vignette|Vladimir Vernadski, 1934 La noosphère (prononcé : ), selon la pensée de Vladimir VernadskiGeorgy S. Levit: Biogeochemistry, Biosphere, Noosphere: The Growth of the Theoretical System of Vladimir Ivanovich Vernadsky (1863-1945) , Pierre Teilhard de Chardin et Édouard Le Roy, désigne la « sphère de la pensée humaineGeorgy S. Levit: The Biosphere and the Noosphere Theories of V. I. Vernadsky and P. Teilhard de Chardin: A Methodological Essay, International Archives on the History of Science/Archives internationales d'histoire des sciences, 50 (144), 2000, , sur le site uni-jena.de. ».

Le mot « noosphère » est dérivé des mots grecs , « l'esprit » et , « sphère », par analogie lexicale avec « atmosphère » et « biosphère« […] il définit la noosphère comme « la strate pensante de la biosphère » ainsi que « l'unité consciente des âmes » », David H. Lane, 1996, The Phenomenon of Teilhard : Prophet for a New Age, , sur Googlebooks. ».

Ce néologisme a été cité dès 1922En 1922, Teilhard de Chardin écrit, dans un essai intitulé Hominisation : « Et ceci nous conduit à imaginer, d'une façon ou d'une autre, au-delà de la biosphère animale une sphère humaine, une sphère de la réflexion, de l'invention consciente, des âmes conscientes (la noosphère, si vous voulez). » (1966, ) ; voir Hominization (1923), The Vision of the Past, pages 71, 230, 261 sur Googlebooks. par Teilhard de Chardin dans sa « cosmogénèse » Sur le site de Tambov State Technical University, « The Prominent Russian Scientist V.I.Vernadsky », en russe..

En 1936, Vernadski confirmera son adoption de l'idée de noosphère dans une lettre à Boris Leonidovitch Lichkov, mais il tranchera la question de son origine en 1943, en affirmant que le concept avait été déduit "conjointement" (de ses travaux sur la biogéochimie et la biosphère) par Le Roy et Theilhard de Chardin (qui ensemble avaient suivi ses cours de 1922-1923 à la Sorbonne). Première publication en 1943.

Extrait : "Lors de mon cours à la Sorbonne à Paris en 1922-1923, j'ai désigné les phénomènes biogéochimiques comme fondement de la biosphère. Le contenu d'une partie de ces cours a été publié dans mon ouvrage, La Géochimie, paru d'abord en français en 1924, puis en russe en 1927. Le mathématicien français Le Roy, philosophe bergsonien, a accepté le fondement biogéochimique de la biosphère comme point de départ et, lors de ses cours au Collège de France à Paris, il a introduit en 1927 le concept de noosphère, qui désigne l'étape géologique actuelle de la biosphère. Il a souligné qu'il était parvenu à cette notion en collaboration avec son ami Teilhard de Chardin, grand géologue et paléontologue, travaillant actuellement en Chine.".

Dans la théorie originelle de Vernadski, la noosphère apparaît comme la quatrième d'une succession de phases de développement de la Terre, après la géosphère (matière inanimée), la biosphère (la matière vivante) et l'écosphère (les organismes vivants). Tout comme l'émergence de la vie a fondamentalement transformé la géosphère, l'émergence de la cognition humaine transforme fondamentalement la biosphère.

Concept Développement

Le mot, introduit par Pierre Teilhard de Chardin dans Le Phénomène humainLe Phénomène humain. Paris : Seuil, 1955., mais formulé, de concert avec lui, par le mathématicien Edouard Le Roy dans ses cours au collège de France dès 1927, a été déduit de concert par les deux chercheurs , des travaux de Vladimir VernadskiVladimir I. Vernadsky, « The Biosphere and the Noosphere », American Scientist, (janvier) 1945, 33(1), .sur la biogéochimie et la biosphère, dont ils découvrirent tous deux l'exposé à la Sorbonne en 1922-1923.

Teilhard de Chardin a développé sa vision d’une humanité en voie de « planétisationPierre Teilhard de Chardin, L’Avenir de l’homme, Paris : Seuil, 1959. . » (ce qui se rapproche du terme contemporain de « mondialisation », avec une connotation plus spirituelle). C'est la vision d'une humanité dont l’imaginaire, les pensées, les idées, les découvertes, en d'autres termes le psychisme ou la conscience tissent progressivement une « noosphère » de plus en plus serrée et dense, génératrice de toujours plus de conscience, et d’une conscience de plus en plus solidaire, de plus en plus planétaire. Par « noosphère », Teilhard désigne le milieu, ou la dimension, de pensée et de conscience qui, depuis le début de la vie sur Terre a progressivement évolué pour finir par envelopper et imprégner toute la biosphère, à la manière d’une autre atmosphère, faite cette fois non pas d’oxygène, mais de psychisme. Parce que l’humanité se multiplie et se répand sans cesse à la surface d’une terre limitée géographiquement, Teilhard voit les humains se resserrer les uns sur les autres, et cette densification de l’humanité équivaut pour lui à une densification de la noosphère, donc une intensification de la conscience. Cette densification progressive amène à un retournement sur elle-même de la conscience, phénomène que Teilhard appelle « le RéfléchiL’avenir de l’homme, . ».

La noosphère se juxtapose à la lithosphère (la masse inerte), à la biosphère (la masse vivante des procaryotes), à l'écosphère (la masse vivante des eucaryotes), et à la sociosphère (ensemble des relations humaines et/ou écologiques). Englobant l'ensemble de l'activité intellectuelle de la Terre, il s'agit d'une sorte de « conscience collective de l'humanité » qui regroupe toutes les activités cérébrales et mécaniques de mémorisation et de traitement de l'informationDaniel S. Larangé, L'Esprit de la Lettre. Pour une sémiotique des représentations du spirituel dans la littérature française des , Paris: L'Harmattan, 2009, ..

À partir du milieu du , les géographes commencent à considérer les éléments culturels et immatériels en plus des réalités matérielles. Pierre Deffontaines écrit ainsi que « le plus grand événement dans l’histoire géographique de la Terre, ce n’est pas tel plissement de montagne, tel déplacement de mer, telle modification de climat, c’est l’apparition avec l’humain d’une sorte de sphère spéciale, plus extraordinaire que la pyrosphère, l’hydrosphère, l’atmosphère ou même la biosphère ; ce qu’on pourrait appeler la sphère pensante, que le R. P. Teilhard de Chardin a appelé la « noosphère », enveloppe immatérielle sans doute, qui cependant s’inscrit matériellement dans le paysageDeffontaines, Géographie des religions, Paris, Gallimard, 1948 cité in Georges Benko, Ulf Strohmayer (dir.), Horizons géographiques, Bréal, 2004, . ».

Politique

Le système politique et social qui résulterait de la noosphère a été désigné sous le nom de noocratie.

Dans la culture populaire La Noosphère est citée dans Le Livre Du Voyage de Bernard Werber; elle y est décrite comme "un grand nuage au-dessus de la planète" où s'agglomèrent les idées.

Voir aussi

Articles connexes Cerveau global World Brain Conscience collective Intelligence collective Interopérabilité Mondialisation Anthropocène Noogenèse Point oméga

Notes et références

Bibliographie Le Phénomène humain, Pierre Teilhard de Chardin (publication posthume,1955) Noosphère - Éléments d'un grand récit pour le , Patrice van Eersel Albin Michel, 2021

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