, né le à Kobe et mort à Tokyo le , est un écrivain et homme politique japonais. Il est gouverneur de la préfecture de Tokyo du au , ayant annoncé sa démission le précédent afin de former son nouveau parti politique et de participer aux élections législatives suivantes. Il s'associe alors avec des parlementaires du Parti de l'aube du Japon, situé à la droite de l'échiquier politique, avant de rejoindre l'Association pour la restauration du Japon (ARJ) d'une autre personnalité locale, le maire d'Osaka Tōru Hashimoto, et en prend la présidence. Il a également eu une carrière parlementaire sous les couleurs du Parti libéral-démocrate (PLD) : d'abord membre de la Chambre des conseillers, la chambre haute de la Diète du Japon, pour la préfecture nationale de 1968 à 1972, puis est député à la Chambre des représentants, la chambre basse, pour l'ancien de Tokyo de 1972 à 1995. Il est de nouveau député, élu à la proportionnelle dans un bloc législatif correspondant à Tokyo, pour l'ARJ depuis 2012.

Il reçut en 1955, à l'âge de vingt-trois ans, le prix Akutagawa, le prix littéraire le plus prestigieux du Japon, pour son roman . Il est également président du club de soutien de la Totsuka Yacht School et membre de la Société japonaise pour la réforme des manuels d'histoire.

, l'un des plus célèbres acteurs japonais, mort en 1987, était son frère cadet. Le ministre est son fils aîné, l'acteur et animateur de télévision son deuxième fils, le député Hirotaka Ishihara son troisième fils et l'artiste-peintre Nobuhiro Ishihara son quatrième. La famille Ishihara est une des familles les plus en vue de la politique japonaise.

Formation et famille Shintaro Ishihara naît le à Kobe dans l'arrondissement dans la préfecture de Hyōgo. Son père , originaire de la préfecture Ehime (sur l'île de Shikoku) travaillait pour la compagnie de transport , sa mère était originaire de la préfecture d'Hiroshima. Le naît son frère cadet Yūjirō Ishihara.

En 1937, son père Kiyoshi étant nommé à la tête de la filiale de Hokkaidō, la famille part s'installer dans la ville de Otaru. En 1944, après la nomination de son père à la maison-mère, la famille déménage à Zushi dans la préfecture de Kanagawa.

En 1948, il rentre au lycée Shōnan de la préfecture de Kanagawa. En 1949, il est absent pendant un an de l'école. Il part en France étudier la langue française. En 1951, son père meurt d'une hémorragie cérébrale. En 1956, il se marie avec , jeune fille de dix-huit ans.

Le , il reçoit le trente-quatrième prix Akutagawa pour son roman . À vingt-trois ans, il devient alors le plus jeune des lauréats à recevoir ce prix. Le , il est diplômé en droit public de l'Université Hitotsubashi.

Le naît son premier enfant, Nobuteru Ishihara. Son second garçon Yoshizumi Ishihara nait le . En 1958, il est engagé par le studio de cinéma Toho pour diriger le film .

Le , son frère Yūjirō meurt des suites d'un cancer, à l'âge de 52 ans.

En 1988, il est élu président de la Japan-Israel Friendship AssociationBen-Ami Shillony, The Jews and the Japanese: the Successful Outsiders, Charles E. Tuttle Company, Rutland, Vermont, 1991.

L'artiste En 1967, il est envoyé par le journal Yomiuri Shimbun pour couvrir la guerre du Viêt Nam. En 1996, il publie Ototo au sujet de son jeune frère Yūjirō, roman qui devient un best-seller. En 2004, l'adaptation dorama du roman Ototo est diffusée à la télévision.

