Le lycée Ambroise-Paré est un établissement français d'enseignement secondaire situé à Laval (Mayenne), dépendant de la région des Pays de la Loire et de l’académie de Nantes. Il se trouve 17, rue du Lycée à Laval.

Présentation Le lycée est installé dans l'ancien couvent des Ursulines construit par Étienne Corbineau entre 1620 et 1626. Ancien lycée de garçons (lycée de Laval), il porte le nom d'Ambroise Paré, originaire de la ville.

Historique Origine Le bâtiment du monastère des Ursulines de Laval fut après la Révolution française et dès le , consacré à l'instruction publique.

Collège de Laval On ignore l'origine de ce collège, qui remonte à la fin du , en même temps que le chapitre de Saint-Tugal. Ce fut vraisemblablement, durant tout le Moyen Âge, une sorte de « grant escolle » ou psallette de Saint-Tugal destinée au recrutement de la maîtrise canoniable et du clergé local.

C'est en ce sens qu’il faut sans doute interpréter les vers de Guillaume Le Doyen, ancien élève, dans son extrait suivant.

C'était en somme quelque chose d’analogue au « séminaire » qui fut créé au sur la paroisse de Saint-Vénérand ; mais l’institution était sous la surveillance du chantre de Saint-Tugal : c'est en ce sens que s'explique l’intervention, le , de Pierre Le Baud, chanoine, est chargé de trouver un maître plus capable que Robert Corbusson qui était alors à la tête du collège de Laval, et dont on n'était pas contentOn se détermine à lui associer Barthélémy Duperrier, et il est décidé qu'ils partageraient les revenus de l'emploi..

Peu d’écoliers donc. Il ne pouvait en être autrement, au vu de l'emplacement qu’occupait le collège à l’endroit où s’élève aujourd’huiL’ancienne maison de la Bazoche, construite en 1615 (n° 10 de la place la Trémoïlle, entre la Maison Verte, l'hôtellerie de la Galère, et la ruelle de Pameneau. . Il faudrait compter avec la fondation de Michel Lemercier, sieur du Grasmesnil, qui, le , créait une chapellerie en la Trinité de LavalParmi les charges imposées au titulaire est mentionnée celle de donner, la veille de la Toussaint, à chacun des écoliers « une louasse, chacune du prix d’un liard, jusqu’au nombre de 320 fouasses, si tant y a d’écoliers à l'’heure de midi. » .

Ils finirent par se trouver à l’étroit dans « la chambre, logeas et petiote court derrire » qui composaient la « grande » école et en 1582, le collège fut transféré dans la rue Renaise. Trois mois plus tard, en , le Chapitre échangeait les bâtiments délaissés contre une construction qui appartenait à Pierre Martin, sieur de Hérambourg, et qui se voyait « près et au dedans de l’enclos du collège neuf»; elle devait y servir de chapelleLa chapelle existe encore en 1936 et servait d’atelier à M. Nepveu (n° 44). Louis de La Beauluère a commis une erreur en affirmant qu'elle existait antérieurement à la construction du collège. Il suffit de lire l’acte d’échange qu'Émile Sinoir donne en pièce justificative de son livre..

Dans ces bâtiments, écrit Émile Sinoir, le collège poursuivra le cours de ses destinées jusqu’en 1793. Il s'agit toujours la grande école instituée par Guy V de Laval; il ne s'agit ici que d'un simple changement de domicile pour cause d’agrandissementL'ensemble reste incommode : corps de logis compris entre deux ailes dirigées vers l’est, auquel on accédait par un portail surmonté de deux étages aménagés en chambres où demeurait le principal. Les classes, situées au premier, au-dessus d’un bûcher, de la buanderie ou de la boulangerie, étaient empruntées par les domestiques pour le service intérieur; les toilettes étaient au bout de la cour, dans une tour des anciennes fortifications. En somme, presque une installation de fortune, où vivotaient en 1687 une soixantaine d’élèves que se partageaient trois régents, principal compris, ube ombre de collège, au dire de Julien Le Clerc du Flécheray, Buttant tant bien que mal contre la concurrence des maîtres de pensions assez nombreux en ville et menacé d’une ruine prochaine par le retrait des jeunes clercs qui y enseignaient..

