thumb|Photo satellite de l'île de Man.

Une île (ou ile dans l'orthographe de 1990) est une surface de terre entourée d'eauÎle, insularité, îléité Géoconfluences de manière permanente ou parfois de manière temporaire en fonction des maréesCarte des îles accessibles à marée basse Tidal-Island. Les îles peuvent être baignées par les eaux d'un océanLes îles océaniques, d'un cours d'eau, d'un lac,...

Les îles peuvent être temporaires (banc de sable, volcans, etc.) ou permanentes.

Elles peuvent être isolées ou groupées avec d'autres îles et peuvent alors former un archipel.

Une petite île est parfois désignée sous les termes d'îlot ou d'îlet.

Les îles peuvent être reliées à d'autres îles ou à un continent par une chausséeChaussée submersible ou présentant un ou plusieurs ponts (en général tournants ou basculants) pour permettre la navigation maritime., un pont ou un tunnel ; .

Une île peut être continentale lorsque c'est le niveau de la mer qui isole un point haut du reste des terres ou que la dérive continentale détache l'île du reste des terres, volcanique, sédimentaire (alluvions, corallienne, précipitation chimique, etc), tectonique (émersion du plancher marin) ou artificielle. Elle peut prendre l'aspect d'un véritable continent comme l'Australie ou bien être réduite au simple aspect d'un écueil ou d'un récif.

Définitions La Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982 définit ainsi une île : Convention des Nations unies sur le droit de la mer Partie VIII Article 121 Régime des îles qui reprenait la définition qu'en donnait, dans son article 10, la Convention sur la mer territoriale et la zone contiguëConvention sur la mer territoriale et la zone contiguë, signée à Genève en 1958. S'il existe une limite pour distinguer une île d'un continent, généralement, elle est fixée à l'Australie. Mais la question de savoir si l'Australie est l'un ou l'autre reste ouverte. Certaines terres océaniques ne sont entourées d'eau que lors des grandes marées ; il est abusif de les qualifier d'îles.

Une très petite île est un îlotÎlot (dictionnaire de l'Académie française, édition).. Un simple rocher, impropre à l'activité humaine ou à une vie économique propre, n'a pas de zone économique exclusive ni de plateau continental.

Plusieurs îles proches les unes des autres forment un archipel.

Certaines îles sont accessibles à marée basse, perdant temporairement leur caractère insulaire. Là encore, il est possible de les considérer ou non comme des îles à part entière. On continue à parler d'île, même si l'insularité n'est effective que quelques jours par an, durant les grandes marées (cas notamment du Mont Saint-Michel depuis 2012). On les qualifie de tidal islands, terme anglais équivalant à "île accessible à marée basse" ou "île de marée" ou "île intertidale".

La superficie d'une île est sa surface en vue de haut ; si elle est soumise à des marées, c'est son trait de côte (rivage à marée haute), qui figure sur les cartes et qui définit sa surface.

Étymologie Son étymologie latine, insula, a donné l'adjectif « insulaire » ; on dit aussi « îlien ». Au pluriel, le terme « îles » désigne couramment les îles des mers chaudes comme les Antilles ou des archipels d'Océanie. L'ancienne orthographe était isleFrédéric Godefroy, entrée « isle », Complément du dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du , 1895-1902.) Par extension, le substantif « des îles » désigne quelqu'un ou quelque chose originaire des Antilles., bien que l'utilisation de ce terme n'ait aucune cohérence géographique.

Les toponymes peuvent conserver la trace d'une ancienne île, comme Lille en France, ou procéder par analogie, telle la région française d'Île-de-France, extension de l'ancien domaine royal des Capétiens, qui n'est pas une île et dont les habitants sont appelés les « Franciliens ».

Les rectifications orthographiques de 1990 rendent facultatif cet accent circonflexe, on peut donc écrire ile . , toutefois, Les rectfications de l'orthographe Conseil supérieur de la langue française, Journal officiel de la République française, , 1990, p. 11 et 13.. Ainsi Belle-Île-en-Mer n'est pas modifié, ni ses habitants les Bellîlois« Belle-Île ou Belle-Île-en-Mer », Larousse.