Travaux de jeunesse En , une exposition des œuvres de jeunesse de Shintarō Ishihara a eu lieu au Hillside Forum de Shibuya. L'exposition organisé par Masako Aoyama, responsable de lAoyama Art Consultancy a rassemblé le peintre américain Frank Stella et le critique Fumio Nanjo pour présenter les quelque cent vingt dessins du gouverneur. Parmi les œuvres du jeune Ishihara, nombreuses évoquent un univers dadaïste, où des textes en français rappellent son intérêt pour la France. D'après Masako Aoyama, « M. Ishihara a voulu créer cette galerie pour servir de source d'inspiration aux jeunes gens. » À la suite de cette exposition, Ishihara, qui continue à peindre, a publié un recueil de ses œuvres Fantasy Paintings of Shintaro Ishihara's Teen Days. Il a aussi notamment soutenu l'établissement du Tokyo Art Index qui a pour objectif de promouvoir les artistes contemporains tokyoïtesThere's Wonderful Art in Tokyo, Shintaro Ishihara.

Le prix Akutagawa Le , fondé en 1935 en l'honneur de l'écrivain Akutagawa Ryunosuke par la maison d'édition , est comparé au prix Goncourt français. Ce prix qui était alors largement ignoré du grand public, est devenu synonyme de succès populaire, depuis qu'Ishihara a vendu plus de 2,6 millions d'exemplaires de La Saison du soleil.

Le culte de la tribu du Soleil La Saison du soleil a été à l'origine d'un véritable phénomène social. L'histoire de cette jeunesse désœuvrée se baladant sur les plages d'Enoshima (Shōnan) en portant des lunettes noires et des chemises hawaïennes a été le symbole de toute une génération de jeunes Japonais, les . Après l'adaptation en film, Yūjirō Ishihara deviendra une icône, notamment dans l'interprétation des films taiyōzoku.

Considéré comme l'égal d'un Elvis Presley puis d'Humphrey Bogart par les fans qui continuent de se rendre en pèlerinage au mémorial Yūjirō à Otaru, chaque année. Le roman Ototo de Shintaro a été l'un des plus gros succès littéraires de ses dernières années.

Les films inspirés des romans de Shintarō Ishihara s'inscrivirent dans la Nouvelle Vague japonaise avec les réalisateurs Nagisa Oshima, Yoshishige Yoshida et Masahiro Shinoda, directement inspirés de la Nouvelle Vague française de Jean-Luc Godard, François Truffaut ou Alain Resnais.

En 1956, François Truffaut, alors critique de cinéma, repèrera le premier film de Kō Nakahira (Passions juvéniles, inspiré de Ishihara) dans un article sous le titre de Si jeunes et des Japonais. .

L'amitié de Mishima right|thumb|200px|Shintaro Ishihara (deuxième plan) et Yukio Mishima (premier plan) en 1956.

Yukio Mishima, le célèbre auteur japonais qui s'est suicidé, de sept ans son ainé, était le plus ardent soutien de Ishihara depuis ses débuts. Il introduisit Ishihara auprès des écrivains et des critiques dans le monde littéraire ; Ishihara de son côté introduisit Mishima dans le monde de la « sensualité ». D'après Ishihara, « Mishima-san a grandi dans une famille de bureaucrates et derrière son envie il était inhibé par les conventions ». L'auteur du Soleil et l'Acier aimait beaucoup Shintarō et regrettait qu'il ait abandonné sa carrière littéraire. Mais étrangement, ce fut lui qui conseilla à Ishihara de se lancer en politique. En , Mishima devient l'un des éditeurs des huit volumes de la Shintarō Ishihara Library (Kawade shobo shinsha). Ishihara entretient la mémoire de Mishima et aime discuter de son mentor. Pour Ishihara, « Le Japon n'est plus le même depuis qu'il nous a quittés, mais son projet politiqueIshihara fait ici référence aux déclarations de Mishima appelant les Forces d'auto-défense à réinstaurer l'Ordre impérial, déclarations pour lesquelles il a été critiqué. était une blague ».

Vie pré-politique Dans les années 1960, il s'est principalement concentré sur son métier d'écrivain, écrivant des articles, créant des pièces, des romans, une version musicale de L'Île au trésor. Il a participé à des films, a créé sa société Ishara International Productions, a voyagé jusqu'au Pôle Nord, a participé à des courses nautiques avec son yacht le Contessa, a traversé l'Amérique du Sud à moto, couvert la guerre du Viêt Nam, etc.

