Roch Marc Christian Kaboré, né le à Ouagadougou, est un homme d'État burkinabè, président de la République du au .
Économiste de formation, il est Premier ministre du Burkina Faso de 1994 à 1996, période pendant laquelle il gère la dévaluation historique du franc CFA, après avoir exercé plusieurs fonctions ministérielles. En 2002, il devient président de l’Assemblée nationale, poste qu'il occupe pendant dix ans.
Candidat du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) à l'élection présidentielle de 2015, il est élu dès le premier tour pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois, avec 53,49 % des voix. En 2020, il est réélu pour un second mandat dès le premier tour avec 57,87 % des voix.
Lors du coup d'État de janvier 2022, il est arrêté par une garnison de militaires, puis renonce au pouvoir dans la foulée sous la pression de l'armée.
Biographie Jeunesse et formation Catholique, issu de l'ethnie mossi, Roch Marc Christian Kaboré est le fils de Charles Bila Kaboré. et d'Antonine Kaboré, tous deux enseignants de formation. Charles Bila Kaboré est nommé conseiller technique du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité en 1961, avant de devenir trésorier général de la Haute-Volta et membre du Conseil économique et social. D’ à , il occupe le poste de ministre des Finances, avant de prendre le ministère de la Santé publique jusqu’à la chute de la première République, en . Conseiller financier et secrétaire général de la présidence de la République jusqu’en 1975, Charles Bila Kaboré est nommé vice-gouverneur de la BCEAO (Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest) jusqu’en 1982. Il est ensuite conseiller technique puis secrétaire général de la présidence burkinabè avant de prendre sa retraite en 1985.
Roch Marc Christian Kaboré fait ses études à l'école primaire publique Centre A de Ouagadougou (actuelle école Paspanga) puis à Tougan jusqu’en . Il revient à Ouagadougou en CM2, à l'école primaire publique centre B, où il obtient le certificat d'études primaires élémentaires. Il fait ses études secondaires au collège Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle à Ouagadougou où il obtient en 1972 le BEPC. Il obtient le baccalauréat en 1975.
Il étudie les sciences économiques à l'université de Dijon en France, où il obtient, en 1979, une maîtrise en sciences économiques et gestion, puis en 1980, un DESS en gestion qui lui confère le Certificat d’aptitude en administration et gestion des entreprises.
Dès cette période, il milite au sein de la Fédération des étudiants d'Afrique noire en France (FEANF) qui est très active au moment des indépendances et promeut l'idée d'une Afrique unifiée.
Vie privée Roch Marc Christian Kaboré est marié à Adjoavi Sika Vovor et père de trois enfants.
Début de carrière politique Rentré au Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré milite en pleine révolution au sein de l'Union des luttes communistes - reconstruite (ULC-R). Le , Thomas Sankara prend la tête du Conseil de la Révolution et s'installe au pouvoir. L'année suivante, Kaboré, âgé de 27 ans, est nommé directeur général de la Banque internationale du Burkina (BIB), l'une des deux principales institutions financières du pays. Il occupe ce poste jusqu'en 1989, date à laquelle il est nommé par le chef de l'État, Blaise Compaoré, ministre des Transports et de la Communication.. En 1990, il conserve son portefeuille et devient ministre d'État. En 1991, il devient ministre chargé de l’Action Gouvernementale. En , il est élu député de la province du Kadiogo au sein de l'Organisation pour la Démocratie Populaire - Mouvement du travail (ODP-MT). Entre 1992 et 1993, il occupe successivement les postes de ministre des Finances, puis ministre chargé des Relations avec les institutions.
Le , l'inévitable dévaluation du franc CFA entraîne une hausse brutale des prix. Face à cette crise, Blaise Compaoré nomme, le , Roch Marc Christian Kaboré Premier ministre afin d’apaiser les tensions et de limiter les effets de la dévaluation.
Les remous consécutifs à la dévaluation une fois dissipés, Blaise Compaoré démet son Premier ministre et l’affecte au poste de conseiller spécial à la Présidence, le .
Élu pour la première fois député de la province du Kadiogo en 1992, Roch Marc Christian Kaboré est réélu en et devient Premier vice-président de l'Assemblée des députés du Peuple (Assemblée nationale burkinabè). Il est reconduit lors des élections législatives de 2002 et le de la même année, il remplace Mélégué Traoré à la présidence de l’Assemblée nationale. Le pays est alors agité par l'affaire Norbert Zongo. Ses qualités d’écoute et d’apaisement pour faire valoir la justice seront appréciées tant par la majorité que par l'opposition.
Fonctions politiques Secrétaire exécutif du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti au pouvoir depuis 1999, Roch Marc Christian Kaboré en devient le président en 2003. En 2011, l'armée organise une fronde et les populations se mobilisent contre la vie chère. L'exaspération monte parmi la population. Devant l’impossibilité de réformer le parti, Roch Marc Christian Kaboré annonce en 2012 son intention de ne pas briguer une nouvelle fois la tête du CDP.
Lors des vœux au parti, Roch Marc Christian Kaboré loue la « transition réussie au Niger qui force l'admiration ». et félicite la « classe politique nigérienne » et les militaires qui ont permis la transition. Il rappelle également qu’au Maghreb, au Moyen-Orient, « le vent du printemps arabe a soufflé et emporté des régimes dont la stabilité semblait garantie ».
Démission du CDP et création du MPP vignette|Roch Marc Christian Kaboré en 2012. Au début des années 2010, Roch Marc Christian Kaboré est progressivement écarté alors que le CDP est remodelé autour des hommes de confiance de Blaise Compaoré, notamment Assimi Kouanda, fidèle parmi les fidèles, qui prend la présidence du parti en 2012.. Survient ensuite la question de l'article 37 de la Constitution, qui interdit au président de se représenter en 2015 et qui amène Roch Marc Christian Kaboré à basculer définitivement dans l’opposition.
