Le secteur de l'énergie au Nigeria est marqué par le poids dominant de l'industrie pétrolière et gazière qui apporte 90 % des revenus d'exportation en 2021. Mais du point de vue des consommateurs, il est caractérisé avant tout par la faiblesse de la consommation d'énergie primaire : 41 % de la moyenne mondiale (mais 2,2 fois la moyenne africaine) en 2021, et par la part prépondérante de la biomasse dans cette consommation : 74,5 % en 2021.

La production d'énergie primaire au Nigeria se répartissait en 2021 entre le pétrole : 30,5 %, le gaz naturel : 15,3 % (production multipliée par onze depuis 1990) et la biomasse : 53,3 %. Le Nigeria se classe en 2022 au mondial pour ses réserves de pétrole et au mondial pour sa production de pétrole, au mondial pour ses réserves de gaz naturel, au mondial pour sa production de gaz naturel et au mondial pour ses exportations de gaz naturel.

La consommation d'énergie primaire repose pour l'essentiel sur la biomasse : 74,5 % en 2021, et les combustibles fossiles : 25,1 % (pétrole : 14,0 % ; gaz naturel : 10,1 %, charbon : 0,9 %).

L'électricité représente seulement 1,7 % de la consommation finale d'énergie du Nigeria en 2021, taux d'électrification parmi les plus bas au monde. La production d'électricité utilise très majoritairement le gaz naturel : 77,8 % en 2021, et secondairement l'hydroélectricité : 22,0 %. La consommation d'électricité par habitant en 2021 atteint seulement 3 % de la moyenne mondiale et 17 % de la moyenne africaine.

Les émissions de liées à l'énergie par habitant sont très faibles : 10,7 % de la moyenne mondiale et 52 % de la moyenne africaine en 2022. Mais elles progressent cinq fois plus vite que la moyenne mondiale : +53 % contre +10,6 % entre 1990 et 2022. Les fuites et vols de pétrole ainsi que le torchage du gaz naturel associé au pétrole causent des pollutions de grande ampleur dans le delta du Niger.

Vue d'ensemble Énergie au Nigeria Population Consom.énergieprimaire Produc. Export.nette Consom.élect.* ÉmissionsGES**tab.GHG-En Année Million PJ PJ PJ TWh Mt éq 1990 95,62 10,8 158 2000 122,85 11,8 206 2010 160,95 22,2 197 2011 165,46 23,0 199 2012 170,08 24,4 195 2013 174,73 24,6 201 2014 179,38 27,4 209 2015 184,00 28,2 201 2016 188,67 31,0 198 2017 193,50 27,4 192 2018 198,39 28,4 198 2019 203,30 28,1 207 2020 208,33 29,8 193 2021 213,40 30,6 197 variation1990-2021 +123 % +148 % +58 % -25 % +183 % +25 % * consommation brute d'électricité = production+importations-exportations-pertes en ligne** émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie.

Comparaisons internationales Dans les classements de l'Agence internationale de l'énergie et de l'Energy Institute, le Nigeria apparait comme : exportateur mondial de pétrole brut avec (pétajoules) en 2021, soit 3,0 % du total mondial ; le , l'Arabie Saoudite, a exporté ; exportateur mondial de gaz naturel avec (milliards de m) en 2023, soit 1,4 % du total mondial ; le , les États-Unis, a exporté .

Production d'énergie primaire

Le Nigeria est le plus grand producteur de pétrole d'Afrique, détient les plus grandes réserves de gaz naturel sur le continent et figure parmi les cinq premiers exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié (GNL). Il est membre de l'OPEP depuis 1971, plus d'une décennie après le début de la production de pétrole dans l'état de Bayelsa dans les années 1950. La production de pétrole souffre cependant de ruptures d'approvisionnement qui ont pu atteindre par jour. L'industrie pétrolière et gazière du Nigeria est située principalement dans la zone méridionale du Delta du Niger Country analysis - Nigeria, EIA, mis à jour le 27 février 2015..

