Dorothée Chellier (née le à Alger et morte le à Nice) est la première femme médecin de l'Algérie française entre 1895 et 1899. Elle y remplit quatre missions auprès de femmes éloignées des soins de santé dans les Aurès et en Kabylie. Elle s'affilie à une loge maçonnique qui prône l'égalité des sexes. Elle consacre les dernières années de sa vie à l'obstétrique et la gynécologie.
Biographie
Dorothée Chellier naît le à Alger. Elle commence sa carrière comme officier de santé. Élève d'André Chantemesse, elle passe ensuite son doctorat de médecine en 1894, ce qui en fait l'une des premières femmes docteur en médecine après Madeleine Brès« Dorothée Chellier, première femme médecin de l'Algérie coloniale », La Marche des sciences, France Culture, 3 septembre 2015.
En , elle examine Louis Pasteur à l'Institut Pasteur à Paris.
Franc-maçonnerie Dorothée Chellier est initiée en 1895 au sein de l'Ordre maçonnique mixte international « le Droit humain » juste avant son départ pour l'Algérie. À son retour d'Alger, elle vit à Paris puis s'installe à Nice et s'affilie en 1911 à la loge qui prône l'égalité des sexes. Elle est reçue par la sœur et présidente Blanche Mesnage qui souligne dans son discours d'accueil, les actions humanistes remarquables qu'elle a accomplies durant ses missions. Chellier tiendra des réunions dans cette loge jusqu'à sa mort en 1935.
Missions en Algérie française vignette|alt=Photographie noir et blanc d'une jeune femme en pied, portant une cruche dans son dos, devant une arche de pierre |Portrait d'une jeune femme kabyle près d'un point d'eau, entre 1870 et 1890, Collection Tropenmuseum |236x236px L'historienne de l'Algérie coloniale Claire Fredj indique que Dorothée Chellier remplit quatre « missions civilisatrices », entre 1895 et 1899, auprès de femmes éloignées des soins de santé dans les Aurès et en Kabylie. Elle tient un journal sur ces activités, Voyage dans l’Aurès : notes d’un médecin envoyé en mission chez les femmes arabes, publié en 1895. Gérard Noiriel, dans la Voix des invisibles raconte .
Chellier constate que la situation sanitaire des femmes est mauvaise. La syphilis et les conditions d'accouchement font des ravages auprès des mères et des enfants. En principe, ses missions sont bornées à un état des lieux par le gouverneur Jules Cambon mais elle outrepasse ses consignes en prodiguant des soins.
Elle souhaite créer une maternité-école pour former des jeunes filles indigènes pour remplacer progressivement les matrones dans les villages, mais elle n'obtient pas les fonds. Elle obtient cependant de diriger une clinique à Alger, la Maison Carrée, pendant .
De retour en France, elle consacre les dernières années de sa vie à l'obstétrique et la gynécologie.
Vie privée Dorothée Chellier épouse en 1878 un conducteur de travaux. Ils ont une fille qui souffre d'un handicap qui nécessite une hospitalisation. Elle divorce en 1889. En 1898, elle épouse un médecin militaire installé à Menton.
Publication
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Notes et références
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