Formation Par la montée des eaux Les îles continentales sont appelées ainsi car elles sont situées sur le même plateau continental que le continent qui leur est proche. Il s'agit donc en fait d'une partie du même continent : c'est la hauteur du niveau de la mer qui fait qu'il s'agit d'une île (c'est le cas de la Grande-Bretagne qui lors de la dernière glaciation n'était pas une île). Certaines îles ne le sont d'ailleurs qu'à marée haute (le mont Saint-Michel ou l'île de Noirmoutier par exemple). Dans ces cas-là, la profondeur de la mer autour d'elles est (relativement) faible. (Voir à ce sujet l'article Île accessible à marée basse.)

Par la dérive continentale thumb|upright=0.8|L'île de Madagascar, dans l'océan Indien.

L'Australie était, il y a des centaines de millions d'années, rattachée à l'Antarctique. Madagascar était rattachée à l'Afrique. Dans ces deux cas, une plaque tectonique s'est déchirée pour en donner deux qui ont divergé progressivement sur la surface du globe à une vitesse de quelques centimètres par an ( par an pendant 100 millions d'années = ). C'est aussi le cas de la Corse et de la Sardaigne qui étaient liées au continent européen, il y a plusieurs millions d'années..

Par accrétion volcanique

Là, ce sont les laves accumulées par un ou plusieurs volcans qui émergent, par l'accumulation de produits volcaniques, formant l'île. La profondeur de la mer aux alentours peut alors être très grande (plusieurs milliers de mètres). Les exemples au milieu de l'océan ne font partie géologiquement d'aucun continent.

Par accrétion sédimentaire Îles coralliennes thumb|L'atoll de Bikini. Un atoll est une île formée à partir d'un récif corallien qui s'est construit sur une île volcanique érodée et submergée. Par l'accumulation de coraux et polypes sur plusieurs centaines de mètres de hauteur, le récif émerge à la surface de l'eau et forme une nouvelle île. Les atolls ont souvent la forme d'un anneau avec un lagon central et peu profond. Des exemples sont les Maldives dans l'océan Indien et Rangiroa dans le Pacifique.

Îles fluviales Les îles fluviales apparaissent dans les deltas et dans les cours d'eau. Elles se forment par le dépôt de sédiments à des endroits où le courant perd une partie de son intensité. Certaines sont éphémères et peuvent disparaître lorsque le volume d'eau ou la vitesse du cours d'eau changent tandis que d'autres sont stables et d'une grande longévité.

Par accrétion tectonique thumb|Les îles à l'ouest de Sumatra sont un prisme d'accrétion qui émerge. Si les mouvements continuent ces îles vont s'agrandir et augmenter la surface de Sumatra.

Au niveau des zones de subduction où deux plaques tectoniques convergent, des failles inverses et des plis se forment, ce qui épaissit la croûte terrestre et fait remonter le fond de la mer. Ainsi, l'île de la Barbade dans les Antilles est un prisme d'accrétion qui émerge. C'est la même chose pour les îles à l'ouest de Sumatra : Simeulue, Nias… Pour l'île de Nias, le séisme de 2005 à Sumatra a soulevé une partie de l'île, augmentant encore un peu plus sa surface.

Par remontée de la lithosphère Au niveau de la mer Baltique et des fjords, la fonte, il y a , d'un glacier qui la recouvrait, a fait remonter la lithosphère (rebond isostatique) faisant émerger de nouvelles terres et des îles comme Bornholm.

Par intervention humaine thumb|L'aéroport de Kobe, au Japon, a été construit sur une île artificielle. Les îles artificielles sont construites par remblayage ou par construction de digues. Elles utilisent parfois un ou plusieurs îlots déjà existants. thumb|L'île René-Levasseur au Québec, dont la forme arrondie est due à l'impact d'une météorite, s'est formée par la construction du barrage Daniel-Johnson. Les lacs de retenue générés par des barrages contiennent parfois des îles.

