La civilisation chimú fut une importante civilisation précolombienne pendant plusieurs siècles, de 1000 à 1470. Vraisemblablement issus de la culture Moche, ils sont conquis par les Incas dirigés par Túpac Yupanqui sous le règne de Pachacutec et intégrés à l'empire de ce dernier. Leur capitale était le site archéologique de Chan Chan.

Histoire

Présentation Les Chimús étaient les habitants du royaume de Chimor. Leur capitale était Chan Chan, une grande cité construite en adobe située dans la vallée mochica, près de la ville actuelle de Trujillo, au Pérou. Le général Inca Túpac Inca Yupanqui, sous le règne de Pachacutec, conquit le territoire des Chimú vers l'an 1470, 50 ans avant l'arrivée des conquistadores dans la régionKubler, George. (1962). The Art and Architecture of Ancient America, Ringwood: Penguin Books Australia Ltd., p. 247-274. Les chroniqueurs espagnols purent décrire la culture chimú à partir de témoignages de personnes ayant vécu avant la conquête inca. Les recherches archéologiques laissent penser que la culture chimú est issue des restes de la culture mochica ; les plus anciennes poteries chimú présentent des ressemblances avec la poterie mochica. Leurs céramiques étaient entièrement noires et leurs objets de métal comportaient des ciselures fines et complexes.

Les Chimús habitaient la côte nord du Pérou. « Elle consiste en une étroite bande désertique de 30 à 150 km de large entre le Pacifique et les contreforts ouest des Andes, traversée ici et là par de courtes rivières descendant des montagnes et créant des oasis vertes et fertiles. » Les plaines sont très plates et propices à l'irrigation, qui est probablement pratiquée ici depuis les débuts de l'agriculture. La pêche était également très pratiquée et considérée comme presque aussi importante que l'agriculture.

Les Chimús étaient connus pour adorer la Lune, contrairement aux Incas qui adoraient le Soleil. Les Chimús considéraient le Soleil comme destructeur, probablement à cause de l'impitoyable rayonnement solaire régnant dans le désert où ils vivaient. Les offrandes constituaient un élément important de leurs rites religieux. Les coquillages de spondyles étaient fréquemment utilisés comme offrandes. Ils étaient aussi utilisés comme matériau par les artisans. Le spondyle vit dans les eaux chaudes côtières au large de l'Équateur. Il est associé à la mer, la pluie et la fertilité. Les spondyles étaient très appréciés par les Chimús qui en faisaient commerceChimú, in: Encyclopedia of Prehistory, vol.7 "South America", edited by Peter Neal Peregrine, Melvin Ember, Springer (2001).

Les Chimús sont renommés pour leur céramique monochrome caractéristique, ainsi que pour leur travail raffiné des métaux : cuivre, or, argent, bronze et tumbaga (un alliage de cuivre et d'or). Les poteries ont souvent la forme d'une créature. D'autres représentent un personnage assis ou debout sur une bouteille parallélépipédique. La surface noire et brillante de la plupart des poteries chimú ne provient pas de vernis. Elle est obtenue en cuisant la poterie à haute température dans un four artisanal fermé, ce qui empêche l'oxygène de réagir avec l'argile. D'après le roman Queer de William S. Burroughs, on aurait trouvé plusieurs exemples de poteries chimú représentant des relations homosexuelles.

Quingnam

La langue quingnam est une langue précolombienne péruvienne parlée par l'ethnie des Chimús dans les anciens territoires des Mochicas, une région au nord de la vallée de la rivière Chicama Chao. Au point culminant des conquêtes de l'empire Chimú, la langue quingnam était pratiquée dans un vaste espace, depuis la rivière Jequetepeque au nord, jusqu'à Carabayllo (près de Lima) au sud. Le quingnam était la langue de la culture chimú. Il était proche de la langue mochica, le muchik. La langue courante des Chimús était le muchik, mais les pêcheurs chimús parlaient un dialecte que les missionnaires espagnols appelaient « la langue des pêcheuses. »

La langue quingnam disparut peu de temps après l'arrivée des conquistadors, principalement pour les raisons suivantes :

le « cœur » de la langue quingnam (l'espace où elle était le plus largement parlée) était la capitale de l'empire chimú, Chan Chan, qui était proche de la nouvelle ville hispanophone Trujillo l'aire de transmission de la langue quingnam était bien plus limitée que celle de la langue muchik : elle n'était parlée que par les élites chimú dans les territoires de l'empire chimú. Le quingnam était parfois parlé à Tumbes, Piura et Lambayeque, qui étaient des zones où on parlait habituellement mochica. Le quingnam était la langue principale dans la zone côtière depuis Jequetepeque jusqu'à la rivière Huaral, Ancon, voire jusqu'à la rivière Chillon (Carabayllo) la plupart des personnes qui parlaient quingnam moururent à cause des épidémies apportées par les Espagnols les personnes qui parlaient quingnam et avaient survécu aux épidémies furent déplacées loin de leur lieu de naissance. Ces indigènes furent achetés par les Espagnols pour aider l'exploitation, car ils étaient plus efficaces pour le travail agricole et artisanal beaucoup de personnes abandonnèrent la langue quingnam pour un dialecte hispanique. La langue mochica était gutturale, et la langue quingnam l'était plus encore

Ancienne civilisation chimú (civilisation muchique)

La plus ancienne civilisation de la côte nord du Pérou est l'ancienne civilisation chimú, également appelée civilisation muchique. La civilisation muchique commença à une époque indéterminée et s'acheva vers l'an 500 Elle s'organisait autour des vallées Chicama, Moche et Viru. « De nombreuses grandes pyramides sont attribuées à l'ancienne civilisation chimú »Holstein, Otto. 1927. Chan-chan: Capital of the great chimu. Geographical Review 17, (1) (Jan.): 36-61.. Ces pyramides sont construites en adobes rectangulaires moulées. « On trouve aussi des cimetières qui ne sont pas associés à des pyramides. Les morts étaient enterrés allongés dans des tombes aménagées. Les tombes sont rectangulaires et tapissées d'adobes sur les murs et le plafond. Des niches dans les murs contenaient des bols de poterie. » La poterie ancienne se caractérise par des formes figuratives réalistes et des scènes peintes.