Le collège de Laval n'avait que des élèves externes. Cet établissement accueille tout d'abord les élèves du collège de la rue Renaise, devenu trop petit.

À l'époque de la Révolution française et depuis longtemps, on y enseignait toutes les classes d'humanités. En 1791, le principal et cinq des régents étaient prêtres; tous refusèrent de faire le serment de la constitution civile du clergé. Ils furent remplacés après les vacances de 1791.

Révolution française Doctrinaires Noël-Gabriel-Luce Villar, l'évêque constitutionnel de la Mayenne, après sa nomination nomme des vicaires épiscopaux. Il fait aussi venir son frère, ancien génovéfain, et quatre Prêtres de la doctrine chrétienne, comme lui, qui proviennent du collège de La Flèche : Joseph Laban, Philippe Séguela, Dominique Rabard et Jean-Joseph Sartre.

Rabard, Séguela et Sartre sont attachés au collège de Laval dont le premier était principal. Avec Laban, ils rédigent un journal qui paraissait chez l'imprimeur Michel Faur, sous le titre de Patriote, puis plus tard de Le Sans-Culotte du département de la Mayenne.. Vers le milieu de 1792, Villar nomme deux nouveaux vicaires épiscopaux, dont l'abbé Laigre qui devient professeur de rhétorique au collège de Laval.

Collège national Vers , le collège de Laval prend une forme nouvelle et le titre de Collège national. Dominique Rabard, vicaire épiscopal, en était alors le principal, et qui avait avec lui plusieurs prêtres. Principal du collège de Laval, Rabard publie un ProspectusDans lequel le mot de religion ne se trouve pas une seule fois.. On y voit que les objets de renseignement sont : Les principes d'une saine morale, l explication des lois de la république, les langues, l'histoire, les mathématiques, l'éloquence et la poésieVoici quelques passages de ce prospectus: Pour faire goûter leurs leçons, les maîtres n'emploieront que la voie de la douceur, de l'amitié et de la raison. Ces sont les seules qui jettent de profondes racines dans le cœur de la jeunesse, et habituent facilement le caractère à la pratique de toutes les vertus. L'exercice militaire et plusieurs autres exercices du corps se feront deux fois la semaine. À différentes époques de l'année, on célébrera des fêtes civiques, où des prix seront distribués aux élèves qui, par leur tenue, leur application et leur conduite, auront mérite les suffrages de leurs condiciples., signé : Le citoyen Rabard.. Dominique Rabard fait appel à François Huchedé et Augustin Garot, anciens élèves du Collège de Laval.

À la fin de 1792, le collège est transféré dans le couvent des Ursulines.

Dominique Rabard est nommé le au Collège de Château-Gontier et assisté des citoyens François Huchedé, Augustin Garot, Cordier, EpiardQu'on lui avait expédiés de Laval. Au mois de septembre, il s'enrôle dans le bataillon des volontaires de la Mayenne et se fait tuer dans une rencontre avec les Vendéens, le .

École centrale Fondation La loi du 3 brumaire an IV avait créé dans chaque département une école centrale ; celle de Laval est installée dans les bâtiments de l'ancien Collège. Il s'agissait de la transformation du collège, d'après les nouvelles lois sur l'instruction publique.

Le personnel resta le même; on changea seulement les qualifications officielles des professeurs. C'étaient toujours les anciens vicaires épiscopaux Laban, Laigre, Réveil et Sartre, auxquels s'étaient joints quelques laïques, presque tous anciens doctrinaires, attirés par Laban à Laval.

