vignette|vignetteLe major Paul Scoriels, cité par G. Cassart dans le journal des tribunaux, et par le colonel Rémy dans une épopée de la résistance, auteur du récit "48 heures de guerre", qui parle du 2e régiment de grenadiers en mai 1940 Le de grenadiers () était une unité d'infanterie de la force terrestre des forces armées belges.

Historique Origines Un arrêté royal du crée un régiment de grenadiers et voltigeurs réunis à partir de la compagnie d'élite des des 12 régiments de ligne. Le régiment compte alors 2 bataillons de grenadiers et 2 bataillons de voltigeurs. Chaque bataillon est divisé en 6 compagnies d'au moins 100 hommes, officiers inclus. Ces compagnies sont seulement détachées de leur unité d'origine, ce qui n'est pas sans poser problème alors d'administration et de logistique. Pour remédier à cela, un arrêté royal publié le rompt définitivement les liens avec les anciennes unités de ligne. Il devint ainsi un régiment à part entière dénommé régiment d'élite. Le , les compagnies de voltigeurs sont transférées au régiment de chasseurs-carabiniers et le régiment d'élite est alors renommé en régiment de grenadiers. Le , les compagnies de grenadiers subsistantes dans les régiments de ligne sont définitivement supprimées et le régiment prend alors le nom de régiment des grenadiers. De 1864 à 1867, un bataillon du régiment participe à la campagne du Mexique. Jusqu'en 1912, il est le seul régiment qui monte la garde au palais royal. En 1913, à la suite de la réorganisation de l'armée, ce régiment devient le de grenadiers.

Première Guerre mondiale Le , le de grenadiers est dédoublé pour former le de grenadiers. Ils forment ensemble la mixte et appartiennent à la . Il quitte Bruxelles le . Les 6 et , le régiment est stationné dans la région de Wavre. Le , il subit à Longpré son baptême du feu.

Il participe avec son régiment frère aux sorties d'Anvers durant le siège de la ville entre août et . Il sortira les 25- et 9- et combattit à Schiplaken, Elewijt, Werchter, Wakkerzeel.

Il joue un rôle actif dans la bataille de l'Yser et combat durant 9 jours ininterrompus au sud de Ramscapelle. Du 21 au , il se bat également à Schoorbakke, au Stuyvekenskerke, au Groot-Beverdijck et à Pervyse.

Vu les pertes subies durant le siège d'Anvers et la bataille de l'Yser, les 2 régiments de grenadiers sont fusionnés le . Il faudra attendre le pour que le régiment soit de nouveau dédoublé.

Le , il part d'Ypres pour participer à l'offensive des Cent-Jours. Il y conquiert notamment Passendaele le jour même. Le lendemain, il atteint le premier la Flandern-Stellung. Le , il est temporairement retiré du front avec toute la . Du 8 au , le régiment est de retour au front, le long de l'Escaut entre Gavere et Eke.

Le , le régiment rentre à Bruxelles. Les et retrouvent leur caserne Prince Albert et le est quant à lui envoyé en garnison dans la caserne du Petit-Château.

Entre-deux-guerres Entre 1919 et 1924, le régiment participe à l'occupation de l'Allemagne. Le , le régiment est dissous.

Seconde Guerre mondiale Il effectue la campagne de mai 1940 intégré à la d'infanterie. Comme régiment de première réserve, il est mobilisé le à la caserne Prince Albert à Bruxelles. Le , il est envoyé sur la ligne KW dans le secteur de Louvain. En octobre, il est déplacé sur le canal Albert dans le sous-secteur de Kwaadmechelen. Le , le régiment est envoyé en repos à Halle et Waterloo. Le , le régiment est envoyé sur de nouvelles positions vers Riemst pour reprendre le sous-secteur de Zichen-Zussen-Bolder occupé précédemment par le de chasseurs à pied. Pour mieux défendre cette zone de de long, le commandant du régiment le réorganise en quatre bataillons de force égale. Ils sont placés de part et d'autre du fort d'Ében-Émael.