Expansion et organisation sociale Expansion

La culture chimú s'est développée dans le territoire où régnait la culture mochica pendant les siècles précédents. Comme la culture mochica, la culture chimú était une culture côtière. Elle s'est développée dans la vallée Moche au sud de Lima, au nord-est de Huarmey, jusqu'au centre de Trujillo, puis vers Arepiqua. Les Chimús apparurent vers l'an 900. « La cité de Chimor se trouvait dans un vaste site appelé aujourd'hui Chanchan entre Trujillo et la mer. On suppose qu'à l'origine Taycanamo fonda un royaume à cet endroit. Son fils Guacri-caur conquit la partie basse de la vallée. Son fils Nancen-Pinco posa les véritables bases du royaume en conquérant le haut de la vallée de Chimor et les vallées voisines de Sana, Pacasmayo, Chicama, Viru, Chao et Santa »Rowe, John H. 1948. The kingdom of Chimor. Aus Acta Americana 6, (1-2): 27..

Le royaume chimú finit par englober un vaste espace et de nombreux groupes ethniques. Au maximum il s'étendit jusqu'aux limites du désert côtier, de la vallée Jequetepeque au nord et de Carabayallo au sud. La limite sud de l'expansion est controversée. L'expansion au sud fut bloquée par la puissance militaire de la grande vallée de Lima.

Organisation sociale

La société chimú était organisée selon une hiérarchie à quatre niveauxChristie, J. J. & Sarro, P. J (Eds). (2006). Palaces and Power in the Americas. Austin: University of Texas Press.. Une élite puissante était à la tête des centres de pouvoir. La hiérarchie était organisée autour des villes fortifiées appelées ciudadelas à Chan ChanKeatinge, Richard W., and Geoffrey W. Conrad. 1983. Imperialist expansion in peruvian prehistory: Chimu administration of a conquered territory. Journal of Field Archaeology 10, (3) (Autumn): 255-83.. La puissance de Chan Chan est clairement démontrée au vu de la quantité de travail nécessaire à la construction du canal de Chimú et à l'exploitation agricole.

Chan Chan était au sommet de la hiérarchie chimú ; Farfan, dans la vallée Jequetepeque, lui était subordonnée . Le fait que cette organisation démarra dès la conquête de la vallée Jequetepeque donne l'impression que le système hiérarchique fut créé dès le début de l'expansion territoriale. L'élite des centres secondaires du pouvoir, par exemple la vallée Jequetepeque, était intégrée à des niveaux inférieurs de la hiérarchie du gouvernement chimú. Les centres secondaires du pouvoir étaient chargés de gérer les terres, l'eau et la force de travail. Les centres principaux du pouvoir étaient chargés de transférer les ressources vers Chan Chan ou de prendre des décisions administratives.

Certains villages ont servi de centres de supervision technique pour la construction des canaux, puis de centres de gestion pour leur entretien. En témoigne le grand nombre de bols cassés découverts sur le site de Quebrada del Oso, car ces bols ont sans doute servi à nourrir les nombreux ouvriers chargés de la construction et de l'entretien d'un tronçon de canal. Les ouvriers étaient probablement logés et nourris au frais de l'État.

Il y avait des classes sociales sous la direction d'un état au royaume de Lambayeque à Sican jusqu'à sa conquête. Les récits mythologiques et guerriers attribués à Naylamp dans la culture sican furent transposés à Tacayanamo dans la culture chimú. Le peuple versa un tribut aux vainqueurs sous forme de marchandises ou de travail. Vers 1470, le royaume chimú fut vaincu par les Incas à Cuzco. Le roi Minchancaman fut déporté à Cuzco. De l'or et de l'argent furent offerts pour orner le temple du soleil.

Économie

Les contrôles d'accès à l'information générèrent à Chan Chan une véritable bureaucratie. Le système économique et social fonctionnait grâce à l'apport de matériaux bruts à Chan Chan, où ils étaient transformés en objets manufacturés par les artisans. C'est à Chan Chan qu'étaient traitées toutes les autres questions concernant l'organisation, la production, le stockage, la distribution et la consommation des biens.

Dans chaque ciudadela, la majorité des citoyens étaient des artisans. À la période du Chimú tardif, on comptait environ artisans rien qu'à Chan ChanMoseley, M. E. & Cordy-Collins, A. (Ed.) (1990). The Northern Dynasties: Kingships and Statecraft in Chimor. Washington D.C.: Dumbarton Oaks.. Ils pratiquaient l'artisanat, mais aussi la pêche, l'agriculture ou le commerce. Les artisans n'avaient pas le droit de changer de métier. Ils étaient répartis dans la ciudadela selon leur spécialité. L'accroissement soudain de la production artisanale chimú suggère que des artisans d'autres régions furent transférés à Chan Chan à la suite des conquêtes chimú. Le fait qu'on a retrouvé dans les mêmes habitations des traces de travail du métal et de tissage suggère que les hommes comme les femmes s'adonnaient à l'artisanat. Les Chimús pratiquaient la métallurgie. Ils fabriquaient des céramiques. Il tissaient le coton et les laines de lama, d'alpaga, de guanaco et de vigogne. Ils pêchaient avec des canoës de roseau, appelés (en espagnol) caballito de totora. Ils pratiquaient la chasse.

Textiles