Les hydrocarbures sont les principales ressources de l'économie nigériane. L'industrie pétrolière et gazière apporte 90 % des revenus d'exportation en 2021. L'économie du Nigeria est très vulnérable à la baisse des prix du brut Nigeria - IMF Country report /33 (page 37), FMI, février 2022..

+ Production d'énergie primaire au Nigeria par source (PJ) Source 1990 % 2000 % 2010 % 2020 % 2021 % 2021 var.2021/1990 Charbon 2 0,04 0,1 0,001 1 0,01 61 0,6 65 0,7 % x28 Pétrole 61,6 59,4 50,9 32,9 30,5 % -22 % Gaz naturel 137 2,2 426 5,1 10,5 15,8 15,3 % +979 % Total fossiles 63,9 64,5 61,4 49,3 46,4 % +15 % Hydraulique 16 0,3 20 0,2 23 0,2 28 0,3 29 0,3 % +81 % Biomasse-déchets 35,8 35,2 38,5 50,4 53,3 % +134 % Solaire 0 0 0 0,15 0,002 0,17 0,002 % ns Total EnR 36,1 35,4 38,7 50,7 53,6 % +134 % Total 100 100 100 100 100 % +58 %Source des données : Agence internationale de l'énergie

Pétrole Réserves BGR (Agence fédérale allemande pour les sciences de la Terre et les matières premières) estime les réserves prouvées de pétrole du Nigeria à (millions de tonnes) fin 2022, soit 2,0 % du total mondial, au mondial et au second rang en Afrique derrière la Libye ()80. Ces réserves représentent de production au rythme de 2022 (81. Les ressources potentielles supplémentaires sont estimées à , au mondial79.

La majorité des réserves se trouve dans le Delta du Niger et en mer dans le Golfe du Bénin, le Golfe de Guinée et le Golfe de Bonny. Les activités d'exploration récentes se concentrent surtout sur l'offshore profond et ultra-profond. NNPC a entrepris des campagnes d'exploration à terre dans le nord-est du Nigeria, dans le bassin du Tchad, mais le manque de découvertes et la présence du groupe Boko Haram ont mis l'exploration à l'arrêt. L'exploration dans le Delta du Niger a décru à cause des problèmes croissants de sécurité liés au vol de pétrole et au sabotage d'oléoducs. Plusieurs majors pétroliers ont vendu leurs actifs terrestres, donnant à des compagnies nigérianes l'opportunité d'entrer dans le secteur. Les incertitudes sur les investissements dues au projet de loi PIB ont aussi contribué à différer l'investissement dans les projets en eau profonde, dont les dates de démarrage ont été continuellement repoussées.

Production En 2023, le Nigeria a produit (millions de barils par jour)21, soit (millions de tonnes) de pétrole, en hausse de 6,7 % par rapport à 2022, mais en baisse de 32 % depuis 2013. Il se classe au mondial avec 1,6 % de la production mondiale et au en Afrique avec 21,6 % de la production africaine22.

En 2022, le Nigeria a produit de pétrole ; c'est le niveau le plus bas, en moyenne annuelle, depuis plus de trente ans, bien en-dessous du quota de fixé par l'Opep. Le cadre légal a longtemps dissuadé les compagnies pétrolières internationales d'investir. L'entrée en vigueur d'une nouvelle loi sur la taxation des profits a été sans cesse décalée. Elle a finalement été votée en 2021. Le sous-investissement affecte aussi les projets qui sont déjà en phase d'exploitation. L'insécurité et la corruption sont généralisées dans la région pétrolière du delta. Les enlèvements de salariés du secteur pétrolier sont fréquents. Le vol de pétrole concernerait entre . Oléoducs, tankers, raffineries, des infrastructures de grande envergure sont mobilisées pour cette économie parallèle à laquelle participe une partie de l'armée, des autorités locales et de la compagnie pétrolière nationaleAu Nigeria, la manne du pétrole ne cesse de décliner, Les Échos, 24 février 2023..