Le occupe le nord du sous-secteur et fait la liaison avec le du de ligne. Il défend le canal Albert entre le Kipberg à Montenaken au sud de Vroenhoven jusqu'au fort d'Ében-Émael. Il a ainsi la responsabilité du pont de Kanne. Le défend quant à lui le canal Albert entre le fort d'Ében-Émael au nord jusqu'à Lixhe, pont de Lanaye inclus. En seconde ligne, le et le . Les ponts sur le canal Albert à Kanne et Lanaye sont flanqués de cinq bunkers et équipés de barricades et de charges explosives. Ces charges ont été placées par le du génie. La surveillance et le déclenchement des explosifs est aux mains de détachements du fort d'Ében-Émael.

Le vers , l'alerte est donnée. Les soldats rejoignent leurs postes de combats en pensant qu'il s'agit de l'exercice prévu pour ce vendredi. En effet, à la suite d'un problème technique avec les détonateurs, il faut attendre pour que le fort d'Ében-Émael tire les vingt coups de semonce réglementaires annonçant une alerte réelle.

À , le poste d'observation du d'artillerie situé à Loen détecte que des unités du génie allemand sont occupées à construire un pont flottant sur la Meuse au nord-est de Lanaye. À , une puis trois batteries du du d'artillerie les bombardent, les obligeant à abandonner le franchissement du fleuve pour la matinée. À également, arrive un message de l'état-major de la qui demande au de mener une contre-attaque pour dégager le fort d'Ében-Émael. Cette contre-attaque est organisée sans attendre le renfort du de ligne, des cyclistes-frontière limbourgeois et de l'escadron cycliste de la division.

À , les Allemands entreprennent une nouvelle fois de traverser la Meuse, mais cette fois au sud de Lanaye. Ils sont repoussés par trois batteries du du d'artillerie et par deux du du d'artillerie. Les Allemands suspendent leur tentative jusqu'à puis réessayent. Ce troisième essai est arrêté une fois de plus par l'artillerie vers . Entre-temps, les Allemands ont massé des unités dans le village néerlandais de Eijsden, sur la rive est de la Meuse, et attendent la construction d'un pont. À , un carrefour sur la route de Sint-Geertruid près de Eijsden, où des mouvements de troupes allemandes ont été signalés, est bombardé par les du d'artillerie et du d'artillerie mais aussi par les forts de Pontisse et de Barchon et par la casemate Visé 2 du fort d'Eben-Emael. Le poste de commandement de la d'infanterie allemande est touché, la frappe faisant 35 morts et 140 blessés.

Quand, vers , dix planeurs du Sturmgruppe Eisen se posent à Kanne, l'ordre de faire sauter les ponts sur le canal Albert est donné. À , l'explosion est effective. Le pont de Ternaaien est également détruit par un escadron du du génie.

La plupart des planeurs atterrissent derrière les positions du . Un planeur se pose même sur le poste de commandement du bataillon. Un terrible combat s'engage alors et la perd alors 55 hommes, dont son commandant, dans les premières heures de l'attaque. À , un poste d'observation du fort d'Ében-Émael, le bunker O, est pris. La est d'abord repoussée puis reprend deux postes de soutien sur la colline d'Opkanne. D'autres positions du bataillon sont attaquées par les Allemands. La résistance des Belges, faible et non coordonnée, ne parvient pas à repousser les parachutistes allemands malgré l'infériorité numérique de ceux-ci. Cela est dû à de gros problèmes de communication, beaucoup de lignes téléphoniques ayant été coupées dans les bombardements.

Le fort d'Ében-Émael est également pris d'assaut par des planeurs. Les casemates (Maastricht 1 et 2) dirigées vers les ponts sur le canal Albert sont mises hors de combat dans les premières minutes et ne peuvent donc soutenir le du régiment.