Géographie Insularité

La définition de l'île comme une étendue de terre entourée d'eau conduit à rassembler dans la même catégorie des terres très dissemblables, de l'îlot au continent, dont le degré d'insularité est très variable. Ce degré d'insularité est difficile à définir et s'apprécie différemment selon qu'on s'intéresse à la géographie physique ou humaine, à l'économie et aux transports, ou à la biologie ou à l'écologie.

Sous l'angle de la géographie physique, un auteur, François Doumenge, a défini des critères mesurables pour apprécier le degré d'insularité : l'« indice côtier » qui se définit comme le rapport entre la longueur des côtes et la surface de l'île. Cet indice est maximum, deux ou plus, dans le cas des atolls pour lesquels la présence d'un lagon central augmente sensiblement la longueur des côtes. Selon le relief (massif ou très découpé) et la forme générale de l'île (plus ou moins circulaire ou allongée) cet indice varie fortement. Il considère qu'en dessous de 1/25 (un kilomètre de côtes pour ), l'île a un caractère fortement continental. l'« indice d'isolement » défini comme le rapport entre la surface de la zone économique exclusive (ZEE) des 200 milles marins et celle de l'île. Dans le cas de Clipperton (), sans aucune terre émergée dans le rayon des , cet indice est très élevé. Il diminue quand des îles sont plus proches. Au-dessous de 1/100, on ne peut plus parler d'isolement insulaire.

Cet auteur définit aussi un « indice d'endémisme » qui est le rapport du nombre total de taxons (genres, espèces et sous-espèces) du peuplement insulaire par le nombre des taxons endémiques. Cet indice donne une idée de l'importance de l'endémisme végétal et animal, c'est-à-dire de l'isolement biologique, qui caractérise une île donnée.

L'indice d'isolement du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE, 1998), est plus complexe. Il consiste à additionner la racine carrée de la distance de l'île de taille équivalente ou supérieure la plus proche, la racine carrée de la distance de l'archipel le plus proche et la racine carrée de la distance du pays continental le plus proche. Cet indice est le plus élevé (149) pour l'île de Pâques. Il est de 102 pour Tahiti et de 23 pour la Corse.

Ces indices ne tiennent pas compte des activités humaines, de l'importance de la population et de l'accessibilité (par exemple présence d'un aéroport international).

On peut aussi s'interroger sur la pertinence de l'île en tant qu'objet géographique spécifique. Un chercheur, François Taglioni, a conduit une étude sur les petits espaces insulairestaglioni.net dans le monde afin de revisiter les concepts qui touchent aux îles et aux dynamiques territoriales que cette catégorie d'espaces entretiennent entre eux.

Taille

thumb|L'Australie dans le monde : île ou continent ?

Si on suppose que l'île d'Australie est un continent à lui seul, les trois plus grandes îles sont le Groenland (également plus grande île de l'Amérique du Nord), la Nouvelle-Guinée (plus grande île d'Océanie) et Bornéo (plus grande île d'Asie).

Madagascar est la plus grande île de l’Afrique ( du monde) ; la Grande-Bretagne est la plus grande de l’Europe ( du monde) ; la plus grande île d'Amérique du Sud est la grande île de la Terre de Feu ( du monde) ; celle d'Antarctique est l'île Alexandre- ( du monde).

La superficie des îles maritimes se mesure à partir de leur trait de côte, en excluant l'estran.

Nombre Le nombre d'îles dans le monde serait évalué à près de 300 000 en prenant en compte leur variabilité de taille allant de celle d'un continent, comme l'Australie, à quelques kilomètres carrés comme les îlots coralliens.

Écologie

L'étude des îles a influencé Charles Darwin et beaucoup d'écologues et a fondé certaines théories d'écologie du paysage, dont celle de l'insularisation écologique.

Écologie des îles