oscille entre 20 et 25 %.
Parmi les en 2009-2010, (61 %) étaient dans des classes scientifiques, (24 %) en classes économiques et commerciales et (15 %) en classes littéraires. Environ 43 % des étudiants en classes préparatoires sont des filles, dont 30,5 % en filière scientifique, 55 % en économique et commerciale et 74 % en littéraire. Enfin, environ 16 % de ces étudiants étaient inscrits dans des établissements privésLes classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) sur le site du ministère de l'éducation nationale. Consulté le 7 avril 2011..
En 2006, le ministère de l'éducation nationale a dépensé par étudiant en classes préparatoires aux grandes écoles, la moyenne étant de par étudiant du supérieur en France, et pour les pays de l'OCDESite du ministère de l'Éducation nationale, Le coût d'une scolarité.. Ces dépenses correspondent surtout à des dépenses de personnel.
Les écarts résultent des différences de taux d'encadrement, celui-ci étant plus important en CPGE (de à plus importantRapport de Observatoire de la Vie Étudiante (2005) - Graphique 1. selon les filières universitaires).
Si les concours des écoles les plus prestigieuses restent très sélectifs, peu de candidats des CPGE scientifiques et commerciales n'obtiennent pas de place à un concours au moins. En ce qui concerne les concours scientifiques en 2006, ont été classés sur . ont été appelés, ce qui signifie qu'on leur a offert une place dans une école à l'issue du concours. l'ont acceptée, les autres préférant le plus souvent refaire une année de prépa pour tenter d'obtenir une école leur convenant mieux ou poursuivre leurs études à l'université. Enfin, n'ont pas trouvé preneurStatistiques 2010 sur le site du SCEI (Service de concours écoles d'ingénieurs). Consulté le 7 avril 2011..
D'autre part, la grande majorité des classes préparatoires sont publiques et la scolarité y est donc gratuite.
Préparation aux concours