Il y avait un directeur, un bibliothécaire, des professeurs de législation, de belles-lettres, d'histoire, de physique, de mathématiques, de botanique et enfin un professeur de langues anciennes. Toute cette classification n'existait en réalité que sur le papier; les professeurs avaient chez eux toutes les classes, depuis la septième jusqu'à la rhétoriqueComme avant les décrets de la Convention.. Isidore Boullier indique que leur enseignement était irréprochable, sous le rapport littéraireIl a formé des hommes instruits; mais la religion en était entièrement bannie. Les maîtres, dit-on, De se permettaient pas de déclamations contre elle, mais ils ne prononçaient jamais un mot pour en inspirer ni la croyance, ni l'amour II n'y avait dans la maison ni prières en commun, ni exercices religieux quelconques..

L'enseignement comprenait trois sections, de deux ans d'études chacune ; la première, réservée aux enfants de douze ans au moins, était pourvue de trois chaires : dessin, langues anciennes et sciences naturelles.

Bibliothèque Les Capucins avaient fait construire, en 1709, un bâtiment destiné à recevoir la bibliothèque. René Hardy de Lévaré en pose la première pierre. Leur bibliothèque était considérable et composée des meilleurs ouvrages de théologie, indépendamment de beaucoup de livres d'histoire et de littérature. Cette précieuse collection fut presque entièrement dispersée pendant la Révolution française ; cependant il en échappa une partie qui furent transportés à l'École centrale de Laval, et qui ont servi plus tard à former le fonds de la Bibliothèque municipale de Laval. Jardin botanique Jean-Baptiste-Denis Bucquet organise le Jardin botanique de l’École centrale de Laval qui finit par contenir 1 300 végétaux exotiques et plus de 3000 espèces indigènes, classées d'après le système de Linné. Il crée en outre une serre, orgueil du jardinier Doudet, et plante une pépinière modèleSa qualité de directeur du Jardin lui donnait le droit d'habiter dans la cour du Collège, et il occupe ce logement jusqu'en 1837..

La loi de floréal an X supprime les écoles centrales ; celle de Laval subsiste jusqu'en l'an XII ; puis, aux termes de l'arrêté du 27 floréal an XII, elle est remplacée définitivement par l’École secondaireBucquet perd sa place de professeur, mais demeure néanmoins à la tête du jardin botanique, mais voit disparaître la pépinière qu'il avait eu tant de peine à planter..

Le , le préfet de la Mayenne Charles-Joseph Coster, qui était allé consulter des ouvrages à la bibliothèque de l'ancienne École centrale, s’avisa, en s’en retournant, de traverser la salle d’étude et une des classes du collège. Il en est affecté vivement et dès que rentré dans son cabinet, il adresse au maire de Laval, Jean-François de Hercé, une lettre où il lui disait toute sa surprise : « J’ai remarqué, écrivait-il, avec un vif chagrin, que ces salles sont dans un état de saleté effroyable. Je ne puis comprendre qu’on ait assez peu de soin pour laisser des enfants auxquels on doit inspirer l’amour de l'ordre et de la propreté dans des pièces où tout semble abandonné et que leur malpropreté doit rendre malsaines... J’appende sur cet établissement, terminait-il, toute votre surveillance et tous vos soins. ». À cet établissement que le préfet trouvait alors si mal tenu et dont un an auparavant le bureau d’administration, maire en tête, en louant le zèle du principal Pierre-Jacques Triquerie, constatait la prospérité.

Collège royal En 1842, la ville de Laval cède l'école au gouvernement qui y établit un collège royal dont l’inauguration a lieu le , et pour lequel on réalise de nouvelles constructions, les anciens bâtiments n’étant plus suffisants. Il devient lycée en 1848.

Au , des constructions annexes sont ajoutées notamment par Maximilien Godefroy en 1837 et par Pierre-Aimé Renous de 1842 à 1846. Ce dernier transforme l'intérieur de la chapelle en 1848.

Abbé Follioley