Ostrea est un genre de mollusques bivalves, des huîtres, dont le nombre d'espèces est modeste, mais qui ont colonisé de nombreux milieux (dont intertidal et bathyal).

Classification La classification des huîtres de ce genre est rendue délicate par le large polymorphisme (variété des formes) des coquilles ; ces dernières s'adaptent non seulement à la forme du substrat, mais aussi aux formes d'autres huîtres ou d'autres organismes croissant à leur contact. Néanmoins, le nombre d'individus d'un peuplement (actuel ou fossile) étant souvent élevé, le biologiste peut repérer des critères récurrents ou constants sur les parties non déformées d'un grand nombre de coquilles, voire trouver quelques individus automorphes (non déformés et présentant la forme typique de l'espèce). Il peut alors en déduire à quelle espèce appartient l'huître.

De même, le géologue peut-il s'appuyer sur un large échantillonnage latéral dans la couche qu'il étudie, ce qui permet des interprétations paléoenvironnementales pour cette couche. Le paléontologue peut étudier un large échantillonnage vertical et en déduire des interprétations phylétiques. Un tel exemple d’analyse a pu être effectué sur l’espèce Rhynchostreon suborbiculatum.

La taxonomie sera sans doute encore affinée par les progrès permis par les analyses génétiques. thumb|250px|Chaque huître adapte sa forme à celle du support et de son environnement. la forme de la coquille est donc un critère taxonomique difficile à utiliser Au , Linné en 1758 a regroupé sous le nom d'Ostrea un certain nombre de coquillages souvent consommées par l'homme, présentant des caractéristiques communes : « Animal tethys, testa bavalvis, inaequivalvi sub aurita ; cardo edentulis, possula cava ornata, striisque lateralibus transversis ; vulva anusve nullus ».

Le classement était alors encore vague ; plusieurs véritables Ostrea étaient encore classées dans les genres Mytilus et Anomia, et inversement quelques espèces qui n’étaient pas des Ostrea étaient classées comme en faisant partie.

Histoire de la classification Aux , le naturaliste Jean-Guillaume Bruguière (1791), puis Jean-Baptiste de Lamarck (1801, 1819) ont précisé cette classification des ostréidés. Lamark classe à part les pectens et crée un nouveau groupe (les Gryphaea). Quelques décennies plus tard, Raulin et Delbos (1855) corrigent encore la taxonomie du groupe d'après l'étude des huîtres tertiaires d’Aquitaine. Ils définissent trois sous-genres (Ostrea, Gryphaea et Exogyra) et huit subdivisions (dont sept sont actuellement les genres Pycnodonte, Gryphaeostrea, Crassostrea, Ostrea, Cubitostrea, Saccostrea, Lopha, classés par leur morphologie externe mais aussi par des caractères stables intérieurs (« configuration de la surface ligamentaire » et du « crochet »). Thomas Say (1820) précise la classification du groupe Exogyra, Fisher de Waldheim celui des amphidontes (1829) et des pycnodontes (1835) ; Bayle travaillera sur les genres Aetostreon (1878), Ceratostreon (1878) et Rhynchostreon (1878) ; Sacco précise le classement des Alectryonella (1897), des Crassostrea (1897) et des Cubitostrea (1897).

Au , Vyalov (1936, 1937, 1948) poursuit ce travail par l’étude morphologique du groupe (caractères de la valve supérieure notamment), ce qui lui a permis de décrire nouveaux et d'en réhabiliter d'autres (antérieurement considérés comme des synonymes).

Il propose une refonte totale de la classification, sévèrement critiquée par Ranson (1943, 1948) et Stenzel (1971) qui lui reprochent d'avoir oublié des caractères (structure interne de la coquille ou de l’aire ligamentaire, forme de l’empreinte musculaire, présence de chomatas… Ils lui ont aussi reproché d'avoir délaissé les pycnodontes.

En 1971 Stenzel réécrit une classification qui reste utilisée par les biologistes et les paléontologues. Elle repose sur un grand nombre de caractères trouvés chez les espèces fossiles et/ou contemporaines (structure interne des parties molles, structure minéralogique et morphologique externe et interne de la coquille.

En 1986, Harry réalise une classification d’après les huîtres actuelles. La même année, quelques ajouts sont faits par Freneix et Viaud (1986) (sous-famille des Gryphaeostreinae ajoutée au sein des Gryphaeidae).

En 1990, Malchus (1990) synthétise les classifications de Harry (1985) et Stenzel (1971) mais en ajoutant au sein des Ostreidae une nouvelle famille (Palaeolophidae) et une sous-famille (Liostreinae).

Les Ostrea sont notamment les huîtres élevées, commercialisées et/ou récoltées pour être consommées.

Liste des espèces N.B: la liste des espèces est très différente selon la référence.

Selon

Ostrea algoensis G. B. Sowerby II, 1871 Ostrea amorpha G. B. Sowerby I in Forbes, 1846 † Ostrea angasi G. B. Sowerby II, 1871 Ostrea angelica Rochebrune, 1895 Ostrea arcula Marwick, 1928 † Ostrea atherstonei Newton, 1913 Ostrea avalitesensis Jousseaume in Lamy, 1925 Ostrea awajiensis Matsubara, 1998 † Ostrea chilensis Küster, 1844 Ostrea circumpicta Pilsbry, 1904 Ostrea conchaphila Carpenter, 1857 -- Huître Olympe Ostrea corrugata Brocchi, 1814 † Ostrea crassicostata G. B. Sowerby I, 1847 † Ostrea denselamellosa Lischke, 1869 Ostrea edulis Linnaeus, 1758 -- Huître plate ou « Belon » Ostrea equestris Say, 1834 -- Huître à crête Ostrea futamiensis Seki, 1929 Ostrea grandis Lightfoot, 1786 Ostrea haitensis G. B. Sowerby I, 1850 † Ostrea imputata Anton, 1838 Ostrea libella Weisbord, 1964 Ostrea lurida Carpenter, 1864 Ostrea margaritae Pilsbry, 1918 † Ostrea megodon Hanley, 1846 Ostrea neostentina L.-S. Hu, H.-Y. Wang, Z. Zhang, C. Li & X.-M. Guo, 2019 Ostrea pecten Forsskål in Niebuhr, 1775 Ostrea pectinata E. von Martens, 1899 Ostrea permollis G. B. Sowerby II, 1871 Ostrea puelchana d'Orbigny, 1842 Ostrea retusa J. de C. Sowerby, 1836 † Ostrea siamensis Mörch, 1853 Ostrea solaris Jousseaume in Lamy, 1925 Ostrea stentina Payraudeau, 1826 Ostrea tatei Suter, 1913 † Ostrea taurica Krynicki, 1837 Ostrea waitangiensis Marwick, 1928 †

Liste des espèces selon

Liste des espèces selon

Noms en synonymie Ostrea elegans Deshayes, 1832, un synonyme de Cubitostrea elegans (Deshayes, 1832) † Ostrea picta Gmelin, 1791, un synonyme de Crenatula picta (Gmelin, 1791)

Voir aussi Articles connexes Huître

Références taxinomiques

Liens externes Dynamique des paléoenvironnements à huitres du crétacé supérieur nord-aquitain (SO France) et du mio-pliocène andalou (SE Espagne) : biodiversité, analyse séquentielle, biogéochimie Thèse de Blaise VIDET (sciences de la Terre, Rennes)

Bibliographie

Notes et références

Catégorie:Ostreidae Catégorie:Genre de bivalves (nom scientifique) Catégorie:Taxon décrit par Carl von Linné Catégorie:Mollusque décrit en 1758 Catégorie:Mollusque marin