En 2012, Roch Marc Christian Kaboré quitte la direction du CDP comme il l’avait annoncé. Redevenu simple militant, il tente de dissuader le président de modifier l'article 37 de la Constitution.
Le jour de la fête de l’indépendance, le président de la République annonce lors de son discours au peuple que la modification de l'article 37 fera l'objet d’un référendum. Il prend la même position lors d’une visite à Paris.
Le , Roch Marc Christian Kaboré et deux autres piliers du CDP, Simon Compaoré et Salif Diallo démissionnent en signant une lettre ouverte dans laquelle ils dénoncent la « caporalisation » du parti et « ses méthodes de gestion fondées sur l'exclusion ».. Ils seront suivis le lendemain par 72 autres membres du parti.
Ils créent le Mouvement du peuple pour le progrès. (MPP) et Roch Marc Christian Kaboré en prend la tête.
De la chute de Blaise Compaoré à l'élection présidentielle de 2015 Le MPP rejoint les rangs de l'opposition et les mouvements de la société civile dès .
Les 30 et , le peuple se soulève contre la modification de l’article 37 de la Constitution et chasse Blaise Compaoré du pouvoir.
Le , le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida est nommé chef de l'État, avant qu'un accord sur les institutions de la transition ne soit signé entre l'armée, les partis d'opposition et la société civile, y compris ses représentants religieux.
Devant la montée du mécontentement, Isaac Zida s’engage à rendre le pouvoir à un civil. C’est ainsi que Michel Kafando est nommé président de transition. Le lieutenant-colonel Zida devient son Premier ministre. Ce gouvernement de transition a pour mission principale l'organisation et la bonne tenue des élections présidentielle et législatives qui se déroulent le .
Roch Marc Christian Kaboré, candidat du MPP à l'élection présidentielle, a entamé début une grande tournée dans l'ensemble des 13 régions du Burkina Faso pour aller à la rencontre des populations et présenter son programme. Lors de la campagne présidentielle, il s’engage à valoriser le capital humain pour améliorer les conditions de vie des Burkinabè. Il déclare également vouloir stimuler les secteurs porteurs de l’économie et l'emploi.. vignette|Roch Kaboré dépose son bulletin lors de l'élection présidentielle le . Le jour du scrutin, il totalise 53,49 % des voix, soit . Il est ainsi élu président du Faso dès le premier tour, et reçoit rapidement les félicitations de son principal adversaire, Zéphirin Diabré[..
Le , il est réélu dès le premier tour avec 57,87 % des voix face à douze autres candidats dont notamment Eddie Komboïgo et Zéphirin Diabré.
Le , le Conseil constitutionnel valide la réélection pour Roch Marc Christian Kaboré à un deuxième mandat.
Président du Faso Investiture et premières mesures Le , Roch Marc Christian Kaboré est investi président de la République. (président du Faso) et succède à Michel Kafando. Il est le neuvième président du Burkina Faso depuis son indépendance, et le troisième président civil après Maurice Yaméogo et Michel Kafando...
Il prête serment au cours d'une cérémonie d'investiture au Palais des sports de Ouagadougou en présence de et partisans du nouveau régime. Plusieurs chefs d'État assistent à cette cérémonie d’investiture. Dans son discours solennel, Roch Marc Christian Kaboré met l’accent sur la restauration de l'autorité de l'État et la relance économique du pays.
Le , il nomme Paul Kaba Thiéba, un ancien de la BCEAO, au poste de Premier ministre.. Face à la gestion de la crise sécuritaire, il présente sa démission le .
Le , il nomme Christophe Marie Dabiré Premier ministre.
Exercice du pouvoir Politique sécuritaire Deux semaines après son élection, le président Kaboré fait face à sa première grave crise. Le , un restaurant et un hôtel du centre de Ouagadougou, notamment fréquenté par des expatriés, fait l’objet d’une attaque terroriste revendiquée par Al Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Le bilan fait état de trente morts. Alors que les chancelleries du monde entier témoignent de leur solidarité avec le Burkina Faso, les forces de sécurité nationales sont mises en cause devant la facilité avec laquelle les trois assaillants ont manœuvré, pour leur temps de réaction ou pour la pauvreté du renseignement national..
Le Burkina Faso fait de nouveau l'objet d’attaques, notamment en , quand un poste douanier de Markoye, près du Niger, au nord du pays, fait deux morts.. En juin de la même année, c’est un poste de police qui avait été attaqué près de la frontière malienne, faisant cette fois trois morts. Depuis 2015, sept attaques de postes de police ou de gendarmerie au total ont ainsi eu lieu dans le nord du Burkina, frontalier du Mali et du Niger. Les groupes armés peuvent avoir « profité du vide sécuritaire laissé après le départ de Blaise Compaoré en 2014 et l’élection d’un nouveau président treize mois plus tard », juge RFI, alors que les autorités soulignent de leur côté le pouvoir de nuisance dont disposerait encore l’ancien président burkinabè.. En réponse aux attaques terroristes, le Burkina Faso renforce rapidement la protection de ses sites à risque et crée l'Agence nationale de renseignement (ANR) pour coordonner et approfondir la coopération avec les pays de la sous-région dans le cadre du « G5 du Sahel », cadre institutionnel créé en qui regroupe le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad..
Fin , le président Kaboré nomme le colonel-major Oumarou Sadou chef d'état-major général des Forces armées du Burkina Faso en remplacement du général Pingrenoma Zagré..