Durant cette période, dans un article d'un magazine hebdomadaire, Ishihara qualifia d'esbroufe l'aventure de , ce qui entraîna une vive polémique. En 1963, après la victoire du championnat par le sumotori , Ishihara écrivit dans un magazine que le match avait été truqué ; l'Association japonaise de sumo porta plainte.

Dans les années 1970, alors que l'attrait pour Nessie battait son plein, Ishihara alla au Loch Ness en étant le capitaine d'un groupe d'exploration.

Ishihara fut un admirateur de l'artiste japonais provocateur des années 1970 Yoshiki Okamoto et après son élection au poste de gouverneur, soutint la restauration du Young Clock Tower de Ginza.

Télévision Ishihara apparaît régulièrement dans des Variety-Show à la télévision en tant que guest star. Il intervient aussi dans le Qui veut gagner des millions ? japonais.

L'homme politique Les débuts En 1965, il entre en politique et adhère au parti libéral-démocrate (PLD). En 1968, sous les couleurs du PLD il est élu à la Chambre des conseillers, chambre haute de la Diète, avec un record historique de de voix. En 1972, il change de quartier électoral et est élu à la chambre des représentants (Shūgi-in), la chambre basse de la Diète. Il sera réélu sept fois de suite en tant que député.

En 1973, Shintaro Ishihara, , , forment le club politique ou « Vent de montagne » avec une trentaine de députés (26 députés et 5 sénateurs) en faisant un serment de fidélité avec leur propre sang. L'objectif de ce groupe de jeunes députés PLD, hors-faction, est d'apporter un air frais à la politique japonaise.

En 1975, soutenu par le PLD, il se présente au poste de gouverneur de Tokyo mais perd contre avec . En 1976, il est réélu à la Chambre des représentants du Parlement et devient Directeur général de l'Agence de l'Environnement, sous le gouvernement de Takeo Fukuda. En 1987, il devient ministre des Transports sous le gouvernement de Noboru Takeshita.

En 1990, aux nouvelles élections, Nobuteru Ishihara est victorieux ; père et fils sont ainsi tous les deux présents à la Chambre des Représentants. En 1995, après vingt-cinq ans de présence à la Chambre des Représentants, Ishihara annonce son départ par un discours de remerciements.

Le , lors des élections sénatoriales, le Premier ministre Shinzo Abe, dont la popularité était au plus bas, a fait campagne à Tokyo pour son parti le PLD en compagnie du gouverneur Ishihara populaire auprès des Tokyoïtes« Japan’s Prime Minister Tries to Avoid Big Loss », The New York Times, .

L'idée d'un nouveau parti Depuis 2002, une théorie politique ferait de Ishihara le prochain Premier ministre. La rumeur laisse entendre qu'il formerait son propre parti. Un événement qui « secouerait jusqu'aux fondations du pouvoir politique au Japon » selon certains. a appelé de ses vœux la création d'un nouveau parti autour de Ishihara. Takeo Hiranuma (赳夫 平沼) de la faction Shisui-kai soutient lui aussi Ishihara dans ce sens. Son fils aîné et des conservateurs proches de Ishihara comme seraient prêts à soutenir ce parti.

Le Japon qui peut dire « No » Sorti en 1989, cet ouvrage a été un succès au Japon mais a eu un écho assez négatif chez les politiciens américains. Le livre a inquiété les diplomates américains au point qu'une version pirate et partielle préparée par un département du Pentagone a rapidement circulé à Washington. À la suite des pressions du Congrès américain, le fondateur de Sony a dû discrètement se retirer de cette collaboration. Cet ouvrage critiquait la gestion des entreprises américaines privilégiant le court-terme et faisait en fait réponse au rapport américain Japan 2000 de 1988 qui tentait d'analyser les nombreux échecs des entreprises américaines face aux entreprises japonaises. Ishihara a publié l'essai en anglais puis a collaboré avec le Premier ministre malaisien Mahathir Mohamad pour L'Asie qui peut dire « No » ou la Voie de l'Asie.

Ishihara sur sa formation politique