Entre-temps, les premières troupes au sol allemandes proches de Maastricht atteignent le canal vers . Les Allemands veulent traverser mais leur état-major impose une concentration des attaques sur Vroenhoven et Veldwezelt, où les ponts ont été capturés intacts. La Luftwaffe bombarde en continu les positions du et vers l'artillerie ennemie se joint à l'attaque. Les grenadiers subissent alors de lourdes pertes en hommes et en matériel. De nombreuses positions en première ligne autour de Kanne doivent être abandonnées durant l'après-midi sous la pression du feu ennemi. Dans la soirée, sur les douze positions de Kanne, quatre sont encore tenues par les grenadiers. Les affrontements durent toute la journée. Au crépuscule, les premiers fantassins allemands appartenant au du d'infanterie et au d'éclaireurs traversent le canal vers . Ils viennent renforcer les 66 parachutistes encore en état de combattre sur les 115 qui ont atterri le matin.

Le est positionné derrière le où il organise deux centres de résistance, un autour d'Heukelom et un autre autour de Zussen. La compagnie est transférée au . Les postes de commandements du régiment et du sont installés à Zussen. Juste derrière le centre de résistance de Zussen, le du d'artillerie est positionné. Vers , les centres sont survolés par des planeurs mais pas attaqués. À partir de , les deux centres sont lourdement bombardés par les Stukas. Le village de Zussen est sérieusement touché et plusieurs civils sont tués. Les survivants terrifiés partent se réfugier vers les nombreuses grottes calcaires de la région.

À , le major Noterman, commandant le , part avec un peloton en direction du poste de commandement du pour évaluer la situation et tenter de briser l'encerclement par les parachutistes allemands. À , il est rappelé d'urgence à son poste de commandement car l'ordre d'organiser une contre-attaque pour dégager le fort d'Eben-Emael vient de tomber. Cette contre-attaque est annulée vers , l'état-major de la division pensant à tort que le a repris le fort.

Le n'est pas soumis à la pression des Allemands ce , ceux-ci ne parvenant pas à traverser la Meuse. Le génie allemand arrive vers dans le sous-secteur du bataillon pour préparer l'attaque sur le canal Albert. deux tentatives ont lieu mais sont repoussées par les mitrailleuses belges. Le bataillon contrôle la zone Ternaaien-Lixhe pendant toute la journée.

Le est renforcé par la du et par l'escadron cycliste de la division et peut ainsi installer quelques positions de soutien derrière les lignes du . Vers , les quatre positions tenues par l'escadron cycliste sont abandonnées car celui-ci part défendre le poste de commandement de la division attaqué par des parachutistes.

Le , le régiment n'est ni renforcé ni ravitaillé pendant la nuit. Dès le point du jour, les avions de la Luftwaffe apparaissent de nouveau au-dessus des lignes belges. Les grenadiers assistent le matin à une tentative vaine et désastreuse de l'aviation belge d'attaquer les points de traversée du canal Albert par les Allemands. Vers la mi-journée, des patrouilles sont envoyées vers l'arrière mais ne parviennent pas à établir le contact avec les restes de la d'infanterie. Partout, elles rencontrent des unités allemandes. Juste après , le colonel Herbiet envoie deux motocyclistes vers le quartier-général de la division pour se tenir au courant de la situation. Depuis le à , le colonel n'a plus de contact avec le quartier-général. La mission ne pourra être menée à bien et le quartier-général de la division aura entre-temps été évacué.

Vers , la position du poste de commandement du régiment est gravement menacée. Le major Lecomte fait savoir que les défenses dans le secteur du sont presque inexistantes. À ce moment, les Allemands sont à cinquante mètres à peine du poste de commandement. Il y a des combats au corps-à-corps. Le colonel Herbiet ordonne la retraite vers une carrière souterraine de marne. Il envoie son dernier pigeon avec le message : (trad. litt. : « Je suis complètement entouré et je suis à la recherche d'une voie de retraite »).

Vers , le colonel Herbiet, les majors Lecomte, Noterman et Carron entreprennent ensemble avec la troupe une tentative de fuite hors du poste de commandement. Par petits groupes, ils essayent d'échapper aux Allemands. Du fait de la forte concentration en troupes allemandes dans la région, peu de grenadiers y parviennent. À ce moment, le régiment compte 216 morts.