Alfred-Nicolas Gaulier, né le à Paris et mort le dans cette ville, est un journaliste et homme politique français du .
Biographie
Alfred est le fils d'un ancien soldat des guerres révolutionnaires et napoléoniennes, le chef d'escadron Jean-Baptiste-Marie Gaulier (1772-1832), officier de la Légion d'honneur et chevalier de Saint-Louis. Fidèle à ce modèle paternel, Alfred se destine tout d'abord à une carrière militaire. Élève du prytanée de La Flèche puis de l'École de Saint-Cyr, dont il sort en 1848, il est sous-lieutenant au puis au d'infanterie de ligne. Ouvertement hostile au coup d'État du 2 décembre 1851, il démissionne de l'armée le Le Rappel, 9 juin 1886, .. Gaulier devient ainsi un opposant au régime impérial.
Reconverti dans le journalisme, il collabore à L'Intérêt public, à L’Électeur libre (dont il est secrétaire de rédaction), au Journal des actionnaires et au Temps. En , à la suite d'un virulent article paru dans le Journal des actionnaires, il est jugé coupable d'« excitation à la haine et au mépris du gouvernement » et, par conséquent, condamné à un mois de prison et d'amendeJournal des débats, 27 octobre 1867, . (peine confirmée en appel)Journal des débats, 14 décembre 1867, ..
En , Gaulier est le rédacteur en chef de La Discussion puis d'un titre éphémère, La Politique, dont il est le propriétaire et qui adopte le positionnement politique de la Ligue d'union républicaine des droits de Paris. La même année, il entre au Rappel, où il remplace Camille Pelletan au poste de rédacteur parlementaire. Il collabore également à La République française.
Le , le célèbre polémiste Henri Rochefort démissionne de son siège à la Chambre des députés, ce qui entraîne une élection législative partielle le . En vue de cette échéance, les représentants de la presse radicale-socialiste (L’Électeur républicain, Le , La Justice, La Lanterne, La Nation, Le Radical, Le Rappel et La République radicale) se réunissent le et adoptent, au second tour de scrutin, la candidature d'Alfred GaulierLe Rappel, 23 avril 1886, .. L'Intransigeant de Rochefort patronne quant à lui la candidature du socialiste Ernest Roche. Le programme radical-socialiste signé par Gaulier comprend notamment l'instauration de l'impôt progressif sur le revenu, la séparation des Églises et de l’État, l'élection des magistrats, la réduction de la journée de travail, et l'établissement de caisses de retraiteLe Rappel, mai 1886, .. Le , Gaulier est élu dès le premier tour, ayant obtenu voix, devant Roche ( voix), le socialiste Soubrié (), Pasteur, dont la candidature avait été proposéeLe Figaro, 27 avril 1886, . puis finalement retirée par Francis Magnard du FigaroLe Figaro, 30 avril 1886, . (), le monarchiste Hervé (), l'homme de lettres républicain nationaliste Déroulède () ainsi qu'une dizaine de candidats ayant obtenu entre 50 et 654 suffragesLe Rappel, 8 mai 1886, .. Pendant la campagne, L'Intransigeant et Le Cri du Peuple ont durement attaqué Gaulier, polémiquant sur les circonstances de son départ de l'armée ainsi que sur une dette de francs qu'avait eu le jeune sous-lieutenant. Lors de la vérification des pouvoirs du député nouvellement élu, le général Boulanger, alors ministre de la Guerre, prend la défense de Gaulier, dont l'élection est validée.
Comptant initialement reprendre la place de Rochefort au sein du groupe de l'extrême gauche, Gaulier rejoint finalement celui de la Gauche radicale. Il vote généralement comme les autres radicaux. S'il prend part au congrès républicain antiboulangiste du La Justice, 7 janvier 1889, ., il refuse cependant de voter les poursuites contre Boulanger et contre trois députés membres de la Ligue des patriotes.
Il n'est pas réélu lors des élections législatives de 1889 : candidat dans la deuxième circonscription de Versailles, il n'a obtenu que voix, derrière l'opportuniste Ferdinand Dreyfus ( voix) et le boulangiste Gauthier de Clagny, qui a été élu au premier tour avec suffragesAlphonse Bertrand, La Chambre des députés (1898-1902), biographies des 581 députés, Paris, May, 1899, ..
Malade depuis plusieurs années, Alfred Gaulier meurt le en son domicile de la villa des TernesÉtat civil du de Paris, acte de décès n 187 du 18 janvier 1898.. À l'issue de ses obsèques civiles, auxquelles assistent notamment le président de la Chambre Henri Brisson, le représentant de l'Association des journalistes parisiens Jean Destrem, et l'homme de lettres Charles Frémine, sa dépouille est incinérée au crématorium du Père-LachaiseLe Rappel, 21 janvier 1898, ..
Époux de Claude-Céline Gagné, Alfred Gaulier est le père d’Étienne Gaulier, licencié en droit, attaché au cabinet du ministre de l'Intérieur Charles Floquet en 1888Le Rappel, 18 avril 1888, ..
Références
Sources bibliographiques Arlette Schweitz (dir.), Les Parlementaires de la Seine sous la Troisième République, t. I (dictionnaire biographique), Paris, Sorbonne, 2001, .
Liens externes
Notice biographique du site juliettedrouet.org.
Catégorie:Naissance en novembre 1829 Catégorie:Naissance dans l'ancien 8e arrondissement de Paris Catégorie:Élève du Prytanée national militaire Catégorie:Élève de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr Catégorie:Opposant au Second Empire Catégorie:Républicain français du XIXe siècle Catégorie:Journaliste français du XIXe siècle Catégorie:Député de la Seine (Troisième République) Catégorie:Député de la quatrième législature de la Troisième République Catégorie:Décès en janvier 1898 Catégorie:Décès dans le 17e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 68 ans Catégorie:Personnalité française incinérée