La production de brut a atteint un pic de en 2005, puis a décliné, sous l'effet des violences perpétrées par des groupes militants, jusqu'à en 2009 ; une légère reprise s'est produite après l'amnistie accordée à ces groupes en 2009 en échange de leur désarmement, et surtout grâce au développement de l'offshore. Le Nigeria produit surtout du brut léger à basse teneur en soufre. Aucun champ pétrolier majeur n'a été mis en production depuis celui d'Usan (, offshore profond) en ; le petit gisement de Bonga Nord-ouest () mis en service en 2014 a permis de compenser le déclin de la production. Plusieurs projets en eau profonde ont été repoussés depuis plusieurs années à cause de l'incertitude créée par le projet de loi PIB : seuls deux projets sur neuf ont été entérinés par les groupes pétroliers. Le potentiel des projets repoussés est estimé à sur les cinq prochaines années, dont seulement 23 % ont atteint le stade final de leur développement. Les principaux projets en eau profonde sont ceux de Total à Egina ( prévus pour 2019 ou plus tard) et de Shell à Bonga sud-ouest et Aparo ( prévus pour 2020 ou plus tard). La chute du prix du brut en 2014 va exacerber l'attentisme des investisseurs.

Le gisement en eau profonde de Bonga, découvert en 1996, a été mis en service en 2006 grâce à une unité flottante de production, de stockage et de déchargement d'une capacité de production de par jour, ainsi que de mètres cubes de gaz naturel par jour, livrés à l'usine de liquéfaction de Bonny Island via un gazoduc. Le gisement d'Akpo a commencé sa production en 2009 également au moyen d'une unité flottante de production, de stockage et de déchargement.

Les vols de pétrole ont varié, atteignant parfois ; cette estimation est cependant contestée car elle pourrait inclure les pertes dues à une maintenance insuffisante. Au début des années 2000, une vague d'actes de vandalisme, d'enlèvements et d'attaques sur des installations pétrolières a été déclenchée par des groupes locaux, en particulier le Mouvement pour l'émancipation du Delta du Niger (MEND), revendiquant la redistribution des richesses pétrolières et un plus grand contrôle local sur le secteur pétrolier. L'amnistie de 2009 a produit un reflux de ces attaques, permettant aux compagnies de réparer les dégâts. Mais le manque de progrès dans la création d'emplois et le développement a contribué à une reprise des vols et attaques. Des réseaux complexes associant la jeunesse locale et les communautés villageoises à des professionnels tels que des banquiers corrompus, des responsables gouvernementaux et des policiers, organisent le trafic du pétrole volé à divers niveaux de la chaîne de production : puits d'extraction, oléoducs, réservoirs de stockage des terminaux d'exportation. Le pétrole volé est pompé sur des barges ou de petits tankers puis transféré sur des tankers de grande taille au large. Une partie est raffinée dans des raffineries clandestines dont les produits sont vendus sur le marché local, mais la grande majorité du brut volé est exportée via les terminaux d'exportationc'est ce qu'on appelle le vol en col blanc (white collar theft) ou par camions.

La piraterie s'est développée ; les experts de la sécurité estiment que la côte de l'Afrique de l'ouest est devenue la plus dangereuse au monde, surpassant celle de l'Afrique de l'est (en particulier celle de la Somalie). Plusieurs attaques de pirates ont causé des blessures et des morts parmi les membres d'équipage, mais selon le Bureau maritime international, les actes de piraterie sont sous-déclarés par crainte d'une recrudescence de ces attaques, de l'augmentation des coûts d'assurance et de divulgation d'information confidentielles sur les bateaux. La piraterie en Afrique occidentale se concentre plus sur les vols de pétrole que sur les prises d'otages ; des cargaisons entières ont été volées ; certains analystes soupçonnent les pirates d'être des militants des groupes nigérians tels que le MEND. Un des principaux obstacles dans la lutte contre la piraterie est le refus du gouvernement nigérian d'autoriser la présence de gardes armés étrangers dans ses eaux territoriales, tactique qui a prouvé son efficacité en Afrique orientale.

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